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Le changement, ce n'est pas maintenant

La politique est une façon exigeante de vivre l’engagement chrétien au service des autres

Lu sur Zénit (texte original en italien) :

19964" Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat, était en visite au diocèse de Catanzaro-Squillace, en Italie, où il a reçu un doctorat « honoris causa » en droit, de l’université Magna Grecia. Il est intervenu également durant un congrès du diocèse et de l’université sur le thème: «Quel avenir pour l’Europe ? Un parcours en face de la res novae, entre éthique, économie et politique» (...)

L’Europe unie était à l’origine une communauté économique, rappelle le cardinal, mais cette Europe des pères fondateurs, était fondée « sur la valeur et la culture du christianisme », et « l’éthique n’était pas disjointe de la politique et de l’économique ». C’est cette Europe, dit-il, qui est en mesure encore aujourd’hui, de « séduire, d’enthousiasmer et de rassembler des peuples, visions et cultures diverses ».

Citant Benoît XVI, il souligne que la sphère économique « appartient à l’activité de l’homme » et elle a donc « besoin de l’éthique pour son fonctionnement correct ». Ce qui signifie que seule l’économie qui repose sur la « centralité de la personne », contribue à répondre à « ses besoins les plus authentiques ».

C’est pourquoi, affirme-t-il, « une politique qui met au centre l’homme dans ses dimensions intégrales, plutôt que les intérêts particuliers des individus », pourrait non seulement « favoriser une reprise économique plus stable et au bénéfice de tous » mais contribuerait aussi à « surmonter cette crise de confiance » qui implique les opérateurs financiers et les institutions (...) 

Au cours des siècles, fait observer le secrétaire d’Etat, de nombreux pays européens ont su développer un concept de « saine laïcité » des Etats, c’est-à-dire la « distinction entre la dimension temporelle et la dimension spirituelle ». Ce concept, estime-t-il, représente un « patrimoine important », mais il peut « facilement se réduire à une idéologie », s’il ne sait pas tirer bénéfice du rôle « inspirateur » de la religion chrétienne.

On ne devrait pas, insiste-t-il, ignorer la « contribution particulière » que le christianisme peut offrir « dans les grandes questions de la paix et de la cohabitation entre divers peuples et communautés ». Les institutions religieuses et spirituelles chrétiennes peuvent en ce sens « collaborer avec les institutions politiques », notamment en « rappelant les valeurs éthiques et spirituelles partagées ».

Citant Paul VI, il rappelle que «la politique est une façon exigeante de vivre l’engagement chrétien au service des autres». Or, pour tout croyant, la pratique de la charité se fait parfois « dans le déchirement des choix difficiles, dans la peine des décisions non comprises par tous, dans le trouble provoqué par les contradictions et par les conflits systématiques ». Ainsi les laïcs qui exercent la charité dans l’agir politique ne peuvent éviter de se confronter à ces problèmes. Mais, encourage le cardinal, ils ne doivent « jamais se résigner » : au contraire, ils doivent « concourir généreusement au bien commun », et « rendre publiquement raison » de la fécondité sociale et politique de leur foi vécue (...)

Aujourd’hui, dénonce-t-il à ce sujet, la politique est plus souvent guidée par des « calculs de convenance » et des « logiques utilitaristes de simple recherche de consensus ». Cependant, rappelle-t-il, si l’on veut que le bien commun soit « crédible », c’est la « splendeur de la vérité » qui devra éclairer les avantages, les profits et l’utilitaire, en les mettant « au service de la dignité humaine, de la personne et de cette cellule fondamentale de la société qui est la famille » (...)"

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