Nouvelles révélations autour du pape François

Henri Sire, auteur d'un ouvrage terrible sur les méthodes du pape, traduit par Jeanne Smits et en vente ici, vient d'effectuer de nouvelles révélations, traduites par benoît-et-moi. Extrait :

Couv-dictator-pope-4vdiff"[...] Tout aussi révélateur est un coup d’œil sur les proches confrères du cardinal Bergoglio à Buenos Aires. Le premier à considérer est Mgr Juan Carlos Maccarone, que Bergoglio a nommé évêque auxiliaire au début de son mandat, en 1999. En 2005, Mgr Maccarone fut limogé comme évêque par le pape Benoît pour avoir été filmé tandis qu’il avait un rapport homosexuel avec un prostitué dans la sacristie de la cathédrale. Pourtant, le cardinal Bergoglio le défendit publiquement, affirmant que le film visait à faire faire tomber l’évêque en raison de son engagement politique de gauche. Il convient de noter que Mgr Maccarone a déclaré que tout le monde était au courant de ses activités homosexuelles et qu’il avait été nommé évêque malgré elles.

Un autre ami et protégé du cardinal Bergoglio était Mgr Joaquín Mariano Sucunza, qu’il consacra évêque auxiliaire en 2000, alors qu’il savait que Mgr Sucunza avait été cité dans une affaire de divorce : il était en effet l’amant d’une femme mariée, dont le mari l’accusait d’avoir détruit son mariage. Mgr Sucunza a néanmoins poursuivi son ministère comme évêque auxiliaire et fut même désigné par le pape François comme administrateur diocésain de Buenos Aires en 2013, après l’élévation de Bergoglio à la papauté. [...]

Quand on considère les promotions de Mgr Maccarone et de Mgr Sucunza, on n’est pas étonné de voir qu’il ait été un ami du cardinal McCarrick, qui, dans les années qui ont précédé l’élection de Bergoglio, avait déjà été sanctionné par le pape Benoît XVI pour ses agressions répétées de garçons et de jeunes hommes mais qui n’en a pas moins pu jouer un rôle influent dans l’élection de Bergoglio. Il est tout à fait conforme à la manière d’agir de Bergoglio, que celui-ci, devenu pape, ait pris, comme alliés principaux, des prélats comme le cardinal Danneels, connu pour avoir couvert des actes de pédophilie en Belgique, et le cardinal Wuerl, dont le rôle aux États-Unis s’avère tout aussi trouble. [...]"


Un documentaire aux allures de propagande

De Bruno de Seguins Pazzis à propos du film Le Pape François, un homme de parole de réalisé par Wim Wenders, mais commandé et coproduit par le Vatican (!) :

Sans titreLe 13 mars 2013, le Cardinal de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio, devient le deux cent soixante sixième Souverain Pontife de l’Église Catholique. C’est le premier Pape originaire d’Amérique du Sud, le premier jésuite nommé Évêque à Rome, mais avant tout le premier chef de l’Église à avoir choisi le prénom de François d’Assise (1181-1226), un des saints catholiques les plus révérés, qui avait dédié sa vie à soulager les pauvres et éprouvait un profond amour pour la nature et toutes les créatures de la Terre qu’il considérait comme la mère suprême. Scénario : Wim Wenders, David Rosier. Directeur de la photographie : Lisa Rinzler. Musique : Laurent Petitgand.

