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Plus de 200 crèches exposées à Melay (71)

Affiche-2017Lu ici :

"Comme chaque année depuis plus de quinze ans, la commune de Melay ouvre ses portes et en particulier son Espace du Pressoir à l’imagerie des crèches de Noël. Pour cette 17e  édition, le thème retenu est « crèches et santons de nos provinces », pour un voyage aux quatre coins de la France. En plus de l’exposition qui présentera plus de 200 scènes de la Nativité différentes, les visiteurs pourront admirer le parcours illuminé à travers le village (mettant en scène plusieurs décors évoquant typiquement Noël), s’émerveiller d’une réalisation locale avec automates dans une esthétique folklorique alsacienne, et s’arrêter devant la crèche géante animée des Baux de Provence."


La Russie se prépare à l'idée d'affronter une Europe devenue musulmane au-delà de 2050


RussieC'est en substance une des vérités dérangeantes énoncées par les invités russes des Assises nationales de la recherche stratégiques, qui ont eu lieu ce 30 novembre à l'École Militaire.

Organisé par le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique ce colloque avait pour thème les menaces "hybrides", c'est-à-dire en novlangue militaire, celles représentées par la stratégie d'acteurs, étatiques ou non, recourant à l'ensemble des leviers d'action à leur disposition, et pas seulement à l'emploi de la force, ou à la menace de celui-ci, pour arriver à leurs fins. Un peu ce que font les États-Unis sur l'ensemble du globe depuis la fin de la 2ème guerre mondiale...

Parmi les invités, plusieurs russes dont des généraux et un ancien ministre de l'Intérieur, ainsi que des commentateurs de l'actualité (leur identité figure au lien ci-dessus). Ils n'y sont pas allés par quatre chemins pour décrire la décadence française et européenne, évoquant sans détour l'invasion migratoire extra-européenne, l'abandon des valeurs traditionnelles, et les évolutions sociétales mortifères. Leur propos a suscité de fortes réactions d'un public habituellement policé, divisé entre applaudissements nourris et sifflets soutenus.

Saluons une fois n'est pas coutume Alain Bauer, co-organisateur de cette journée, qui a su ramener le calme en soulignant l'intérêt qu'il y a à écouter des voix discordantes. Un souci de pluralité qui l'honore.

Surtout, guettons avec impatience la parution des actes de ces assises!


La mairie FN d'Hénin-Beaumont lance un concours de la plus belle crèche de Noël

Pour protester contre la décision de justice interdisant l'installation d'une crèche de Noël dans le hall de l'Hôtel de ville d'Hénin-Beaumont, le maire FN Steeve Briois a décidé de mettre Jésus en première page du journal municipal et de lancer un concours :

Capture d’écran 2017-12-01 à 07.20.47Le maire explique :

Capture d’écran 2017-12-01 à 07.21.16 Capture d’écran 2017-12-01 à 07.22.34


L'ancien maire de Ploërmel répond au Conseil d'Etat : non, l'installation ne découle pas de 2 décisions

Unknown-32Le 9 novembre, Jean-Marc Sauvé, Vice-président du Conseil d’État, déclarait dans un entretien à La Croix :

"Le Conseil d’État a constaté que l’installation contestée découlait de deux décisions distinctes : d’une part, celle de l’artiste de léguer sa statue à la commune ; d’autre part, celle du maire de la faire surmonter d’une arche et d’une croix. Il est difficile de soutenir que ces dernières font partie de l’œuvre d’art. Or, la croix ne peut pas ne pas être regardée comme un signe religieux. Ce serait faire offense au culte catholique que de ne pas le reconnaître.

Droit de réponse de Paul Anselin, ancien maire de Ploërmel, dans La Croix :

Unknown-31"Monsieur Jean-Marc Sauvé affirme que « le Conseil d’Etat a constaté que l’installation contestée découlait de deux décisions distinctes : d’une part celle de l’artiste de léguer sa statue à la commune ; d’autre part celle du maire de la faire surmonter d’une arche et d’une croix. Il est difficile de soutenir que ces dernières font partie de l’œuvre d’art ». Ceci est inexact. Le Conseil d’Etat qui ne siège pas au conseil municipal de Ploërmel n’a rien « constaté ». Tout au plus a-t-il « considéré », dans un arrêt qui confine au byzantin, qu’il existerait deux décisions distinctes, dont l’une, formelle, aurait porté sur le seul personnage de Jean-Paul II, tandis que l’autre, informelle, aurait porté sur l’arche et la croix. Ce « découpage » a eu pour seul intérêt de faire échapper les requérants à la forclusion et de permettre au Conseil d’Etat d’ordonner l’abattage de la croix.

Maire de Ploërmel à l’époque, j’affirme n’avoir jamais pris la « deuxième décision » que l’on me prête ainsi, dont l’existence est totalement fictive. De fait, le « découpage » auquel s’est livré la Haute Juridiction ne correspond à aucune réalité factuelle. Au reste, dès lors que le personnage de Jean-Paul II ne constitue pas un emblème religieux, comment expliquer les protestations émises au nom de la loi de 1905 par l’opposition lors de la « première » décision si elle ignorait l’existence d’une croix ? En réalité, l’œuvre est un ensemble depuis l’origine, et les élus de Ploërmel le savaient parfaitement. Elle a été intégralement dessinée et exécutée par l’artiste et est arrivée toute entière de Saint-Pétersbourg : personnage, arche et croix. Si, comme l’avait fait la Cour Administrative d’Appel de Nantes, le Conseil d’Etat avait appelé l’artiste en la cause, celui-ci le lui aurait certainement confirmé. Le maire ne se serait jamais autorisé à violer le droit moral de l’auteur en ajoutant à sa guise une arche ou une croix. Il n’est évidemment pas possible d’ajouter à une œuvre, pas plus qu’il n’est possible de l’amputer. Or si l’on me prête d’avoir ajouté à l’œuvre c’est pour « mieux » demander à la mairie de l’amputer. Monsieur Sauvé exprime également le regret que « le maire n’ait pas cherché un avis juridique avant de prendre sa décision ». Outre qu’il ignore tout des avis que j’ai – ou non – pu prendre, l’émotion suscitée par la décision du Conseil témoigne que les choses n’apparaissaient pas si évidentes à nombre de nos concitoyens. Je rappelle par ailleurs qu’une doctrine et une jurisprudence fournies faisaient de l'« ordre public », mentionné à l’article 1 de la loi de 1905, un critère de lecture de l’ensemble de la loi. Or l’ordre public et la tranquillité de Ploërmel n’avaient jamais été troublé par cette œuvre – avant la décision du Conseil d’Etat."


