Les jeunes catholiques participants aux JMJ s'affirment de droite
9 juillet : rosaire pour la France à Toulouse

Ce n’est pas nous qui gagnerons, c’est la réalité qui reprendra ses droits

Guillaume de Thieulloy est interrogé par Anne Le Pape dans Présent, notamment à propos de sa participation au congrès mondial pour la famille, qui s'est tenu en Géorgie. Extrait :

"[...] Qu’avez-vous retenu de plus frappant lors de ce dernier congrès en Géorgie ? Ne représentiez-vous pas en quelque sorte notre pays à ce congrès mondial ?

Oui, c’est moi qui ai joué le rôle de « go-beetween », de lien, entre Mgr Rey et le congrès, notamment.

Ce qui me frappe à chaque fois, et là en particulier, c’est le côté extrêmement remotivant, car même si l’on ne s’en rend pas compte, il s’agit d’un combat où on prend pas mal de coups, et le fait de constater d’une part que l’on n’est pas seul, d’autre part que des gens ont souffert beaucoup plus que nous (je songe à des dissidents soviétiques), tout cela est marquant. Ces gens se sont opposés au totalitarisme communiste, et d’autres au totalitarisme islamiste, ils déclarent s’opposer aussi au totalitarisme LGBT ; c’est le même mouvement, et cela reste assez impressionnant.

Pourquoi le combat pour la famille vous paraît-il particulièrement crucial de nos jours ?

Je verrais plutôt la question en sens inverse : pourquoi les adversaires attaquent-ils prioritairement la famille ? C’est qu’ils ont besoin d’esclaves parfaitement déracinés, et la dernière racine qui résiste est la famille. C’est là le dernier élément d’identité qui résiste. Les nations sont quasiment détruites, une culture uniforme s’étend partout dans le monde : vous trouvez les mêmes publicités à Pékin, à New York et à Paris, vous y verrez le même genre de films, y écouterez le même genre de musiques… Il faut bien évidemment continuer à se battre sur le plan culturel, mais les adversaires ont une énorme avance sur nous et, pour eux, la page est tournée.

Les racines familiales, elles, résistent encore. On y trouve des éléments qu’on ne choisit pas de se donner, c’est le fait d’être « fils de » ou « fille de », d’être né à tel endroit. Cela fait partie de nos limites les plus élémentaires et de notre identité la plus profonde. C’est pour cela que nos adversaires s’attaquent à la famille et même, ultimement, à l’identité sexuelle. Ils veulent que notre volonté souveraine puisse décider d’être un homme ou une femme, d’avoir telle ou telle sexualité, de répudier ses parents ou de répudier ses enfants, indifféremment.

Quels sont les éléments en faveur de la victoire ?

L’élément fondamental en faveur de la victoire est que tout totalitarisme est violemment contraire à la nature humaine. Ce n’est pas nous qui gagnerons, c’est la réalité qui reprendra ses droits. Mais, pour que la réalité reprenne ses droits, il faut que se trouvent, s’opposant au totalitarisme, des gens qui disent « Ça n’est pas vrai, vous mentez, vous manipulez ! », comme l’a fait Soljenitsyne, qui reste un modèle, en son temps. Notre mission est de dire, comme un certain nombre de personnes l’ont fait avant nous face au communisme ou au national-socialisme : « Ce que vous dites n’est pas conforme à la nature humaine », l’être humain n’est pas libre de se choisir homme ou femme, on naît ainsi, de tel père et de telle mère, on naît français, on a une identité. Bien sûr, cela ne veut pas dire que la volonté n’a aucune place, on peut aussi choisir de cesser d’être français ou de le devenir.

Vous menez donc le combat en pensant qu’il sera gagné ?

Oui, parfaitement !"