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4e mesure: l'éclairage d'Alain Dumait
Juppé et Le Pen d'accord pour soumettre les religions à l'Etat (2/2)

Juppé et Le Pen d'accord pour soumettre les religions à l'Etat (1/2)

L'un et l'autre :

Mdp "Aucune religion ne peut prendre le pas sur la sphère publique et les valeurs de la République. Le débat doit donc déboucher sur un code des droits et des devoirs du citoyen".

"Les juifs, les catholiques se sont soumis à l'encadrement politique en vigueur en France. On a obtenu la séparation des Églises et de l'État en 1905. Il n'y a plus qu'à obtenir la séparation de la mosquée et de l'État. C'est loin d'être fait. Pour y parvenir, je propose d'inscrire dans la Constitution que 'la République ne reconnaît aucune communauté'. Par là, on arrête les subventions aux associations communautaristes et on amène chacun au strict respect de la loi de 1905".

Les voilà donc d'accord sur l'essentiel : l'Etat doit encadrer la pratique religieuse et interdire la religion dans l'espace public. Ils peuvent se disputer tant qu'ils veulent en surface sur la forme légale de cette soumission, ils rejoignent sur le fond même un Nicolas Sarkozy qui  précise :

"Il faut aboutir à un corpus idéologique sur la place des religions, en 2011".

Le choix de la photo de ce post n'est pas anodin : il s'agit de la mosquée de Paris achevée en 1926 avec l'argent du contribuable. J'aurais pu mettre celle de Fréjus qui date de 1930. Construites pour rendre hommage aux troupes coloniales venues se battre avec les métropolitains pour libérer le sol national pendant la Grande guerre, elles n'avaient pas, à une époque pourtant encore marquée par la loi de 1905, suscité dans une France catholique, de débat ni pour leur financement ni même pour leur raison d'être. C'est sans doute que le problème de la relation entre l'Etat et les religions est ailleurs.

Que l'Etat décide d'aider une ou des religions, on voit par ce double exemple historique que cela peut être fait sans que s'insurge la population catholique ou ce que l'on qualifiait alors d'extrême-droite pourtant bien plus vivace qu'aujourd'hui. Normal, c'est ce que prêche l'Eglise (voir post suivant).

Commentaires

Bruno Larebière

Si, l'édification de la Mosquée de Paris a suscité un débat. Dans L'Action française du 13 juillet 1926, Charles Maurras écrivait notamment : «  […] s'il y a un réveil de l'Islam, et je ne crois pas que l'on en puisse douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l'Islam représente plus qu'une offense à notre passé : une menace pour notre avenir. »
Son article est disponible ici : http://www.vdfr95.com/maurras.htm
BL

[voilà plutôt une intervention bienvenue d'ailleurs plutôt qu'un débat à la mode sarkoziste et républicain. Lahire]

Fleur de lys

"Une menace pour notre avenir..."
Charles Maurras avait vu juste, il ne faut jamais mettre un doigt dans l'engrenage.

PG

PG

@ Lahire
Il me semble que vous confondez deux niveaux de réalité :
- celui de nos racines européennes directement ancrées dans le christianisme et dont les valeurs morales et sociales s'imposent au politique, même laïcisé par la loi de 1905, et qui subit le choc provoqué par l'implantation massive de l'islam , tout comme le fit le protestantisme aux XVème et XVII ème dans la société française de l'époque.
- et celui de l'organisation des cultes, qui a TOUJOURS fait l'objet de dispositions légales dans la France chrétienne des rois très chrétiens : il y eut plusieurs textes ''concordataires'' (Pragmatique Sanction de Bourges fin XVème, Concordat de Bologne début XVI ème), qui ont établi les rapports de l'Etat et de l'Eglise, avec la tentation, déjà, d'une main mise parfois excessive du roi sur par exemple la nomination des évêques ou l'attribution des revenus ecclésiastiques. ST LOUIS lui-même eut des différents avec le Pape et la question fiscale sur les biens d'Eglise fut ainsi récurrente dans les relations entre la monarchie et l'Eglise. C'est Louis XIII qui institua la célébration anniversaire de son Voeu au 15 Août, devenu ainsi une sorte de fête nationale royale(étatique) catholique, non ?
Cela n'exonère en rien la loi de 1905, établie dans un but anti catholique, accompagné d'expulsion de dizaines de milliers de religieux et de confiscations spoliatrices. Mais Jean SEVILLA montre bien en conclusion de son livre sur cet épisode, que finalement un équilibre a été trouvé, et que la loi de 1905 ne peut expliquer à elle seule la perte d'influence morale et intellectuelle de l'Eglise en France.

En effet, dans les pays non laïcistes, où l'Etat n'est pas ''séparé'' de l'Eglise (Belgique, Allemagne, Italie), ayant conservé un Concordat, et dans lesquels le christianisme occupe une position officielle reconnue par l'Etat, le catholicisme décline et l'islam pose problème. Et ces Etats ou ces peuples connaissent les mêmes difficultés que les nôtres face à l'Islam.
Ne faudrait-il pas se demander si une société française et européenne demeurée très catholique ne secrèterait pas naturellement les anti corps face à l'Islam sans le secours de la loi ? Durant la période communiste les Polonais sont demeurés plus catholiques et pratiquant moins l'avortement pourtant légalisé que maintenant : la loi n'explique pas tout.
Votre comparatif, entre Marine Le Pen qui a réaffirmé devant MELANCHON que nier les racines chrétiennes de la France est une absurdité, et A. Juppé qui ne cesse de placer l'islam parmi l'héritage français est inexact : de plus les deux citations que vos mettez en ''parallèle'' ne portent pas sur le même aspect de la question. Un catholique peut admettre que l'Etat ait toute légitimité pour donner une autorisation sur la forme des manifestations publiques religieuses, y compris catholiques, dans l'"espace public'' : : circulation, sécurité, secours et accès. Les organisateurs du pélerinage de Chartres collaborent avec les services de l'Etat et le Préfet concerné prend des mesures, peut-être des décrets pour régler la circulation.
Nous pouvons admettre également que des questions institutionnelles, fiscales, de droit dans ses divers aspects, ne peuvent demeurer ignorées par l'Etat par rapport à l'Eglise, dans un cadre légal et donc laïc, puisque non religieux.
Et par rapport à l'Islam encore plus, du fait de son hétérogénéité évidente, puisque la communauté qu'il prétend créer ici rend nécessaire l'interdiction du communautarisme : en effet dans le corps national français, dans son héritage, celui de la patrie française, est contenue naturellement la communauté française et ses valeurs chrétiennes. Interdire les communautés n'interdit donc pas la communauté catholique, qui est un fait historique, naturel, un état de fait, même si sa vitalité religieuse décline. Mais interdire la constitution le communautarisme vise à empêcher la constitution ou l'extension de l'Oumma ici, en France, comme main mise de l'espace public et juridique par une religion qui nie nos valeurs gréco-latines et judéo-chrétiennes.
Je ne vois pas clairement quelle solution vous proposez face à l'islam, si l'interdiction du communautarisme est un acte condamnable : retour au Concordat de 1801, ou à la situation encore précédente ?
Sans définir de réponse précise, la lutte face à l'Islam en France demeurera un exercice impossible.
Les extraits du Compendium que vous citez ne disent d'ailleurs rien qui aille dans un sens contraire.

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