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L'euthanasie est une demande de bien-portants qui veulent se débarrasser des vieux

Maxresdefault-4En vingt ans, le docteur Claire Fourcade, responsable du pôle de soins palliatifs de la polyclinique Le Languedoc, à Narbonne, a accompagné près de 10 000 patients en fin de vie. Elle n’a été confrontée qu’à deux demandes d’euthanasie qui ont toutes deux été abandonnées :

« Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’euthanasie est une demande de bien-portants. Sur le terrain, les patients concernés ne la demandent pas ».

Elle craint que ce projet n’ait l’effet inverse de celui escompté :

« Nos patients sont vulnérables et ils ont besoin qu’on les accompagne. Autoriser l’euthanasie reviendrait à dire à tous ceux qui espèrent que leur espoir est déraisonnable ».


Euthanasie : Jean-Louis Touraine propose déjà de violer l'encadrement envisagé

Comme à chaque loi transgressive, les partisans de la culture de mort promettent un encadrements strict, afin d'éviter les abus, avant de revenir progressivement dessus (avortement, recherche sur l'embryon, dénaturation du mariage, etc.). L'euthanasie ne déroge pas à cette règle réthorique. Le député franc-maçon Jean-Louis Touraine, par ailleurs chargé de trouver comment ponctionner des organes, ne cache pas que les règles d'encadrement de sa loi sur l'euthanasie sont destinées à être revues :

"Vous proposez de légiférer sur cette question au cours de l'année 2018. Comment envisagez-vous d'encadrer ce droit ?

Après être revenus sur le calendrier avec le président, cela sera plutôt début 2019. L'encadrement de l'aide active à mourir se fait d'abord par un collège médical, qui doit recueillir plusieurs fois la demande de la personne de mettre fin à ses jours ; et analyser la situation : la personne ne doit pas être dépressive, être consciente de ses actes, et être atteinte d'une maladie incurable arrivée à son terme. Ensuite, un encadrement doit aussi être mis en place par les pouvoirs publics. Toutes les fins de vie doivent faire l'objet d'un rapport sur leurs conditions, pour permettre des études, des statistiques, et garantir qu'il n'y ait aucune fin de vie forcée.

Quid des mineurs ? Seraient-ils, eux aussi, concernés par ce droit ?

Non, ni les mineurs ni les personnes non aptes à exprimer leur point de vue. Même si j'estime qu'il faudra aborder ces questions. De même que celles des grands prématurés dont on est sûrs qu'ils garderont de grosses séquelles. Aujourd'hui, ce sont les médecins qui décident s'il faut, oui ou non, les garder en vie. Pour les députés de demain, il y aura encore des choses à compléter. Là, c'est la partie émergée de l'iceberg que nous traitons. Ensuite, on pourra aborder les sujets moins médiatiques, mais pas moins importants pour les familles. De même qu'il faudra réfléchir au cas des directives anticipées, pour les patients atteints d'Alzheimer notamment. Il ne faut pas vouloir tout régler dans une seule proposition de loi, mais il reste beaucoup de travail."

On sait déjà ce que cela donne en Belgique et aux Pays Bas.


Après avoir détruit la famille, il ne reste qu'à achever les vieux

Gabrielle Cluzel dans La Nef montre que la destruction de la filiation ne nuit pas seulement aux jeunes. Elle isole aussi les vieux, désormais abandonnés dans des établissements en attendant qu'ils meurent :

Couverture301"Les salariés des EHPAD se sont mis en grève, dénonçant un manque de moyens ayant pour conséquence un travail bâclé et dans l’urgence. Fruit du hasard – mais le hasard fait parfois froid dans le dos –, concomitamment au mouvement des EHPAD, le débat sur l’euthanasie était remis sur le tapis.

Pour calmer le jeu, Agnès Buzyn a décidé de débloquer 50 millions d’euros. Trop peu, selon les professionnels. Où trouver le reste ? Quel fond de tiroir racler ? On aurait bien quelques idées de subventions baroques – pour rester polies – à réaffecter, mais celles-là seront aussi très vite « mangées ». Parce que l’on a négligé le seul investissement durable : la famille. Et si la détruire inlassablement, méticuleusement, pièce par pièce, au bulldozer où à la lime à ongles selon les occasions, avait été, y compris sur ce plan-là, une très mauvaise idée ?

Bien sûr – éclatement géographique, exiguïté des logements, allongement de la durée de vie obligent – il y a longtemps que les générations, sauf exception, ne cohabitent plus dans la même maison. Naturellement, j’ai lu comme vous Poil de Carotte, Génitrix, Vipère au Poing… et sais qu’il est des familles où l’on s’éreinte plus que l’on s’étreint. Mais enfin la plupart des parents, tout maladroits qu’ils soient, aiment leurs enfants, et réciproquement. Et lorsque les autres visitent les uns, c’est un renfort précieux : un repas qu’ils vont accompagner, un coussin mal installé qu’ils vont remonter, des angoisses qu’ils vont dissiper, de vieilles histoires cent fois rabâchées qu’ils vont écouter, des doléances qu’ils vont adroitement relayer. Et tout cela… bénévolement. Permettant ainsi aux soignants de se consacrer aux autres patients. Mais pour cela, encore faut-il que le mot parent ait un sens. Un sens qui ne soit pas fluctuant, aux contours mal définis. [...]"


Euthanasie : Jean-Louis Touraine publie sa tribune déjà dénoncée par Le Salon beige

Le 10 janvier, Le Salon beige évoquait la publication prochaine d'une tribune pro-euthanasie, qui serait signée par un certain nombre de députés. J'écrivais que cette tribune serait publiée "la semaine prochaine". Mea culpa, elle n'est publiée qu'aujourd'hui dans Le Monde. Est-ce parce que son initiateur Jean-Louis Touraine a du convaincre un à un les 156 députés qui ont signé ce texte ou parce que Le Salon beige ayant lâché le morceau, il fallait attendre un peu ? Je ne sais. Mais en attendant, revoici le décryptage de ce texte, qui n'a pas perdu une ride :

334768Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône et Vice-président de la commission des affaires sociales, fait actuellement tourner une tribune en faveur de l'euthanasie, intitulée "Pour une liberté républicaine : le choix de sa fin de vie", afin de la faire signer par un certain nombre de parlementaires, pour la publier la semaine prochaine, en vue d'influencer le débat sur la loi bioéthique. Nous nous la sommes procurée. Il y écrit :

"« On ne meurt pas bien en France ». Aujourd’hui, l’offre de soins palliatifs ne satisfait pas à la multiplicité des situations individuelles et des souffrances des personnes en fin de vie. Des souffrances accentuées par l’impossibilité pour chacun de « choisir sa fin de vie »."

Ce que ne précise pas la tribune : seulement 50des personnes nécessitant des soins palliatifs à l’hôpital en bénéficient intégralement. Les soins palliatifs mériteraient donc d'être développés. Or, depuis 2012, le budget dédié au plan national de développement des soins palliatifs s'est élevé à zéro (contre 230M€ le quinquennat précédent).

"Si quelques progrès ont été enregistrés, force est de constater que la loi Claeys-Leonetti n’a pas permis d’introduire d’innovations significatives. Il s’est essentiellement agi de transcrire dans la loi ce qui était déjà acquis par voie réglementaire. Le problème actuel est qu’il manque – et c’est crucial ! – une liberté, un droit au choix."

Ce que ne précise pas la tribune : Si certains veulent avoir le droit d'être tués, alors la loi doit obliger des médecins à tuer...Capture d’écran 2018-01-09 à 21.52.55

"Attendre une évaluation des textes législatifs antérieurs avant de créer un nouveau droit aux malades en fin de vie aurait-il dès lors un sens ? Non ! Quand une lacune est identifiée, elle doit être comblée sans délai. D’ailleurs, les Français apportent trois preuves de leur désir impatient de l’introduction de ce progrès humaniste.

Dans un très récent sondage, réalisé par IFOP pour La Croix et le Forum européen de bioéthique, 89% des Français considèrent important de légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté. Seules 11% des personnes interrogées se satisfont de la législation actuelle. En ce domaine, comme généralement dans les diverses questions de bioéthique, nos concitoyens sont plus avancés et plus en phase avec le progrès que certains responsables, qui apparaissent plus conservateurs ou frileux."

Ce que ne précise pas la tribune : s'appuyer sur ce sondage IFOP, dont on a déjà vu qu'il était biaisé, est un peu léger. En quoi les personnes interrogées seraient favorables à l'euthanasie ? Parce qu'on leur a proposé cette solution (finale) ou la mort dans d'horribles souffrances (comme dans ce sondage orienté de l'ADMD) ? Mais qui veut souffrir ? A-t-on demandé et expliqué aux Français ce que sont les soins palliatifs ? Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale, visant à soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi à prendre en compte la souffrance psychologique, sociale ou spirituelle du patient et de ses proches.

"De nombreux Français en phase avancée d’une maladie incurable vont également chercher – et obtenir – la délivrance dans l’un ou l’autre des pays ayant déjà légiféré sur cette possibilité (Belgique, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg, Canada, plusieurs Etats américains, etc.)"

Ce que ne précise pas la tribune : au sein des Etats ayant légalisé l'euthanasie, on constate une dérive systématique :

  • En Belgique, on a désormais l'"interruption volontaire de vie sans demande du patient". La Commission de contrôle n’a, après délibération, rien trouvé à redire.
  • Des euthanasies sont pratiquées de plus en plus en cas de souffrances psychiques difficiles à mesurer, liées à la dépression, à Alzheimer... et non pas à la fin de vie.
  • L'euthanasie des enfants se répand : aux Pays-Bas à partir de 12 ans (loi 2001), en Belgique sans limite d’âge (loi mars 2014)
  • Le parlement hollandais subit maintenant des pressions pour élargir l’accès à l’euthanasie aux personnes invoquant la « fatigue de vivre ».

"Un malade en fin de vie, dans une « impasse thérapeutique », peut obtenir une aide active à mourir dans les hôpitaux français. Il faut pour cela connaître un médecin compatissant et courageux, ce qui crée des inégalités entre nos concitoyens. D’après l’INED, entre 2000 et 4000 personnes en phase terminale reçoivent cette aide chaque année dans notre pays. Reconnaissons que ces fins de vie organisées en catimini, du fait de l’absence d’encadrement légal, exposent à toutes les dérives, telles que des décisions par une équipe soignante sans sollicitation de l’avis du malade. A l’opposé, des malades implorent ce soulagement mais ne sont pas entendus. Il est des personnes qui, en raison de convictions personnelles, refusent pour elles-mêmes tout recours à l’aide à mourir. Cela est très respectable. Comme aussi doit être respectée la « clause de conscience » de certains médecins désirant se soustraire à cette activité, laissant ainsi un de leurs confrères opérer à leur place. Pour d’autres personnes et d’autres professionnels soignants, le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin s’imposent. Ce choix est tout autant respectable et l’exercice de ce droit n’enlève rien à personne. C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui. Il n’est plus raisonnable d’attendre davantage, d’observer sans réagir les souffrances physiques et psychiques de nombre de ces Français, de compter les affaires judiciaires qui se multiplient mais n’aboutissent à rien, car on ne peut pas condamner la compassion et la solidarité. Anne Bert clame : « Il me reste une ultime liberté : celle de choisir la façon dont je vais mourir ». Elle a raison ! Elle a également raison d’affirmer que sa « liberté ne s’arrête pas à la porte de l’hôpital ». Elle, comme les autres malades qui lui ressemblent, réclame la correction urgente de la loi française, perçue comme incomplète et non satisfaisante, voire liberticide et inégalitaire. Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l’impasse thérapeutique."

