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L'hypocrisie des journalistes concernant Roland Dumas
Le symbole de la Francisque de François Mitterrand

Face à la menace islamiste, le retour à la realpolitik étrangère

Selon Aymeric Chauprade dans un article récent. Extrait.

"Cette diplomatie des bons sentiments est une faute politique grave. Elle doit être abandonnée au profit d’un réalisme froid qui commande d’urgence une batterie de contre-mesures :
– Le soutien massif et coordonné au gouvernement du président Sissi : l’Égypte n’est pas seulement dans cet esprit un rempart contre l’islamisme (dans le Sinaï, par exemple), mais une base avancée pour reconquérir la Libye. Les militaires égyptiens sont prêts à soutenir le régime légitime de Tobrouk mais demandent l’aide militaire française. Il est nécessaire de réparer la faute historique de M. Sarkozy et d’envoyer un signal clair à ceux qui continuent en Libye à soutenir le terrorisme islamiste.
– L’arrêt de toute ingérence européenne et française en Syrie : la guerre de Syrie est une guerre civile où la France n’a pas à prendre parti pour renverser une autorité légale. La leçon de Tripoli doit être retenue.
– La reprise du dialogue avec Téhéran qui, qu’on le veuille ou non, contrôle quatre capitale arabes avec ses supplétifs chiites : Damas via les Pasdarans, Beyrouth via le Hezbollah, Sanaa via les Houtthis, Bagdad via la faction chiite. La France a certes de nombreux contentieux (Liban, nucléaire civile, etc.), mais elle ne peut pas se payer le luxe de négliger une telle influence régionale incontournable.
La fermeté de position avec le Qatar : les intérêts français (et pas seulement économiques et financiers) commandent à Paris de ne pas rompre,

comme certains le voudraient de manière immature, avec ce pays, mais de renégocier fermement les accords bilatéraux (fiscaux, d’investissements, etc.) dans l’optique d’amener Doha à cesser tout soutien au terrorisme islamiste. La France ne veut plus voir de C-130 (aux couleurs de l’armée de l’air qatarie) sur les aéroports libyens déposer des armes aux terroristes comme elle ne veut pas de financement religieux en France.
– L’affermissement et la clarification des relations avec l’Arabie saoudite et les émirats Arabes Unis : cet objectif peut paraître contradictoire avec le chemin nécessaire vers Téhéran, mais la diplomatie exige de parler à tout le monde au lieu de prendre des postures intenables, alignées ou mouvantes. Les Saoudiens, par leur poids pétrolier et au sein du Conseil de coopération du Golfe (politiquement, militairement), ont certains objectifs communs avec la France : soutien à l’Égypte, guerre contre Al-Qaeda. à la diplomatie française de leur faire comprendre également que la chute d’Assad n’est non seulement pas pour demain, mais qu’elle n’est pas souhaitable ; que, si Téhéran est l’ennemi abhorré, il vaut encore mieux un régime raisonnable qu’un chaos frontalier permanent que les murs édifiés en Arabie ne contiendront pas longtemps. Les  avec qui les accords de défense vont très (trop ?) loin, sont des alliés en égypte aujourd’hui et pour la Libye, demain. Il serait bon de rappeler cependant à Abu Dhabi que la France participe de la défense des  (base aéro-terrestre et engagement régional contre Daech) mais attend, en échange, un retour sous forme de contrats (Rafale, par exemple), preuves de réciprocité diplomatique…
– Un rapprochement avec Oman ; ce petit sultanat, en pleine succession actuellement en raison de la santé du sultan Qaboos, est une pièce maîtresse dans l’échiquier régional. Veillant jalousement à son indépendance, peuplé à 70 % d’Omanais, regroupé autour de la personne du sultan, Mascate a toujours veillé à adopter, en toutes circonstances, une politique étrangère équilibrée entre les autres membres du Conseil de coopération du Golfe et l’Iran. C’est un pays négligé dans la situation régionale actuelle or c’est un canal diplomatique de premier plan.
– Comment enfin oublier le Liban, terre si chère à la France ? L’effort français doit se porter sur le renforcement de l’appareil d’état de manière concrète : le paquet armement en cours d’exécution 1, y contribue, mais il doit se poursuivre. L’armée française dispose de matériel en surplus, de technologies intéressant directement Beyrouth (guerre électronique, vision nocturne, etc…) : la France ne peut laisser les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie et d’autres pays, prendre la place que les Libanais souhaitent lui donner.
Au-delà du Golfe, la realpolitik impose de se rapprocher d’acteurs majeurs, au premier rang desquels se trouve la Russie. Quelle que soit l’opinion que l’on se fasse des dirigeants russes, leur politique étrangère est sans concession pour le terrorisme, non seulement au Proche-Orient mais dans leur arrière-cour du Caucase, foyer d’un djihadisme virulent. Le Maroc, ensuite, actuellement sacrifié au profit unique de l’Algérie, allié douteux et peu maniable, et où il est urgent de renouer des liens de confiance afin de disposer de son entregent diplomatique (sur l’Arabie et le Maghreb notamment). Cette realpolitik est une urgence afin de restaurer des canaux diplomatiques qui font défaut à la France."

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