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François commence un nouveau cycle de catéchèses sur la famille
Je défendrai bec et ongle, et jusqu’à la dernière goutte de mon sang, les racines chrétiennes de notre pays.

Un jour, un texte ! La Patrie selon Guillaume Derville

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (11)

la patrie d'un jeune français

Le Bulletin du Collège Stanislas (Paris) publiait, en 1976, la copie d'un de ses élèves de 3ème, Guillaume Derville, classé lauréat national dans un concours écrit sur le thème de "La Patrie" et organisé par la D.R.A.C. (Défense du Religieux Ancien Combattant).

- « Étranger, mon ami, tu me demandes ce que signifie pour moi le mot "Patrie". Si tu as une mère et si tu l'honores, c'est avec ton cœur de fils que tu comprendras mes propres sentiments. Ma patrie, c'est la terre de France où mes ancêtres ont vécu. Ma patrie, c'est cet héritage intellectuel qu'ils m'ont laissé pour le transmettre à mon tour.

Viens voir, étranger, la beauté des paysages de France, la splendeur des monuments édifiés par mes aïeux. Va te reposer dans le vert marais poitevin, admire les roches rouges d'Agay qui se baignent dans le bleu de la mer de Provence. Chemine simplement de Paris vers Lyon. Sur ta route près d'Avallon l'élégance raffinée de la basilique de Vézelay fera surgir pour toi l'épopée de nos croisades. Tu arriveras plus loin au château de la Rochepot qui donne à la région un air médiéval. N'oublie pas de visiter en Bourgogne le ravissant hospice de Beaune. Ne néglige pas le barrage de Génissiat. Continue, regarde, réjouis-toi de tant de beauté.

Mais si la France, ma patrie, n'était que belle et aimable, mon amour pour elle ne serait pas si grand. Elle est mieux encore : intelligente et cultivée. La clarté de sa pensée, la finesse de son esprit, l'excellence de son goût te sont déjà connus. Des idées venues de France ont influencé l'humanité entière. Sais-tu, par exemple, que la bibliothèque personnelle de Frédéric II de Prusse, conservée à Berlin, ne contient que des livres écrits en français ? Ainsi, bien au delà de nos frontières, des hommes de France sont célèbres : philosophes, écrivains, poètes, artistes, savants. Pascal, Molière, Vigny, Delacroix, Berlioz, Pasteur : tous ont contribué à la gloire de la France.

Et vous, héros humbles et méritants qui avez fait la France brave et fidèle, vous, guerriers morts pour la patrie, comme je vous suis reconnaissant de m'avoir conservé ce précieux bien de mes ancêtres ! De Bayard à Guynemer, des premiers chevaliers aux soldats des dernières guerres, que de dévouements, que de sacrifices.

Et toi, mon ami, qui es aussi comme moi une créature de Dieu, ne vois-tu pas qu'ici en France, tu es en terre chrétienne ? Les oratoires pittoresques, les calvaires aux croisées des chemins, les flèches de nos cathédrales sont les témoins de pierre d'une foi vivante. Ma patrie bonne et pieuse a vu naître de grands saints. Le sens missionnaire de saint Bernard, la vertu de saint Louis, la charité de saint Vincent de Paul, le zèle du saint Curé d'Ars sont le vrai trésor laissé par nos ancêtres. De la grande sainte Jeanne d'Arc à la petite sainte Thérèse, de l'épopée de l'une à la vie simple de l'autre, se retrouve le courage et la bonté des femmes de France. Aux plus humbles d'entre elles s'est montrée la Vierge Marie. A travers sainte Catherine Labouré, sainte Bernadette de Lourdes quel honneur pour la France !

Tu comprends maintenant pourquoi, ami étranger, j'aime et je vénère ma patrie comme ma mère ; pourquoi, si riche de tout ce qu'elle me donne, je désire transmettre cet héritage. Ne crois pas que cet amour que j'ai au cœur soit aveugle mais, devant toi, je ne dirai pas les défauts de ma mère patrie. Tu sais bien qu'un fils ne gagne rien à critiquer sa mère. C'est en grandissant lui-même qu'il la fait grandir. Si je veux ma patrie meilleure et plus sainte, que je devienne moi-même meilleur et plus saint.

La France, ma patrie, a tant de qualités que je ne saurais, ami étranger, te priver de sa douceur ; si tu sais découvrir ses charmes et ses vertus, tu l'aimeras, toi aussi. Je partagerai avec toi ses bontés et, loin de m'appauvrir par ce don, je m'enrichirai de cette tendresse nouvelle que tu lui porteras.

Mais ne l'abîme pas, ami étranger, la France, ma douce Patrie, ma chère mère ; ne la blâme pas, ne la pervertis pas, ne la démolis pas car je suis là, moi son fils, prêt à la défendre. »

Guillaume Derville

Bulletin du Collège Stanislas (Paris) - 1976

Commentaires

werther

Figurez vous que cette lettre je l'avais insérée dans mon bulletin municipal il y a déjà quatre ans. Je me suis fait traiter de raciste, d'extrême droite, de ringard, de has been etc.
J'étais un peu en avance sur les événements actuels.
Nous sommes sans nous en rendre compte imprégnés par une espèce de laïcisme radical qui risque de faire exploser la société. Les LMPT des mois passés sont des prémisses intéressants à étudier me semble t il .

Annette

Quel beau texte. L'auteur etait un eleve de 3eme! L'education Nationale ne doit plus produire beaucoup de tels eleves de nos jours.

Maurice

La beauté fait aussi pleurer (ou avoir les larmes aux yeux), c'est le cas de ce texte !

Claire

Quelle émotion en lisant ces lignes! L'auteur est-il le futur Monseigneur Derville, frère de Tugdual Derville?

Éliane

Quel magnifique texte! Comment avons-nous pu nous déculturer si rapidement?

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