6a00d83451619c69e201bb091617bd970d-500wiCe que ne précise pas la tribune : Le respect de la personne, de son choix libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, est un pieux mensonge, comme nous l'avons vu plus haut. Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD, l'avait avoué à propos du Pacs, qui ne devait pas aboutir à la dénaturation du mariage, qui ne devait pas aboutir à la fabrication d'enfants pour les LGBT, par PMA ni par GPA... Ces gens passent leur temps à mentir pour arriver à leurs fins. Outre les dérives que nous avons cité plus haut, on constate également dans les Etats qui ont légalisé l'euthanasie, que la liberté des patients et des médecins s'amenuise :

  • Au Canada, une infirmière a été contrainte à la démission dans l’Ontario pour la simple raison qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie, devenue légale dans le pays l’an dernier.
  • Des assurances santé dans l’Etat du Nevada, où le suicide assisté est légal, ont récemment refusé des traitements onéreux et nécessaires à la survie de leurs clients, proposant de les aider plutôt à mettre fin à leurs jours.

"Il en va aujourd’hui de cette question comme il en allait de l’IVG au début des années 1970 : des femmes y recouraient en sollicitant les services de la Suisse ou de la Grande-Bretagne, tandis que d’autres trouvaient des médecins complaisants en France. Malheureusement, celles qui n’avaient pas accès à ces solutions étaient contraintes de faire appel à des « faiseuses d’anges » et s’exposaient alors à des risques considérables. Les décès de jeunes femmes se comptaient par centaines. Il était temps, en 1975, de sortir de l’hypocrisie des avortements clandestins et d’offrir aux femmes la possibilité de disposer librement de leur corps. De même, il est temps maintenant de sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible. Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin."

Ce que ne précise pas la tribune : le rapprochement avec l'avortement est intéressant, au regard de ce que la tribune dit plus haut sur la liberté des médecins et le choix éclairé des patients. L'avortement est aujourd'hui un tabou qui ne peut plus être discuté dans notre société. Les infirmières ne peuvent pas s'y opposer, elles n'ont pas de clause de conscience et les femmes en détresse sont bien souvent poussées à avorter. Comment croire qu'une personne en détresse, par définition en situation de fragilité, pourra poser un acte libre et éclairé, soumis à nulle contrainte ? Elle sera bien au contraire soumise aux désirs de son entourage et/ou du corps médical...

Par ailleurs ce rapprochement avec l'avortement permet de considérer que les gardes-fous évoqués sur l'euthanasie sont des foutaises. L'avortement, légalisé pour des cas extrêmes, des femmes violées, etc., représente aujourd'hui un enfant sur 5. Plus de 200 000 bébés sont avortés chaque année, tous les gardes-fous sont tombés les uns après les autres et ce sont les opposants à l'avortement qui sont poursuivis devant les tribunaux. En effectuant ce rapprochement, le député Touraine indique donc que, comme l'avortement, l'euthanasie deviendra massive.

"C’est pourquoi, nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018."

Ce que ne précise pas la tribune : le 29 novembre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a chargé Jean-Louis Touraine d’une mission sur le prélèvement d’organes. Il devra « comprendre pourquoi le taux de refus varie selon les régions » et identifier les « circonstances dans lesquelles se produisent ces refus ». Les refus sont de 43 % en Ile-de-France contre 22 % dans les Pays de la Loire. Depuis le 1er janvier 2017 la possibilité pour la famille d’un défunt de s’opposer à un prélèvement d’organes a été considérablement réduite. Or 60% des refus venaient de la famille. Jean-Louis Touraine (franc-maçon militant de la culture de mort, qui vient de déposer une nouvelle proposition de loi d’euthanasie), est professeur de médecine au département de transplantation de l'université Claude-Bernard de Lyon, et président de l’association France Transplant… De là à voir un lien entre euthanasie forcée et prélèvement d'organes...


Euthanasie : le médecin ne veut pas devenir un monument aux morts

La Croix a publié, lundi 19 février, la tribune d'un médecin contre l'euthanasie, Claire Fourcade, Médecin au pôle de soins palliatifs à la polyclinique Le Languedoc, à Narbonne :

Capture d’écran 2018-02-20 à 08.25.30"Comme une vague qui inlassablement revient sur le rivage, trois nouveaux projets de loi sur l’euthanasie viennent de s’échouer sur les bureaux de l’Assemblée nationale. L’encre des précédentes discussions sur ce sujet n’est pas sèche. Elles ont duré quatre longues années pour aboutir à une loi dont les recommandations d’application n’ont même pas encore été publiées et déjà l’on nous convoque pour réfléchir à la suivante.

Vendredi matin, un interviewer pugnace, d’aucuns diraient agressif, relançait le sujet:

« Vous accompagnez les patients et, s’ils vous demandent d’aller jusqu’au bout, vous n’allez pas les laisser tomber. C’est votre travail de médecin, je ne vois pas où est le problème! »

Il l’a répété plusieurs fois, il ne voyait vraiment pas. Ce monsieur a-t-il déjà essayé de chloroformer ses chatons?

Car moi, je vois bien déjà une partie du problème. Pour chacun de mes patients, parler de sa souffrance, de son angoisse, de sa mort, c’est difficile. Très difficile. La parole vient lentement, durement. Elle se noie de larmes et s’étouffe de sanglots. Alors j’écoute. Avec les oreilles bien sûr, mais aussi avec les yeux pour mieux entendre ce qui ne peut pas se dire, avec les mains pour toucher du doigt la douleur et le mal, avec ma voix pour relancer d’une question les mots qui s’étranglent, avec mon corps tendu qui jamais ne se relâche pour ne pas renvoyer à la solitude de ma lassitude celui qui me fait face et qui, au prix d’efforts que je ne peux qu’imaginer, exprime ses peurs les plus profondes. Je dois à celui qui souffre et qui me fait confiance cette attention, cette tension. De ces consultations je sors toujours épuisée.

Alors, si je devais ensuite en point final de ces conversations, même si on me le demandait, tuer celui qui m’a parlé: préparer la seringue, entrer dans la chambre, dire un mot (lequel d’ailleurs?), injecter les produits, recueillir le dernier soupir, consoler la famille et signer le certificat; alors je crois que, moi aussi, je mourrais. Le médecin en moi mourrait. Car comment ensuite prendre à nouveau le risque d’écouter vraiment? Comment ne pas devenir alors un gigantesque cimetière, une nécropole de champs de bataille? Je ne veux pas devenir un monument aux morts. J’accompagne des vivants qui n’ont que faire d’un médecin qui serait mort à l’intérieur."


Faudra-t-il continuer à organiser la prévention du suicide ?

Avec la volonté du gouvernement et des forces dites "progressistes" de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté, c'est la question très pertinente que pose l’Observatoire national du suicide. Philosophie Magazine a lu le rapport et en fait une synthèse sous la lumière de la philosophie. Extraits  :

"8 885 décès par suicide ont été enregistrés en 2014, selon un état de lieux publié par l’Observatoire national du suicide dont le troisième rapport vient de paraître.

Dans un premier rapport en 2014, les membres de l’Observatoire évoquaient Albert Camus, pour qui le suicide serait le seul « problème philosophique vraiment sérieux » suscité par la « confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». S’appuyant sur l’intuition du philosophe, ils contestaient que le suicide puisse être simplement considéré comme « un acte mûrement réfléchi, qu’il serait illégitime de tenter d’empêcher ». Sur la base de cette étude, ils prévoyaient un plan d’action visant à prévenir le suicide.

Le second rapport de l’Observatoire répondait en partie à cette ambition, en identifiant les facteurs de risques et de protection et en créant les moyens de la prévention. Il pointait que « depuis de nombreuses années, le suicide se pose comme objet d’étude scientifique. Un terme, la suicidologie, est même apparu à la fin des années 1960 pour définir la recherche scientifique sur le suicide et dont l’objectif est double : comprendre et prévenir ». Cependant, la création de l’Observatoire national du suicide ne date que de 2013.

Le troisième rapport se penche plus particulièrement sur le suicide des jeunes, qui est en France la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans (soit 16 % des décès de cette tranche d’âge), et il s’applique à identifier les enjeux éthiques liés au suicide – notamment, la nécessité de concilier la bienveillance et le libre arbitre. « Il s’agit d’éclairer les principes sous-jacents aux différentes options et d’aider les acteurs, confrontés à des situations toujours singulières, à s’orienter, dans le dialogue avec la personne souhaitant mettre fin à ses jours, vers la meilleure ligne de crête possible entre respect de l’autonomie, bienfaisance et justice. »

Les rapporteurs de ce texte font sensiblement pencher l’équilibre du côté de la bienveillance, en doutant depuis leur premier rapport que le suicide puisse être « un acte mûrement réfléchi, qu’il serait illégitime de tenter d’empêcher ». Ils s’inquiètent ainsi d’un possible « droit à mourir », précisant que « dans la loi française, le droit de mourir constitue un droit-liberté (on est libre de se donner la mort) mais pas un droit-créance (on ne peut exiger une aide à mourir). Il est important de s’intéresser aux implications d’un droit-créance à mourir, dans les pays qui l’ont mis en place, sur la prévention du suicide. En effet, dans les pays où l’aide médicale au suicide ou le suicide assisté, voire l’euthanasie, sont légalement autorisés ou en débat, des inquiétudes apparaissent quant à la difficulté d’organiser la prévention du suicide dans ce cadre. Le suicide risque alors d’être plus facilement envisagé comme une option possible, sans véritable exploration des autres issues » (...)"


La loi sur l'euthanasie pour fin 2018, début 2019

C'est ce que déclare à La Vie Jean-Louis Touraine, président du groupe d’études sur la fin de vie à l’Assemblée nationale, proche de Jean-Luc Romero (président de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité) :

« Il faut compléter la loi Claeys-LeonettiEn France, on meurt mal, dans de mauvaises conditions. À la tête de ce groupe d’études, je veux mener une réflexion, écouter les avis favorables et ceux des plus réticents. Le sujet sera débattu à l’Assemblée soit fin 2018, soit début 2019. »« Ce n’est pas un sujet de bioéthique stricto sensu et on ne sait pas encore s’il fera partie de la révision des lois de bioéthiqueTout est possible. Je veux un additif significatif à la loi actuelle. À condition d’être bien encadrée, une avancée est possible comme au Luxembourg, en Belgique ou en Suisse. »

Et surtout que la loi soit bien encadrée... on sait ce que cela donne.

Le pire c'est sans doute la réaction de Jean Leonetti, président du conseil national des Républicains, spécialiste de l'ouverture des boîtes de pandore, tant sur la fin de vie (sédation terminale) que sur la bioéthique (recherche "encadrée" sur l'embryon humain) : 

« Si on n’attend même pas que des lois votées à la quasi unanimité sous un gouvernement de droite puis sous un gouvernement de gauche produisent leurs effets, cela signifie que certaines personnes ne se satisfont pas que la loi ne parle ni d’euthanasie ni de suicide assistée et qu’elle veulent parvenir à cet objectif. »  « On a fait des lois dans lesquelles on n’a jamais transgressé l’interdiction de tuer. On est allé aux limites de la non-souffrance, du non-abandon, avec comme base le dialogue et la collégialité. Il faut fixer une limite. Les portes entrouvertes finissent par s’ouvrir. »

C'est de l'hypocrisie ou il est vraiment idiot ?