Gilles Pennelle dénonce l'allahicité du Conseil d'Etat

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Gilles Pennelle, Président du groupe FN au Conseil régional, a prononcé un discours lors de la manifestation à Ploërmel (photos) pour défendre la croix :


Mireille Chevet (FN) demande une crèche de Noël dans le hall du Conseil régional des Hauts de France

En séance plénière du jeudi 23 novembre, Mireille Chevet demande à l'Exécutif l'installation d'une crèche de Noël dans le hall du Conseil régional. Son intervention touchante se termine par une chanson A Capella "Entre le boeuf et l'âne gris". Insensible, l'Exécutif de X.Bertrand refuse cette demande légitime.


L'amnésie historique, dernier avatar de la haine de soi progressiste

Sputnik France est d'une qualité inégale, confinant parfois au tabloïd. Mais ce media recèle aussi quelques pépites de pertinence et d'intelligence, comme cette brève analyse du chroniqueur Édouard Chanot, dont nous recommandons par ailleurs les entretiens qu'il mène sur le même site.

 


Appel du SIEL le 12 décembre à Paris pour protéger nos croix et défendre nos symboles chrétiens

Tribune de Karim Ouchikh, Président du SIEL, Conseiller régional Île-de-France, Conseiller municipal de Gonesse :

Image1"Dans La France contre les robots, Bernanos accusait la civilisation moderne d’être « une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». Cette modernité régressiveencouragée par les puissances de l’argent qui furent admirablement dénoncées par Péguy, accélère ces dernières semaines sa formidable entreprise de désintégration de notre civilisation en saccageant les repères ancestraux qui structurent notre univers collectif : destruction de la croix de Ploërmel scellée sur le monument de Jean-Paul II, ordonnée par le Conseil d’Etat ; interdiction par cette même juridiction de toute installation de crèche dans l’enceinte de la mairie de Béziers ; dégradation de nos églises que l’absence d’entretien régulier condamne à la fermeture, prélude bien souvent à leur vente ou à leur démolition programmées; suppression du marché du Noël à Paris, d’une exemplarité toute relative, qui dénote cependant la volonté insidieuse de la municipalité socialiste d’éradiquer de la capitale la présence de tout symbole chrétien ; ‘‘prix de la Laïcité 2017’’ décerné à Anna Shevchenko, figure de proue des Femen, ces activistes de la décadence qui se sont particulièrement illustrés en profanant la cathédrale Notre-Dame de Paris….

Une contre-offensive s’impose pour enrayer très vite la progression de cette vaste opération de déstabilisation idéologique de notre civilisation, non pour instaurer un quelconque Etat clérical mais pour défendre un modèle de société qui placerait enfin au cœur de son identité intrinsèque la prééminence du fait culturel chrétien, cette clé de compréhension de notre héritage historique sans laquelle nul ne saurait discerner la réalité de l’être français ; avec aussi pour objectif de redéfinir notre rapport à la laïcité, notamment en incluant le fondement chrétien dans le Préambule de la Constitution de 1958, afin d’enraciner l’application de ce principe de neutralité des pouvoirs publics dans son écosystème culturel authentique et ainsi éviter les errements calamiteux des juridictions administratives…

Ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, ceux qui demeurent pareillement attachés aux autres composantes, - gréco-latine, juive ou née des Lumières -, de notre socle identitaire, doivent se rassembler autour de cette noble cause et s’unir pour redonner un sens authentique à notre modèle de société aujourd’hui à bout de souffle, sans quoi le nihilisme matérialiste et le totalitarisme islamique, ces frères siamois du chaos mondial, ne cesseront de prospérer en jouant des faiblesses d’une France qui peine actuellement à se protéger.

Le mardi 12 décembre prochain à 18 heures 30, place du Palais-Royal à Paris, face au Conseil d’Etat, le SIEL organise un rassemblement de protestation, en présence d’éminentes personnalités, pour manifester notre indignation collective, protéger nos croix et défendre nos symboles chrétiens. Soyons nombreux, tous ensemble, à sonner le tocsin !"

 

La libre pensée contre la croix à Ploermël et pour les "prières" de rue à Clichy

Une pensée vraiment libre? Argument bidon que de comparer les occupations statiques de rue qui troublent l'ordre public aux processions mobiles catholiques!

"Ces manifestations s’apparentent à des processions religieuses. La loi de 1905 prévoit donc que c’est la loi commune aux manifestations qui s’applique en la matière. Si « elles ne constituent pas un trouble manifeste à l’ordre public » selon les termes de la législation, elles sont autorisées comme toute manifestation sur la voie publique.

Il faut être bien bas du Front pour assimiler les prières de rue le vendredi après-midi à « l’occupation allemande » entre 1940 et 1944. Chacun sait que l’occupation nazie sous le Régime de Vichy ne durait que trois heures le vendredi après-midi !

Si la Mairie de Clichy s’entête dans cette démarche provocatrice et conflictuelle, les choses ne pourront que s’envenimer encore plus. Il faut revenir à la raison dans cette affaire".


La crèche de la mairie FN d'Hénin-Beaumont jugée illégale

Communiqué de la mairie d’Hénin-Beaumont :

23559369_1693981900676390_8568769609218636195_n« Condamnée pour avoir installé... une crèche de Noël »

La cour administrative d’appel de Douai vient d’interdire l’installation d’une crèche de Noël au sein de la mairie d’Hénin-Beaumont et de condamner la ville à verser 1.500 euros à un conseiller municipal communiste qui est à l’origine de cette plainte.

Cette décision scandaleuse viole toutes les traditions de notre pays et confirme la dérive des juridictions administratives qui interdisent les crèches de Noël l’hiver mais autorisent le burkini l’été.

Il est particulièrement inquiétant de voir la justice et certains élus avoir pour priorité la destruction de la magie de Noël plutôt que la lutte contre l’insécurité, l’immigration illégale et le chômage."


Brandir la Une de Valeurs Actuelles peut vous conduire en prison...

