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Karim Ouchikh : je constate l’échec de la stratégie d’influence consistant à faire ‘’bouger les lignes’’ à l’intérieur des appareils politiques

Suite aux motions votées lors du Comité directeur du SIEL, Le Salon Beige a interrogé son président Karim Ouchikh :

Le SIEL, malgré son départ du RBM, soutient Marine Le Pen pour l'élection présidentielle. Mais qu'en sera-t-il pour les législatives ? Le SIEL soutiendra-t-il les 577 candidats du FN ? Ou soutiendrez-vous certains candidats de droite comme Jacques Bompard, des membres du PCD ou même de LR ? Voire, le SIEL compte-t-il présenter ses propres candidats ? Et êtes-vous prêts à appeler à voter contre des candidats FN ?

Capture d’écran 2016-11-07 à 13.08.29Le SIEL soutiendra en effet Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2017 : au regard de l’offre politique actuelle, c’est dans l'immédiat le seul choix qui s’impose aux Français, dans l’intérêt supérieur du pays. Cette décision a été arrêtée lors de notre Comité directeur du 5 novembre dernier au cours duquel nous avons par ailleurs déploré collectivement le refus du FN d’investir nos candidats aux législatives. Considérant que la sensibilité politique représentée par le SIEL (en bref, le courant catho-identitaire) se devait absolument d’être au rendez-vous de cette échéance électorale décisive, nous avons décidé de présenter des candidats partout en France, dans le cadre d’un vaste rassemblement patriotique à vocation majoritaire. Une telle ambition impliquera de n’exclure aucune alliance de terrain avec des formations politiques qui oeuvrent actuellement au sein de la ‘‘Droite hors les murs’’, du PCD au MPF, mais aussi avec DLF et, bien sûr, avec le FN là où cela sera possible. Des personnalités importantes, comme Jacques Bompard, pourraient nous y rejoindre. Une plate-forme politique définira nos points de communion idéologiques et politiques : elle sera notre boussole pour déterminer le choix de nos alliances pour chaque circonscription. 

Vous êtes apparu lors du premier débat de la primaire de la droite et du centre, soutenant Jean-Frédéric Poisson. Le SIEL appelle-t-il à participer à cette primaire et, si oui, soutient-il officiellement Jean-Frédéric Poisson ?

J’ai répondu présent à l’invitation personnelle de Jean-Frédéric Poisson à participer, parmi ses invités, au premier des débats de la primaire de la droite et du centre, à la fois par amitié pour le président du PCD avec lequel j’entretiens une proximité idéologique évidente, mais aussi pour afficher une complicité politique bienvenue au regard des efforts que nous entreprenons depuis plusieurs mois, avec d’autres personnalités, pour accoucher très rapidement d’une force politique nouvelle prête à assumer ses responsabilités devant les Français le moment venu, lorsque la recomposition inéluctable de la droite se produira dans les mois à venir. Et pour répondre précisément à votre question, le SIEL a décidé de laisser à ses adhérents et à sympathisants la liberté de voter pour Jean-Frédéric Poisson et donc de participer à ces primaires.

Votre rupture avec le FN est-elle uniquement relationnelle - par exemple avec Florian Philippot qui s'est réjoui de votre départ, ou existe-t-il de vraies divergences de fond ? Certains disent que le SIEL est au FN ce que Sens Commun est au parti Les Républicains. Que pensez-vous de la stratégie de Sens Commun de soutenir, sans condition, François Fillon ? En quoi votre stratégie de rupture vous paraît-elle meilleure ? 

Unknown-27Le FN s’est toujours montré hostile aux ambitions politiques du SIEL visant à structurer la « Droite hors les murs », n’a que très partiellement respecté l’accord de partenariat signé entre nos deux formations en 2012 et n’a jamais tenté de faire faire vivre politiquement le Rassemblement Bleu Marine, structure fantôme qui se s’est jamais réunie depuis sa fondation fin 2012. Pour au moins ces trois raisons, le SIEL a fait le choix de quitter le RBM. Ces différentes entraves au bon fonctionnement du Rassemblement Bleu Marine sont strictement imputables à Florian Philippot qui a toujours œuvré à consolider son emprise idéologique sur cet appendice du FN en marginalisant méthodiquement le  SIEL, un parti politique dont la ligne idéologique (de droite de convictions) contredisait manifestement ses ambitions politiques. De manière générale, le FN ‘’new look’’ forgé par Florian Philippot prétend rassembler les Français au-delà du clivage droite-gauche, en défendant ad nauseam le dogme de la citoyenneté. C’est une erreur à mes yeux car la citoyenneté est un concept douteux, cultivé essentiellement par la gauche, insipide abstrait et totalement désincarné, comme peuvent l’être les ‘‘valeurs de la République’’. La citoyenneté vise au fond à neutraliser et à évacuer tout débat sur les questions de civilisation afin de dévitaliser notre modèle de société ; c’est pourquoi à l’appartenance citoyenne, je préfère l’appartenance identitaire, ce ciment culturel qui est davantage de nature à rassembler authentiquement l’ensemble des Français. Avec ces questions de fond, nous sommes donc loin de la querelle de personnes même si je réprouve les méthodes tyranniques du vice-président du FN et sa propension à éviter perpétuellement le débat contradictoire des idées : la stratégie de l’évitement permanent ne peut que susciter malaise et frustration au sein du FN comme du RBM.

Avec le départ du SIEL du RBM, qui signe le refus du FN d’élargir à droite la base électorale de Marine le Pen et le peu d’influence de Sens commun, ou même d’une personnalité comme Hervé Mariton, sur la ligne politique de LR (par exemple sur les questions de civilisation comme celle du modèle familial traditionnel), je constate l’échec de la stratégie d’influence consistant à faire ‘’bouger les lignes’’ à l’intérieur de ces deux appareils politiques. C’est pourquoi, je plaide depuis des mois, notamment au sein de la ‘’Droite hors les murs’’, pour une stratégie de rupture qui viserait à fédérer les droites de conviction et à les émanciper des deux mastodontes politiques que sont LR et le FN. Dans ce vaste espace qui ne demande qu’à être structuré, coexistent des personnalités et des forces politiques aux parcours politiques et aux itinéraires électoraux distincts (du PCD au SIEL), mais dont les points de communion idéologiques sont d’une formidable intensité. Avec le SIEL, je me propose de prendre sous peu des initiatives fortes pour ne pas laisser cet espace politique en déshérence car je veux contribuer à l’émergence prochaine d’un nouvel acteur politique qui œuvrerait à la restauration de l’autorité de l’Etat, à la préservation de notre modèle de civilisation et à la défense de nos libertés.