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L'anneau de Jeanne d'Arc, un faux ? Droit de réponse de Nicolas de Villiers

Suite à l'article du Point.fr de cette semaine, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou nous adresse le droit de réponse qu'il a envoyé au Point :

0"Le dossier d'expertises scientifiques qui a été mis à la disposition de toute la presse le 20 mars 2016 lors de la présentation officielle de l'anneau au Puy du Fou invalide scientifiquement les allégations de votre article. Le Puy du Fou tient à faire quelques observations :

1 – Le Point.fr va beaucoup plus loin dans son titre que ne le font les historiens qui, à l'instar de Philippe Contamine et Olivier Bouzy, dialoguent par correspondance avec le Puy du Fou.

2 – Il est faux d'affirmer, comme le prétend l'article du Point.fr, que le Puy du Fou a fait remonter l'anneau à « celui de... Cauchon », et non pas à celui pris par les Bourguignons dont la description correspond à l'anneau du Puy du Fou. Au contraire, la documentation fournie par le vendeur, et dont d'ailleurs les historiens n'ont pas eu connaissance, fait remonter l'anneau non pas à Cauchon mais au cardinal Beaufort.

3 – Il est faux de prétendre qu'il n'y aurait eu « aucune datation de faite ». En effet, l'anneau a fait l'objet d'une expertise scientifique particulièrement poussée dans le laboratoire Oxford X-ray Fluorescence Ltd – voir le dossier d'expertises. Le laboratoire confirme que l'anneau est bien du XVe siècle, ce que d'ailleurs Philippe Contamine a reconnu. L'histoire d'un faussaire à la fin du XXe siècle, inventé par l'article, est totalement fantaisiste.

4 – Il est faux de prétendre, comme le fait l'article, que l'anneau est en argent. Comme les photos du dossier d'expertises le montrent, l'anneau était bien plaqué or. La description de l'anneau faite dans les minutes du procès correspond donc très exactement à l'anneau acquis par le Puy du Fou.

15 – Il est faux de dire que « toute la légende autour de l'anneau a été tissée par le docteur James Hasson (et non Masson comme écrit dans l'article), qui en a été le propriétaire jusqu'en 1979 », citation attribuée à Olivier Bouzy. Tout au contraire, la « légende » ne doit absolument rien au docteur Hasson : elle précède de 40 ans l'achat de l'anneau en 1947. Le peintre Augustus John, qui avait reçu l'anneau en cadeau en juin 1908, a témoigné qu'on lui avait dit à l'époque que l'anneau avait appartenu à Jeanne d'Arc. C'est la raison pour laquelle l'anneau est décrit comme ayant appartenu à Jeanne d'Arc dans un catalogue privé publié en 1917. L'attribution à Jeanne d'Arc est explicite en 1917, dans le catalogue privé de F. Harmon Oates ; en 1929 dans le catalogue de vente de Sotheby's et en 1947 lorsque l'anneau est vendu à Hasson, toujours par Sotheby's. Il est vrai que Hasson a brouillé les pistes avec sa fantaisie, mais le témoignage de John nous permet de n'y prêter absolument aucune importance.

6 – L'article omet de mentionner que l'anneau a été mis en exposition à Rouen et à Paris en 1956 et que l'exposition était dirigée par Régine Pernoud. Cette grande médiéviste française du XXe siècle, spécialiste de Jeanne d'Arc, était visiblement convaincue de l'authenticité de l'anneau. Le jugement défavorable de Régine Pernoud en 1987, dont parle Olivier Bouzy dans sa lettre du 18 mars 2016, ne porte pas sur l'anneau du Puy du Fou, mais sur un autre anneau.

7 – L'article fait allusion à « un milliardaire américain entiché de la Pucelle » qui aurait été le concurrent du Puy du Fou à la vente aux enchères. Cela est également faux. Si le prix de vente a augmenté jusqu'à ce niveau, c'est parce que le Puy du Fou avait comme concurrent le bijoutier Berganza, sis à Hatton Garden à Londres – la rue des bijoutiers –, dont le directeur, Paul Daughters, qui faisait les enchères en personne, croyait visiblement à l'authenticité de l'anneau, mais qui est nullement « entiché » de quoi que ce soit. Il raisonnait au contraire en termes de valeur marchande de l'objet, valeur qui est d'ailleurs conforme au prix d'achat en 1947 (10 000 livres). D'où le journaliste sort-il ce milliardaire américain ?

8 – L'article dénature l'opinion de Philippe Contamine (courriel à Philippe de Villiers du 21 mars 2016, annexe 1) qui est satisfait que l'anneau date du XVe siècle, cela accréditant évidemment lourdement la thèse selon laquelle il s'agit bien de l'anneau de Jeanne d'Arc.

29 – Philippe Contamine dit que l'anneau aurait dû être expertisé par un musée avant l'achat. Mais il a été expertisé par l'historien Cyril Bunt, du Victoria and Albert Museum en 1958, lequel a confirmé son ancienneté. Enfin, il faut encore préciser que les historiens mentionnés par Le Point.fr n'ont à aucun moment souhaité voir l'anneau acheté par le Puy du Fou. Il leur est donc difficile de juger une pièce qu'ils n'ont jamais eue entre les mains. En outre, nous avons d'autres éléments que nous produirons le moment venu et qui confirment l'authenticité de l'anneau. Nos relations avec les autorités anglaises, au plus haut niveau, devenues excellentes depuis quelques semaines, facilitent de tels contacts et nos travaux d'archives. Quand on se veut scientifique, mieux vaut être précis et rechercher l'exactitude avant d'affirmer des choses qui n'auraient pas été vérifiées. Et quand on veut manier l'ironie, il est recommandé de connaître son dossier."