C'est ainsi dans notre belle démocratie comme le rapporte Breizh Info :

DOGU2oKX4AA6Z0S"Claudine Dupont-Tingaud, militante identitaire et catholique de longue date, s’est retrouvée ce samedi 11 novembre en garde à vue pendant 5h, à Quimper, en marge des commémorations du 11 novembre. Son « crime » ? Avoir brandi la une de Valeurs actuelles sorti vendredi 10 novembre sur lequel on peut lire « chassez le christianisme et vous aurez l’islam ».

Insupportable pour le préfet du Finistère, Pascal Lelarge, qui fera intervenir plusieurs fois les policiers pour retirer les affiches portées par l’ancienne conseillère régionale, cette dernière en ressortant à chaque fois une nouvelle. Claudine Dupont Tingaud finira par se faire arrêter sous le prétexte d’un outrage à agent, et passera 5h en garde à vue, traitée comme une délinquante de droit commun. Elle sera convoquée en janvier 2018 devant le procureur.

Dans un communiqué qui dénonce les atteintes à la liberté d’expression, cette dernière explique :  « après le déroulement de la messe en la cathédrale Saint Corentin ( non signalée dans le presse locale, laïcité oblige t’elle ?) en souvenir de l’armistice clôturant la guerre 14-18 le jour de la Saint Martin, évangélisateur des Gaules, la présidente de REAGIR, je participais au cortège d’anciens combattants , d’officiels et de Quimpérois patriotes se rendant au carré militaire du cimetière Saint-Marc.» puis de poursuivre :

« Je m’étais munie de la Une d’un hebdomadaire national présentant la statue du Pape Jean Paul II à Ploërmel, tant controversée pour être surmontée du symbole du catholicisme, et titrant « Chassez le christianisme et vous aurez l’islam » pensant que ce combattant, lui aussi, du communisme avait toute sa place au milieu d’autres Croix faisant rappel d’un autre péril : le retour de l’islam pourtant chassé et repoussé dans d’autres siècles de notre continent.»

Claudine Dupont-Tingaud dénonce  «  le désir de mutiler la liberté d’expression que présentait ma pancarte et l’acceptation d’un danger qui devrait se faire lever de nouveaux combattants  comme ceux dont on célébrait la mémoire ce 11 novembre ! »

Claudine Dupont-Tingaud fût par le passé la plus jeune prisonnière politique de France à 17 ans au moment de l'OAS. Il lui en faudra plus pour la faire taire... 


Crèche de Noël : Robert Ménard passera outre l'avis du Conseil d'Etat

Unknown-49Malgré la décision du Conseil d'Etat, Robert Ménard inaugurera le 4 décembre la crèche de Noël en la mairie de Béziers.

"Nous ferons notre crèche cette année ! Ce n'est pas un coup d'arrêt. Nous avons choisi des thèmes plus provençaux qui mettent en scène des maisons tuilées, des santons bien plus nombreux racontant les métiers d'autrefois, etc. Cela viendra concorder avec les chalets en bois installés à l'extérieur."

"Lors de l'inauguration de la crèche, se trouvent bien sûr les représentants du culte catholique mais aussi, à chaque fois, ceux de la communauté musulmane. De même, nous avons à chaque fois un message de la communauté juive. Tout le monde se retrouve dans le symbole de la crèche, qui est avant tout celui de la famille."

Il a raison : il faut arrêter de se laisser marcher sur les pieds et remettre en cause, sinon en droit du moins en fait, la loi de 1905.


Laïcisme : le Conseil d'Etat récidive avec la crèche de la mairie de Béziers

Appliquant la loi anticléricale de 1905, le Conseil d'Etat interdit à la mairie de Béziers d'installer une crèche de Noël :

Unknown-46"la cour administrative d'appel de Marseille avait annulé en avril 2017 une précédente décision du tribunal administratif de Montpellier, qui avait en première instance validé la décision de Robert Ménard d'installer une crèche dans cet espace public.

Robert Ménard s'était alors pourvu en cassation devant le Conseil d'Etat, qui vient de rejeter ce pourvoi. La plus haute juridiction administrative avait estimé que les crèches étaient interdites dans l'espace public, “sauf si des circonstances particulières montrent que cette installation présente un caractère culturel, artistique ou festif”."


Sébastien Chenu (FN) reconnait l'héritage culturel de l'Eglise en France


Faut-il se réjouir ou se désespérer que la Croix demeure un signe de contradiction ?

Bonne question d'Eric Letty dans Monde & Vie :

M"Si l’on considère « l’affaire » de la croix de Ploërmel sous un angle simplement politique ou sociologique, on est conduit à déplorer une nouvelle agression contre le christianisme, à laquelle le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative de la République laïque, a donné, si j’ose dire, sa bénédiction. Après onze années de conflit, la Fédération morbihannaise de la libre pensée a obtenu, non pas l’enlèvement de la statue du pape Jean-Paul II de la place qui porte son nom, mais l’arasement de la croix qui la surplombe et choque, paraît-il, les pudeurs laïcardes. Soulignons au passage l’effarante erreur commise par les conseillers d’État en dissociant ainsi la statue de la croix, alors que les éléments de l’œuvre ne peuvent être séparés sans l’accord de son auteur, le sculpteur Zurab Tsereteli, qui en garde la propriété intellectuelle. S’il n’y consent pas, il faudra conserver la croix ou retirer aussi la statue – à moins que le lieu où l’ensemble a été érigé ne soit entre-temps privatisé.

Rien de neuf, finalement, sous le soleil blafard de la Révolution. Même s’ils se croient déjà victorieux, les héritiers des Lumières et des « bouffeurs de curés » continuent la guerre déclarée depuis deux cents ans au catholicisme. La libre pensée, ainsi que la Ligue des droits de l’homme qui l’a soutenue dans son offensive contre l’« obscurantisme » ploërmelais, sont des antennes de la franc-maçonnerie toujours à l’ouvrage pour déraciner le christianisme du terreau français auquel il est intimement mêlé depuis l’origine, et la bataille autour de la croix de Jean-Paul II n’est qu’un épisode de celle plus globalement livrée contre les crèches de Noël ou les sonneries des cloches des églises de village. Elle fait écho à la prière à Marianne, pastichant le Notre Père, que prononça au sein du Conseil constitutionnel le plus constamment médiocre des politiciens de la République, Jean-Louis Debré, lorsqu’il présidait cette institution.

