Qui acceptera de mourir pour sauver l'Etat-nounou ?
5 décembre : Marché de Noël à l'école St Jean Eudes à Gavrus (14)

Quand la réalité rattrape la fiction, une idée de cadeau de Noël en phase avec la triste actualité !

 

La Consulaire ou le Feu du Diable - Une affaire étrangement contemporaine de terrorisme islamique et d'espionnage qui vous plonge au coeur de l'Histoire.

 

Baba merzoug, drôle de nom pour un personnage !  C'est, en turc, un terme affectueux pour désigner un père fortuné. Ici, on peut le traduire par « père la fortune » ; comme « père la victoire » ça sent bon les vieux uniformes, les cuivres astiqués et le cuir patiné.

C'est le nom donné par les Algérois à un canon géant de bronze, fondu par un vénitien en 1542 pour aga (le seigneur) Hassan, le nouveau dey d'Alger, renégat corse, fils adoptif du célèbre Khaïr el din. Il sera déposé et monté sur un gros affût de bois à 6 roues, pointé vers l'Est sur le Grand îlot devant Alger en batterie côtière découverte, abrité derrière un simple glacis de pierres sèches.

Il est extraordinaire à tous points de vue, d'une portée exceptionnelle de 4800m, de calibre 10 pouces pour 6,58m de long il pèse 13 tonnes. Le tube constitue un exploit technique unique au monde. Il nécessita le réapprentissage d'une science aujourd'hui à nouveau entièrement perdue. En 2000, une tentative de fonte a bien été entreprise par les frères Grassmayr pour un unique feldshlange de quelques tonnes, mais le canon s'est totalement criqué-fendu après la coulée et 14 jours de refroidissement. Il constitue une énigme. En 1542 aucun armurier fondeur connu ne sait encore faire ce genre de monstre, en revanche certains grands sculpteurs italiens sont en train de rechercher la technique des bronzes massifs oubliée depuis l'antiquité. La maîtrise de cet art sera clairement obtenue vers 1549.

Baba merzoug a tiré plusieurs jours sur la flotte d'Abraham Duquesne en juillet 1683, avant qu'un traité ne soit signé ; mais le 26 juillet, un renégat, riche marchand génois, fit traîtreusement échouer l'accord de paix pour la raison qu'il rendait la liberté à ses esclaves. Il fit trainer Jean Le Vacher, consul de France sur le môle et l'îlot du port. Le vieux consul handicapé était aimé des algérois pour ses actes et la vie simple qu'il menait à leurs côtés. Ce père Lazariste fut attaché et pulvérisé devant la bouche du canon ; il sera suivi de 20 esclaves chrétiens et de 16 marins capturés.

Depuis lors, les marins nomment respectueusement cette pièce « La Consulaire ».

Il tira probablement à nouveau sur la flotte de l'amiral d'Estrée en juin 1688 de son poste de tir sur le Grand îlot, et servit à nouveau le 29 juin à l'exécution de 42 chrétiens, le malheureux consul Mr Piolle, battu à mort avant d'arriver sur le môle ne les y a pas accompagné. Le renégat après un gouvernement inepte sera forcé de quitter furtivement Alger en 1689 et s'évaporera dans la nature.

Après la chute d'Alger, le 5 juillet 1830, l'amiral Duperré le fit venir à Brest où il sera érigé le 27 juillet 1833 en colonne votive surmontée d'un coq regardant vers le levant, sur le quai Tourville. C'est à peu près tout ce qu'en a retenu la chronique officielle …

   

Ici, les dates sont exactes, les lieux aussi. Les hommes de ce roman ont vécu, et, chacun de leurs déplacements par voie terrestre ou maritime a précisément existé. L'un, à Rome, courant sur le Pasetto pour échapper aux mercenaires allemands, un autre éconduisant un orfèvre italien de la cour pour des motifs passionnels. On y découvre même un marabout  jetant un sort à la mer en baie d'Alger. Ceux-là étaient présents où l'auteur les a trouvés, par un courrier qu'ils ont écrit, un témoignage de leurs adversaires, un tableau, une œuvre de leurs mains et, en terme d'enquête, cela pourrait s'arrêter là.

Mais combien de leurs mobiles, de leurs véritables raisons d'agir aimerait-on connaître ?

La charge de la preuve de ce polar ne repose alors plus que sur la capacité de Gilles Lavoie à vous convaincre que c'était beau et possible. Aussi, sans corrompre l'Histoire, des liens peuvent se nouer à la faveur d'un peu d'intuition et d'empathie pour ces personnalités que l'on croise au XVIe siècle. Ces pères qui virent leurs fils partir à la conquête d'un monde devenu deux fois plus grand nous ont laissé des chroniques recelant bien assez d'ombres pour y semer de surprenantes lumières.

Une bénédiction franchit parfois les siècles ; bene dictio, une bonne parole. Il est arrivé que les mauvaises fassent un peu de chemin également, avant d'être rompues. Cette épopée part de la Renaissance pour trouver sa fin en ce XXIe siècle un peu trop rationnel, grâce à une poignée d'hommes auxquels on aimerait ressembler un jour.

C'est ce que le capitaine Corentin Karloff s'apprête à découvrir, déterrant le passé d'un côté et, de l'autre, laissant les morts enterrer leurs morts.

 

Commentaires

Papon

A noter que les formidables murailles de Constantinople n'ont cédé qu'apres avoir été bombardées par d'enormes canons fondus en Hongrie etramenés à grand-peine pour inaugurer la premiere ville prise grâce à l'artillerie.

Christophoros

On peut s'approvisionner ici :

https://www.librairiedialogues.fr/livre/7327785-la-consulaire-ou-le-feu-du-diable--gilles-lavoie-valeurs-d-avenir

http://www.editionsvaleursdavenir.fr/index.php?vue=consulaire.php

Avec toute ma complicité !

Roland

En 2012 une campagne de presse s'est développée en Algérie pour réclamer le retour de la Consulaire dans le port d'Alger. Il n'est pas clair si c'était une façon de "tâter le terrain" avant une demande officielle de l'Etat algérien. En tout cas ce fut un prétexte pour certains journaleux algériens de cracher sur la France !

FT

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