A vrai dire, l'attitude du gouvernement avec les personnes âgées est assez cynique, après leur avoir augmenté la CSG, il va bien vouloir les achever...


9 février à Angers : réunion pro-euthanasie

DTuk8rrXkAAoWkEJean-Luc Roméro, partisan très médiatique de la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté, président de l'ADMD, participera à une réunion publique de son association à Angers. Cela a lieu le vendredi 9 février à 18h00  à l'amphithéâtre Volney de la Faculté de Droit de l'Université d’Angers.

Il est sans doute possible de venir lui apporter la contradiction et surtout de lui demander des explications sur les faux chiffres que son association diffuse aux députés...

Signez notre lettre ouverte aux députés sur l'euthanasie.


La discussion sur la proposition de loi sur l'euthanasie interrompue

Capture d’écran 2018-02-02 à 17.51.21Hier s'est tenue à l'Assemblée nationale la discussion de la proposition de loi déposée par le groupe de La France Insoumise sur l'euthanasie. A une heure du matin, alors que la discussion n'était pas terminée et que le vote sur cette proposition n'avait pas eu lieu, le président a décidé de lever la séance, ajoutant :

"Il appartiendra à la Conférence des présidents de fixer les conditions de la poursuite de la discussion de la présente proposition de loi".

Autrement dit, cette loi, si elle n'a pas été adoptée -et l'on peut s'en réjouir- elle n'a pas non plus été formellement rejetée. Et c'est bien pratique pour un gouvernement qui compte légaliser l'euthanasie avec la révision des lois de bioéthique. Lors de la discussion, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, n'a pas rejeté cette proposition de loi sur le fond. Elle a simplement déclaré qu'elle arrivait trop tôt :

"En tant que ministre et en tant que médecin, je me dois d’éviter deux écueils : l’irrésolution et l’impréparation. Pour nous préparer, prenons le temps de la réflexion, d’autant que le sujet de la mort est un sujet politiquement grave, qui engage la société tout entière. Comme le philosophe de la mort, Jankélévitch, le disait magistralement : « La mort n’est pas un objet comme les autres : c’est un objet qui, étranglant l’être pensant, met fin et coupe court à l’exercice de la pensée. La mort se retourne contre la conscience de mourir ! » Veillons tous ensemble, quelles que soient nos divergences politiques, à laisser vivre, avec la patience de la réflexion, l’exercice démocratique de la pensée !"

Dans la même veine, le député Jean-Louis Touraine (LREM) a ajouté :

"Vous le voyez, mes chers collègues : il convient d’attendre la fin de la concertation pour choisir les termes les plus appropriés de la loi future sur la fin de vie. Madame la rapporteure, nous nous retrouverons très prochainement et aboutirons ensemble aux compléments législatifs que les Français espèrent."

Cela a le mérite de la clarté.

Côté LR, le député Alain Ramadier a révélé par euphémisme que le groupe est divisé sur cette question :

"Comme l’a précisé mon collègue Stéphane Viry, les députés du groupe Les Républicains sont libres de leur vote ; pour ma part, je voterai contre ce texte."

Son collègue Xavier Breton a été plus ferme dans son opposition :

" À partir de là, deux conceptions de l’éthique se déploient : d’un côté, une éthique de l’autonomie, fondée sur une liberté individuelle absolue, et de l’autre, une conception de l’éthique fondée sur la vulnérabilité, qui prend en compte la fragilité et la dépendance. Vous l’avez compris, mes chers collègues, nous défendons cette éthique de la vulnérabilité pour nous opposer à ce texte, mais nous la défendrons aussi tout au long des débats qui nous attendent sur les sujets de bioéthique.

Côté UDI, le député Agnès Firmin Le Bodo a déclaré que son groupe a décidé de s'abstenir.

Côté FN, Sébastien Chenu a déposé une motion de rejet. Finalement cela a été le seul vote sur cette proposition de loi. Seuls 5 députés l'ont votée : Sébastien Chenu, Emmanuelle Ménard mais aussi 3 députés LREM (Patricia Mirallès, Anne-Laurence Petel, Laurianne Rossi). Aucun député LR n'a voté cette motion de rejet, ni dans un sens ni dans l'autre.

Lors de son intervention, Sébastien Chenu a moqué le ralliement de La France Insoumise à la logique du marché :

Capture d’écran 2018-02-02 à 17.48.58"Monsieur le président, madame le ministre, madame le rapporteur, mes chers collègues, après quelques mois passés à écouter dans cet hémicycle nos collègues de La France insoumise défendre « une autre vision de la société », j’ai été surpris de les voir défendre une proposition de loi destinée à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté. Comprenez mon étonnement : alors même que je vous croyais encore attachés à l’idée que tout, dans une société, ne pouvait être contrôlé par le marché, mesuré par l’utilité sociale et trié en fonction de la rentabilité économique, je découvre cette proposition de loi. Je la respecte, mais elle bat en brèche cette vision des choses.

Qu’elle est loin, l’époque où l’idée du don et du contre-don, développée par Marcel Mauss, père de l’anthropologie française, faisait chemin ! Qu’elle est loin, l’époque où vous considériez, comme lui, que fonder une société sur l’économisme était un choix civilisationnel inacceptable ! Qu’elle est loin, l’époque où vous ne considériez pas l’homme comme un maillon de la chaîne du tout-économique, et où vous preniez en compte l’idéalisme et la spiritualité politique qui pouvaient mettre en mouvement l’humanité !

En réalité, avec cette proposition de loi, vous vous rangez à la doxa matérialiste défendue par le libéralisme politique que vous feignez pourtant de combattre, selon laquelle tout est matériel et marchand. Dites-moi, dans votre futur idéal, quelle place réservez-vous à l’homme ? Car il faut être bien naïf pour croire que c’est la liberté qui sous-tend ce texte. Votre proposition de loi sur le suicide assisté participe d’un profond matérialisme. Dans la vision qui guide votre projet, les personnes en souffrance dans notre société, notamment les personnes les plus âgées, ne trouvant plus d’utilité sociale, ne pouvant plus produire, devraient pouvoir être écartées de la société par la mort. Cela est encore plus grave lorsque ce sentiment est imposé par la société elle-même. « Je ne connaissais que des pauvres, c’est-à-dire des gens dont la mort n’intéresse personne », écrivait Céline. Nous y sommes.

Vous accréditez ainsi ce qu’écrivait en 1981 Jacques Attali : « dès qu’il dépasse soixante-soixante-cinq ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure ». Cette idéologie se résume à une maxime : l’homme est interchangeable ; il est avant tout un facteur de production. Votre internationalisme prolétarien était déjà de l’ordre du sans-frontiérisme, vous pliez aujourd’hui philosophiquement devant un autre axiome : celui de l’attalisme, dont vous vous devenez la caution. [...]

En outre, l’exemple belge est révélateur du glissement progressif de la loi : on tue aujourd’hui non pas seulement des personnes incurables, mais aussi des personnes qui sont seulement mal dans leur peau ; il existe un grand nombre de dérives. Une étude belge menée par l’université libre de Bruxelles et l’université de Gand a notamment révélé que 27 % des euthanasies pratiquées en Flandre et 42 % de celles réalisées en Wallonie sont pratiquées sans aucune déclaration aux autorités. Cette même étude précise que, souvent, un second médecin n’est pas même consulté pour autoriser la pratique de l’euthanasie, quand bien même cela est normalement obligatoire selon la loi belge.

L’ouverture de ce droit à l’euthanasie et au suicide assisté ouvre une véritable boîte de Pandore. On commence par proposer le strict minimum, mais peu à peu on prend des mesures toujours plus difficiles à encadrer, avec des conséquences toujours plus importantes – et bien plus graves que les auteurs de ces propositions ne l’imaginent eux-mêmes. C’est exactement ce qui s’est produit en Belgique : alors que la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté concernait exclusivement les adultes en 2002, lors de l’adoption du texte, elle a été élargie aux enfants en 2014. Cette politique des petits pas nous fait changer de monde ; notre équilibre est bouleversé, comme notre idée du respect des libertés individuelles. Nous allons vers un monde qui n’est plus régulé que par des contingences financières et économiques. [...]

La représentation nationale a déjà adopté la loi Leonetti II qui, pourtant, ouvrait une première brèche. En effet, la sédation profonde servait non plus à soulager les patients dans la douleur, mais à donner la mort. Il s’agissait d’une euthanasie déguisée, et la loi ne prévoyait aucune clause de conscience pour les médecins. C’est cette loi qui nous amène aujourd’hui à débattre du suicide assisté. Il faut du courage pour refuser ces dérives ; il faut des législateurs mobilisés pour défendre un message de vie, pour proclamer la dignité des personnes, quels que soient leur situation et leur âge. Je ne vois pas en quoi il est digne d’abandonner une personne en la poussant vers une demande d’euthanasie. [...]

En réalité, cette initiative parlementaire est symptomatique de la réaction de notre société face aux grands enjeux qui nous assaillent. On cache les problèmes : plutôt que de soigner le patient, on préfère le tuer, voire – c’est plus grave – on préfère le pousser à demander à être tué. Je le reconnais : pour gérer la fin de vie, l’euthanasie est plus simple et moins coûteuse. Mais promouvoir cette solution de facilité, est-ce là ce qui donne un sens à notre société ? [...]


Là où la vie vaut non pas pour sa dignité mais pour son efficacité et pour sa productivité, tout devient possible

Le pape François a reçu en audience les participants à l’assemblée plénière de la Congrégation pour la Doctrine de la foi vendredi 26 janvier. Extrait :

20180126120850_0297-740x493"[...] Au cours de cette session plénière, vous avez approfondi aussi quelques questions délicates sur l’accompagnement des malades en phase terminale. À cet égard, le processus de sécularisation, en absolutisant les concepts d’autodétermination et d’autonomie, a comporté dans de nombreux pays une croissance de la demande d’euthanasie comme affirmation idéologique de la volonté de puissance de l’homme sur la vie. Cela a conduit aussi à considérer l’interruption volontaire de l’existence humaine comme un choix de « civilisation ». Il est clair que là où la vie vaut non pas pour sa dignité mais pour son efficacité et pour sa productivité, tout cela devient possible. Dans ce scénario, il faut redire que la vie humaine, de sa conception jusqu’à sa fin naturelle, possède une dignité qui la rend intangible.

La douleur, la souffrance, le sens de la vie et de la mort sont des réalités que la mentalité contemporaine peine à affronter avec un regard plein d’espérance. Et pourtant, sans une espérance fiable qui l’aide à affronter aussi la douleur et la mort, l’homme ne parvient pas à bien vivre et à conserver une perspective confiante devant son avenir. C’est là un des services que l’Église est appelée à rendre à l’homme contemporain. [...]"


La volonté du patient respectée s’il demande l’arrêt des soins, mais déniée s’il demande leur poursuite

Communiqué de l'Acpervie-sos-maternité (Protestants pro vie) :

Page1image400"La loi Claeys sur la fin de vie à peine votée, une nouvelle transgression a été entérinée. Alors que cette loi instaure l’euthanasie passive sous couvert de sédation jusqu’au décès, elle était garante de la volonté du patient. C’est lui qui, de vive voix ou par des directives anticipées, décidait s’il fallait arrêter les soins dans une situation sans issue. Dans le cas d’Ines, c’est  la patiente, mineure représentée par ses parents, qui demande au contraire la poursuite des soins. Les Chrétiens Protestants et Évangéliques s’inquiètent de voir la volonté du patient respectée s’il demande l’arrêt des soins, mais déniée s’il demande leur poursuite. Ce pouvoir de vie et de mort donné aux médecins, redoutable tant pour eux mêmes que pour tout mortel, est un nouveau glissement vers l’euthanasie active.