Beaucoup de catholiques de bonne foi ne comprennent pas cette inimitié enragée du clan laïciste à l’encontre de Jésus Christ, de son Église et de la civilisation issue du christianisme, alors que l’Évangile appelle bienheureux les artisans de paix et professe l’amour du prochain. C’est le cas, par exemple, du courageux maire de Ploërmel, Patrick Le Diffon, qui déplore à juste titre le conflit noué autour de la statue de Jean-Paul II et renvoie dos à dos les « extrémistes des deux bords ». Or, la réaction de nombreux catholiques – même s’il arrive qu’elle prenne, notamment sur Internet, une forme outrancière – n’est qu’une réponse au fanatisme laïciste et une défense légitime face à des assauts incessants. C’est un autre angle de lecture de cette affaire : une partie non négligeable des chrétiens – sans doute faut-il y voir un effet de la Manif pour tous – est aujourd’hui consciente de sa force lorsqu’elle s’unit pour résister.

Il n’est pas surprenant que les autres religions, en particulier l’islam, ne fassent pas l’objet des mêmes attaques, ni des mêmes rigueurs. L’islam, en effet, n’est pas concerné par cette querelle autour de la Vérité. Par expérience, les prophètes de l’athéisme et les prosélytes de l’anti-religion, la secte des ennemis de Dieu, savent que c’est l’Église qu’ils doivent abattre parce que c’est à elle que Jésus, Notre-Seigneur, a confié les paroles de la vie éternelle. En ce sens, cet acharnement contre elle des laïcistes et de la franc-maçonnerie porte témoignage ; c’est l’hommage du vice à la vertu. 


Marine Le Pen : « Il est évident que la France puise ses racines, notamment, dans la chrétienté. »


Ploërmel : l’arche et la croix qui accompagnent la statue sont partie intégrante de l’œuvre du sculpteur Zurab Tseretli

Patrick Le Diffon, maire (LR) de Ploërmel – et conseiller régional de Bretagne –, répond à Minute :

Capture d’écran 2017-11-03 à 14.16.00"Monsieur le maire, l’arche et la croix qui accompagnent la statue sont-elles partie intégrante de l’œuvre du sculpteur Zurab Tseretli ?

Oui. J’interroge d’ailleurs actuellement cet artiste russe pour lui demander s’il m’autorise, s’il est impossible de faire autrement, à enlever la croix pour respecter l’injonction du Conseil d’Etat. Il pourrait me poursuivre si je mutilais son œuvre sans son autorisation, puisqu’il en garde la propriété intellectuelle : l’œuvre d’art est une et indivisible.

Puisque c’est le caractère public de l’emplacement de cette œuvre qui est en cause, ne pourriez-vous tourner cette difficulté en vendant cet espace à une association privée ?

Une procédure déjà en cours pourrait, en effet, y aboutir. Inaugurée en décembre 2006, place Jean Paul II, la statue est érigée sur un parking public, lui-même créé à l’emplacement de l’ancienne cour du couvent du Sacré-Cœur. Celui-ci, qui était devenu un collège et un pensionnat de jeunes filles, a appartenu à la communauté des sœurs de Ploërmel jusqu’à la fin des années 1990. À cette époque, la commune s’en est portée acquéreur avec le projet d’y aménager un centre culturel, qui s’est avéré finalement trop onéreux.

Or, en mars 2006, un incendie a dévasté l’ancien couvent et la commune n’a pas la capacité financière de le restaurer elle-même, mais nous pouvons le sauver en « saucissonnant » les bâtiments. Une partie d’entre eux, ravagés par le feu, sera rasée et nous cherchons un porteur de projet privé susceptible de réhabiliter les moins abîmés pour en faire des immeubles. Dans cette optique, le parking serait privatisé – et l’œuvre de Tseretli ne se trouverait donc plus sur un espace public. Mais aurons-nous le temps de réaliser cette opération immobilière ? [...]"


Excellente réaction du diocèse de Vannes : "S’en prendre au Christ et à la Croix, c’est s’en prendre au fondement même de cette laïcité équilibrée"

Communiqué officiel du diocèse de Vannes :

Logo-diocese-couleur1-469x450-250x240"L’arrêt du Conseil d’État ordonnant le retrait de la croix qui surplombe la statue de saint Jean Paul II suscite un émoi bien compréhensible, au-delà de la population locale.

Le diocèse de Vannes n’est pas engagé dans le différend qui oppose la fédération morbihannaise de la Libre Pensée à la commune de Ploërmel. La statue de Jean Paul II n’appartient pas à l’Église ; elle a été érigée sur un lieu public, par la municipalité, à la suite d’un don fait par le sculpteur à celle-ci. Le diocèse n’est donc pas directement concerné par la décision du Conseil d’État et il ne lui appartient pas de la contester en justice.

Toutefois, l’Église ne peut que déplorer ce qui risque d’accroître la tendance à rendre toujours moins visibles les signes chrétiens dans une société qui souffre déjà d’un manque de repères. Parmi ces repères, ceux qui nous viennent de l’Histoire sont particulièrement importants parce qu’ils ont contribué à façonner notre unité dans le respect d’une diversité légitime et féconde.

Si la laïcité a su trouver en France pendant des siècles une forme équilibrée, c’est parce que les penseurs et dirigeants de notre pays ont été éclairés par Celui qui a dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui lui appartient. »

S’en prendre au Christ et à la Croix, c’est s’en prendre au fondement même de cette laïcité équilibrée qui permet à chacun de donner le meilleur de lui-même pour la construction d’une société apaisée.

Le diocèse apportera son aide pour trouver toute solution respectueuse de cette sagesse."


Qu’est-ce que le christianisme patrimonial ?

Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, vient de publier une tribune intéressante sur la question de la statue de saint Jean-Paul II à Ploërmel. Charles de Meyer y répond :

22852021_10215042346271583_8626832138865465415_n"Quelques arguments m’y semblent légers.

D’abord, l’introduction ose un parallèle délicat entre le jugement du Conseil d’Etat et le célèbre verdict de Salomon. J’ai mal saisi s’il était ironique ou non. L’article 28 de la loi de 1905 dispose : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions »

Il revient à des juristes de raconter la pratique sur ce sujet. Toutefois, la lettre de la loi nous rappelle que le texte visait bien à un basculement historique (« à l’avenir ») et à une défense fanatique de la neutralité de l’espace public (soyons honnête, Jean-Pierre Denis fait une blague sur le sujet dans son article). Il est loin d’être interdit de penser que cet article, comme tant d’autres dans la loi de 1905, est un signe du rapport de force de l’époque, rapport dont le moins qu’on puisse dire est qu’il avait d’autres ambitions que le bien commun.

