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Interdire la burqa a-t-il vraiment pour conséquence d'interdire les autres signes religieux ?
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Nous avons besoin d'un procès de Nüremberg pour le libéralisme

C'est une des affirmations d'Alexandre Douguine, dans cette brève analyse des perspectives ouvertes par l'élection de Donald Trump. On peut en trouver la version écrite ici. Parmi les nombreuses saillies du philosophe eurasiste, nous relevons notamment (Notez au préalable qu'il définit le Marais comme "le nouveau nom de la secte globaliste, des adeptes de la société ouverte, des pervers LGBT, de l'armée de Soros, des post-humanistes et ainsi de suite") :

"Nous avons besoin de purger nos sociétés de l'influence du Marais. Au lieu de nous battre entre nous, desséchons-le ensemble. Assécheurs de Marais du monde entier, unissez-vous !"

"Dorénavant, le Marais est un phénomène extraterritorial, exactement comme un réseau terroriste international. Le Marais est partout et nulle part."

"Premièrement, le Marais est une idéologie - le libéralisme. Nous avons besoin d'un procès de Nuremberg pour le libéralisme, la dernière idéologie politique totalitaire de la Modernité. Fermons cette page d'histoire."

"Deuxièmement, le Marais est une culture spéciale postmoderniste. Elle est basée sur la décomposition de toute entité par digitalisation, schizomorphisme obligatoire, et ainsi de suite (...)"

"Troisièmement, c’est le capitalisme mondial transnational. Ceci est le moteur matériel du Marais. C’est des emprunts et la Réserve fédérale qui imprime des billets verts virulents. Nous devons mettre fin à tout cela et revenir au secteur productif réel et à l’approche mercantiliste."

 

Nous appelons l'attention de nos lecteurs sur le fait que nous ne cautionnons pas pour autant toute l'approche intellectuelle, philosophique et mystique de Douguine, marginalement évoquée dans la fin de son propos, et qui est imprégnée de pensée gnostique, fondamentalement incompatible avec la foi catholique.

Il y a toutefois, dans les implications sociétales, politiques et géopolitiques sous-tendues par Douguine, et essentiellement en raison de l'ennemi commun, le mondialisme libéral-libertaire, un long bout de route à faire ensemble, selon nous.

Commentaires

Nathanaël

On a certes le droit - et le devoir - d'instruire devant l'opinion la critique du libéralisme, notion polysémique qu'il faut d'abord discuter, au sens scientifique du verbe, mais on ferait bien d'épargner à l'humanité la réédition d'un tribunal d'exception, et de tous les travers qui s'attachent à ce genre d'entreprise dont la justice est la première victime, comme la vérité l'est la première dans les guerres, car le tribunal cité en exemple était bien une opération de guerre, de l'aveu même de ses représentants (audience du 26 juillet 1946, TMI, XIX, p. 415).
A tout prendre, il doit exister en matière de justice des références plus honorables que Nuremberg.

Lucho

Merci de faire apparaître dans vos lignes cette vision du monde qui tranche avec la foi inébranlable des catholiques "petits bourgeois" dans l'ultra libéralisme économique (désolé pour ce vocabulaire emprunté au marxisme).

Entre le communisme et le libéralisme, il existe bien une troisième voie, la doctrine sociale de l’Église Catholique.

jfm

Vous sous-entendez -avec toute l'Eglise- que le Libéralisme est un mal ?
Saperlipopette, vous n'allez pas vous faire beaucoup d'amis !
Beaucoup de cathos sont avec les papes quand ils attaquent l'avortement (et ils ont bien raison) mais les quittent dès qu'ils critiquent le libéralisme (parce qu'ils le confondent avec la simple économie libre) : le portefeuille plutôt que le baptême.
Ils arguent : "le pape quand il parle d'économie n'est pas dans son domaine puisqu'il n'est pas économiste !"
Pourtant il n'est pas médecin non plus et ils l'approuvaient quand il parlait d'avortement...
Il n'est pas politologue non plus et pourtant lequel de ces bons cathos lui reprocherait d'avoir condamné la nazisme et le communisme en 1937, le fascisme en 1931 ?
Au contraire, ils sont très en colère -avec raison- quand on parle des soit-disant "silences de Pie XII".
Ils disent : "nous sommes attachés à la patrie et au droit" mais ils refusent toute critique du libéralisme qui abhorre frontières et législation.
"Ils disent : "le libéralisme c'est formidable mais c'est mal appliqué".
Ben voyons !
"Pour la vie", ils sont, avec raison, contre l'avortement mais sont silencieux pour protéger la vie d'enfants qui n'ont plus de vie car victimes de l'économie folle : ils sont pour la vie mais uniquement avant la naissance, point final.

Emmanuel

Ainsi donc, il faut "revenir au secteur productif réel et à l’approche mercantiliste." Oulà…. Si "l'approche mercantiliste" et son pendant indissociable le protectionnisme étaient créateurs nets de richesses, ça se saurait.