Les Chrétiens Protestants et Évangéliques prient pour Ines et ses parents, ainsi que pour le personnel soignant dont la tâche est difficile, mais qui est heureusement sécurisée par un garde-fou: le serment d’Hippocrate.

Ce serment n’est pas sans relation avec un garde fou plus ancien, gravé dans les Tables de la Loi écrites du doigt de Dieu."


Comme pour l'avortement, les pro-euthanasie inventent de faux chiffres

« Les personnes en fin de vie sont parfois euthanasiées, contre leur gré, en catimini, dans nos hôpitaux. Il est donc grand temps d’encadrer les quelque 4 000 euthanasies clandestines ».

Ce tweet de Caroline Fiat a provoqué un véritable tollé sur le réseau, notamment auprès des médecins. La député de Meurthe-et-Moselle (France insoumise), par ailleurs aide-soignante, s’exprimait dans le cadre d’une proposition de loi « pour une fin de vie digne », présentée en commission par les membres de la France Insoumise.

Nous pourrions écrire, dans le même style : 

"Des personnes dans la rue sont parfois assassinées, contre leur gré, en catimini. Il est donc grand temps d'encadrer les quelques milliers de crimes clandestins"...

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a contesté ce chiffre, jamais publié par l'INED. Caroline Fiat fait référence à un document publié en 2012 de l’Institut national d’études démographiques, intitulé « Les décisions médicales en fin de vie en France ». Dans un tweet publié le 24 janvier, à 23h49, elle tente de s'expliquer.

Fiat_tweetMais elle s’emmêle les pinceaux dans l’interprétation des chiffres (voir le tableau ci-dessous), extrapolant le pourcentage des décès liés l’administration de médicaments pour mettre délibérément fin à la vie à l’ensemble des décès en 2017 (plus de 600 000) et non pas, comme c’est le cas, aux seules décisions médicales en fin de vie. En 2010, ce chiffre s’élevait donc à 38 (0,8 % de 4 723) et non pas à plus de 4 000 (en réalité 4 800) comme l’annonce Caroline Fiat.

Ined2012Elle a fini par avouer qu'elle s'était trompée et s'est excusée dans un tweet, en accusant cette fois l'ADMD, le lobby de Roméro pro-euthanasie, qui répand donc des... "fakes news" :

Capture d’écran 2018-01-26 à 15.40.02

Signez notre lettre ouverte aux députés sur l'euthanasie.


Lettre ouverte : Proposition de loi sur l’euthanasie

Chers amis,

Comme nous vous l'avons déjà signalé, la France Insoumise a déposé une proposition de loi visant à aggraver encore la loi Léonetti-Claeys en légalisant la prétendue "euthanasie" (qui n'a rien à voir avec une mort douce, malgré l'étymologie, et tout avec un assassinat - en attendant l'élimination systématique des "indésirables" comme on l'a vu partout où cette législation funeste a été appliquée, de Sparte au IIIe Reich, et même aujourd'hui en Belgique et aux Pays-Bas, où mineurs et handicapés mentaux peuvent être éliminés, éventuellement même sans l'avis de leur famille).

Officiellement, cette loi "n'a aucune chance" d'être votée, car le gouvernement y est - toujours officiellement - opposé. Le problème, c'est que le gouvernement n'a pas l'air, d'après nos renseignements, de faire particulièrement pression sur sa majorité pour bloquer le texte. En tout cas, il est certain qu'il s'agit d'un ballon d'essai pour tester la résistance des défenseurs de la dignité humaine. Si nous ne nous mobilisons pas, cette loi peut parfaitement être votée - donnant un signal catastrophique au seuil de cette année importante pour les questions bioéthiques.

Alors écrivons vite à nos députés pour leur dire que nous suivrons avec attention leur vote et que nous leur demandons instamment de bloquer cette dérive prétendument progressiste (c'est curieux comme les "progressistes" n'ont que des lubies totalement archaïques à proposer!). Vous pouvez signer ci-dessous un mot pour tous les députés de votre département.

Je compte sur vous. Il faut absolument que nous empêchions cela.

Fidèlement

Guillaume de Thieulloy


Tentative de passage en force sur l'euthanasie

Alliance Vita dénonce :

B_1_q_0_p_0"A l’heure où la priorité est d’évaluer comment la loi fin de vie de 2016 est appliquée sur le terrain, Alliance VITA dénonce la pression mise soudainement par certains parlementaires pour tenter d’imposer la légalisation de l’euthanasie en France : la proposition de loi de la députée Caroline Fiat [photo] (La France insoumise) a été en effet examinée et rejetée ce jour par la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Elle sera néanmoins débattue en séance publique le 1er février prochain.

La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016 commence à peine à être connue et mise en œuvre, puisque les décrets d’application datent d’août 2017. De nombreuses initiatives officielles sont en cours ou prévues à court terme pour étudier si la prise en charge de la fin de vie s’améliore en France : le gouvernement a lancé une enquête via l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) ; le Parlement prévoit un groupe d’étude et des auditions dans les semaines à venir ; le CESE s’est également autosaisi du sujet ; et des évaluations médicales sur la pratique de la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » sont en cours via le Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie (CNSPFV) et la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP).

Alors que nous sortons à peine de trois années de débat approfondi sur les enjeux de la fin de vie entre 2012 à 2016, Alliance VITA voit dans cette offensive idéologique le risque d’occulter les vrais enjeux de la fin de vie. La priorité est d‘améliorer l’accompagnement des personnes en fin de vie, que ce soit à l’hôpital, en EHPAD ou à domicile, en particulier par la prise en charge de la douleur, les soins palliatifs, la solidarité intergénérationnelle. En effet, les graves dérives éthiques constatées dans les rares pays étrangers qui ont légalisé l’euthanasie incitent à la plus grande prudence.

Alliance VITA sera auditionnée lundi 29 janvier par le CESE. Elle reste très vigilante pour que les Etats généraux de la bioéthique ne servent pas de prétexte à remettre en cause l’interdit de tuer, qui demeure le fondement de la confiance entre soignants et soignés."


Un chef de service de soins palliatifs : "Si l'euthanasie devient 'la solution', qui voudra améliorer les soins palliatifs ?"

Tout est dit et explicite dans ce reportage réalisé dans un service de soins palliatifs :

"Le mouroir, c'est fini !" Dans l'unité de soins palliatifs de l'hôpital d'Argenteuil (Val-d'Oise), les murs sont colorés, le soleil entre par les fenêtres, les portes des chambres des patients sont ouvertes et on peut entendre des rires s'échapper de la salle de transmission, où le personnel soignant se réunit. Rien d'étonnant pour ceux qui sont tous, sans exception, volontaires pour travailler au sein de ce service qui accueille des patients en fin de vie : "On chante, on sourit car nos patients ne sont pas des mourants, ce sont des vivants !", explique Frédéric, aide-soignant.  (...)

Au total, 186 personnes sont décédées dans le service, quand d'autres patients ont rejoint leur domicile ou un service alternatif. Il n'est pas rare aujourd'hui qu'un malade, s'il est atteint d'une maladie grave et incurable, puisse rentrer chez lui, une fois sa douleur prise en charge (...) Toutefois, "il y a toujours plus de demandes que de places", regrette le Dr Anne de la Tour, qui préside la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs. Au total, il existe 157 unités de soins palliatifs en France et 426 équipes mobiles. La cheffe du service déplore aussi une offre "pas assez diversifiée" : "On devrait pouvoir proposer une hospitalisation de jour." Un manque de moyens financiers et humains qui entraîne de "fortes disparités" entre les patients, regrette Anne de la Tour : "On continue de mal mourir." (...)

Très souvent ce malade, écrasé sous le poids de ses souffrances, souhaite mourir. "On accueille des patients qui réclament l'euthanasie, 'la petite piqûre', comme ils disent tous", raconte Dominique Cers, cadre de santé. En quelques jours, cette demande disparaît dans quasiment 100% des cas." Dans sa chambre, Suzanne, 79 ans, atteinte d'un cancer de la thyroïde, raconte qu'elle est "impeccablement traitée". La preuve : "Avec ma télécommande, j'appuie sur le bouton, quelqu'un vient et on me soulage tout de suite", dit-elle avec le sourire. "Cela peut paraître anodin, mais pour elle cette sonnette tranquillise et apaise. On ne remet pas à plus tard quand quelqu'un nous appelle, on agit immédiatement", explique Anne de la Tour.

Outre la prise en charge de la douleur, l'écoute est fondamentale. "Ici, on peut parler des angoisses, de la mort, ce n'est pas tabou", atteste Dominique Cers. Pour elle, le "plus compliqué reste peut-être l'accompagnement des proches et leur chagrin." (...)

Le personnel médical ne connaît pas forcément la loi de 2016, dite loi Claeys-Leonetti. Parmi ses principales innovations, les directives anticipées contraignantes pour les médecins, ainsi que la "sédation profonde et continue, jusqu'au décès", qui permet de faire dormir un patient dont les souffrances ne peuvent plus être soulagées. "On l'utilise à bon escient et après une décision d'équipe", explique Dominique Cers. "C'est un outil parmi d'autres, qui n'est pas un miracle, renchérit Anne de la Tour. Cela reste exceptionnel, dans des situations exceptionnelles."

Face au nouveau débat autour de la fin de vie qui se profile dans le cadre des états généraux de la bioéthique, l'équipe ne cache pas sa lassitude. "On sort de quatre ans de débats et on ne nous laisse pas faire notre métier, qui est de soulager tous les patients", déplore la cheffe du service. La question de "mourir dans la dignité" (en référence à l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, qui réclame le droit à l'euthanasie) est un piège, selon elle.

"Aucun malade n'est indigne, s'emporte Anne de la Tour. C'est un discours de peur. On se projette et on a peur, c'est normal. Peur de perdre l'image que l'on s'est faite de nous-même, d'un être jamais malade, jamais dépendant... Mais lorsqu'on est bébé, on nous met des couches, on nous donne le biberon. La condition humaine fait qu'à un moment, on s'affaiblit. On refuse de se dire qu'on peut être dépendant de quelqu'un autre." Si elle reconnaît qu'il faut "faire des efforts" dans la prise en charge de la douleur des patients, elle redoute le "combat à venir" : "Si l'euthanasie devient 'la solution', qui voudra améliorer les soins palliatifs ?"


Mauvais signal LR sur la vie : Wauquiez promeut Léonetti

Unknown-3Laurent Wauquiez, président LR, a demandé à Jean Leonetti, auteur de la loi sur la fin de vie, de présider le conseil national LR. Guillaume Peltier, vice-président LR, a salué cette décision :

Contrairement à ce que déclare Guillaume Peltier, la loi Leonetti mécontente tout le monde : et les défenseurs de la vie et les partisans de l'euthanasie. 

