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Il est grand temps que la guerre à droite ait lieu
C’est arrivé un 10 décembre…

Chroniques des chrétiens d'Orient : Les frontières chrétiennes du Liban

Photo_2016-11-30_14-37-55[1]Dans un Liban sortant péniblement d’une crise gouvernementale de plus de deux ans, soucieux de conserver son intégrité face à la guerre civile syrienne et de garder sa frontière sud en paix, les villages des frontières se sentent délaissés par l’intérieur et oubliés de l’extérieur. Ils attendent du gouvernement français qu’il honore une promesse millénaire. Dans ces régions à dominante musulmane, d’importants villages chrétiens subissent l’exode massif des jeunes générations fuyant des conditions de vie difficiles et un avenir peu engageant.

Du Nord, dans l’Akkar, au Sud, en passant par l’Est de la Bekka, le conflit syrien semble s’exporter au Liban. Des heurts réguliers ont lieu entre factions djihadistes rivales. Les multiples attaques terroristes sèment la terreur dans les villages. En  Juin 2016 à Al Qaa, 8 kamikazes se font exploser tuant 5 civils. Depuis le début du mois, pas moins de trois attaques ont eu lieux pour la seule zone frontalière du Nord Est libanais. Certains villages de la plaine de la Bekaa, annexés jusqu’en 2005 par l’armée syrienne, peinent à retrouver leur identité libanaise et chrétienne. L’arrivée massive de réfugiés en provenance de Syrie crée une véritable crise économique et sociale dans un Liban exsangue. Des camps sauvages de réfugiés ont été installés dans cette région mais il est difficile de palier un manque cruel d’électricité, d’eau, de nourriture et d’éducation. On estime à 2 millions le nombre de réfugiés (principalement Syriens) venu s’ajouter aux 4 millions de libanais nationaux. L’intégration est plus que délicate : pas de travail, un accès aux produits et services de première nécessité compliqué et un manque de place dans les écoles. Certains parviennent à partir vers le centre du pays, à Beyrouth, ou encore à l’étranger (France, Etats-Unis, Canada etc.) dans l’espoir d’avoir une situation plus stable et d’offrir un avenir meilleur aux générations futures.

Photo_2016-11-30_14-38-16[1]Le Sud-Liban est marqué par les vives tensions entretenues par le Hezbollah et Israël qui retentissent dans les villages de la région. Les agriculteurs chrétiens sont très peu aidés, la peur de la reprise des hostilités les poussent à fuir et à vendre leurs terres, abandonnant ainsi cette région aux chiites soutenu eux par le parti de Dieu.

Chaque région frontalière a ses enjeux et ses priorités propres mais quatre facteurs, indissociables les uns des autres, sont prégnants : la sécurité bien sûr, le facteur social, économique et politique. L’Akkar (Nord), la plaine de la Bekaa (Est) et le Sud-Liban sont des terres historiquement fertiles et économiquement dynamiques donc importantes pour l’agriculture et l’industrie. Leur désertion a un fort impact sur le fonctionnement socio-économique du pays et l’identité libanaise : l’oubli de ses racines historiques chrétiennes.

La chrétienté est le ciment du pays, chaque village, où cohabitent différentes communautés, compte une présence chrétienne. Les chrétiens sont ce qui fait du Liban une nation. Ils freinent l’émergence d’un extrémisme religieux venu de l’Est trouvant un terreau fertile au sein des populations déplacés les plus vulnérables. Sans les chrétiens le Liban  ne résisterait pas longtemps aux tensions intercommunautaires et aux coups de boutoir de l’islamisme salafiste. Ils se considèrent comme le dernier rempart protégeant l’Occident que certains ici n’hésitent plus à qualifier de « capitulard ».

L’association SOS Chrétiens d’Orient ne les oublie pas et les aide à s’ancrer dans leur environnement naturel. Une aide matérielle par le développement d’infrastructure y contribue. Un dispositif humain est mis en œuvre dans des régions reculées telles que la Bekaa et le Sud-Liban, des professeurs de français et des accompagnateurs scolaires ou psychologiques sont ainsi déployés à travers le Liban. Des infirmières et des animateurs de centre pour enfants sont à pied d’œuvres à Beyrouth aux côtés de tous les volontaires s’activant à répondre efficacement aux besoins des familles vulnérables rencontrées. L’association SOS Chrétiens d’Orient tente ainsi de répondre, à sa mesure, à une promesse que les gouvernements français n’ont pas su tenir.