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Les douteuses opérations bancaires du groupe UMP du Sénat

la justice a reçu un rapport de Tracfin qui passe au crible les opérations bancaires du groupe UMP du Sénat entre mi-2012 et mi-2015. Les juges René Cros et Emmanuelle Legrand, déjà saisis de soupçons d’« abus de confiance » et de « détournements de fonds publics » au sein de petites associations de sénateurs UMP, se penchent désormais sur les opérations bancaires effectuées par le groupe UMP lui-même (cette structure chargée d’organiser le travail collectif, de recruter des conseillers, etc.).

Jean-Claude Gaudin, actuel vice-président du Sénat et maire de Marseille, a encaissé, entre mi-2012 et mi-2015, quelque 130 000 euros de fonds appartenant officiellement au groupe. Il s’agit de fonds publics, puisque les groupes se nourrissent des millions d’euros de subventions que le Sénat leur verse chaque année pour leurs frais de fonctionnement.

À côté des payes des conseillers et de prestations réglées en toute légalité (frais d’avocat, etc.), Tracfin est tombé sur un chapelet de virements ou de chèques signés au profit de sénateurs en personne, alors même que les élus perçoivent déjà plusieurs enveloppes officielles de la part du Sénat (7 100 euros d’indemnité de base, plus 6 000 euros d’IRFM pour frais de mandat, plus un crédit de 7 500 euros pour rémunérer des assistants). Le sénateur Henri de Raincourt a reçu un virement automatique de 4 000 euros mensuels de 2008 à 2011, y compris quand il est devenu ministre de Nicolas Sarkozy. Le sénateur et maire de Toulon, Hubert Falco, apparaît également parmi les bénéficiaires de chèques pour plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Les juges enquêtent depuis déjà deux ans sur les dérives d’une petite association baptisée Union des Républicains du Sénat (URS),  structure juridiquement distincte du groupe UMP mais alimentée par ce dernier, qui a été utilisée pour redistribuer de l’argent d'origine publique à une myriade d’élus dans la plus grande discrétion. Par ce canal, près de 200 000 euros ont notamment été ventilés sous forme de chèques entre 2009 et 2012. Parmi les bénéficiaires, se trouvaient déjà les noms de Jean-Claude Gaudin, Hubert Falco ou encore Roland du Luart.