Celle de 2005 légitimait une certaine forme d’euthanasie car l’alimentation était considérée comme un traitement. En changeant le statut de l’alimentation d’un malade, qui, de soin ordinaire s’est vue requalifiée en soin thérapeutique, la loi Leonetti permet son arrêt et donc une forme d’euthanasie passive. Les militants favorables à l’euthanasie s’en prennent à l’ambiguïté d’une loi acceptant une euthanasie passive alors qu’ils souhaitaient «une aide active à mourir».

La nouvelle loi sur la fin de vie, votée sous François Hollande, avec la complicité de Jean Leonetti, permet la sédation passive et terminale des malades. En effet, la « sédation profonde, continue jusqu’au décès » telle qu’énoncée dans l’article 3 de la loi Claeys/Léonetti provoque une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès. On va plus loin que soulager la douleur ou la souffrance.

Quant à la bioéthique, après avoir été contre la recherche destructrice d'embryons humains, Jean Leonetti s'y est déclarée favorable.


Beaucoup de soignants quittent la profession, écœurés des actes mortifères qu’on leur fait commettre

Odile Guinnepain, infirmière en soins palliatifs et responsable de l’antenne « Nos mains ne tueront pas », a bien voulu répondre aux questions du Rouge & le Noir. Extraits :

43_main_rs-8738e"Une délégation de professionnels de santé sera en tête de la marche pour la première fois cette année. Pourquoi ce choix ?

Tout simplement pour faire entendre la voix des soignants sur toutes ces problématiques liées à la vie parce qu’on oublie qu’elles les concernent directement. Qui pratique les IVG, les IMG, qui délivre les MCU (moyens de contraception d’urgence), qui administre les sédations terminales dont beaucoup sont euthanasiques, qui administre les traitements et pratique les actes pour la PMA, … ? Ce sont des professionnels de santé : médecins, sages-femmes, infirmières, pharmaciens, etc... Par la force des choses, tous ces actes nécessitent l’intervention de soignants. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils le font aisément ou dans une consciencieuse indifférence ! Nous n’avons pas choisi ce métier pour détruire la vie. Nous l’avons choisi pour la servir !

C’est la raison pour laquelle nous serons présents en délégation à la MPV ; afin de manifester notre refus de participer et de nous rendre responsables de tous ces actes, et indirectement, de leurs conséquences ; mais aussi pour demander une clause de conscience beaucoup plus libre. Beaucoup de soignants quittent la profession, écœurés des actes mortifères qu’on leur fait commettre.

Quels sont les enjeux pour les professionnels de santé de la révision de la loi de bioéthique qui s’ouvre actuellement ?

Ils sont nombreux car les projets actuels ne visent qu’à transgresser toujours la loi naturelle ou à continuer d’ouvrir les portes de la culture de mort. Par exemple, la PMA, qui, déjà et en soi, transgresse la conception d’un enfant dans la relation homme/femme, va s’ouvrir à des femmes vivant ensembles ou à des célibataires. Les professionnels vont donc se rendre complices de faire « engendrer » des enfants fabriqués et non conçus que l’on fera sciemment orphelins de père ! Oui, dès les premiers actes, soit les injections aux femmes, d’hormones stimulant la production d’ovocytes (prescrites par des médecins et pratiquées par des infirmières hospitalières ou libérales), les soignants se rendront complices de ces « fabrications » d’enfants moralement illicites. Auront-nous l’accès à l’objection de conscience dans la PMA pour toutes ?

Si l’aide médicale à mourir ou l’aide médicale au suicide sont légalisés, qui va injecter les produits létaux ? Ce sont les médecins qui vont les prescrires, ce sont les infirmières qui vont poser les seringues contenant les produits ou les injecter directement et ce sont les aides-soignantes qui poursuivront les soins de nursing et de confort en assistant aux agonies provoquées (pas forcément confortables !) des patients. Et ce sont les pharmaciens qui délivreront les produits létaux ! Comme pour la PMA mais aussi l’IVG, l’IMG etc.. à tous les niveaux de la chaîne, ces actes concernent éthiquement et en conscience tous les professionnels de santé : Sacré responsabilité morale !

Il en sera de même pour la congélation des ovocytes ou des spermatozoïdes effectués par des biologistes, de même pour la GPA qu’elle soit « médicale » ou pour permettre aux hommes vivant ensemble ou célibataires d’avoir des enfants. L’acte et la surveillance médicale des mères porteuses étant faite par des professionnels du soin. Et tant d’autres violations….

Comment jugez-vous la situation actuelle de la liberté de conscience du corps médical ?

Actuellement, sous certaines conditions, les médecins ont accès à l’objection de conscience dans 3 problématiques :

Actuellement, l’objection de conscience est accessible aux médecins pour trois types de situations :

Le refus de stérilisation : « Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer cet acte visée contraceptive mais il doit informer l’intéressé de son refus dès la première consultation. » (article L.2123-1 du code de la santé publique).

L’interruption volontaire de grossesse : « Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention selon les modalités prévues l’article L.2212-2.  » (article L.2212-8 du code de la santé publique)

« Un médecin ne peut pratiquer une interruption volontaire de grossesse que dans les cas et les conditions prévus par la loi ; il est toujours libre de s’y refuser et doit en informer l’intéressée dans les conditions et délais prévus par la loi. » (article R.4127-18 du code de la santé publique).

Cependant, La loi n°2001-588 du 4 juillet 2001 relative à l’IVG et la contraception a supprimé une disposition de l’ancien article L.2212-8 du code de la santé publique qui reconnaissait aux chefs de services des établissements de santé publics la possibilité de à s’opposer ce que des interruptions volontaires de grossesse soient réalisées dans leur service. Cela signifie donc que le chef de service a le droit de refuser de réaliser personnellement une interruption volontaire de grossesse mais il ne peut imposer ses propres convictions personnelles et professionnelles à l’ensemble de son service.

La recherche sur l’embryon : « (…) aucun médecin ou auxiliaire médical n’est tenu de participer quelque titre que ce soit aux recherches sur des embryons ou sur des cellules souches embryonnaires autorisées en application de l’article L.2151-5. » (article L.2151-7-1 du code de la santé publique) ;

Il est aussi important de préciser que ce n’est pas parce qu’un soignant ne pratique pas directement l’acte « grâce » à son objection de conscience qu’il en est complètement détaché. En effet, en âmont ou en aval, il administre les soins nécessaires aux femmes concernées. Ce n’est pas simple à vivre !

Pour ce qui est de la fin de vie, on assiste à des dérives sérieuses et bien plus fréquentes qu’on ne le croit, au sujet de la sédation à laquelle les soignants ne peuvent rien dire. En effet, la « sédation profonde, continue jusqu’au décès » telle qu’énoncée dans l’article 3 de la loi Claeys/Léonetti, n’est pas « officiellement » un acte euthanasique, donc portant atteinte à une vie humaine ; donc pas de clause de conscience possible dans ces cas-là. Ce souci touche en particulier les infirmières. En effet, les médecins étant prescipteurs et décideurs, ils ne sont pas « obligés » de prescrire une sédation qui, dans l’acte, serait désorsonnée. Par contre, lorsqu’elle est prescrite par un médecin à qui cela ne pose aucun problème de conscience, l’infirmière a obligation d’appliquer la prescription. Beaucoup d’infirmières vivent très mal ces situations et peinent réellement à se faire entendre sur les questions éthiques que posent ces actes et leur multiplicité. [...]"


Une proposition de loi sur l'euthanasie sera examinée le 1er février

Pion0517-1On me signale l'examen le 1er février d'une proposition de loi sur l'euthanasie, déposée par la France Insoumise. Le 1er février est en effet une journée réservée aux propositions du groupe FI. Il s'agit de la proposition de loi 

relative à l’euthanasie et au suicide assisté, pour une fin de vie digne

présentée par les députés Caroline FIAT, Alexis CORBIÈRE et Danièle OBONO.

A l'heure où le député LREM Jean-Louis Touraine s'apprête à publier une tribune militante pour inclure l'euthanasie dans le projet de loi sur la bioéthique, cette affaire est certainement un ballon d'essai du gouvernement pour évaluer les forces en présence et la capacité de réaction du mouvement pro-vie, voire pour faire passer cette mesure criminelle et l'évacuer du projet de loi sur la bioéthique.


Neuvaine de prière à Jérôme Lejeune pour Vincent Lambert

CaptureAprès celui du mois de juillet, voici un nouvel appel, pour sauver Vincent Lambert. 

Le 17 janvier est une date décisive pour Vincent. Vincent est en état pauci-relationnel et n’a pas de soins particuliers ni de traitements qui chercheraient à le maintenir en vie. Il est simplement nourri et hydraté par sonde. Or une quatrième procédure collégiale a été entamée par l’hôpital de Reims : le 17 janvier des médecins experts doivent se réunir. Une décision sera prise de poursuivre ou non l’alimentation et l’hydratation de Vincent. Or arrêter de le nourrir et de l’hydrater, vous le savez, reviendrait à le laisser mourir de faim et de soif. Ce serait d’autant plus terrible que Vincent montre qu’il a retrouvé le réflexe de la déglutition et qu’il peut être nourri par la bouche. Il suffirait qu’on le rééduque à la déglutition pour qu’il puisse à nouveau manger et boire sans sonde. Ses parents, qui le visitent quotidiennement demandent son transfert dans un établissement spécialisé. Plusieurs établissements français sont prêts à accueillir Vincent.

Commençons tous ensemble maintenant une belle neuvaine au Serviteur de Dieu Jérôme Lejeune, pour lui confier cette étape décisive pour Vincent. Prions jusqu’à la victoire complète, le transfert de Vincent et, si Dieu le veut, sa guérison !

Aude Dugast, Postulatrice de la Cause de Canonisation du Serviteur de Dieu Jérôme Lejeune rappelle que si vous souhaitez que la guérison de Vincent serve également à la béatification du Serviteur de Dieu Jérôme Lejeune, il faut prier exclusivement Jérôme Lejeune pour obtenir cette grâce, sinon nous ne saurions à quel ‘saint’ attribuer le miracle. A l’exception de la Sainte Vierge évidemment, le chapelet étant une arme redoutable !

Capture1


Jean-Louis Touraine va publier une tribune de désinformation pro-euthanasie

334768Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône et Vice-président de la commission des affaires sociales, fait actuellement tourner une tribune en faveur de l'euthanasie, intitulée "Pour une liberté républicaine : le choix de sa fin de vie", afin de la faire signer par un certain nombre de parlementaires, pour la publier la semaine prochaine, en vue d'influencer le débat sur la loi bioéthique. Nous nous la sommes procurée. Il y écrit :

"« On ne meurt pas bien en France ». Aujourd’hui, l’offre de soins palliatifs ne satisfait pas à la multiplicité des situations individuelles et des souffrances des personnes en fin de vie. Des souffrances accentuées par l’impossibilité pour chacun de « choisir sa fin de vie »."

Ce que ne précise pas la tribune : seulement 50des personnes nécessitant des soins palliatifs à l’hôpital en bénéficient intégralement. Les soins palliatifs mériteraient donc d'être développés. Or, depuis 2012, le budget dédié au plan national de développement des soins palliatifs s'est élevé à zéro (contre 230M€ le quinquennat précédent).

"Si quelques progrès ont été enregistrés, force est de constater que la loi Claeys-Leonetti n’a pas permis d’introduire d’innovations significatives. Il s’est essentiellement agi de transcrire dans la loi ce qui était déjà acquis par voie réglementaire. Le problème actuel est qu’il manque – et c’est crucial ! – une liberté, un droit au choix."