Gia Santo !… Deux ans après son élection au siège de Pierre, le pape François avait déjà été le héros d’une hagiographie de son vivant réalisée par le cinéaste argentin Beda Docampo Feijoo, Le Pape François (Francisco, el Padre Jorge). Il s’agissait d’une biographie filmée (un « biopic » en langage barbare), couvrant la période de la jeunesse de Jorge Mario Bergoglio jusqu’à son élection par le conclave. On pouvait s’étonner qu’une biographie filmée puisse être réalisée du vivant de la personne. Mais ce n’est pas un cas isolé, même s’agissant d’un religieux. En effet, l’américain Kevin Connor signait en 1997, Mère Térésa : au nom des pauvres de Dieu (Mother Teresa : in name of God’s Poor) à partir d’un scénario auquel participa Dominique Lapierre. Mais lorsque le film sort le 5 octobre 1997, Mère Teresa est morte un mois auparavant après avoir retiré son « imprimatur » pour le scénario. Ici, il faut supposer que le Saint Père a donné la sienne. Ce film médiocre dressait un portrait sans nuances, exagérément flatteur et travestissant sous certains aspects certaines réalités (une confession décisive dans la vocation du jeune Jorge Mario alors que la confession est un sacrement revêtue du secret, des restitutions des conclaves de 2005 et 2013, alors que ceux-ci sont également revêtus de la plus stricte confidentialité). Bref, un film qui, sans remettre en cause la bonne foi des scénaristes et du réalisateur,appelait des réserves en raison de son caractère par trop commercial et hagiographique. Avec Le Pape François, un homme de parole, c’est une autre affaire. Réalisé par Wim Wenders, cinéaste de renommée internationale, largement récompensé par ses pairs (un petit échantillon :  Lion d'or à la 39eMostra de Venisepour L'État des chosesen 1982, Palme d’or, Prix de la critique internationale et Prix du jury œcuménique au 37eFestival de Cannes pour Paris, Texas en 1984, Prix de la mise en scène au 40eFestival de Cannes pour Les Ailes du désir en 1987, Grand prix du jury au 46eFestival de Cannes pour Si loin, si proche ! en 1993…) est ni plus ni moins qu’un film de commande. C’est en effet le service de communication du Vatican qui a proposé au cinéaste allemand de réaliser le film. Le générique l’atteste, qui indique parmi les organes de production le CTV (Centro Televisivo Vaticano). Le spectateur peut logiquement en conclure que le pape et ou le Vatican ont un message à communiquer.

Quel est donc ce message ?

De la biographie filmée, on passe ici au documentaire, ce qui permet au spectateur de voir le Saint Père dans différentes circonstances. Visiter des camps de migrants et des bidonvilles, se recueillir à Auschwitz, prendre la parole devant le congrès des Etats-Unis d’Amérique, à l’ONU ou encore à Yad Vashem. Mais aussi d’entendre le Saint Père sur des sujets qui semblent être ceux qui lui tiennent à cœur puisqu’ils constituent l’essentiel de ses propos face à la caméra, comme s’adressant directement et individuellement à chaque spectateur: la pauvreté dans le monde, le partage, la sauvegarde de la planète terre, l’immigration, autant de thèmes qui avaient fait l’objet de l’encyclique Laudato si en 2015. Le cinéaste rehausse habilement le propos en faisant un parallèle entre Saint François d’Assise et le message délivré par le Saint Père, allant vers la fin jusqu’à montrer quelques images du rassemblement à Assise, ce qui apporte une touche de syncrétisme religieux qui donne au film une ouverture vers un public très large.  S’ajoute à ceci, le fait que Wim Wenders ne prend que très peu de distance avec son sujet et ne fait pas dans la nuance, de sorte que ce qui se voulait un documentaire prend des allures de film de propagande. Au point que même dans le quotidien du soir, Le Monde (dont on pourrait attendre qu’il se satisfasse d’un propos aussi écologique et mondialiste), on peut lire sous la plume de Murielle Joudet : « (…) Le cinéaste allemand signe un véritable encart publicitaire à la gloire de l’homme d’église (…) Avec Le pape François, un homme de parole, le Vatican a certainement voulu redorer voire moderniser son image en s’offrant un cinéaste de renom (…) » (12.09.2018). Nul doute que cette impression est involontairement accentuée par la coïncidence peu heureuse de la date de sortie du film sur les écrans français et le grave et douloureux problème des scandales homosexuels internes à l’Eglise soulevé par Mgr Carlo Maria Vigano ! Ironie du sort, le prélat Mgr Edoardo Dario Vigano qui est un de ceux à l’origine de l’idée du film, n’est autre qu’un homonyme du précédent !  De surcroît, Mgr Edoardo Dario Vigano a dû démissionner il y a six mois pour avoir falsifié une photo d’une lettre du pape émérite Benoît XVI… Par ailleurs, ceux qui attendraient des éclaircissements sur les sujets d’actualités en resteront pour leurs frais. Le sujet étant effleuré avec l’interview accordé par le pape dans son avion et au cours de laquelle, parlant des homosexuels, il leur disait ce fameux « mais qui suis-je pour juger ? », ils n’auront aucun début de réponse à ces questions. D’une façon générale, dans ce message, il est question essentiellement d’écologie intégrale, jamais d’intégrité de la foi.

