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Qu'importe la vie des otages puisque la presse est libre
Un jour, un texte ! Le soldat et sa famille par Père André RAVIER (3/4)

Islam, positivisme et raison : et si à Ratisbonne, Benoît XVI avait vu juste ?

Même La Vie le concède :

"je pense qu'au delà des troubles d’identité contemporains, au fond, dans son discours de Ratisbonne, Benoît XVI n'avait pas complètement tort (sic), qu’il y a dans l’islam un grave et ancien problème à résoudre, et que les musulmans et eux seuls peuvent le résoudre en le prenant à bras le corps, pas en le niant."

Dans son discours tant décrié à Ratisbonne, Benoît XVI interrogeait en 2006 la relation entre la foi et la raison. L'islam, qui prône le jihad, n'interroge pas la raison :

"(...) j'ai lu la partie, publiée par le professeur Théodore Khoury (de Münster), du dialogue sur le christianisme et l'islam et sur leur vérité respective, que le savant empereur byzantin Manuel II Paléologue mena avec un érudit perse, sans doute en 1391 durant ses quartiers d’hiver à Ankara. (...)

Dans le septième entretien (διάλεξις – controverse) publié par le professeur Khoury, l'empereur en vient à parler du thème du djihad, de la guerre sainte. L'empereur savait certainement que, dans la sourate 2,256, on lit : pas de contrainte en matière de foi – c'est probablement l'une des plus anciennes sourates de la période initiale qui, nous dit une partie des spécialistes, remonte au temps où Mahomet lui-même était encore privé de pouvoir et menacé. Mais, naturellement, l'empereur connaissait aussi les dispositions – d'origine plus tardive – sur la guerre sainte, retenues par le Coran. Sans entrer dans des détails comme le traitement différent des « détenteurs d'Écritures » et des « infidèles », il s'adresse à son interlocuteur d'une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain comme ceci, qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait ». Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l'âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n'a pas besoin de son bras, ni d'objets pour frapper, ni d'aucun autre moyen qui menace quelqu'un de mort... ». L’affirmation décisive de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu ». L'éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l'empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ». Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note que Ibn Hazm va jusqu'à expliquer que Dieu n'est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l'oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l'homme devrait être idolâtre."

... et le monde occidental tend a cultiver la raison, mais en en excluant le divin, ce qui rend le dialogue impossible entre les cultures :

"C'est ainsi seulement que nous devenons capables d'un véritable dialogue des cultures et des religions, dont nous avons un besoin si urgent. Dans le monde occidental domine largement l'opinion que seule la raison positiviste et les formes de philosophie qui s'y rattachent seraient universelles. Mais les cultures profondément religieuses du monde voient cette exclusion du divin de l'universalité de la raison comme un outrage à leurs convictions les plus intimes. Une raison qui reste sourde au divin et repousse la religion dans le domaine des sous-cultures est inapte au dialogue des cultures."

Des journalistes incapables de comprendre l'ampleur de l'outrage que représentent leurs caricatures pour les musulmans. Des islamistes poussant la déraison jusqu'à tuer ces journalistes pour un dessin. Le discours de Ratisbonne trouve un étrange écho aujourd'hui.

Commentaires

Bernard Mitjavile

"Que Benoît 16 n'avait pas complètement tort", voilà quelqu'un qui est long à la détente et très mesuré dans ces compliments pour un des meilleurs discours publics de ce pape.

incongru

"n'avait pas complètement tord..." : fallait quand même oser!
pas mal pour la vie catholique illustrée
mais on trouve normal les sacrifices sanglants de l'Aïd, les émeutes après la parution d'un film qui montre ce qu'est l'islam (man + X = terroriste), etc, etc.
Benoît XVI a eu raison ! trop tôt.

Faustine

Benoît XVI à Ratisbonne, comme toujours, nous a livré un texte de haute volée, auquel les journalistes et les mahométans, les uns comme les autres ayant depuis longtemps perdu l'habitude de se servir de leur raison, n'ont rien compris.
Il avait vu juste et touché le point sensible, celui qui fait mal, car il montre qu'on a eu tort, tandis que l'orgueil démesuré de l'homme sans raison lui interdit de voir ses erreurs.

JEJ

Une condamnation claire et sans limite par les musulmans dits modérés est indispensable.

Depuis mercredi, beaucoup sont encore et toujours dans le double discours :
- condamnation des meurtres,
- MAIS reproche à Charlie Hebdo d'avoir représenté le "prophète" ce qui est interdit.

Soyons précis désormais :
- soit les musulmans condamnent à 100% et ils en tirent des actes !
- soit ils ne condamnent pas ce terrorisme ou ne le font pas pleinement et ils doivent alors eux aussi être considérés comme des TERRORISTES !

