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La Turquie menace l'Europe
C’est arrivé un 26 novembre…

La notation des deux finalistes selon Liberté Politique

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François Billot de Lochner écrit :

"Le débat surréaliste qui agite le monde politico-médiatique sur les « valeurs » défendues par les deux finalistes de dimanche prochain aboutit à une confusion générale des esprits.Pour le système politico-médiatique majoritaire, Fillon est un conservateur réactionnaire, un catholique intégriste jusqu’au-boutiste, et représente un danger mortel pour toutes les « avancées sociétales », quand Juppé est un homme de progrès, garant de l’évolution heureuse d’une société libérée. Est-ce la réalité ?

Analysons par exemple les valeurs dites sociétales, défendues par les deux candidats : elles sont à peu près les mêmes. Juppé comme Fillon sont de farouches partisans de l’avortement libre et inconditionnel, du « mariage » homosexuel et de l’adoption, de la loi Claeys-Leonetti qui ouvre des possibilités d’euthanasie.

Nous nous trouvons dans la situation inouïe selon laquelle, sur le sujet fondamental de la défense de la vie,  Alain Juppé et ses partisans  traînent dans la boue un adversaire qui professe  les mêmes idées qu’eux. Il en résulte que les deux candidats, se revendiquant catholiques, font de la surenchère sur le sujet dévastateur de l’avortement, considéré par Jean-Paul II comme le drame suprême de l’humanité, qu’un catholique ne peut en aucun cas cautionner.

Concernant le « mariage » homosexuel, la confusion est à son comble. En effet, une partie des forces émanant de la catholique LMPT valorise un candidat totalement favorable à la loi Taubira, ce qui le positionne en opposant déterminé aux  idées fondatrices du mouvement de résistance de 2012, notoirement catholique. Plus personne ne sait plus qui résiste à quoi… En réalité, si nous analysons froidement la situation, les deux candidats posent problème. Leur passé ne plaide pas en leur faveur : ils ont été aux commandes de la déconstruction de notre pays pendant des dizaines d’années. L’avenir qu’ils nous proposent n’est objectivement pas très enthousiasmant : nous avons noté leurs programmes, et Fillon n’obtient que 9 sur 20 quand Juppé se voit gratifier d’un bien modeste 6 sur 20... 

Ainsi, la qualification de François Fillon pour redresser notre pays est  supérieure à celle d’Alain Juppé : avantage à Fillon, soit. Cela dit, ne soyons pas dupes : si celui-ci devient candidat officiel des Républicains et du Centre dimanche prochain, il ne sera pas le candidat providentiel de la droite de conviction et des valeurs, sauf à ce qu’il amende sérieusement son programme. Pourquoi le ferait-il, puisqu’il est déjà épaulé par des forces qui se disent appartenir à cette droite, mais qui n’ont obtenu aucune contrepartie à leur soutien ? Pourquoi donc changerait-il quoi que ce soit, puisque personne ne le lui demande ?

Ce qui veut dire, très concrètement, que la loi Taubira, par exemple, a toute chance de devenir définitive : le combat fondamental de quatre années aura été volontairement abandonné et donc perdu par le ralliement intempestif d’une partie de la droite dite de conviction et de résistance. Nous aurons donc manifesté, agi, protesté, souffert pendant quatre ans, pour rien : il faut vraiment être « de droite » pour tant s’agiter, et finalement tout perdre ! Cela dit, les présidentielles sont dans six mois : il peut se passer bien des choses nouvelles d’ici là, et nos combats pour la France ne sont pas encore perdus, que nos adversaires de tous bords en soient convaincus !"

De son côté Alain Toulza ne votera pas :

"Dans son « coup de gueule » reproduit ce 25 novembre dans Le Salon beige, François Teutsch à parfaitement analysé la cause de l’échec de la tentative Poisson de représenter nos valeurs : « Elle est dans la lâcheté de la bourgeoisie catholique française qui préférera toujours l’allègement de sa feuille d’impôt au combat pour les valeurs (   ). Dans son inconséquence qui lui fait déplorer la marchandisation de l’humain tout en adhérant à l’idéologie libérale mondialiste ».

Je ne reviendrai donc pas sur son analyse mais, à l’intention de tous ceux qui m’ont fait l’honneur d’approuver mon plaidoyer en faveur de Jean-Frédéric Poisson, je veux dire ici pourquoi je n’irai pas voter dimanche. J’ai expliqué, dans le second article paru dans Le Salon beige du 16 octobre dernier, que, les valeurs républicaines de la droite et du centre étant une « auberge espagnole », j’étais prêt à signer mon adhésion à celles que portait le candidat Poisson, mais qu’en aucune manière je ne saurais donner ma caution à celles pour lesquelles, en particulier et à l’instar des autres candidats, le prétendu « catholique » François Fillon renie et trahit publiquement les exigences de la loi de Dieu, qui est le fondement du droit naturel : la vie dans toutes ses dimensions et le mariage dans son unique acception. En mon âme et conscience, je ne peux déclarer, pour avoir droit à voter dans ce second tour, mon adhésion à ces prétendues « valeurs » que sont l’avortement et le « mariage pour tous », défendues par M. Fillon (au contraire de M. Poisson au premier tour).

S’il y avait bien une circonstance où les chrétiens avaient la possibilité de voter utile en désignant le seul candidat qui défendait leurs causes, c’était celle du premier tour de ces primaires. Ils ont préféré donner libre cours à des calculs électoralistes, choisissant l’un de ceux dont ils avaient copieusement sifflé le nom à la dernière marche LMPT, et confirmant ainsi le constat amer de Péguy : « Tout commence en mystique et finit en politique. »

Lors des présidentielles, aucun engagement ne sera exigé de personne. Chacun pourra alors désigner, entre la peste et le choléra, celui qu’il jugera le moins irritant des candidats sans qu’il soit question d’en approuver toutes les « valeurs ». Pour l’heure, je m’abstiens."