Wim Wenders sachant manipuler la caméra, composer ses images et surtout les monter (car ici beaucoup d’ente elles sont des images d’actualités et de reportages qui sont remontées), tout est fait pour séduire le spectateur, et gageons qu’ils seront nombreux à être charmés. Parmi les catholiques, les uns, des catholiques « inspirés », « émancipés » ou « conciliaires revendiqués » (comme les définit le sociologue Yann Raison du Cleuziou dans son étude «Qui sont les cathos aujourd’hui ?» Desclée de Brouwer) trouveront sans doute que le film restitue  la réalité, un pape qui leur convient, charitable, ayant un grand souci de toutes les formes de pauvreté et de l’avenir de la planète.  Les autres, des catholiques « observants » (toujours selon la même classification de Yann Raison du Cleuziou), c’est-à-dire des catholiques plus classiques, trouveront vraisemblablement le Pape qui leur est présenté tout à fait authentique et conforme à l’idée qu’ils s’en font, progressiste, révolutionnaire, en rupture avec la tradition. Mais parmi les uns et parmi les autres, au-delà des étiquettes assassines, ceux qui abordent la religion catholique avec un esprit de recherche d’équilibre entre Foi et Raison, auront sans doute beaucoup de difficultés à se reconnaître et pourront être gênés par la coïncidence de la sortie du film sur les écrans avec l’actualité des scandales dans l’Eglise et le silence impressionnant du Saint Père à leurs propos, un silence qui s’il devait se prolonger risque de devenir assourdissant et vient, quoiqu’il en soit, contredire le sous-titre du film, « Un homme de parole » !


S'opposer au cléricalisme? Oui, et surtout à ce «cléricalisme d'un seul»

Traduction par Jan Laarman d'un article de Douglas Farrow, professeur de théologie à McGill (Canada), sur The Catholic World Report :

Unknown-14Le Père Thomas Rosica [Canadien comme l'atour de l'article, NDMJ], assistant du service de presse du Vatican pour les pays anglophones, a récemment eu ces motsétonnamment francs:

« Le pape François rompt avec les traditions catholiques quand il le veut parce qu'il est exempt d'attachements désordonnés. Notre Église est en effet entrée dans une nouvelle phase: avec l'avènement du premier pape jésuite, elle est gouvernée par un individu plutôt que par l’autorité de l'Écriture seule, ou même par l’autorité de la Tradition plus les Écritures. »

Le propos se voulait à la fois flatteur et prophétique. François est le pape qui fait voguer l’Eglise au vent de l’Esprit, sans laisser les anciennes cartes et journaux de bord dicter son cours. Il est l’homme désigné par Dieu pour faire passer l’Eglise d'un cléricalisme lointain à une nouvelle relation plus libre avec le monde moderne, pour instiller en elle une « ouverture à l’avenir », pour lancer « un appel à avancer au large ». Peu importe si, comme certains le disent, ses méthodes et ses manières rappellent celles du péronisme. Selon le Père Rosica, ceux qui osent critiquer ce chef divinement choisi doivent faire pénitence et tenir leur langue.

Eh bien, puisqu'on doit être franc, permettez-moi de dire qu’on ne peut pas trouver d'exemple plus précis « d’attachement désordonné ». Cette mission de François ne ressemble pas à celle du successeur de ce Pierre, dont le seul mandat est de confesser le Christ et de garder les sacrements de l'Évangile, paissant le troupeau et confirmant ses frères. Il est plutôt présenté comme Jésus lui-même s'est présenté - celui qui est rempli de l'Esprit avec autorité sur les Écritures et la Tradition. Et cette idée, si on la prend au sérieux, est une hérésie des plus grossières.

