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Mieux vaut profaner un cimetière que de télécharger illégalement
Vers la fin du silence sur la toxicité de la pilule ?

Que de la gueule

Il y a 20 ans mourrait l'abbé Hyvernat au retour des JMJ. Il nous a laissé ce texte qu'il semble opportun de rappeler à la manière d'un vaccin à l'occasion des grandes résolutions de rentrée (voir addendum) :


Ah "Une simple observation des mœurs et coutumes du milieu « tradi-mytho-mili-pêchu » permet de découvrir un sacré microbe, pour ne pas dire virus, qui fait des ravages parmi nous : il s'agit du TPF, « Tout Pour la Frime », ou encore du QDLG, « Que De La Gueule ». Soyons sérieux : il est infiniment triste de voir des jeunes, et quand je dis jeunes, nous pouvons tous nous sentir plus ou moins concernés, qui sont pourtant des gars bien au départ, des gars qui ont souvent pas mal reçu (famille, milieu, scoutisme...), mais qui se gâchent par manque d'idéal solide, par manque de profondeur spirituelle.

Derrière leur belle apparence de « catho-tradi-mytho -pêchu », il n'y a hélas plus ou pas grand-chose. Oh, si on les croise dans la rue, on se dit « ça, c'est un type bien ! » : le chèche, la coupe de cheveux, l'autocollant espoir et salut de la France derrière la voiture... tout y est ! Ouf ! on est rassuré ! Avec un peu de chance, il va même à la messe tradie...oui...oui mais NON ! Tout ça ne vaut RIEN si derrière, il n'y a pas un désir brûlant d'aimer Notre Seigneur, de le servir, de lui plaire... Tout ça ne vaut RIEN, si on ne désire pas être un saint ! Et c'est là-dessus que nous devons nous examiner chaque jour : oui ou non, ai-je le désir d'être un saint ? Est-ce que j'en prends réellement les moyens ? 

« Rien de moins ?!! » pensez vous peut-être avec ironie... NON ! Rien de moins ! On doit vouloir être un saint ! « Doucement, doucement, direz-vous, on a 16, 18, 20 ans, on a le temps ! Laissez nous nous amuser un peu... » NON ! Pas de temps à perdre ! La jeunesse n'est pas faite pour le plaisir, elle est faite pour l'héroïsme ! Et il en faut de l'héroïsme pour vouloir être un saint dans notre pauvre monde... « Mais on est jeune... » JUSTEMENT! 

C'est avec tout l'enthousiasme fougueux de notre jeunesse qu'il faut nous lancer, corps et âme, dès maintenant, dans l'aventure de la sainteté. Cette aventure dure, exigeante, mais si belle et si exaltante, qui nous conduit vers les sommets ! Ne soyons pas des « petits bourgeois » de la sainteté ! Notre Seigneur veut tout, nous veut entièrement à Lui, corps et âme. Il est mort pour cela. Soyons généreux ! Donnons nous à Lui, à fond, là où Il nous veut. 

« Doucement, holà ! Ce sont des belles paroles, mais concrètement ? » Concrètement ? C'est tout simple ! Prenons la résolution de ne jamais être un contre-témoignage pour notre prochain. Nous avons l'étiquette « catho » sur le front ? Très bien ! ça nous oblige à être des saints, sous peine de décevoir les autres.

Ainsi, le catho qui triche en classe, c'est un contre témoignage !
Le catho qui se tient mal en soirée, c'est un contre témoignage !
Le catho qui arrive à passer une journée sans prier, c'est un contre témoignage !
Le catho qui flirt au bahut, c'est un contre témoignage !
Le catho qui n'ose pas témoigner de l'exigence de la pureté par peur des moqueries, c'est un contre témoignage !
Le catho qui n'ose pas réagir quand son prof sort des propos scandaleux ou erronés sur le Christ, l'Eglise ou le Pape, c'est un contre-témoignage !
Le catho qui se sent obligé de rire grassement aux histoires crades, sous peine de passer pour un type coincé, c'est un contre témoignage...
pas besoin de continuer la liste, examinons nous plutôt sur le témoignage que nous osons donner autour de nous... 

