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Marion Maréchal Le Pen prend date face à cette droite dite « conservatrice »

De Thibaud Collin :

"Beaucoup d’observateurs politiques ont déclaré que la victoire de François Fillon était une mauvaise nouvelle pour Marion Maréchal-Le Pen ; que cela la privait d’une partie de ses soutiens issus de la droite conservatrice et que simultanément cela légitimait la ligne de Florian Philippot centrée sur les questions économiques et sociales, délaissant le clivage sur les enjeux dits « sociétaux ». Marion Maréchal-Le Pen allait-elle faire profil bas et accepter le diagnostic journalistique sans broncher ? La réponse n’a pas mis longtemps à arriver. En choisissant de se positionner sur l’avortement, sujet hautement tabou dans la société française et dans la sphère médiatique, elle a fait une pierre deux coups : renvoyer dos à dos Philippot et Fillon à leur commun libéralisme « sociétal » et prendre date avec la société française.

Le personnel médiatique aveuglé par son idéologie libertaire et son progressisme paresseux continue à considérer que l’avortement n’est plus un sujet. Simone Veil est un monument de la République et l’on peut imaginer sans difficulté les articles nécrologiques dithyrambiques déjà près dans les rédactions au cas où. Sauf que, n’en déplaise à beaucoup d’esprits sensibles, la Simone Veil de 1974 est plus proche de Marion Maréchal-Le Pen que de Fillon, Juppé et Philippot (sans parler des autres). Cette loi de tolérance, la tolérance ayant au sens strict pour un objet un mal, n’ouvrait aucun droit et ne faisait que dépénaliser un acte en vue de sauver la vie d’une femme en détresse en donnant, en dernier recours, la mort à l’ embryon humain qu’elle portait. Rappelons que c’est la majorité socialiste qui a décidé en 1982 de son remboursement, ce que la « droite » s’est empressée, après l’avoir combattu, de considérer une fois revenue au pouvoir comme inscrit dans le marbre des grandes avancées du genre humain.

En remettant cette question dans le débat public, Marion Maréchal-Le Pen souligne son refus du progressisme idéologique qui voudrait que la droite ne fasse qu’éternellement entériner les réformes de la gauche. En cela, elle fait la leçon au soi-disant conservatisme de François Fillon qui s’est déclaré offusqué qu’Alain Juppé puisse lui demander des précisions quant à sa position sur un sujet si daté et si périphérique aux enjeux de la société française actuelle! Elle prend date face à cette droite dite « conservatrice » (aux yeux de Laurent Joffrin et de ses épigones) ralliée à Fillon et manifeste un incontestable courage intellectuel et politique."