Une partie de la politique est fondée sur les rapports de force. On peut s’en plaindre. On peut aussi se battre pour un tirer le plus grand bénéfice.

Il est aussi loin d’être interdit de penser que la loi de 1905 ayant produit son détestable effet, apposer une croix n’est plus faire une profession de foi mais refléter une culture ou une civilisation. En l’espèce, on a du mal à comprendre comment il n’y aurait pas de vérité culturelle dans le fait de placer une croix à côté d’un Polonais, d’un Pape, et d’un Saint. Il s’agit d’ailleurs d’une commande municipale. Et le contrôle de légalité qui s’exerce sur cette commande ne concerne pas le témoignage de la foi, mais bien les caractéristiques de l’œuvre.

Oui mais alors danger ! Nous oublierions que la Croix doit être la seule propriété de la spiritualité. Le texte de la tribune nous dit alors : « Et tout chrétien se rappelle que le bois de la Passion n’est pas une bannière politique ou un marqueur idéologique, mais l’arbre vif d’un Dieu vivant. Il se le rappelle d’autant plus qu’un christianisme pleurnichard et patrimonial, ce serait tout ce que l’antichristianisme réclame. » Comme j’ai eu l’honneur de quelques citations dans le brillant dossier de La Vie sur les horribles déviationnistes du catholicisme, je me sens une certaine solidarité avec les pleurnichards.

Cela offre la possibilité d’un étonnement larmoyant : pourquoi l’Eglise n’interdit elle pas toute utilisation de la Croix dans d’autres espaces que ceux consacrés à Dieu ? Pourquoi le catéchisme ne nous explique-t-il pas quels sont les lieux de Dieu et les lieux qui lui seraient refusés ? Après tout, on sait avec combien d’horreurs certains bafouèrent le symbole du Christ, il convient donc de protéger ce symbole, cette source de vie, de toutes les afflictions mondaines et idéologiques. Les méchants catholiques s’en émouvaient déjà, ainsi Léon Daudet dans Les Idées en armes « la croix gammée est bien mieux qu’une hérésie. Elle est une croisade contre la Croix de NSJ, contre la morale chrétienne, appelée par Nietzsche « morale des esclaves » et une brutale négation du dogme et des Evangiles. » Certes.

Mais combien de conversions devant les piliers ? Combien d’éblouissements devant les crucifix de campagne ? Combien de signes de croix de provinciaux éloignés de la pratique aux carrefours ou dans les champs ? Dieu peut très bien choisir de parler au pauvre païen pseudo-panthéiste qui se signe par réflexe quand le Christ se recouvre de son signe. Il le fait d’ailleurs. Le Christ se joue si souvent de notre petite symbolique humaine pour parler aux âmes. L’époque est à la louange chrétienne devant la beauté de la création et il n’est pas interdit d’ouvrir cette louange à un calvaire, si profanement installé soit-il. 

Jean-Pierre Denis note que la Croix est « l’arbre vif du Dieu vivant ».

L’image est belle. Belle et intéressante : j’épargne le truisme des racines, mais chacun aura compris qu’il serait bien étonnant que tant de saints, de pêcheurs en prière, de repentis ou de médiocres qui foulèrent la terre de France en conservant une petite place pour Dieu ne lui offrent pas quelques grâces ou quelques providentiels secours. J’ai vraiment du mal à imaginer qu’environ 2000 ans d’arbres doués de vivacité n’offrent pas un patrimoine conséquent à leurs héritiers. Un héritage qui s’étend d’âge en âge, fortifiant les âmes, sécurisant les foyers, labourant les vocations. A moins de considérer que tout cela n’est qu’une punition divine, la disparition de ce legs explique peut-être le côté rabougri du christianisme certainement très vivant mais surtout particulièrement absent ou relégué que ma génération a le plaisir de recevoir.

La parabole des talents possède à ce titre, un côté très patrimonial. « Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. 30 Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Bien entendu, on sait bien que c’est la ligne qui traverse le cœur de l’homme dont il est notamment question. Et si nous savons parfaitement que nos œuvres ne nous sauveront pas, il n’est pas interdit de croire qu’en s’efforçant de faire le bien, jusque sur les murs de la Cité, nous ne tirerons pas quelques divins sourires.

Encore un mot : pourquoi faudrait-il retirer leurs crucifix à tous ces pauvres gens qui n’entendent pas que la Croix est l’occasion d’un témoignage ? Notre foi est incomplète, imparfaite, moyennement apostolique ? Est-ce une raison suffisante pour nous châtier en affirmant que nos émotions, nos prières maladroites ou notre attachement instinctif à des Croix ne seraient pas assez parfaits, insuffisamment purs, pour plaire à Dieu ?

C’est peut-être ce que Jean-Pierre Denis veut dire en écrivant : « Certains ont le sentiment que l’on étouffe ce qui reste de leur catholicisme avant de le renvoyer définitivement au musée. Ils n’ont pas complètement tort. Dans une France de plus en plus déracinée et une république toujours plus déculturée, le christianisme devient l’impensé national. » Mais alors franchement quel besoin de faire la leçon sur le fait que face à un mal, la meilleure réponse demeure la charité ? Ne le savons-nous pas ? Est-ce pour essayer une fois encore de nous jouer la chanson de l’extrême droite fondant sur le catholicisme ? Est-ce pour nous infliger une péroraison sur la supériorité d’un catholicisme sur l’autre ?

Nous écoutons le même évangile, nous prions le même Dieu, demandons les mêmes intercessions, souffrons des mêmes doutes, désirons ardemment le même Salut. Que nous tenions pour d’autres idées sur la place d’un privilège catholique en France, de la constitution réelle de l’antichristianisme dans notre pays, ou encore sur la force incroyable du patrimoine, c’est évident. Que ce soit toujours les mêmes arguments qui aiguisent la vindicte, inventent des extrémismes, fantasment des dérives identitaires, l’est aussi.

Nous ne sommes pas d’accord. C’est ainsi. Nous pourrions aussi éviter de disputer sans cesse de nos brevets de catholicisme ou de la vérité de notre charité."


