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C'est arrivé un 9 mars...
Pour revitaliser la vie sociale compte tenu des moyens du totalitarisme moderne, il faut une action multiforme

François Libermann, juif converti déclaré Vénérable

Critique proposée par LM de Woillemont sur l'ouvrage de Alphonse Gilbert, Dieu est tout, François Libermann 1802-1852.

VDans cette belle plaquette on re-découvre ou l'on découvre tout simplement l’âme de feu d'un grand converti du XIXème siècle, déclaré vénérable par Pie X en 1910.

Élevé par un père rabbin dans le ghetto de Saverne il part à Strasbourg étudier la religion talmudique qui est la sienne. Promis à un brillant avenir et à toute la considération liée à son futur statut de rabbin il découvre le Christ. Dès lors, il est seul est plus que seul. Baptisé en 1824, il perd son père en 1831 sans que ce dernier lui ait pardonné... Son père porte sur lui une malédiction il est atteint au même moment de terribles crises d'épilepsies qui semblent enterrer définitivement son rêve de devenir prêtre. Sa très grande vie spirituelle lui donne la force de surmonter cette nouvelle épreuve il finit par être ordonné prêtre dans la chapelle privée de l'évêque d'Amiens par l’évêque de Strasbourg le 18 septembre 1841.

Il fonde en 1843 la congrégation du Cœur immaculé de Marie qui fusionnera en 1848 avec la Congrégation du Saint-Esprit fondé par C.F. Poullart des Places. Sa grande ambition était «l’œuvre des Noirs» : «Mon cœur est aux Africains, tout aux Africains ...» Pour ce grand missionnaire «l'esprit apostolique consiste plutôt à étendre les bornes de l’Église qu'à perfectionner une petite portion».

«Depuis que  Dieu m'a placé dans cette œuvre je n'ai jamais eu un instant de paix et de consolation».

Après sa mort les spiritains ont lu et relu durant leur noviciat ses lettres spirituelles. Comme beaucoup de mystiques catholiques,  il est aussi et un grand homme d'action. Sa direction spirituelle préfigure la très célèbre, mais pas forcément bien comprise «petite voie» de ste Thérèse.

Avant de  développer les OAA, le père Brottier, passera un an de sa vie au noviciat d'Orly où il découvrira la spiritualité de père Libermann qui rejaillira tout au long de sa vie et lui permettra d’accueillir Thérèse de Lisieux comme une sœur spirituelle.

Au moment où il part de Rennes pour se lancer dans la fondation de sa Congrégation, on retrouve des accents de Charles de Foucauld :

«J'avais là un avenir certain, j'étais sur d'avoir de quoi vivre et d'avoir même une certaine existence honorable. Mais malheur à moi si je cherche à être à mon aise sur la terre à vivre honoré et estimé. Chers amis, souvenez-vous d'une chose ; cette terre passe, la vie que nous y menons ne dure qu'un instant. Je n'ai plus aucun homme ni aucune créature sur la terre en qui je puisse mettre ma confiance. Je n'ai rien je ne sais ce que je deviendrai, comment je pourrai seulement vivre et exister ; je mènerai une vie méprisable oubliée, négligée, perdue selon le monde. N'ayez crainte ni défiance reconnaissez que je suis l'homme le plus heureux du monde, parce que je n'ai plus que Dieu seul»

«La grandissime règle de toutes les âmes qui veulent vivre à Jésus c'est de s'estimer peu soi-même et d'estimer beaucoup les autres».

«Si on ne devait entreprendre dans l’Église que des choses faciles que serait devenue l’Église? »

Et enfin, en ces temps électoraux, on lira avec intérêt les consignes que voici  :

«Vous me demandez si le clergé doit participer aux élections. Je crois bien qu'il le doit, à Dieu, à l’Église et à la France et dès demain je vais me faire inscrire sur la liste électorale ainsi que tous ceux qui sont avec nous dans les conditions requises. Si tous les prêtres de France remplissaient sérieusement ce devoir et employaient toute leur influence pour procurer un bon choix pour le Corps législatif de la République nous aurions une bonne constitution et ensuite une bonne forme de Gouvernement exécutif. Que de bien en résultera! ».

«Le monde a marché de l’avant et l'homme ennemi a dressé ses batteries selon l'état et l'esprit du siècle et nous restons en arrière!».

«Il faut attaquer les batteries de l’ennemi là où elles sont et ne pas le laisser se fortifier en le cherchant là où il n'est plus».

Tout est bon là-dedans : C'est une excellente feuille de route pour nous, aujourd’hui, un texte de combat.

Ces phrases  ont  été rédigées  bien avant le Ralliement de Léon XIII et dans un sens un peu différent ;  il faut combattre l’ennemi de l’intérieur, c'est à dire, dans ce texte, les Républicains, en insufflant l’Évangile dans les Institutions. On croirait lire du Jean-Paul II et sa lutte contre les structures de péché, ou la culture de mort. Voire Benoît XVI et ses principes non négociables.

Mais le pré supposé de ce texte est que l'influence des curés et des évêques est quelque chose de bon en soi. Est-ce systématiquement le cas en matière économique, politique et sociétale ?