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Les cartes sont rebattues dans le monde arabe

D'Elie Hatem dans L'Action Française 2000 :

Une_2938"Certains pays arabes sont en train de normaliser leurs relations avec Israël. Nous avons été les premiers à évoquer, il y a deux ans, le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’État hébreu, en révélant les contacts entre leurs services secrets respectifs, notamment les rencontres entre le prince Turki al-Fayçal et son homologue Amos Yadlin, mais aussi avec Dore Gold, directeur du ministère des Affaires étrangères israélien. Des entretiens ont eu lieu en Belgique, en France, en République tchèque, en Inde et en Italie.

Riyad s’entend avec Tel Aviv

Ce rapprochement a débouché sur une assistance militaire d’ Israël à la coalition arabe qui intervient au Yémen, dont le quartier général a été installé au Somaliland, un État non-reconnu situé dans la Corne de l’ Afrique. Dans le cadre de ces opérations, les soldats de Tsahal pilotent notamment les bombardiers saoudiens. Cela semble concrétiser un projet américain : il y a quelques années, il était question de créer, sous les auspices de la Ligue arabe, une « force arabe commune » placée sous commandement israélien. L'Arabie saoudite envisage aussi l’ouverture d’une ambassade à Tel Aviv dont la construction aurait déjà débuté. Le prince Walid ben Talal serait pressenti pour y représenter Riyad. Par ailleurs, dans des négociations récentes, les Israéliens ont demandé aux Saoudiens de s’abstenir de financer les organisations islamistes dont les actions visent l’État hébreu. Il en a été de même avec les Qataris dont les relations avec Tel Aviv remontent à 1996.

Des États disloqués

D’autres éléments contribuent à façonner une nouvelle donne géopolitique : les États-Unis ont consenti à signer un accord avec l’Iran pour régler la “crise du nucléaire” ; quant à la Russie, elle a tenté un rapprochement avec l’ Arabie saoudite et Israël, tout en maintenant ses bonnes relations avec l’Iran et en se réconciliant avec la Turquie. Officiellement, les Américains cherchent à concentrer leur politique étrangère plus sur l’Asie et moins sur le Proche et le Moyen-Orient. Dans cette région, les entités étatiques se disloquent, mettant en cause les accords Sykes-Picot, en particulier depuis l’ émergence des organisations islamistes, y compris Daech. Donald Trump, candidat du Parti répu-blicain à l’élection présidentielle américaine, accuse d’ailleurs l’administration Obama d’avoir créé l’État islamique.

Les intérêts français sacrifiés

Dans ce contexte, la France sacrifie ses intérêts. Elle délaisse ses traditions diplomatiques fondées sur des relations politiques internationales naturelles (en reprenant la formule de Jacques Bainville). Cela au profit d’une inféodation aveugle au discours officiel de ses nouveaux alliés atlantistes. Après s’être écartée du Proche et du Moyen-Orient, mais aussi de l’Afrique, la France s’est éloignée de la Russie. Plus récemment encore, elle s’est mise l’Iran à dos, en sacrifiant ses intérêts économiques. Le pays réel paie le prix des mauvais choix du pays légal en matière de politique internationale. Des choix qui se répercuteront sur notre économie nationale."