Ce que ne précise pas la tribune : Si certains veulent avoir le droit d'être tués, alors la loi doit obliger des médecins à tuer...Capture d’écran 2018-01-09 à 21.52.55

"Attendre une évaluation des textes législatifs antérieurs avant de créer un nouveau droit aux malades en fin de vie aurait-il dès lors un sens ? Non ! Quand une lacune est identifiée, elle doit être comblée sans délai. D’ailleurs, les Français apportent trois preuves de leur désir impatient de l’introduction de ce progrès humaniste.

Dans un très récent sondage, réalisé par IFOP pour La Croix et le Forum européen de bioéthique, 89% des Français considèrent important de légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté. Seules 11% des personnes interrogées se satisfont de la législation actuelle. En ce domaine, comme généralement dans les diverses questions de bioéthique, nos concitoyens sont plus avancés et plus en phase avec le progrès que certains responsables, qui apparaissent plus conservateurs ou frileux."

Ce que ne précise pas la tribune : s'appuyer sur ce sondage IFOP, dont on a déjà vu qu'il était biaisé, est un peu léger. En quoi les personnes interrogées seraient favorables à l'euthanasie ? Parce qu'on leur a proposé cette solution (finale) ou la mort dans d'horribles souffrances (comme dans ce sondage orienté de l'ADMD) ? Mais qui veut souffrir ? A-t-on demandé et expliqué aux Français ce que sont les soins palliatifs ? Les soins palliatifs sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale, visant à soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi à prendre en compte la souffrance psychologique, sociale ou spirituelle du patient et de ses proches.

"De nombreux Français en phase avancée d’une maladie incurable vont également chercher – et obtenir – la délivrance dans l’un ou l’autre des pays ayant déjà légiféré sur cette possibilité (Belgique, Suisse, Pays-Bas, Luxembourg, Canada, plusieurs Etats américains, etc.)"

Ce que ne précise pas la tribune : au sein des Etats ayant légalisé l'euthanasie, on constate une dérive systématique :

  • En Belgique, on a désormais l'"interruption volontaire de vie sans demande du patient". La Commission de contrôle n’a, après délibération, rien trouvé à redire.
  • Des euthanasies sont pratiquées de plus en plus en cas de souffrances psychiques difficiles à mesurer, liées à la dépression, à Alzheimer... et non pas à la fin de vie.
  • L'euthanasie des enfants se répand : aux Pays-Bas à partir de 12 ans (loi 2001), en Belgique sans limite d’âge (loi mars 2014)
  • Le parlement hollandais subit maintenant des pressions pour élargir l’accès à l’euthanasie aux personnes invoquant la « fatigue de vivre ».

"Un malade en fin de vie, dans une « impasse thérapeutique », peut obtenir une aide active à mourir dans les hôpitaux français. Il faut pour cela connaître un médecin compatissant et courageux, ce qui crée des inégalités entre nos concitoyens. D’après l’INED, entre 2000 et 4000 personnes en phase terminale reçoivent cette aide chaque année dans notre pays. Reconnaissons que ces fins de vie organisées en catimini, du fait de l’absence d’encadrement légal, exposent à toutes les dérives, telles que des décisions par une équipe soignante sans sollicitation de l’avis du malade. A l’opposé, des malades implorent ce soulagement mais ne sont pas entendus. Il est des personnes qui, en raison de convictions personnelles, refusent pour elles-mêmes tout recours à l’aide à mourir. Cela est très respectable. Comme aussi doit être respectée la « clause de conscience » de certains médecins désirant se soustraire à cette activité, laissant ainsi un de leurs confrères opérer à leur place. Pour d’autres personnes et d’autres professionnels soignants, le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin s’imposent. Ce choix est tout autant respectable et l’exercice de ce droit n’enlève rien à personne. C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui. Il n’est plus raisonnable d’attendre davantage, d’observer sans réagir les souffrances physiques et psychiques de nombre de ces Français, de compter les affaires judiciaires qui se multiplient mais n’aboutissent à rien, car on ne peut pas condamner la compassion et la solidarité. Anne Bert clame : « Il me reste une ultime liberté : celle de choisir la façon dont je vais mourir ». Elle a raison ! Elle a également raison d’affirmer que sa « liberté ne s’arrête pas à la porte de l’hôpital ». Elle, comme les autres malades qui lui ressemblent, réclame la correction urgente de la loi française, perçue comme incomplète et non satisfaisante, voire liberticide et inégalitaire. Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l’impasse thérapeutique."

6a00d83451619c69e201bb091617bd970d-500wiCe que ne précise pas la tribune : Le respect de la personne, de son choix libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, est un pieux mensonge, comme nous l'avons vu plus haut. Jean-Luc Roméro, président de l'ADMD, l'avait avoué à propos du Pacs, qui ne devait pas aboutir à la dénaturation du mariage, qui ne devait pas aboutir à la fabrication d'enfants pour les LGBT, par PMA ni par GPA... Ces gens passent leur temps à mentir pour arriver à leurs fins. Outre les dérives que nous avons cité plus haut, on constate également dans les Etats qui ont légalisé l'euthanasie, que la liberté des patients et des médecins s'amenuise :

  • Au Canada, une infirmière a été contrainte à la démission dans l’Ontario pour la simple raison qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie, devenue légale dans le pays l’an dernier.
  • Des assurances santé dans l’Etat du Nevada, où le suicide assisté est légal, ont récemment refusé des traitements onéreux et nécessaires à la survie de leurs clients, proposant de les aider plutôt à mettre fin à leurs jours.

"Il en va aujourd’hui de cette question comme il en allait de l’IVG au début des années 1970 : des femmes y recouraient en sollicitant les services de la Suisse ou de la Grande-Bretagne, tandis que d’autres trouvaient des médecins complaisants en France. Malheureusement, celles qui n’avaient pas accès à ces solutions étaient contraintes de faire appel à des « faiseuses d’anges » et s’exposaient alors à des risques considérables. Les décès de jeunes femmes se comptaient par centaines. Il était temps, en 1975, de sortir de l’hypocrisie des avortements clandestins et d’offrir aux femmes la possibilité de disposer librement de leur corps. De même, il est temps maintenant de sortir de l’hypocrisie qui prive certains d’une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible. Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin."

Ce que ne précise pas la tribune : le rapprochement avec l'avortement est intéressant, au regard de ce que la tribune dit plus haut sur la liberté des médecins et le choix éclairé des patients. L'avortement est aujourd'hui un tabou qui ne peut plus être discuté dans notre société. Les infirmières ne peuvent pas s'y opposer, elles n'ont pas de clause de conscience et les femmes en détresse sont bien souvent poussées à avorter. Comment croire qu'une personne en détresse, par définition en situation de fragilité, pourra poser un acte libre et éclairé, soumis à nulle contrainte ? Elle sera bien au contraire soumise aux désirs de son entourage et/ou du corps médical...

Par ailleurs ce rapprochement avec l'avortement permet de considérer que les gardes-fous évoqués sur l'euthanasie sont des foutaises. L'avortement, légalisé pour des cas extrêmes, des femmes violées, etc., représente aujourd'hui un enfant sur 5. Plus de 200 000 bébés sont avortés chaque année, tous les gardes-fous sont tombés les uns après les autres et ce sont les opposants à l'avortement qui sont poursuivis devant les tribunaux. En effectuant ce rapprochement, le député Touraine indique donc que, comme l'avortement, l'euthanasie deviendra massive.

"C’est pourquoi, nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018."

Ce que ne précise pas la tribune : le 29 novembre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a chargé Jean-Louis Touraine d’une mission sur le prélèvement d’organes. Il devra « comprendre pourquoi le taux de refus varie selon les régions » et identifier les « circonstances dans lesquelles se produisent ces refus ». Les refus sont de 43 % en Ile-de-France contre 22 % dans les Pays de la Loire. Depuis le 1er janvier 2017 la possibilité pour la famille d’un défunt de s’opposer à un prélèvement d’organes a été considérablement réduite. Or 60% des refus venaient de la famille. Jean-Louis Touraine (franc-maçon militant de la culture de mort, qui vient de déposer une nouvelle proposition de loi d’euthanasie), est professeur de médecine au département de transplantation de l'université Claude-Bernard de Lyon, et président de l’association France Transplant… De là à voir un lien entre euthanasie forcée et prélèvement d'organes...


"Interruption volontaire de vie, sans demande du patient"

Capture d’écran 2018-01-07 à 16.59.28Il me semble qu'il y a un mot beaucoup plus simple et moins euphémisant, hypocrite et orwellien pour dire "interruption volontaire de vie sans demande du patient"...

Mais non, en Belgique, Jacqueline Herremans, membre de la commission fédérale euthanasie et avocate, explique, suite à la démission d'un médecin qui refusait l'assassinat d'une personne âgée:

"Ce médecin me paraissait être un homme qui avait le souci du bien-être de la patiente. Il a sans doute été un peu dépassé par la situation. Jamais nous n’avons reçu une telle déclaration à la commission. Lorsque nous nous sommes interrogés sur la qualification à donner à cet acte, nous ne l’avons pas qualifié d’euthanasie mais bien d’interruption volontaire de vie, sans demande du patient"

Seul ce cas a fait débat. Mais chaque année, près de 2000 euthanasies ont lieu en Belgique. Légalement.


Le Conseil d'Etat valide l'arrêt des soins d'Inès, 14 ans

Contre l'avis des parents :

Capture d’écran 2018-01-05 à 17.14.22"Par une décision du 21 juillet 2017, le médecin responsable du service d’anesthésie-réanimation pédiatrique du CHRU de Nancy a décidé, après avoir mis en œuvre la procédure collégiale prévue par la loi du 2 février 2016 dite Claeys-Léonetti, l’arrêt des traitements de suppléance des fonctions vitales administrés à une enfant en raison du caractère végétatif dans lequel elle se trouve et de l’absence de possibilité d’amélioration de son état de santé ou de guérison.

Contestant cette décision au nom notamment du droit au respect de la vie, les parents de l’enfant ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nancy de suspendre cette décision. Au vu des résultats de l’expertise médicale qu’il avait ordonnée préalablement à sa décision, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy, statuant en formation collégiale de trois juges, a rejeté la demande des parents. Les parents ont alors fait appel de cette ordonnance devant le Conseil d’État.

Par la décision de ce jour, le juge des référés du Conseil d’État, statuant également en formation collégiale de trois juges, a estimé que la décision médicale du 21 juillet 2017 répond aux exigences prévues par la loi et il a en conséquence rejeté l’appel des parents contre l’ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Nancy. Il appartient donc désormais au médecin en charge de l’enfant d’apprécier si et dans quel délai la décision d’arrêt de traitement doit être exécutée." 


Inès, en sursis jusqu'au 5 janvier

Unknown-17Le Conseil d’Etat doit décider du sort d’Inès, une adolescente de 14 ans plongée dans le coma depuis 6 mois à l’hôpital des enfants de Nancy. Le tribunal administratif de Nancy avait donné son feu vert à l’arrêt des soins début décembre. Et cela sur la base d’un rapport d’experts estimant que la jeune fille est dans « un état végétatif persistant » et qu’elle « n’a pas et n’aura plus jamais la capacité d’établir le moindre contact » avec son entourage. Mais ses parents refusent l’euthanasie de leur fille et ont fait appel. Leur avocat indique :

« C’est la grande question que pose ce dossier : la justice peut-elle passer outre la volonté des parents alors qu’ils sont les représentants légaux de leurs enfants mineurs ? Pour moi, ce n’est pas possible. Sauf à saisir un juge des enfants pour qu’il leur retire l’autorité parentale ».

