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La question de l’intégration : l’échec de l’Éducation nationale

Claudine Cardot, candidate dans la 4è de Paris, signe cette tribune sur l'école :

Unknown-9"Éducation nationale et intégration constituent deux sujets infiniment politiques et politisés, d’autant plus qu’ils sont intimement liés. L’intégration fait l’objet d’un débat désormais ancien et constitue surtout un marqueur politique fort, permettant de positionner idéologiquement l’auteur d’un propos sur ce sujet. Au sein de cette notion se distinguent grossièrement assimilation et multiculturalisme.

Dans la première occurrence, il s’agit d’« un processus social de convergence des comportements qui s’effectuent dans un rapport asymétrique entre la société d’accueil et les nouveaux venus » ("Assimilation versus multiculturalisme "Cahiers français n°385, La Documentation française, mars-avril 2015). Autrement dit, les immigrés doivent s’intégrer dans la société française par l’adoption pleine et entière de la culture du pays dans lequel ils viennent d’arriver et donc par un acte positif, volontaire de leur part.

Au contraire le multiculturalisme tend à considérer la nation comme « un espace géopolitique dans lequel des communautés culturelles séparées coexistent paisiblement avec un même statut légal et social. La communauté autochtone peut ou non rester majoritaire, mais sans statut spécial ». Ce système a donc pour conséquence que les immigrés ne sont pas incités à s’adapter à la culture locale mais affirment leurs origines au même titre que les autochtones vivent leur culture.

La sphère politique française se positionne aujourd’hui en grande partie en faveur du multiculturalisme comme modèle d’intégration. Ce processus a pour effet à long terme de briser l’unité d’un peuple en favorisant l’émergence d’une société constituée d’individus ayant chacun leur propre histoire, leurs propres origines, leur identité propre. Il aboutit à la naissance d’une multitude d’êtres uniques au sein d’un même pays. Cette vision de l’intégration s’inscrit totalement dans l’ « idéal » des mondialistes de voir s’ériger le village global où le règne de l’individu pourrait librement s’exprimer, un monde atomisé en une multitude d’individus avec des intérêts propres. 

L’un des vecteurs principaux de l’intégration réside dans l’école de la République comme lieu de transmission du « Savoir ». Elle a avant tout pour rôle, de garantir à tous un socle de connaissances suffisamment solide et homogène pour assurer leur intégration professionnelle. L’école gratuite et obligatoire vient renforcer cette idée mais elle devient surtout le jouet d’une politique, d’une idéologie.

Dès lors, le Ministère de l’Éducation nationale est un ministère essentiel de tout gouvernement, non pas tant pour l’importance intrinsèque de l’enseignement mais bien parce que la politique qui y est menée représente à elle seule l’orientation idéologique que veut donner un gouvernement à une société. L’école est à la fois le thermomètre de l’état de la société mais aussi le centre de développement et de formation des futurs citoyens, des leaders de demain, de la société à venir.

Au delà d’une simple formation scolaire, l’Éducation nationale, par une ingérence de plus en plus forte dans la gestion des établissements, vient imposer une vision idéologique de l’Homme, une vision de l’Homme individu, celle déjà observée dans la gestion de l’intégration, de l’assimilation, des populations issues de l’immigration.

L’École de la République est sujette à de nombreux paradoxes.

Si sa vocation première est d’offrir à chaque élève la possibilité d’acquérir les connaissances nécessaires pour leur formation personnelle et professionnelle future, il s’agit également, et de manière plus subtile, de faire de ces futurs citoyens les futurs individus du monde globalisé.

Le nivellement par le bas est devenu un leitmotiv rue de Grenelle : baisse du niveau attendu (consignes de plus en plus laxistes pour la notation au baccalauréat par exemple), baisse du nombre d’heures consacrées aux savoirs fondamentaux remplacées par des enseignements qui ne relèvent pas du rôle de transmission de l’école comme l’enseignement de la sexualité, voire des sexualités, selon un objectif totalement idéologique sous-tendant que les parents n’auraient pas les capacités d’assurer leur rôle d’éducateur dans ces domaines. Le nom même de Ministère de l’Éducation nationale démontre que l’État veut se substituer aux parents pour prendre leur rôle de premiers éducateurs de leurs enfants. Si un changement complet sur le fond s’avère être nécessaire, le changement de nom en Ministère de l’Instruction publique pourrait être un symbole fort d’une volonté de se recentrer sur les missions essentielles.

A l’exception de certains lycées situés dans des quartiers dits « privilégiés » des grandes villes, la pauvreté des enseignements délivrés dans certains établissements publics, et donc soumis à la tutelle du Ministère, fausse l’autre objectif de l’école laïque, celui de réduire les disparités entre les citoyens face à l’apprentissage des savoirs fondamentaux. L’effet inverse se produit désormais puisque seules les familles les plus aisées ont les moyens d’offrir à leurs enfants un enseignement de qualité en les inscrivant dans une école privée sous ou hors contrat.

Plutôt que de relever la qualité de l’enseignement, la réaction politique a donc été, une fois de plus, contraire à toute logique - celle inspirée de la volonté d’agir pour le bien commun - puisqu’elle a été de créer de la mixité scolaire ou bien de vouloir supprimer l’enseignement libre afin que le Ministère de l’Éducation nationale puisse contrôler l’enseignement délivré sur tout le territoire.

L’expression faciale de Najat Vallaud Belkacem à l’annonce du nom de son successeur, Jean-Michel Blanquer, et les positions de ce dernier sont de bon augure. On ne peut qu’espérer que notre nouveau ministre applique les mesures annoncées telle que le rétablissement des classes bilangues, le retour en force des savoirs fondamentaux et des langues anciennes, ou bien l’accroissement de l’autonomie des établissements scolaires et de ses directeurs pour redonner au système scolaire français son niveau d’excellence.

L’école d’aujourd’hui ne joue plus son rôle de vecteur d’intégration. L’assimilation des jeunes, qu’ils viennent d’arriver ou qu’ils soient déjà français, ne peut passer que par la volonté de leur faire aimer la France. La transmission de cet amour a pour fondement l’enseignement de l’Histoire de France, de sa géographie, de sa langue si riche, la découverte de sa culture, de ses traditions, de son patrimoine multiple, … de toutes les facettes qui font de la France un magnifique pays qui ne peut qu’être chéri. Le mépris de la France par des français de la seconde génération, est la démonstration de l’échec flagrant de l’École de la République sur la question de l’intégration.

Le multiculturalisme annihile tout sentiment d’appartenance nationale et réveille les communautarismes. L’enseignement des langues d’origine dans certaines classes et de l’histoire de l’Islam alors que les écoliers français ne maitrisent pas l’orthographe de la langue française, qu’ils n’ont plus aucune notion sur les racines chrétiennes de la France, ou que l’on proclame en haut lieu que la colonisation a été un crime contre l’humanité et qu’il n’y a pas de culture française, les exacerbe.

Le rejet de la France par ses enfants n’est pas anodin et ne doit pas être minimisé ; il est l’expression d’un malaise grandissant chez une partie de la population française que l’on n’a pas fait en sorte d’intégrer correctement. Le sentiment de marginalisation vécu par ces personnes est dû au fait qu’on ne leur a pas appris à aimer leur nouvelle patrie, qu’on ne les a pas incitées à adopter le mode de vie local qui leur aurait permis de se sentir pleinement français, qu’on ne leur pas dit que c’était possible. Ce malaise constitue désormais le terreau des futurs djihadistes qui, la haine de notre pays, leur pays, chevillée au corps, ne reviendront en France que pour la martyriser."