Ploërmel : l'artiste pourrait s'opposer à toute modification de son oeuvre

Charles Prats estime que l'arrêt du Conseil d'Etat ne clôt pas l'affaire :

Unknown-27"[...] L’artiste créateur d’une œuvre dispose classiquement d’un droit moral sur celle-ci et de droits patrimoniaux. L’arrêt précise que l’auteur aurait cédé ses droits patrimoniaux à la commune de Ploërmel. En revanche, son droit moral est inaliénable, perpétuel et imprescriptible, et attaché à sa personne. À ce titre, il peut s’opposer à toute modification de l’œuvre, en l’espèce la statue, l’arche et la croix la surplombant. Ce droit, codifié à l’article L. 121-1 du code de la propriété intellectuelle en droit français, est aussi garanti par de nombreuses normes internationales qui s’imposent aux autorités françaises en application de l’article 55 de la Constitution et qui doivent conduire à écarter une norme législative nationale contraire.

Dans le cas présent, un élément d’extranéité existe dans le dossier car l’artiste est russe. En l’espèce, l’article 6 bis de la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques du 9 septembre 1886, ratifiée à la fois par la France et la Fédération de Russie, prévoit qu’« indépendamment des droits patrimoniaux d’auteur, et même après la cession desdits droits, l’auteur conserve le droit de revendiquer la paternité de l’œuvre et de s’opposer à toute déformation, mutilation ou autre modification de cette œuvre ou à toute autre atteinte à la même œuvre ». Le respect de la convention de Berne viendrait donc s’opposer à l’exécution de l’arrêt du Conseil d’État si l’artiste russe auteur de l’œuvre le décidait…

Et d’autres traités internationaux viennent au secours de la statue de Jean-Paul II en renforçant la position de l’artiste. En effet, la CEDH est venue préciser que le droit d’auteur est un droit fondamental protégé par l’article 1er du premier protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme qui garantit le droit au respect de ses biens (CEDH 29 janv. 2008, n° 19247/03, Balan c. Moldavie). La question de la violation potentielle de la Convention européenne et de la jurisprudence de la Cour de Strasbourg par les termes de l’arrêt du Conseil d’État du 25 octobre 2017 n’est donc pas une pure vue de l’esprit. C’est certainement à cela que faisait référence la commune de Ploërmel dans ses premières réactions après le rendu de la décision du Conseil d’État.

Enfin, il faut rappeler que l’article 17 de la Charte européenne des droits fondamentaux, qui a même valeur que les traités de l’Union, précise que « la propriété intellectuelle est protégée ». Il y a donc dès lors potentiellement une question de violation du droit communautaire et un possible intéressement à l’affaire de la Cour de justice de l’Union européenne… Il est fort dommage que ces moyens n’aient pas été soulevés par la commune de Ploërmel et l’association intervenante volontaire devant le Conseil d’État car l’arrêt aurait pu statuer sur ceux-ci et éclairer la jurisprudence pour l’avenir. Mais l’affaire ne semble néanmoins pas close.

Une voie procédurale toujours ouverte à l’artiste russe ayant créé l’œuvre

L’imbroglio pourrait s’étendre en cas de mise à exécution de l’arrêt du Conseil d’État qui vient d’être rendu prévoyant la suppression d’une partie seulement de l’œuvre globale car l’artiste, dont le droit moral n’a pas été restreint, pourrait saisir le juge des référés pour faire cesser le trouble manifestement illicite que constituerait une tentative de modification de son œuvre sans son accord.

Il pourrait même aller plus loin et saisir le juge pénal d’une plainte en contrefaçon sur le fondement de l’article L. 335-3 du code de la propriété intellectuelle, puisque l’exécution telle quelle de la décision du Conseil d’État aboutirait à une représentation de son œuvre en violation des droits de l’auteur tels que définis par la loi. La Cour de cassation a en effet ouvert cette voie dans un arrêt du 3 septembre 2002, publié au Bulletin (Crim. 3 sept 2002, n° 01-83.738) en précisant « qu’est un délit de contrefaçon toute reproduction, représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de l’esprit en violation des droits de l’auteur, tels qu’ils sont définis et réglementés par la loi […] que la représentation consiste dans la communication de l’œuvre au public par un procédé quelconque, et notamment par présentation publique […] qu’une nouvelle représentation de l’œuvre est réalisée par sa communication au public sous une forme altérée ou modifiée ».

Par ailleurs, la lecture de l’arrêt permet de constater que l’artiste ayant créé l’œuvre n’a pas été appelé dans l’instance devant le Conseil d’État, ni en intervention forcée ni en intervention volontaire. L’arrêt portant un évident préjudice à son droit moral sur l’œuvre, la voie de la tierce opposition lui est donc ouverte et il aurait toute faculté pour soulever les moyens tirés de la violation des normes communautaires et des normes internationales par l’arrêt qui vient d’être rendu. En ce cas, la haute juridiction se trouverait contrainte de poser une question préjudicielle à la CJUE pour statuer sur la violation ou la non-violation de l’article 17 de la Charte européenne des droits fondamentaux ; puis devrait statuer sur la violation éventuelle de la convention de Berne ; puis sur la question du respect ou non de la Convention européenne des droits de l’homme. Et ensuite l’artiste pourrait saisir la CEDH si l’arrêt ne lui donnait pas satisfaction. [...]"


Faut-il défendre la loi de 1905 que 3 papes ont condamnée ?

La réaction du vicaire général du diocèse de Vannes sur la décision du Conseil d'Etat relative à l'affaire de Ploërmel suscite bien des interrogations, incompréhensions, quand ce n'est pas de la colère. L'abbé Michel Viot écrit sur son blog :

Textes-legislatifs-iii-la-separation-des-eglises-et-de-l-etat-loi-du-9-decmebre-1905-e-dispositions-legislatives-qui-y-sont-versees-2e-edition-de-collectif-925600336_ml"[...] Car ne nous y trompons pas, le conseil d’Etat qui vient d’ordonner qu’on retire à Ploërmel la croix qui se trouve au-dessus de la statue de Jean Paul II ne fait qu’appliquer l’article 28 de la loi de 1905, que tant de catholiques continuent à trouver bonne, alors qu’ils ne l’ont pas lue ! Ils auront d’autres surprises, si certaines choses ne bougent pas. Car je vous garantis qu’on peut faire « encore mieux » dans ce type d’action. Et je ne donnerai pas d’exemples pour ne pas fournir des idées à nos adversaires.