Du côté de l’hôpital, Me Bertrand Marrion invoque « l’intérêt de l’enfant » et la loi qui prohibe l’acharnement thérapeutique. Le Conseil d’Etat rendra sa décision le 5 janvier.

L'Acervie (Association des Chrétiens Protestants et Évangéliques pour le Respect de la Vie) prend la défense de la jeune fille :

"Les Chrétiens Protestants et Évangéliques s’inquiètent de la décision prise à l’hôpital de Nancy de faire mourir Inès en lui supprimant la ventilation. La Loi Claeys-Léonetti de 2016, déjà bien orientée vers l’euthanasie, subit ici une de ses premières transgressions, puisque le refus de l’arrêt des soins par la patiente, ici représentée par ses parents, est tenu pour négligeable.

Les médecins, jadis gardiens inconditionnels de la vie, deviennent de plus en plus des gestionnaires de sa durée. Les Chrétiens Protestants et Èvangéliques, tout en étant convaincus que c’est d’abord le Seigneur qui guérit, et que les médecins ne sont que les instruments, élèvent leurs intercessions pour que ces professionnels continuent à prodiguer leurs soins à Inès, comme c’est leur devoir et leur raison d’être. Sur le plan républicain, et en tant que citoyens, nous nous attendons à ce que le Conseil d'Etat fasse droit à l'attente de la famille."


Démission au sein de la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie en Belgique

Lu ici :

Unknown-15"Une patiente atteinte de démence et de Parkinson a été euthanasiée sur simple demande de sa famille, sans que la personne n’en ait jamais fait la demande elle-même, et n’ait été entendue sur la question. De plus, il appert que le second médecin à consulter n’a en réalité donné son avis médical qu’une fois le décès intervenu. Ces lourdes atteintes aux conditions posées par la loi euthanasie ont amené le médecin impliqué devant la Commission fédérale de contrôle de l’euthanasie (CFCEE). Une majorité des membres de la Commission ont confirmé qu’il s’agissait là d’une double violation manifeste de la loi. Et pourtant la Commission n’a, après délibération, pas transféré  le dossier au Ministère Public.

En effet, à l’issue d’un débat houleux, la majorité de deux-tiers des membres, nécessaire au transfert d’un cas vers la justice, n’a pu, de justesse, être atteinte. Les 6 membres (sur 16) qui n'ont pas souhaité transférer ce dossier à la justice, ne l’ont pas fait par conviction du respect de la loi dans le cas d’espèce, mais bien, semble-t-il, par volonté politique de défendre l’euthanasie dans n’importe quelle circonstance, y compris dans les cas de démence profonde, et par crainte qu’un renvoi en justice freinerait encore plus la pratique de l’euthanasie en Wallonie.

Un médecin spécialiste et membre de la CFCEE, pourtant pro-euthanasie, a posé sa démission, dégoûté par la tournure des événements : « Cette Commission ne remplit pas son rôle. Elle se prend pour un juge. Elle n’élargit pas l’application de la loi euthanasie, elle la viole ». Ici, l’autonomie du patient, souvent avancée pour défendre une application libérale de la loi, n’a même pas été respectée.

Wim Distelmans, Président de la CFCEE, riposte qu’il ne pouvait s’agir en l’espèce d’un cas d’euthanasie, puisque le consentement du patient n’avait pas été demandé. Malgré les déclarations du médecin, il s’agirait plutôt « d’une sédation terminale décidée par nécessité », acte pour lequel le consentement du patient n’est pas requis. « Si le médecin n’avait pas enregistré sa déclaration, (comme tous les autres médecins), la Commission n’en aurait simplement rien su. », affirme le Président de la Commission euthanasie...

En tout état de cause, la CFCEE, en avalisant un cas reconnu « d’abus de la loi » par la majorité de ses membres, a montré combien un petit noyau dur pro-euthanasie, manoeuvrait les décisions prises par l'organe de contrôle. C’est déjà ce qui venait d’être critiqué par nombre de praticiens et par une partie du Comité Consultatif de Bioéthique (CCBB) dans son tout dernier Avis (Avis n°73, p.74).

Selon Willems Lemmens, professeur de philosophie à l’Université d’Anvers et membre du CCBB, cette affaire confirme la « sacralisation malsaine » de l’euthanasie dans notre société. Ni les médecins, ni la famille de la personne décédée n’ont considéré leur comportement comme répréhensible, et la Commission leur a donné raison, en dépit des conditions légales violées. Certains diront sans doute que ce n’est qu’un « petit abus », un effet secondaire d’une loi que nous sommes socialement priés de considérer comme une « succes story éthique et médicale ». (Article paru dans De Standaard)

Cette affaire n’est que la « pointe de l’iceberg » affirme Willem Lemmens. En 2015, seuls 73 % des euthanasies en Flandre ont été déclarées à la Commission de contrôle, et 58 % en Wallonie. Qu’est-il arrivé dans les autres cas ? interroge-t-il, et quid de toutes les formes camouflées d’euthanasies ?

Mais il y a pire. De plus en plus de médecins témoignent de la pression morale qu’ils ressentent. Puisque l’euthanasie est de plus en plus perçue par la population comme un droit sur sa mort et sur celle de ses proches, c’est leur liberté thérapeutique et de conscience à eux, les praticiens, qui est mise sous pression. 

Lemmens qualifie le lobby d’une « petite minorité de médecins fanatiques », présente au sein de la CFCEE, de « prise d’otage du monde médical »."


La Cour de cassation rejette les demandes des parents de Vincent Lambert

Unknown-7Un arrêt du 13 décembre de la Cour de cassation a annulé l’arrêt de la Cour d’appel de Reims, qui statuait sur le transfert de Vincent Lambert vers un autre établissement. Alors que l’épouse de Vincent Lambert est la tutrice par la justice depuis 2016, alors qu'elle souhaite l'euthanasier, la Cour d’appel de Reims avait estimé en mars « que les parents pouvaient demander un transfert vers un autre établissement […] même s’ils n’ont pas le statut de tuteur », mais elle avait cependant conclu au rejet de « cette demande en ne s’estimant pas compétente ».

Pour le juge de cassation a estimé qu' « en raison de l'état de santé de Vincent Lambert, un transfert vers un autre établissement constitue un acte grave » et que seul son tuteur, c’est-à-dire son épouse, « est recevable à présenter une telle requête devant la justice ».

Les parents du patient qui demandaient de surcroît « l’annulation de la règlementation des visites par le juge des tutelles » ont été de même déboutés par la Cour « dans ce même arrêt », au motif des« conflits entre les membres de la famille et les nécessités du service de soins ».


La machine à suicide

On n'arrête pas le "progrès" :

Ob_e0d732_sarco-capsule"L'inventeur de la Sarco Capsule en est convaincu : choisir sa mort est un progrès humain qu'il faut soutenir. Surnommé "Dr. Death", Philip Nitschke a fait imprimer en 3D un engin dans lequel s'installer si l'on veut mettre fin à ses jours.

L'appareil diffuse un flux d'azote contenu qui, au bout de 60 secondes rapporte The Next Web, donne à son occupant le même tournis que celui que l'on peut ressentir après quelques verres d'alcool. Au bout de quelques minutes, on perd conscience progressivement à cause du manque d'oxygène. Et dans les cinq minutes, on meurt sans souffrance, pour ensuite ne plus jamais quitter la structure prévue en forme de sarcophage, qu'il est possible de détacher de la machine.

Dans l'État de Victoria, en Australie, l'euthanasie a été légalisée et sera applicable dès 2019. C'est là que Philip Nitschke vit et a fabriqué la Sarco Capsule. Le président de la fondation Exit International prévoit également de partager les plans open source afin de permettre la reproduction de la machine partout dans le monde. Selon l'ancien militaire, la machine permet de changer d'avis à tout moment. Elle offre aussi la possibilité de choisir de mourir dans le noir complet ou avec vue sur l'extérieur. Philip Nitschke lui-même envisage un jour de passer l'arme à gauche en regardant le soleil se coucher sur le désert australien.

Pour l'heure, l'étonnante machine est mise à disposition des personnes dépressives et atteintes d'une maladie mentale, à condition qu'elles passent une évaluation permettant de vérifier qu'elles sont bien conscientes de la nature de leur décision et de son caractère irréversible [sic]."


Il est désormais permis de tuer sa femme si elle le demande

La Cour de cassation a confirmé la relaxe de Jean Mercier, octogénaire poursuivi pour "non-assistance à personne en péril" après avoir tué sa femme, qui lui avait demandé "d'apporter des médicaments" et de la morphine, et de l'aider à les décapsuler. Il avait attendu alors son dernier souffle et appelé un médecin.

Condamné en première instance en 2015 à un an de prison avec sursis, il avait été relaxé par la cour d'appel de Lyon en novembre 2016.

Sa femme était adhérente à l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) et c'est un avocat de ce mouvement qui défend Jean Mercier.

La même association va pouvoir brandir ce jugement pour dénoncer l'hypocrisie de la loi actuelle et demander la légalisation de l'euthanasie. CQFD.


Québec : silence on tue dans les hôpitaux

Le 10 décembre 2015, l’euthanasie a été légalisée au Québec. La loi prévoyait « des balises de sécurité pour empêcher les abus » et des « critères "très stricts" »...

Le Québec a évoqué la première année « une centaine de demandes », alors qu’en réalité « 469 personnes sont mortes par euthanasie en 2015-2016 ».

L’année suivante, 638 sont décédées.

Les "balises de protection" sont inopérantes puisque le même médecin suit toutes les phases du processus.

La Commission sur les soins de fin de vie avait repéré « 21 cas d'abus durant la première année, puis 31 nouveaux cas d'abus l'année suivante ». Cependant, le Collège des médecins a jugé qu’« aucun [de ces] cas ne justifie de mesure punitive »...

Dans ce contexte, cette mesure d'exception pourrait devenir une solution à promouvoir...Aucun suivi effectif sur l'accès aux soins palliatifs n’a été fait ces deux dernières années. Et au lieu de chercher à remédier à cette défaillance, le gouvernement du Québec préconise plutôt d'étudier les refus d'euthanasie ! 


Sédation profonde et continue jusqu’au décès : le Conseil d’Etat rejette la requête de deux associations

Lu sur Gènéthique :

"Saisi par l’union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) et le groupe polyhandicap France (GPF) au sujet du cadre règlementaire de la sédation profonde et continue jusqu’au décès prévu par la loi Claeys-Leonetti, le Conseil d’Etat a rejeté la requête, validant ainsi les dispositions du code de déontologie médicale dans ce domaine.

Comme le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat refuse l’ « annulation du décret modifiant le code de déontologie médicale relatif aux procédures collégiales et au recours à la sédation profonde et continue » concernant les personnes hors d’état d’exprimer leur volonté.

Pour le Conseil d’Etat, « la procédure collégiale (…) ne contredit pas la loi Claeys-Leonetti » car « en confiant au seul médecin en charge du patient la responsabilité de prendre la décision de limitation ou d’arrêt des traitements à l’issue d’une procédure collégiale, le décret attaqué se borne à expliciter les dispositions législatives pour l’application desquelles il est pris, sans en modifier le sens ou la portée ». Pour les personnes hors d’état d’exprimer leur volonté, « le médecin ne peut mettre en œuvre une décision d’arrêter ou de limiter un traitement avant que les personnes qu’il a consultées et qui pourraient vouloir saisir la juridiction compétente d’un tel recours n’aient pu le faire et obtenir une décision de sa part », assure par ailleurs le Conseil d’Etat."


