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C’est arrivé un 18 janvier…
Archimède au poteau !

Un jour un texte ! Le soldat et sa famille par Benoist-Mechin (2)

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »  Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui, à l'heure où le pouvoir politique incapable de gouverner le pays, déclenche une guerre tous les 6 mois : le soldat et sa famille (18)

« L'image de ma Maman… »

Lettre de Prosper Fadhuile, sous-lieutenant au 29èmebataillon de chasseurs à pied, tombé au champ d'honneur à une date qui n'a pu être précisée.

A sa Mère (la veille de sa mort)

Maman chérie, je suis descendu, hier, des premières lignes, où nous sommes restés cinq jours, devant le fort de Vaux.

Le bataillon a été superbe de courage et, pour ma part, je n'ai pas eu une égratignure.

Ce soir, deux compagnies choisies remontent pour attaquer par surprise ; j'ai été choisi pour mener aussi la danse avec les meilleurs chasseurs du bataillon.

L'affaire promet d'être chaude, mais intéressante ; c'est pourquoi je suis fier et content d'en être.

Néanmoins, je laisse cette lettre à un de mes camarades, le lieutenant Guillaume, qui te la ferait parvenir si je ne redescendais pas.

Maman chérie, j'ai beaucoup d'espoir et je compte que mon étoile ne pâlira pas ce soir. Mais, si je tombe, soyez certains que j'aurai fait tout mon devoir de chasseur.

Si, au dernier moment, quelques minutes me restent encore pour vous, je t'enverrai mes plus doux baisers. L'image de ma maman sera là pour me consoler ; celle de mon père et de mes frères chéris pour me donner la force de mourir le sourire aux lèvres, trop heureux de tomber pour vous. Dans un long baiser à tous je vous dirai adieu.

… Ma chère maman, il ne faut pas pleurer, ce serait mal ; il faut être courageuse pour mon papa et mes frères.

Extraits de: "Ce qui demeure. Lettres de soldats tombés au champ d'honneur

(1914 – 1918)" (Éditions Albin Michel, 1942),

réédité aux Editions Bartillat en 2000 de Benoist-Mechin .

Commentaires

jano

Comment lire toutes ces lettres, et ne pas
pleurer...

katia lanneau

Merci Loïs.

Epidavros

Quand on voit la grandeur d'âme de ces jeunes poilus, on ne peut s'empêcher de penser à la bassesse et à la médiocrité de ceux qui nous gouvernent aujourd'hui !

paul

Toutes ces lettres sont émouvantes , mais on ne peut s’empêcher de penser à tous ceux qui ne savaient ni lire ni écrire et ils étaient nombreux.
Pour leur famille , la dernière lettre c'était un billet porté par le garde champêtre dans toute sa sécheresse
Ayons une pensée pour eux .

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