Enfin, je rappelle que trois Papes ont condamné cette loi. Léon XIII d’une manière préventive en 1892 dans l’encyclique Au milieu des sollicitudes (qui n’organise pas de « ralliement » comme les ennemis de ce Pape se plaisent à le dire – il y en avait déjà en ce temps-là), Pie X en 1906 dans l’encyclique Vehementer nos et Pie XI, en 1924 qui dans l’encyclique Maximam gravissimamque maintenait les positions de Pie X, tout en acceptant la formation d’associations cultuelles diocésaines. Le Pape ne revenait donc pas sur la condamnation par son prédécesseur de la loi de 1905. Il ne faisait qu’accepter une disposition réglementaire permettant à l’Eglise catholique de disposer d’un cadre juridique, non satisfaisant, mais qui était préférable à un vide. [...]"


Ploërmel : l'évêché accepte la décision du Conseil d'Etat

Le vicaire général du diocèse de Vannes, l’abbé Jean-Yves Le Saux, a réagi à la décision du Conseil d'Etat sur la statue de Ploërmel (source) :

Huit-ans-apres-son-arrivee-le-pere-jean-yves-le-saux-va_3604128_250x330p« D’un point de vue personnel et catholique, nous sommes un pays marqué par 1500 ans de christianisme, il est normal que des symboles chrétiens soient présents dans l’espace public ».

« Quand on analyse la décision du Conseil d’État, on se rend compte qu’elle est modérée. Il n y a en effet pas d’exigence de retrait de la statue dans son intégralité. Et retirer une croix ne constitue nullement un blasphème. Si cela peut contribuer à apaiser l’opinion public, c’est tant mieux ».

L’évêché de Vannes considère « qu’il s’agit d’une affaire entre la municipalité de Ploërmel et une association donnée ».

« La position du Conseil d’État visait à dire le droit nous l’acceptons tel qu’il est ».

Beata Szydlo, Premier ministre de Pologne, pays catholique par excellence, déclarait ce week-end que :

« Jean-Paul II disait que l’histoire nous apprend que la démocratie sans valeurs se transforme en totalitarisme ouvert ou camouflé. Notre grand Pôle, le Grand Européen, est un symbole de l’Europe unie chrétienne. La dictature du politiquement correct – la sécularisation de l’État – crée une place pour des valeurs qui nous sont étrangères sur le plan culturel et qui conduisent à la terreur de la vie quotidienne des Européens. Le gouvernement polonais s’efforcera de sauver le monument de notre compatriote de la censure et nous proposerons de le déplacer en Pologne si les autorités françaises et la communauté locale sont d’accord. »

Des propos que ne partage pas le vicaire général du diocèse de Vannes.

« Il n’y a pas d’agressivité dans cette décision, et donc pas de crainte à avoir d’une dictature de la Libre Pensée. Je fais confiance aux institutions. Il ne faut pas y voir un danger pour la religion catholique ».

Addendum : le diocèse a publié un communiqué officiel qui tranche avec ce propos.


Pendant ce temps, la mairie de Paris peut organiser la nuit du ramadan aux frais du contribuable

Nuit-du-ramadan-2016-hidalgoDe Gilles-William Goldnadel dans Valeurs Actuelles :

"[...] Si le Conseil d'État ne sait pas pourquoi il tranche la croix, moi je sais. Pendant ce temps, la mairie de Paris peut impunément organiser la nuit du ramadan aux frais du contribuable ou contribuer à la construction de mosquées sous couvert d'espace culturel islamique sans attenter aucunement à la laïcité. On peut tolérer des prières de rue sans emprise parait-il sur le domaine public. On peut édifier des plugs anaux dans la capitale, des vagins royaux à Versailles et des statues de zoophiles sodomisant des chiens à Beaubourg sans égard pour la vue enfantine ou la gente canine."


L'affaire de Ploërmel nous oblige à réformer la loi de persécution de 1905

D'Yves Daoudal :

"Ceux qui ont lancé le hashtag #MontreTaCroix voulaient bien faire, sans aucun doute. Mais ils contribuent à obscurcir le problème au lieu de le montrer au grand jour.

Cette profusion de photos de croix dans des lieux publics laisse entendre que le Conseil d’Etat a jugé de façon arbitraire et partiale contre le monument de Ploërmel.

Or, tout au contraire, le Conseil d’Etat a simplement appliqué la loi, et il ne pouvait pas faire autrement. La loi de 1905 interdit explicitement l’érection de tout symbole religieux, à l’avenir, dans l’espace public. Eriger une croix sur une place de Ploërmel est donc interdit. Depuis 1905.

C’est donc la loi de persécution de 1905 qu’il faut combattre, et non le Conseil d’Etat.

C’est ce que j’avais déjà souligné, sans être entendu, même de mes amis, dans l’affaire de l’interdiction des crèches de Noël. Finalement, le Conseil d’Etat a tranché que, si ce n’était pas un symbole religieux mais une tradition culturelle, on pouvait installer une crèche de Noël dans l’espace public. Désormais, se féliciter d’un jugement qui justifie l’installation de telle crèche de Noël, c’est se féliciter que la crèche de Noël n’ait rien à voir avec la religion…

C’est surtout oublier que la loi de persécution reste intacte. Et chaque fois qu’on critique un jugement du Conseil d’Etat au lieu de souligner qu’il ne fait qu’appliquer la loi en la matière, on conforte la loi de persécution puisqu’on ne la combat pas, puisqu’on fait semblant de l’ignorer. Et c'est dramatiquement le cas quand on accumule des photos de croix anciennes pour montrer que le Conseil d'Etat est injuste...

J'ajoute qu'il n'y a aucun parti politique qui ait dans son programme une abrogation de la loi de persécution anticatholique, et, pire encore, qu'il n'y a aucun évêque qui ne le demande (c'est même tout le contraire). C'est pourquoi #MontreTaCroix est à côté de la plaque, complètement inopérant."