Prélèvement d'organe, euthanasie, trafic d'organes...

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

T"Le 29 novembre, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a chargé Jean-Louis Touraine d’une mission sur le prélèvement d’organes. Il devra « comprendre pourquoi le taux de refus varie selon les régions » et identifier les « circonstances dans lesquelles se produisent ces refus ». Les refus sont de 43 % en Ile-de-France contre 22 % dans les Pays de la Loire. Depuis le 1er janvier 2017 la possibilité pour la famille d’un défunt de s’opposer à un prélèvement d’organes a été considérablement réduite. Or 60% des refus venaient de la famille. On croyait donc avoir réglé la question. Mais ça n’a rien changé. Il y a toujours autant de refus… Alors on va s’attaquer aux disparités régionales, et les « corriger »…

Jean-Louis Touraine (franc-maçon militant de la culture de mort, il vient de déposer une nouvelle proposition de loi d’euthanasie), est professeur de médecine au département de transplantation de l'université Claude-Bernard de Lyon, et président de l’association France Transplant…"


Même loin du parlement, Jacques Bompard continue son combat pour la vie

L'ancien parlementaire, maire d'Orange et médecin a répondu à l'invitation de l'association Choisir la Vie dans le cadre d'une journée de formation du personnel soignant confronté à la question de l'euthanasie et de la sédation terminale.


Le nouveau médecin se désintéresse des attestations des neuf spécialistes concernant la rééducation possible de Vincent Lambert

Maître Jérôme Triomphe est interrogé par Anne Le Pape dans Présent, à propos de la nouvelle procédure collégiale à l'encontre de Vincent Lambert. Extrait :

V"[...] contrairement à ce que pensent la majorité des gens, y compris parmi les mieux intentionnés, Vincent Lambert n’est branché à aucune machine, il a seulement besoin qu’on s’occupe de lui et qu’on lui donne à manger et à boire, par le biais d’une sonde gastrique. C’est tout ! Et il n’est pas le « légume » qu’on décrit complaisamment. Il se réveille le matin, s’endort le soir, vous suit des yeux, réagit parfois aux stimuli de son environnement.

Rappelons que Vincent, juste après son accident, a perdu le réflexe de déglutition. La nouveauté est que, depuis quelques mois, il l’a retrouvé en partie, à telle enseigne que sa mère a pu lui donner à manger, qu’il a dégluti sans aucune difficulté. Nous avons soumis la vidéo qui en a été tournée à neuf médecins et orthophonistes spécialistes qui prennent en charge des patients comme Vincent Lambert toute la journée, contrairement aux médecins du CHU de Reims qui sont gériatres (Vincent a 41 ans !), généralistes ou spécialistes de soins palliatifs. Or, ces spécialistes ont été révoltés en voyant cette vidéo et en apprenant qu’on lui avait supprimé la kiné depuis octobre 2012 et qu’il n’était pas mis en fauteuil. Ils ont attesté qu’il n’était pas « dans un état végétatif », mais dans un état pauci-relationnel (avec un minimum de conscience), et qu’il pouvait être rééduqué à remanger par la bouche. On ne pourrait donc plus alors prétexter qu’il ne peut être alimenté par voie naturelle… et appeler cela un traitement, pour le tuer ! Car c’est le prétexte.

Quelle est la nouveauté concernant Vincent Lambert ?

Nous en sommes à la quatrième procédure collégiale, engagée le 22 septembre, réclamée par le demi-neveu François Lambert, avec le nouveau médecin. Nous avons fait un référé de suspension, principalement parce que nous avons une procédure de transfert en cours et que, avant de savoir si un patient doit mourir, il faut savoir dans quel service il doit aller ! Le référé a été rejeté. La procédure collégiale se déroule donc, le médecin entend les parents, le frère et la sœur que nous représentons, lundi et mardi de cette semaine, mais il refuse de voir la vidéo dont je vous ai parlé, et montre son désintérêt pour les attestations des neuf spécialistes concernant la rééducation possible de Vincent pour être nourri naturellement. Attitude manifeste de non-assistance à personne en péril : le fait de ne pas le rééduquer met Vincent à la merci d’une procédure collégiale et d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation avec sédation automatique. [...]"


Avant une loi sur l'euthanasie, le ministre demande un rapport sur la loi Claeys-Leonetti de 2016

Hier lors des questions au gouvernement, Olivier Falorni a demandé l'instauration de l'euthanasie en faisant le rapprochement avec l'avortement :

605694"Madame la ministre des solidarités et de la santé, ici même, il y a quarante-trois ans jour pour jour, était enfin accordé aux femmes le droit de disposer de leur corps ; mais le droit de disposer de leur mort reste encore, aujourd’hui, refusé aux Français. Allons-nous encore accepter longtemps cette logique hypocrite du laisser mourir qui reste inscrite dans la loi et qui prolonge inutilement des souffrances insupportables ? Est-il tolérable que certains Français, ceux qui en ont les moyens physiques et financiers, soient obligés de s’exiler pour bénéficier de l’aide médicalisée au décès, comme autrefois les femmes devaient partir à l’étranger pour pouvoir avorter ? Est-il acceptable, dans notre pays, de devoir s’en remettre à la clandestinité, comme autrefois les femmes devaient s’en remettre au secret des faiseuses d’anges ? Madame la ministre, je vous le demande très respectueusement, ne me répondez pas qu’il faut attendre un large consensus : s’il avait fallu attendre un large consensus, Simone Veil n’aurait jamais fait voter sa loi sur l’interruption volontaire de grossesse.

Elle, la rescapée d’Auschwitz, qui se fit accuser dans cet hémicycle de jeter les embryons au four crématoire ! Ne me répondez pas non plus, madame la ministre, que la loi actuelle suffit, car la sédation profonde entraîne l’arrêt de l’alimentation comme de l’hydratation. Alors où est le progrès, où est la dignité quand une fin de vie devient une mort de faim et de soif ? En 2015, vous aviez personnellement soutenu la loi belge, qui est une belle et bonne loi appliquée depuis maintenant quinze ans. Il faut à la France une loi de cette qualité. Pour cela, il faut du courage. Ma question sera donc directe : madame la ministre, aurez-vous le courage de Simone Veil ?"

Réponse du ministre des solidarités et de la santé :

Unknown-29"[...] Avant d’envisager un nouveau débat sur la fin de vie, la loi actuelle doit à son tour faire l’objet d’une évaluation concernant ses modalités de mise en œuvre dans nos établissements ainsi que son déploiement. J’ai ainsi demandé à l’inspection générale des affaires sociales, l’IGAS, un rapport qui permettra de faire un point d’étape sur la loi Claeys-Leonetti de 2016 ; il devrait m’être remis d’ici le printemps 2018. À ce jour, le Gouvernement n’envisage pas de réforme ni de calendrier spécifique concernant la fin de vie. Vous le savez, il s’agit d’un sujet éminemment compliqué ; nous ne pourrons légiférer que sur la base d’une évaluation des dispositifs mis en place par une loi qui ne date que de dix-huit mois et dont les décrets d’application ont été pris il y a moins d’un an."

 

Vincent Lambert et Asia Bibi, même combat

Selon Guillaume d'Alançon :

"« Tu ne tueras pas l'innocent ». Cette sentence du livre de l'Exode (23, 8), tombe comme un couperet. Tuer la vie innocente c’est se donner la mort à soi-même, spirituellement. C'est sombrer dans le bruit et les cris des démons qui ne supportent pas la paix des profondeurs du cœur humain où Dieu réside.

Le silence de Vincent Lambert est un mystère. Comme le silence du Christ qui choisit de ne pas répondre au doigt accusateur de Pilate. Comme le silence de la prière qui révèle les regards amoureux que s’échangent l’homme et Dieu.

Il a l’air absent, mais il est là, si près.

La nuit de Vincent éclaire notre conscience comme dix mille soleils.

Et nous, connaissons-nous cet homme ? Nos mains tremperont-t-elles pas dans le sang invisible qui signe le retour sinistre de la veuve injuste ?

Non, la Terreur n’est pas loin. La guillotine est installée sur la place de la ville.

Et nous, rejoindrons-nous le cortège des badauds qui n’entendent plus, ne voient plus, ne reconnaissent plus l’homme derrière… l’homme ?

Serons-nous du côté de l’évêque qui condamna Jeanne, de ceux qui laissèrent faire et dire ?

Dans son mutisme, Vincent parle. Il crie même. « J’ai soif ! » Sitio. Comme le Crucifié.

Le pas de Dieu martèle le pavé. « Adam où es-tu ? » Vincent est bien là, lui.

Serons-nous du côté des bien-pensants, qui osaient dire devant Monsieur Vincent, magnifiquement interprété par Pierre Fresnay, « Dieu ne peut pas l’aimer »… ? Ils s’entendirent répondre sur le ton de la colère : « Je ne vous permets pas d’en juger ! Je sais moi que Dieu me demande de sauver cet enfant innocent. »

Allongé, sur son lit, comme un tout-petit qui attend l’aliment secourable, le pauvre bougre n’a que nos mains et nos yeux. « Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. » (Is 53, 3)

Et nous, aurons-nous son cœur pour aimer ? Habiterons-nous son silence pour rejoindre la Parole éternelle qui prêche en souffrant ? Mais alors que faire…

Ce n’est pas le glas qu’il faut sonner, c’est le tocsin !"


Nouvelle procédure pour faire mourir Vincent Lambert

Le médecin de Vincent Lambert a lancé une quatrième procédure collégiale mi-novembre. L’avocat de ses parents, Me Paillot, dénonce dans Famille chrétienne un acharnement :

V"Une quatrième procédure collégiale vient d’être engagée par le Dr Sanchez, médecin gériatre responsable du pôle soins palliatifs du CHU de Reims où Vincent Lambert se trouve reclus depuis 2013, en dépit du bon sens et des bonnes pratiques médicales applicables aux personnes en état pauci-relationnel ou d’éveil sans réponse. Il n’a rien à faire dans un service de soins palliatifs et devrait être pris en charge par des personnels spécialisés dans l’accompagnement des personnes cérébrolésées. Ce n’est malheureusement pas le cas, ce qui explique en partie l’acharnement qu’il y a aujourd’hui à vouloir le faire mourir.

La demande de procédure collégiale a été formée par le demi-neveu de Vincent, François Lambert. Le médecin aurait pu refuser cette demande, arguant qu’il n’y a, selon lui, pas d’obstination déraisonnable. Il a préféré, pour des motifs qui lui appartiennent et que nous ne connaissons pas, engager cette nouvelle procédure.

Cette procédure est-elle différente des précédentes ?

Cette procédure n’est pas différente des trois premières. Elle se situe toutefois dans un contexte particulier, puisqu’une procédure est en cours pour obtenir le transfert de Vincent dans une unité spécialisée. Elle apparaît donc à tout le moins comme prématurée. Je pense qu’après trois procédures collégiales successives réalisées au CHU de Reims, il y a comme une forme d’acharnement suspect. Perseverare diabolicum, dit le proverbe, avec bon sens. [...]

L’affaire Vincent Lambert est en réalité une affaire politique. Ce n’est plus seulement, et depuis longtemps, un problème simplement médical."