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Messe pour la vie le 2 avril
Egypte : les Frères Musulmans agissent discrètement

Mettre une droite avant de tendre la joue gauche ?

De Pasquin, dans l'Homme nouveau, à propos de "tendre la joue gauche" :

J "Il y aurait dans ce geste la quintessence de la charité, de l’humilité, un chemin direct pour le Ciel. Étonnante interprétation du Caté qui transforme la religion en un jeu sado-maso de libertins déjantés. Cette joue sacrifiée permet, d’une part, aux ennemis de bien s’amuser, de « se faire » du chrétien ou du catho sans complexe et sans réel danger puisqu’il est prétendu ne pas répliquer. Mais c’est surtout aux cathos mondains et aux chrétiens de gauche, genre socialistes aux lointaines origines religieuses, qu’elle est utile. Elle permet de se justifier de ne rien dire et de ne rien faire en s’autoproclamant martyr. La religion est critiquée devant nous et zou un petit coup de joue gauche, on ne dit rien et on attend une autre critique. Nous sommes finalement très à l’aise avec la joue gauche des autres : celle de Jésus, de Marie, de la religion en général, de la chrétienté, du Pape, des chrétiens en Irak. Alors on va arrêter de se raconter des histoires et remettre l’église au milieu du village. Tendre la joue gauche, ça n’est pas attendre le prochain coup avec des yeux de cocker devant son bol de croquettes. Tendre l’autre joue, c’est être prêt pour le baiser de la paix, pour le pardon après l’offense reçue. En aucun cas cela nous exempte de livrer les batailles que notre devoir d’état nous commande. La passivité n’est pas du martyre mais de la faiblesse, de la lâcheté. Alors, à bon entendeur, salut, avant de tendre sa joue gauche le chrétien peut très bien mettre une droite si ça le mérite !"

Commentaires

anne

Tendre l'autre joue: un contre-sens qu'il faut relever !

Mt .5.39 - "Si l'on te frappe sur la joue droite, tends l'autre joue.

Certes il faut accorder beaucoup à ceux qui nous agressent, mais pas tout ! I1 est toujours affligeant de voir commenter cette fameuse parabole, surtout aux enfants, en leur expliquant que lorsqu'ils sont frappés sur une joue, ils doivent tendre "la joue gauche". Pourquoi ? Pour la bonne raison que le Christ ne l'a pas fait !

St. Augustin écrit : « Lorsqu'il eut reçu (le Christ) un soufflet dans sa passion, il ne dit pas : « voici l'autre Joue », mais : « Si j’ai mal parlé, fais voir le mal que j'ai dit : et si j'ai bien parlé pourquoi me frappez¬vous ? ».

Remarquons en passant qu'il ne s'agit pas de « joue gauche ». comme on le dit souvent. St. Jérôme nous l'explique bien :
« Quand on nous frappe la joue droite, il ne nous est pas ordonné de tendre la gauche, mais l'autre, c'est-à-dire l'autre droite. En effet un juste n'a pas de gauche. Un hérétique nous frappe-t-il dans une discussion, veut-il porter atteinte à la droite doctrine ? Opposons-lui un autre témoignage des Ecritures. » (Sur Matthieu I p. 125).

Dans ses "Homélies", St. Jérôme explique que le malentendu provient d'un jeu de mots qui n'est compréhensible que par l'hébreu. En effet, L Het Y désigne dans cette langue la « joue », mais aussi la « mâchoire ». En résumé, quand nous sommes agressés dans notre « droiture », nous devons tendre « l’autre mâchoire », celle qui concerne la Parole, le « témoignage de l’Ecriture » a dit St. Jérôme. Nous devons combattre avec les armes de la foi.

St. Augustin donne aussi un conseil, loin de la passivité, à celui qui est agressé :
«Que la haine n'entre pas dans son cœur, qu'il soit disposé à souffrir encore davantage, et qu'en même temps il ne néglige pas de se servir de l'influence du conseil ou de l'autorité pour faire rentrer son frère dans le devoir.» (Sermon sur la montagne)

En lisant ces Pères des premiers siècles, on mesure leur connaissance et leur équilibre. On est loin des balivernes que nous entendons trop souvent et qui ont certainement éloigné de l'Eglise ceux qui ont refusé d'être ce que Rousseau appellera des chrétiens "esclaves".

Y. Germain. L’Hébreu pour comprendre l’Ecriture, P. 15.

mère de six enfants

voici un commentaire de cette phrase de l'Evangile que j'ai entendu:" frapper la joue gauche était un geste que l'on réservait aux esclaves et donc tendre la joue droite est un geste d'homme libre, surtout si l'on considère que pour la majorité des droitiers, frapper la joue droite ne peut se faire que du revers de la main!"

Ragnar Lodbrok

Il reste des catholiques intelligents!
Deo Gratias.
Et vive les moines-soldats!