Seulement voilà, ce n'est pas le cas (du tout) et pour améliorer le vie de nos semblables, et le plus souvent les aider à sortir de la misère la plus noire, but parfaitement compatible avec la foi catholique est-il utile de préciser, il est donc urgent de reconnaître les bienfaits du capitalisme et de la libre entreprise, seuls outils possibles.

"L'ennemi commun, le mondialisme libéral-libertaire". Le "mondialisme libéral-libertaire" hein!? Diantre. Pourquoi pas le "paganisme capitalo-marxiste" tant qu'on y est.

Non, je crains fort que le "long bout de route à faire ensemble" soit décidemment très court.

Bernard Mitjavile

Cet individu ferait bien de définir le libéralisme avant de le vouer aux gémonies.

Exupéry

Oui, le "Marais" ou plutôt le "Marécage", là où est la pestilence, les miasmes mortifères, là où le meilleur finit par s'enliser, là où l'on ne peut rien bâtir de durable, et où certains se délectent d'y pêcher en eaux troubles.

JMP842

Euuhh mais non..
Le libéralisme n’est pas l’anarchisme, ce n’est pas de tout accepter non plus. Le libéralisme c’est vouloir le moins de règles possible, le plus de liberté possible (enfin selon moi parce que ces temps-ci… les définitions volent).
Mais même en restant « laique » la liberté de chacun s’arrête là où commence celle d’autrui pour un libéral aussi.
Trop de règles, plus de « social » etc.. ont fini par permettre à l’Etat de décider de ce qui était normal, où s’arrêtait la liberté de chacun..
En version légère c'est le socialisme.
Après, en version forte, c'est le communisme.

goldwings

Oui
On a les noms, les adresses et les CV des inculpés.
Et j'espère que les condamnés subiront le même sort qu'en 1945/1946.
Je ne développe pas.

grimm

si on ne veut pas que les prix soient déterminés par le marché (libéralisme),ils seront fixés arbitrairement par une autorité etatique.
comme 3e voie,je ne vois que le régime des corporations

jfm

@JMP842, Bernard Mitjavile, Emmanuel

La "libre entreprise", oui.
Mais liberté sous-entend "responsabilité".
Sinon, ce n'est pas de la liberté mais de la licence.
Les mots ont un sens.
Le profit n'est pas la seule règle, la seule limite : il y a la morale, l'humanité, la loi naturelle, la foi.
Si l'on a qu'une vision financière de l'entreprise, alors on légalise les mères porteuses (puisque ça crée des emplois et que ça répond à un besoin) la prostitution et le proxénétisme, l'avortement chimique (idem), la drogue, etc.
Car d'un strict point de vue libéral, drogue, proxénétisme, mère-porteuses, etc tout cela crée de la richesse.
Vous voyez bien que la libre entreprise n'est pas un absolu ? qu'au dessus, il y a la morale, la valeurs de la vie ?
Eh bien voilà, c'est que dit l'Eglise catholique.
Donc le libéralisme, c'est non. Car l'Eglise sait quel est le sens du mot (le libéralisme = licence, "je fais ce que je veux", culte du MOI).
Votre incompréhension tient au fait que vous vous trompez de sens sur le mot.
Libéralisme/économie fondée sur l'individualisme et donc la licence, non.
Economie d'entreprise fondée sur la personne et donc le bien commun, oui.
J'en suis navré. Mais ne comptez pas sur moi pour donner tort à l'Eglise.

Pour vous éclairer :
"Si sous le nom de « capitalisme » on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l'entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu'elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive, même s'il serait peut-être plus approprié de parler d'« économie d'entreprise », ou d'« économie de marché », ou simplement d'« économie libre ».
Mais si par « capitalisme » on entend un système où la liberté dans le domaine économique n'est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l'axe est d'ordre éthique et religieux, alors la réponse est nettement négative."
Pape Saint Jean Paul II, Centesimus Annus, paragraphe 42.

A vous de voir. Etre catholique est un choix.("la foi est l'adhésion de l'intelligence à la Vérité révélée"-Concile de Trente)

-"Pourquoi pas le "paganisme capitalo-marxiste" tant qu'on y est."
Vous savez, il y a bien des gens qui se disent "libéraux-conservateurs" !
"libéral" = rien n'est figé & "conservateur"= rien ne doit changer, faudrait savoir !!
De plus, en quoi le paganisme est le capitalisme sont-ils incompatibles ??? tous les capitalistes seraient donc croyants ?
"capitalo-marxiste" : justement, le marxisme se borne à supprimer le privé. En transformant l'Etat en patron, en capitaliste. Comme si c'était le privé le problème. C'est une des nombreuses arnaques du marxisme (on n'a jamais vu un apparatchik pauvre)

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