HA

Merci de rappeler ces réflexions qui ont la sagesse du bon sens, au moment où, sous prétexte de liberté de presse, le "je suis Charlie" devient l'horizon de la pensée, et le droit d'insulter tout et tous.

Le respect d'autrui est un fondement de notre civilisation d'amour et de paix : ma liberté s'arrête là où commence celle des autres.

Praxis

"Comme si Benoit XVI n'avait pas complètement tort." Comment vouloir et oser "donner tort" à Sa Sainteté Notre Pape? Prétention et stupidité absolue de "petits morpions" se prenant pour Dieu le Père. Amen! Ces mots dans la bouche de dits-catholiques nous font frémir et nous font honte.

Clovis

Il faut à " La Vie" ( ex catholique) un culot monumental et beaucoup de suffisance pour écrire" ....Benoît XVI n'avait pas complètement tort". Les petits penseurs qui se répandent à profusion dans ces médias obscurcissent toute lumière et nous font perdre notre temps!

Exupéry

La suffisance des catholiques (tels ceux de "La Vie" ex...) à la remorque du monde, sous prétexte de dialoguer avec lui, est consternante. Même confrontés à des réalités flagrantes ils ne peuvent jamais reconnaître pleinement qu'ils se trompent (et égarent les fidèles.)

salagou

En tous cas, zéro positivisme dans le coran il suffit de l'ouvrir pour être horrifié.

jpm

Evidemment il avait vu juste !
Mais les spécialistes du dialogue n'ont pas suivi !

Zabo

Certes "La Vie" est coupable de n'avoir rien voulu comprendre au discours de Benoît XVI en son temps, mais "à tout péché miséricorde", félicitons-la de faire amende honorable, à parfaire certes !, et réjouissons-nous qu'elle ouvre les yeux, tardivement certes encore, mais mieux vaut tard que jamais !

[Je suis bien d'accord sur ce point. L'objet de ce post est de faire relire le discours de Ratisbonne et non de critiquer la Vie (je l'évoque pour montrer que ce qu'a dit Benoît XVI est vu sous un nouveau jour). Dommage seulement que la formule "n'avoir pas tord" ait été préférée à "avoir vu juste". Merci aux prochains commentateurs de se concentrer donc plutôt sur le discours de Benoît XVI. L.T.]

gautier

@ JEJ
Vous dites :
"Depuis mercredi, beaucoup sont encore et toujours dans le double discours :
- condamnation des meurtres,
- MAIS reproche à Charlie Hebdo d'avoir représenté le "prophète" ce qui est interdit."

ET vous ?
Condamnez-vous ces meurtres ET approuvez-vous les immondices dessinées à propos de notre religion catholique ?

Personnellement, je pense qu'on peut être logiquement opposé à cette boucherie (en pleurant TOUTES les victimes, pas seulement les dessinateurs les plus connus ) tout en déplorant ces attaques de Celui qui nous est cher, au plus profond de notre foi, ce qui est une forme de violence.
Helas pour les dessinateurs, seul Jesus est venu abolir la loi du Talion et nous demande de pardonner les offenses...

Pour en revenir à ce discours de SS Benoit XVI, il pointe exactement là où le bas blesse et s'il a été décrié, c'est probablement parce que la Vérité, à l'inverse du "politiquement correct" offense ceux qui veulent rester dans les ténèbres de Satan. C'est probablement plus confortable que de se remettre en question, mais pour combien de temps ! La vie terrestre n'est rien en comparaison de ce qui nous attends dans l'au-delà... Certains ne le comprendront, hélas, que trop tard et "il y aura des grincement de dents".
Hélas, aussi, le dernier paragraphe, en gras, est le reflet prémonitoire (peut-il en être autrement de la part de Notre Saint Père, inspiré par l'Esprit Saint !) de ce qui se passe aujourd'hui. Lorsqu'on voit les commentaires de chacun aux différents articles sur le net, les réactions sur les réseaux sociaux etc, on peut voir le fossé grandissant entre entre ceux qui croient profondément en Dieu (quelle que soit leur religion) et ceux qui continuent de diffuser ces dessins au nom de la liberté d'expression (mais pas pour ceux qui n'aiment pas et qui du coup risquent de passer pour des extrémistes, comme d'habitude quand on ne pense pas "politiquement correct") sans comprendre qu'en faisant cela, ils mettent de l'huile sur le feu puisque ce n'est pas en en rajoutant une couche qu'ils feront comprendre à ces fanatiques qu'ils sont dans l'erreur en répondant à l'insulte par la violence...
J'ai peur pour notre pays et me demande où tout cela va nous mener. Je crains que ce ne soit que le début des ténèbres !
Union de prière pour la France
Cordialement

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