BetShems

Enfin ! Que voilà une analyse inspirée !

La vision toute profane -bien que, jusque dans les homélies, quasi univoque - de l'enseignement rapporté par Matth 5:39* et Lc 6:29 n’étant jamais parvenue à me satisfaire car, comme je le suppose, ma vocation au martyre est d’ordre infinitésimal, je l’ai interrogée sous l’angle du midrash (‘Grand recommençant’, je me suis plongé dans nos textes et l’étude de l’hébreu... simultanément), midrash qui peut en livrer la leçon que voici :

« Veut-on te provoquer ou t’humilier (la joue droite étant celle qui reçoit les soufflets) en t’attaquant par ta Miséricorde (le côté droit), montre alors le côté** de Rigueur (le gauche) ». En français d’aujourd’hui : « Le chrétien, lorsqu’on vient lui chercher des crosses parce qu’il vise à atteindre à la Bonté du Père, se doit d’être un combattant de la vraie foi », soit le radical opposé de l’attitude que dénonce M. Pasquin, mais bien plutôt celle qu’il prône.
Cette relecture (hérétique sans doute) impose de revisiter « la justice nouvelle » de Matth, de même que les Béatitudes de Lc, mais la pêche y est… miraculeuse ! (Eckhart l’avait fait brillamment avec Marthe-Marie : tous nos trésors n’ont vraisemblablement pas encore été découverts.)

Sursum corda!

* « […] quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre » (B.J).
** L’expression hébraïque pour « à côté » est rendue par la périphrase « sur la main », un peu comme notre français « (tournez) à main (... gauche, par ex) ».

Sanpierro

Un jour une dame m'a expliqué que catholique c'était pas bien car l'on ne pouvait pas manger des choux à la crème.

La gourmandise..

C'est ainsi qu'on lui avait expliqué notre religion et que depuis elle se l'imaginait.

Nicolas

On peut aussi remarquer que, dans sa grande sagesse, le bon Dieu ne nous a donné que deux joues.

Jean Theis

Des yeux de cocker devant son bol de croquettes, belle formule.

henri

Sommes nous en carême ?

Étienne

Étonnant comment l'enseignement d'aimer ses ennemis se transforme en se haïr soi-même…


Merci pour cette remise au point.

jean


à Anne

Merci beaucoup pour votre commentaire.
Et les idées reçues de ce genre, ce n'est pas ce qui manque chez nous catholiques. Pas étonnant, à force de voir de "l'alégorie" partout, le sel perd de sa saveur. On risque la surprise du Chef lors du second avènement du Christ (ce que les Juifs appellent le jour de la délivrance). Car, n'oublions jamais que le salut vient des Juifs, que le Christianisme est en quelque sorte la seonde partie d'un film (annoncer la parole et baptiser) et que lors de la "troisième partie", les "alégoristes" auront bonne mine en face des 144000 qui seront des juifs et de la réalité de la vocation physique du peuple de l'alliance. Chacun aura joué son rôle dans l'histoire, les Juifs d'abord, puis les Chrétiens, puis enfin la réunion de l'ensemble dans une joie ineffable.

BetShems

@ henri & Étienne

Si l'ascèse du Carême consiste à faire la Volonté du Père, accepter Sa Vérité –si difficile qu’elle soit- y a toute sa place.

D'ailleurs, qui peuvent bien être ces ennemis à aimer, sinon ceux qui, à l'intérieur de nous-mêmes, voudraient nous voir les haïr ? (... certains humains nous haïssent certes, et nous croient leurs ennemis, mais nous, NOUS NE LES AVONS PAS comme ennemis)
Il semblerait même que lorsque le croyant est parvenu à aimer tous ses ennemis intérieurs, il reconnaisse Christ en eux et donc… en soi ("C’est Christ qui vit en moi").
Ainsi, le jeûne de Carême, qui consiste à dilater sans limite la place que l'on accorde en nous à Christ, n’y parvient que par l’amour de ces ennemis-là : cette dilatation ne produit pas un vide, puisque tout ce qui était s’y retrouve enfin, mais Transfiguré.
"Que me chaut que Christ soit né mille fois à BeTh-LeHem, s’il ne naît à chaque instant au cœur de mon cœur ?" – Angelus Silesius
Rien de tout ceci n’interdit, bien sûr, la prière, le jeûne ni l’aumône (tels que prescrits), puisqu’alors aimer -jusqu’à ceux qui nous croient leurs ennemis- devient chose spontanée et presque facile, n'est-ce pas ?.

JOYEUX Carême !

BetShems

@ anne (si par chance pour moi vous reveniez sur cette page de commentaires)

Je ne parviens pas à trouver la moindre information sur votre "Y. Germain. L'Hébreu pour comprendre l’Écriture"... sauriez-vous m'y aider ?

Toda rabbah ('Merci beaucoup').
B.

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