Le néo-féminisme et le «néo-antiracisme indigéniste» ont le même ennemi: le mâle blanc occidental

Auteur d'un ouvrage intitulé Le Grand détournement, Fatiha Boudjahlat dénonce les communautaristes de toutes obédiences. Elle déclare notamment au FigaroVox :

Unknown-19"[...] Quand Judith Butler explique que les femmes afghanes ne doivent pas se délester de leurs burqas grillagées, pour ne pas prêter leur concours à l'impérialisme américain, je vois une grande bourgeoise blanche américaine dans le confort de son bureau, qui livre pieds et poings liés ces femmes à leur sort. Ce nouveau féminisme racialiste combat le patriarcat blanc, mais valide son pendant oriental. Il se réduit alors à un combat pour que les femmes non-blanches, puisque l'ethnie est déterminante, puissent obtenir le maximum de ce qu'elles peuvent espérer dans les limites du cadre mental, culturel, juridique que les hommes de leur communauté religieuse auront fixées. Ce féminisme est parfaitement décrit par Houria Bouteldja quand elle écrit: «J'appartiens, à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l'Algérie, à l'islam. J'appartiens à mon histoire et si Dieu veut, j'appartiendrai à ma descendance.» Elle écrivait avant: «Nous [les femmes] appartenons à notre communauté et nous l'assurons de notre loyauté.». En tant que femme et en tant que féministe, je n'appartiens à personne. C'est le B-A BA du féminisme. Celui-ci est détourné de façon à ce que les femmes non-blanches occupent la place que les hommes de la communauté leur assignent. Interrogeons nous sur cette indignation à géométrie variable. De tels propos tenus par des blancs feraient hurler ces féministes relativistes qui pourtant restent bien silencieuses quand ils sont tenus par des femmes non-blanches. Par respect de la diversité? Par grandeur d'âme? Par esprit de tolérance? Ou parce que trotte dans leurs esprits une conception misérabiliste du bon sauvage: «C'est comme cela que ces gens-là fonctionnent. C'est un passage obligé pour ces gens-là qui ne sont pas encore entrés dans la modernité.» Ce sont pourtant des femmes nées et scolarisées en France.

La cause des femmes est au cœur de l'actualité depuis l'affaire Weinstein et la polémique #BalanceTonPorc. Pourtant, la question de la violence qui touche les femmes dans certaines cités ainsi que celle de la pression exercée par l'islam est éludée du débat …

Il y a en effet un deux poids deux mesures. Ce féminisme dévoyé valorise les intérêts de la communauté religieuse, c'est-à-dire de ses leaders masculins aux dépens de la dignité des femmes. C'est ainsi que l'opposition de ces néoféministes à la pénalisation du harcèlement de rue s'entend: la souffrance des femmes est secondaire face au confort de ces hommes-là. La parole des femmes doit s'effacer devant l'impunité des hommes. Et les mêmes s'activent à balancer leurs porcs? Aussi longtemps et seulement si ceux-ci sont blancs? Toute religion a une structure patriarcale. C'est celle-ci qu'il faut combattre quand on se dit féministe. Quel que soit la religion. Mais avec les phénomènes de ghettoisation et la prime aux leaders les plus orthodoxes, c'est la forme la plus rétrograde de l'islam qui est valorisée. C'est une forme parmi d'autres. D'autres formes toutes aussi légitimes et authentiques existent. [...]

Quels sont les points communs entre ce néo-féminisme et le «néo-antiracisme indigéniste»?

Ils partagent la même vision racialisée des rapports sociaux. Ils ont le même ennemi: le mâle blanc occidental. Ils dénoncent la structure patriarcale de la République, mais s'accommodent fort bien voire célèbrent le patriarcat oriental. La culpabilité de classe et de race des néo-féministes sert de levier à l'offensive universitaire, médiatique, associative des indigénistes. Les deux courants idéologiques revendiquent une appartenance à la gauche, et pourtant les deux privilégient en toute circonstance l'hypothèse ethnique à l'analyse sociale de la lutte des classes. Ils portent une vision libertaire très libérale, qui vise à réduire la sphère d'intervention de l'Etat au bénéfice de la régulation sociale des leaders communautaires. Les premières sont les idiotes utiles, pardon les idiot.e.s utiles des seconds. Qui sont dans un racisme tout aussi révoltant que les identitaires.

Ces militants appellent cela «la convergence des luttes». Que signifie ce glissement intersectionnel?

Les indigénistes sont dans la même logique que les identitaires et les tenants du grand remplacement. Ils veulent grand-remplacer, à titre de dédommagement historique et ontologique quand les autres craignent d'être grand-remplacés. [...]

Mettre sur le même plan l'islam et la chrétienté serait une erreur historique, mais l'un et l'autre ont toute leur place en France. Factuellement il y a une antériorité chrétienne en France. Mais je ne m'égare pas dans la botanique, les souches sont pour moi des arbres morts. Rester dans le registre politique et historique est plus pertinent que de basculer dans celui de l'horticulture, qui sert ici à naturaliser l'identité. La prise en compte de cette antériorité ne fait pas de toutes et de tous les Français des chrétiens. Par la laïcité et les vertus républicaines d'une nation, par cette filiation politique, étanche à toute considération ethnique et biologique, souhaitée par les identitaires de l'extrême droite et des indigénistes de l'extrême gauche, nous embrassons cet héritage pour ce qu'il est: le signe que le monde existait avant nous, et que l'histoire ne commence pas avec nos revendications individuelles ou communautaires. C'est aussi le gage de notre liberté. Comme l'écrivait Rabaut Saint-Etienne: «On s'appuie sur l'histoire ; mais l'histoire n'est pas notre code.» Assumer cette histoire ne revient pas à la cautionner dans son intégralité, ni à vouloir la perpétuer.

«De culture arabo-musulmane, je n'ai jamais vu les compatriotes comme des ennemis héréditaires. Je n' ai pas grandi dans cette haine des autres et dans cette culture des miens. Mon pays est la France», écrivez-vous. Comment expliquez-vous la détestation que voue une partie de la jeunesse à la France?

Pour la majorité des descendants d'immigrés, c'est une détestation de façade. Leurs parents, enfants d'immigrés de la première génération ont tendance à entretenir leurs enfants dans un conflit de loyauté: le bled ou la France. Il suffit de discuter avec eux en évacuant toute sommation et toute alternative, pour qu'ils reconnaissent très vite qu'ils sont heureux de vivre en France. Heureux d'aller en vacances au bled, avec un pouvoir d'achat européen et le statut de touriste, mais heureux de vivre en France. Il faut faire verbaliser cet attachement à la France, sans quoi celle-ci apparait comme un guichet de prestations. Ce qui se traduit par un ultra-consumérisme antinomique avec l'identité de citoyens. L'attachement au pays s'apprend s'il s'enseigne. Avec une grande hypocrisie qu'il faut dénoncer: les mêmes qui crient au nationalisme mortifère quand il s'agit de la France, le célèbrent quand il concerne le pays d'origine. [...]