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D'un point de vue moral et historique, cette crise est pire que ce que vous croyez

Article paru le 30 août dans le National Catholic Register, traduit et adapté par Jan Laarman :

Wiker-WUERLDepuis la publication de la lettre de l’archevêque italien Vigano accusant le pape d’avoir couvert des crimes sexuels aux Etats-Unis, l’Église catholique est entrée dans une crise comme elle n’en avait pas connu depuis longtemps. La nature de cette crise s’éclaire en prenant un point de vue moral et historique.

L'unique raison pour laquelle la pédophilie est un problème moral pour nos contemporains, est que l’Église catholique en a fait un problème.

Les relations sexuelles avec les garçons et les filles, mais surtout avec les garçons, faisaient partie intégrante de la culture grecque et romaine ancienne, la culture dans laquelle le Christ lui-même, et donc l'Église, étaient nés. Le christianisme a rejeté cette pratique sexuelle païenne répandue car elle est une perversion de la sexualité, et elle a évangélisé en conséquence. Sans le succès des efforts d'évangélisation du Christianisme, les lois contre la pédophilie encore en vigueur n’auraient jamais existé du tout.

Pour affiner cette esquisse historique, il faut rappeler que les hommes en quête de relations sexuelles avec des hommes dans la Grèce et la Rome antiques préféraient ceux entre 12 et 18 ans, lorsque les garçons s'épanouissent pour devenir des hommes. Pour être bref, l'activité homosexuelle était définie principalement par la pédophilie. Il n'y avait pas de distinctions artificielles entre l'homosexualité, la pédophilie, l'éphébophilie (rapports sexuels avec une personne entre 12 et 14 ans) et l'hébéphilie (rapports sexuels avec quelqu'un de 15 à 18 ans). Il y avait tout simplement le désir, commun sur le plan culturel, des hommes d’avoir des relations sexuelles avec des garçons âgés de 12 à 18 ans.

De plus, la pédophilie avec les garçons ne se limitait pas à quelques individus ayant une orientation exclusivement homosexuelle. La grande majorité des hommes s’y livrait, qu’ils soient (comme on les désignerait aujourd'hui) homosexuels ou hétérosexuels. C’était une part acceptée de la culture gréco-romaine. Ainsi, la pédophilie n'était pas une question morale, mais une pratique culturelle de la plupart des hommes. C’est un point important, car il signifie que notre tentative actuelle de fixer un «pourcentage» d'homosexuels défini dans la population, disons 2% ou 10%, ne tient pas compte du fait que l'homosexualité et la pédophilie peuvent s'étendre dans une société humaine quand la culture se déforme.

C'était précisément la situation dans l'ancienne Grèce païenne et à Rome. Puis vint le Christ. Le christianisme a fait de la pédophilie une question morale. Alors que le Christianisme évangélisait lentement l'empire romain païen, l'acceptation sociale des hommes ayant des rapports sexuels avec des garçons a été remplacée par une répulsion morale généralisée (et l'apparition de lois anti-pédophilie qui ont suivi). Il en fut de même pour l'homosexualité, l'esclavage sexuel, l'avortement, l'infanticide et l'euthanasie. Ils sont devenus des questions morales, et plus des pratiques sociales païennes acceptées, uniquement à cause de l'évangélisation chrétienne.

Voici les leçons que nous devons tirer de cette histoire. La seule raison pour laquelle il existe encore des lois civiles qui interdisent et punissent la pédophilie est que le christianisme a dominé la culture occidentale en l'évangélisant. La seule raison pour laquelle nous avons accepté l'homosexualité dans la culture et dans le droit est la déchristianisation croissante de la culture en Occident. Si nous nous repaganisons, la pédophilie sera bientôt acceptée, tout comme l'homosexualité, l'avortement, l'infanticide et l'euthanasie ont déjà été acceptés.

C’est une crise considérable dans l'Église et pour l’Église, car un réseau homosexuel mondial profondément implanté chez nos prêtres, évêques et cardinaux s’emploie activement à réaliser la déchristianisation complète du monde en s’attaquant aux garçons de 12 à 18 ans, recréant littéralement la culture sexuelle gréco-romaine dans nos séminaires et diocèses. Si vous voulez savoir à quoi ressemblait l'ambiance sexuelle sordide de la Grèce antique et de Rome, lisez le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie.

L’ironie est terrible. Les hommes chargés les premiers de l'évangélisation de toutes les nations réalisent à pleine vapeur la désévangélisation des nations. Ce faisant, ces prêtres, évêques et cardinaux, au cœur même de l’Église catholique, agissent comme des agents de repaganisation, détruisant 2000 ans d’histoire de l’Église.

Pour être encore plus précis, ces prêtres, évêques et cardinaux sont les principaux agents de la désévangélisation, de la déchristianisation et de la repaganisation. Car il n’y a rien qui sape plus l’autorité morale et théologique du Magistère plus rapidement et plus profondément que le diabolique mariage du scandale et de l’hypocrisie. Il détruit la capacité d'évangéliser.

Et notez que je dis à la fois "morale et théologique". Car pourquoi devrait-on prendre aujourd’hui au sérieux quoi que ce soit du Magistère, que ce soit les enseignements de l’Eglise sur la pédophilie et l’homosexualité, ou ses enseignements sur la Très Sainte Trinité?

Peut-on imaginer crise plus profonde pour l’Église du Christ ?