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La saine laïcité, selon Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne

Extrait de la contribution de Mgr Aillet au dossier sur la laïcité publié hier dans l'hebdomadaire local "La Semaine du pays Basque" :

A "En premier lieu, la laïcité est une notion fondamentalement chrétienne, qui trouve son origine dans l’enseignement du Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc, 12, 17). [...] La laïcité consiste donc à distinguer la sphère politique et la sphère religieuse, mais attention : cette distinction, tout à fait essentielle, que l’Islam semble méconnaître au prix d’une confusion de nature théocratique entre le « pouvoir temporel » et le « pouvoir spirituel », n’est pas non plus une séparation. De ce point de vue, la vraie, la saine laïcité n’a rien à voir avec un certain laïcisme parfois sectaire et intolérant qui entend faire de la religion une affaire strictement privée : la religion s’incarne nécessairement dans un certain nombre d’œuvres et d’institutions (des paroisses, des communautés, des écoles, des œuvres de toutes sortes) que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer, et plus fondamentalement, la foi ne peut pas ne pas avoir certaines implications sociales et politiques.

La laïcité ne saurait non plus consister à séparer la politique de la morale, car il existe au-dessus des lois civiles, des valeurs humaines, universelles et transcendantes, dont nul Etat ne peut s’affranchir.  [...] il est parfaitement légitime que l’Eglise ou les églises puissent prendre part au débat démocratique et s’exprimer, au même titre que d’autres institutions, sur un certain nombre de sujets de société, notamment ceux qui touchent à la dignité de l’homme, ou que les chrétiens, comme les croyants de toutes confessions religieuses, qui sont des citoyens comme les autres, puissent s’engager en politique en vue de la justice sociale."

Commentaires

Corso

J'apprécie toujours les précisions lorsqu'elles viennent de ceux chargés de guider nos âmes.

Cependant, je constate que les choses ne sont pas nettes, et ici dans la déclaration de Mgr Marc Aillet, puis aussi qu'elles gagneraient à l'être.

On sait, il faut se reporter et recommander l'excellent nouveau bouquin d'un certain Joseph Ratzinger, que les choses ne sont pas forcément simples; toutefois dans ce domaine particulier, à l'adresse de la plus grande masse des citoyens, pour ce sujet controversé, elles se devraient plus abouties.

Il y a d'une part les prêtres et curés, leur aspiration n'est pas "politique" puisque politique veut dire prétention à l'exécution d'un mission civile de gestion de la cité sur la base d'une économie déclinée durant une campagne électorale.

Ils ont déjà une mission, importante.

Cependant elle reste économique dans les propositions de vie et d'action, morale pour ses modalités d'application, sociale par le soutien en complément des moyens nationaux.

Il y a d'autre part les chrétiens qui munis de cet enseignement se doivent de le transmettre et de s'engager dans l'offre morale et économique aux populations dont ils sont partie, dont un éventuel engagement politique non pas sur la foi seule offerte en programme comme telle mais dans ce que les enseignements de la foi permettent d'initier pour la cité.

"la foi ne peut pas ne pas avoir certaines implications sociales et politiques" dit cela mais se doit encore d'éviter la confusion.

L'on voit en effet que par extension maligne c'est la foi et son action citoyenne toute entière et pour tous les membres déclarés de l'Eglise qui est rejetée par les républicains (il faut bien les citer) au prétexte même de la parole de Jésus-Christ.

Le catéchisme simplifié le dit déjà : la foi guide la vie des croyant de préférence à tout autre et nous devons par notre engagement et notre action -y compris politique s'agissant des laïcs- en faire la démonstration et porter sans relâche la bonne nouvelle.

Bertrand

Ce qui est terrible, c'est que Mgr Aillet (sans lui faire injure) ne dit que des évidences, mais que l'Eglise doive répéter ces évidences semaine après semaine. C'est déjà ce que disait la "Note Ratzinger".

Luc rovarino

Tout à fait d'accord, comment pourrais-je pas l'être,avec Mgr Aillet.

Rendez à César n'a de sens qu'en rapport avec la réponse du Christ à Pilate: "tu n'aurais sur moi auun pouvoir si tu ne l'avais reçu d'en haut".

Luc rovarino

Tout à fait d'accord, comment pourrais-je pas l'être, avec Mgr Aillet.

rendez à César doit être compris à la lumière de la réponse de Jésus à Pilate "tu n'aurais sur moi aucun pouvoir si tu ne le tenais d'en haut".

Abbé Charles Tinotti

Malgré le lien vers l'original du journal basque, on ne peut trouver le texte de Mgr Aillet sur ledit site. A moins que j'ai mal cherché. Dommage car le texte complet aurait été intéressant à lire !

[Je ne l'ai pas trouvé non plus sur le site mais en voici l'intégralité :

"Quelle laïcité ?
« L’Eglise n’a pas à entrer dans une éventuelle controverse politicienne sur la laïcité et ma vision personnelle de la laïcité n’est autre que celle de l’Eglise… Celle-ci tient en quelques points.
En premier lieu, la laïcité est une notion fondamentalement chrétienne, qui trouve son origine dans l’enseignement du Christ : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mc, 12, 17). Tel est d’ailleurs le fondement de la liberté religieuse et de la liberté de conscience.
La laïcité consiste donc à distinguer la sphère politique et la sphère religieuse, mais attention : cette distinction, tout à fait essentielle, que l’Islam semble méconnaître au prix d’une confusion de nature théocratique entre le « pouvoir temporel » et le « pouvoir spirituel », n’est pas non plus une séparation. De ce point de vue, la vraie, la saine laïcité n’a rien à voir avec un certain laïcisme parfois sectaire et intolérant qui entend faire de la religion une affaire strictement privée : la religion s’incarne nécessairement dans un certain nombre d’œuvres et d’institutions (des paroisses, des communautés, des écoles, des œuvres de toutes sortes) que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer, et plus fondamentalement, la foi ne peut pas ne pas avoir certaines implications sociales et politiques.
La laïcité ne saurait non plus consister à séparer la politique de la morale, car il existe au-dessus des lois civiles, des valeurs humaines, universelles et transcendantes, dont nul Etat ne peut s’affranchir. Les régimes totalitaires ont d’ailleurs pour caractéristique commune le refus de reconnaître que tout pouvoir vient de Dieu (« Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut » dit le Christ à Pilate) et qu’aucune autorité n’est indépendante de Dieu et de « la loi morale naturelle » dont Il est l’auteur.
Quoi qu’il en soit, il est parfaitement légitime que l’Eglise ou les églises puissent prendre part au débat démocratique et s’exprimer, au même titre que d’autres institutions, sur un certain nombre de sujets de société, notamment ceux qui touchent à la dignité de l’homme, ou que les chrétiens, comme les croyants de toutes confessions religieuses, qui sont des citoyens comme les autres, puissent s’engager en politique en vue de la justice sociale.
Faut-il aujourd’hui remettre en question ou modifier la loi de « séparation » des églises et de l’Etat, qui s’est d’ailleurs considérablement assouplie depuis 1905 ? Sans doute cela serait-il bien imprudent dans le contexte actuel, le plus important étant à mes yeux d’éviter que la liberté religieuse ne soit insidieusement remise en cause sous couvert de lutter contre l’islamisation de la société française… ».

+ Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron"

MJ]

carlos aguiar gomes

Merci Monseigneur!Vous du courage.Que Dieu Vous donne Sa bénédiction.Carlos Aguiar Gomes ( Portugal)

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