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Ces canonisations répondent au procès continuel fait à l’Eglise romaine

De Joël Prieur dans Minute :

"C’est la première chose qu’il faut comprendre: ces canonisations, venant après d’autres du même genre, [...] visent à sanctifier l’institution pontificale elle-même. Elles répondent au procès continuel fait à l’Eglise romaine, qui, ces dernières années, a pris une tournure particulière. Le pape émérite, Benoît XVI, n’était pas le dernier à être attaqué. A sa rigueur morale, à propos du préservatif, de la contraception et bien sûr de l’avortement, on répond en lui envoyant à la figure les cas de prêtres pédophiles. Il avait prévu l’attaque et avait fait repentance publiquement dès le début de son pontificat avec beaucoup de courage et de netteté. Mais évidemment, cela n’avait pas suffi, car le vrai problème n’est pas dans cette horreur de la pédophilie. N’est-ce l’honorable agence Reuters qui fit courir le bruit que Benoît XVI était menacé d’un procès par contumace parce qu’il devait être considéré, en tant que supérieur, comme responsable de tous les cas de pédophilie? On a décrété qu’il s’agissait d’un hoax (un bobard internautique). Sans doute. Mais, même si l’on passe sur les dépêches d’agence et si l’on cherche des faits, il reste un fait très troublant. Quelques jours avant la démission du pape aujourd’hui émérite, le système des cartes bleues avait été désactivé dans toute la surface de l’Etat du Vatican. La Banque d’Italie bloquait toutes les transactions, même les plus minimes. Résultat? Le célèbre musée, renfermant la Chapelle Sixtine, avait dû fermer plusieurs jours puisqu’il ne pouvait plus satisfaire ses clients (et empocher leur droit d’entrée). Les cartes bleues se remirent à fonctionner le 11 février 2013, jour où fut connue la démission du pape allemand. Vous trouvez cela étrange ? Mais c’est public… Il suffit d’y prêter attention. Vous ne voyez pas le rapport ?

Réfléchissons à ce que représente aujourd’hui un pouvoir spirituel dans un monde rationaliste et matérialiste. C’est quelque chose qui n’existe plus, ou bien, quand cela existe encore, c’est fragile. Et si, au nom de l’Esprit, le pape ne se taisait pas sur les petits et les grands arrangements de ce monde ? Il deviendrait dangereux. Fragile. Dangereux. Dangereux sans doute, mais aussi facile à faire taire au nom du sexe et de l’argent.

Très étonnante encore est cette affaire de l’ONU, envoyant une lettre de réprimande au pape François. Les raisons ? Toujours les prêtres pédophiles et aussi la doctrine catholique sur la contraception, considérée comme inadmissible. Plusieurs papes se sont succédé à la tribune de l’ONU, Paul VI et Jean Paul II y ont donné un enseignement lors de discours véritablement magistraux. C‘était un autre siècle: le XXe. Les temps changent. Aujourd’hui, il n’est pas question d’entendre le pape François à l’ONU. Dans l’extraordinaire rapport sur les droits de l’enfance, ce sont des réprimandes qu’on lui fait. Tout en soulignant, histoire de lui faire la leçon, sa position « progressiste » (c’est dans le texte) à propos des homosexuels! François avait dit : « Un homosexuel qui cherche Dieu, qui suis-je pour le juger? » L’ONU lui a signifié que, là, à cet instant, il était sur la bonne voie… On comprend que désormais l’ONU et les autres Instances internationales sont devenues ou en tout cas se veulent des autorités spirituelles et qu’une concurrence s’installe comme naturellement entre l’instance spirituelle bimillénaire qui s’appelle l’Eglise catholique ou, autrement dit, l’Eglise universelle, et les Instances, ONU, Unesco et autres, remontant à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. D’un côté, cette foi chrétienne que l‘on connaît, supérieure à toute raison humaine mais grande créatrice de civilisation (et entre autres de la civilisation européenne elle-même). De l’autre une idéologie, qui, au nom de la tolérance, refuse toute affirmation sur l’ordre du monde, sur le destin de l’homme, sur la vie, sur la mort et sur un salut possible.

« La règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or », disait Bernard Shaw. C’est un peu ça: dans l’idéologie mondialiste, toutes les opinions sont permises ou même recommandées (sauf celles qui tournent autour de tel ou tel tabou en vertu de la reductio universelle ad hitlerum). Mais attention, à une condition: ce sont des opinions, rien que des opinions. Ces opinions peuvent être objets de croyance à condition que l’on accepte de professer aussi (comme une opinion) la croyance contraire. Dans la perspective de l’Eglise catholique, au-delà de toutes les croyances, demeure la foi, c’est-à-dire l’engagement intelligent à reconnaître, au-dessus de soi, un Dieu qui, devenu homme, a donné sa vie pour nous et auquel on est capable de livrer sa propre existence dans un acte d’amour. D’un côté une tolérance qui, par définition, est sans limite (autre que les tabous fixés au sein d’une société donnée). De l’autre une foi qui se tourne en amour et pressent un absolu autre qu’elle-même, qui lui donne forme. Sont-ce là les termes d’une nouvelle guerre de religion à l’échelle de la planète? Face à cette problématique plus que jamais difficile, l’Eglise doit se défendre. Elle se défend en organisant sa propre célébration et en canonisant ses chefs, comme elle ne le faisait plus depuis le temps des martyrs."