« Houlà, c'est un peu trop dur pour nous, tout cela... c'est beau, ok, mais trop difficile, c'est pas pour nous... » 
Oui, mais désolé, à 16, 18, 20 ans, il est grand temps de faire un choix. 

Sois j'écoute ma nature paresseuse. Je choisis alors de rester mouton parmi la masse anonyme des moutons, je choisis d'en rester à un idéal au ras des pâquerettes, au « que de la gueule », au juste nécessaire pour paraître « catho-tradi-mytho-pêchu » en soirée ou à la sorite de la messe, je choisis de ne pas renoncer aux petits plaisirs faciles... je choisis de mener ma petite vie spirituelle pépère : Jésus, je lui en demande pas trop (sauf avant les examens...), en échange, Il ne doit pas trop m'en demander non plus... 

Rs Sois je vise un peu plus haut, je suis un peu plus viril...
Je me donne un grand coup de pied au c.., et je me jette dans l'aventure, corps et âme.
Je refuse de me contenter d'être médiocre, ni même d'être moyen...
je veux être un saint !
Je sais ce que cela va me valoir : sourires moqueurs de la part des plus gentils, insultes, mépris, haine pour les autres. Tant mieux, ce sera toujours ça de plus à offrir au Christ.
Et puis je ne suis pas seul : j'ai peut-être des amis qui partagent ce même idéal pour m'aider, j'ai en tout cas les anges, les saints, Notre-Dame, et puis .... Notre-Seigneur : « Je ne vous laisse pas seuls ! »a-t-Il dit à ses disciples.
C'est vrai, je suis faible, pécheur, mais si je tombe, Jésus est là pour me relever, quelle que soit la gravité de ma faute.
Pour m'aider, j'aurai recours à un directeur spirituel (« le père spi ») auquel je me confesserai régulièrement et qui pourra m'aider à faire les grands choix de ma vie (discernement de ma vocation – quelle qu'elle soit-, études...).
Je ne sais pas jusqu'où j'arriverai, jusqu'où tout cela va me mener, mais je fais de mon mieux, et je m'abandonne :
je renonce à moi-même, j'accepte de me donner avec tout l'enthousiasme et la générosité de ma jeunesse, là où je suis maintenant et, au moment venu (ça arvrive très vite...), là où le Seigneur m'appelle : père de famille, prêtre ou religieux. Au Bon Dieu de décider, moi, une seule chose m'importe : SERVIR, en faisant sa volonté.
une grande confiance, je me confie à Marie, ma Mère et ma Reine : c'est elle qui doit tenir la barre, et me mener jusqu'à son Fils.

Ce choix, il ne faut pas le repousser, le remettre indéfiniment à plus tard. Demain, dans trois jours, dans deux semaines, il sera peut-être trop tard...
Et une fois que ce choix est fait, il nous faut le redire chaque jour de notre vie : « Seigneur, je suis bien peu de chose, mais pour Vous, je ne veux pas me contenter de peu. Vous me voulez saint, rien de moins... v
D'accord ! J'accepte cette mission et avec l'aide de votre grâce, plaise à Dieu que je la remplisse, même est surtout si cela doit me coûter cher : mon confort, ma tranquillité, mes petits plaisirs, et peut-être un jour, mon sang... ! 

« Que tous les jeunes, et parmi eux tous nos scouts et guides, soient assoiffés d'absolu, de pureté, de transparence, de joie et de sainteté ! » 

Abbé HYVERNAT, prêtre, scout, mort à 34 ans

Addendum : Il semble depuis peu que la paternité de ce texte reviendrait à un séminariste (1997) et non à l'abbé Hyvernat qui n'en aurait écrit que la dernière phrase entre guillemets. Peu importe, je vous promets sous peu un inédit de ce saint abbé.