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A Carnac on ne lâche rien !
Les veilleurs debout sont encore place Vendôme

Il faut donner une traduction politique au mouvement

Interrogée dans l'Action Française 2000, Béatrice Bourges déclare :

B"En fait, cette loi, mortifère pour notre civilisation, a été comme une énorme claque qui a fait sortir le peuple de sa léthargie. L'idéologie totalitaire issue de Mai-68 a fait des ravages colossaux, dans tous les domaines. Le libéralisme libertaire a anéanti la France. Mais, dans un instinct de survie, les Français sortent, comme un peu hébétés, d'une hibernation qui a duré plus de quarante ans. À la différence, cependant, de certains autres mouvements de contestation, je pense que nous sommes plus "pour" que "contre". C'est vrai, nous refusons cette société fondée sur une idéologie soixante-huitarde de l'individualisme et de l'hédonisme comme valeurs absolues. Mais nous travaillons déjà à la reconstruction d'une nouvelle société fondée sur le respect de l'intérêt général, associé au respect des personnes. C'est ce que l'on appelle le bien commun. Le gouvernement sous-estime complètement ce qui est en train de se passer. Il a tort et son réveil sera douloureux.

[...] Oui, nous sommes bien dans un État totalitaire. Très peu de personnes s'en rendent réellement compte. De nombreuses libertés sont attaquées : liberté de penser, liberté de se réunir, liberté de s'exprimer, liberté d'éduquer ses enfants etc. Tout cela est couvert par les médias, aux ordres du gouvernement. Les ingrédients d'une dictature sont bien là. Mais ce totalitarisme est pratiqué de façon habile et pernicieuse, d'où une prise de conscience encore très ténue. Là encore, le réveil sera douloureux.

Pensez-vous ce que ce mouvement laissera des traces ? Et qu'il est nécessaire de lui donner une traduction politique qui ne soit pas synonyme de récupération politicienne ? Si oui, comment ?

Plus que des traces, ce mouvement va changer complètement la donne et je pense qu'il faut lui donner une traduction politique. La difficulté que vous soulignez est le risque d'une certaine récupération. Je crois que le paysage politique est amené à changer radicalement. Les partis existants sont dépassés. Aucun n'a pris une part active à ce qui s'est passé. Aucun n'a eu le courage de se mouiller réellement. Rares sont ceux qui, depuis le début, se sont véritablement prononcés. Lorsque j'ai démarré ce combat, je me suis battue contre le gouvernement de Nicolas Sarkozy. N'oublions pas tout de même que c'est Nadine Morano, secrétaire d'État à la Famille, qui voulait instituer le statut du beau-parent pour les personnes de même sexe, ce qui était un pas déterminant pour la reconnaissance de l'"homoparentalité". N'oublions pas non plus que c'est sous Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, que l'idéologie du genre est apparue de façon aussi subversive dans les programmes scolaires. Jean-François Copé était bien silencieux sur le sujet à l'époque... Quant à François Fillon, il vient d'annoncer qu'il ne reviendrait pas sur la loi s'il était élu. Et je pourrais multiplier les exemples. Concernant le FN, on ne peut vraiment pas dire qu'il ait été très présent dans le débat. Certains députés se sont exprimés à titre personnel et je leur en rends grâce, mais le parti dans son ensemble est divisé sur cette question. Un grand nombre de responsables ne partagent pas du tout les convictions des personnes qui sont descendues dans la rue. Aucun parti ne peut revendiquer d'avoir pris une part active à ce qui s'est passé ces derniers mois. Personnellement, je ne crois plus à la crédibilité des partis existants, quels qu'ils soient. Et mon cas est loin d'être isolé. Ce qui s'est passé cet hiver était une occasion unique pour les partis existants. Ils n'ont pas su la saisir. Ils ont attendu de voir et sont venus au secours de la victoire. Des échéances électorales vont bientôt avoir lieu, municipales et européennes. Il faut être présent partout. Nos convictions doivent être portées par des élus. Nous n'avons pas le choix. Il faut réunir des personnes, venant d'horizons politiques différents, sans exclusive, autour de la défense du bien commun. Ce qu'il faut proposer aux électeurs, ce sont des valeurs, au-delà des étiquettes qui ne veulent plus rien dire. Une liste transcourants, composée de personnes compétentes et de convictions, voilà ce qu'il nous faut."