Ce "cléricalisme d'un seul", si je puis dire, est une flagornerie du Père Rosica qui confond Pierre avec Christ. En outre, il reflète une confusion évidente chez François lui-même qui, en entendant cela, aurait dû déchirer ses vêtements et renvoyer Rosica. Peut-être, cependant, était-il trop préoccupé par ses propres efforts pour nous persuader d'avancer au large, « de nous ouvrir sans crainte, sans rigidité, pour être malléables à l'Esprit et pas momifiés dans les structures qui nous enferment ».

Oserais-je maintenant dire que, dans le contexte de la crise actuelle autour de l’éphébophilie, les paroles de François que je viens de citer, utilisées pour exprimer sa reconnaissance à José Tolentino Mendonça, un prêtre (maintenant évêque) qui ne s'est pas retenu de défendre la cause LGBT, prennent désormais un sens sinistre? On peut très bien imaginer ces mots utilisés pendant que l' «Oncle Ted» McCarrick câlinait de jeunes séminaristes.

Je ne doute pas que l’esprit de François était loin de cette référence! Mais rappelez-vous qu'il s'agit du pape qui, comme ses prédécesseurs, ne s'est pas simplement trompé en nommant des hommes au caractère douteux à des postes élevés, sous la pression d'autres hommes semblables de la bureaucratie vaticane. C'est le pape qui s'est délibérément entouré de tels hommes (dont les noms, absents ici, ont été nommés par quelqu'un en mesure de les nommer). C’est le même pape qui aurait levé les légères sanctions imposées par Benoît XVI à McCarrick et qui aurait, semble-t-il, suivi les conseils de ce dernier pour procéder à des nominations épiscopales majeures. C'est toujours le même pape qui, confronté à tout cela, a dit qu'il ne répondrait pas un mot, mais qui a clairement indiqué que les critiques, aussi graves soient-elles, ne sont que des semences de division, une "meute de chiens sauvages", qui cherchent à détruire la paix d'un homme de prière.

Le scandale McCarrick, admettons-le tous, n’est qu’un coup de vent dans l'ouragan qui entoure maintenant François et qui menace de faire chavirer à la fois son pontificat et la barque de Pierre. Si l'homme sur le pont ne répond pas, ce n'est pas parce qu'il est plongé dans la prière, comme le prétend le pape. C'est parce que le pont lui-même est maintenant rongé par les vers de la corruption sexuelle et financière. La cupidité et la convoitise, en particulier la convoitise homosexuelle, font à l'Église ce qu'elles ont fait ailleurs dans la société humaine - détruisant son sens même de l'orientation et sa capacité de distinguer la vérité de l'erreur, le bien du mal, l'innocent du coupable, la raison de la folie. Dans une telle situation, baisser la tête et écoper, écoper, écoper encore, comme le conseille Rosica, n’est pas une solution.

Alors, quelle est la solution? S'opposer au cléricalisme? Oui, et surtout ce «cléricalisme d'un seul» qui place le pape au-dessus de toute critique et de toute responsabilité. Cela ne suffira pas, mais ce sera un bon début. Car si le pape ne peut être soumis à aucune autorité terrestre, il reste soumis à l'autorité de Christ, dont il n'est nullement le seul dépositaire, ni, dans la plupart des cas, l'unique interprète.

Certains pensent que François montre des signes d'une personnalité désordonnée, comme sans doute David le pensait du roi Saül. Mais les jugements subjectifs de ce type, bien qu'ils soient plus pertinents dans un régime qui fait résider l'autorité dans la personne plutôt que dans la fonction, ne sont pas ici la question. Il est erroné de considérer François - ou tout pape - comme s’il était un roi comme Saül, un souverain absolu contre lequel il ne faudrait jamais lever la main, à part pour couper un bout de l'ourlet de son vêtement, de peur qu'on ne soit trouvé coupable de pécher contre l'Oint du Seigneur.

Le premier pape jésuite sera probablement le dernier. En tout état de cause, le modèle militaire d’obéissance voulu par Ignace de Loyola ne doit pas être transféré aux structures papales et institutionnelles de l’Église. L'espèce de modestie dont François a fait un spectacle ne devrait tromper. C'est comme s'il voulait briser ce modèle militaire par quelque chose de plus spontané, de plus charismatique, de plus franciscain (c’est-à-dire de plus laïc). C'est justement ce qui conduit à l'erreur de la personnalisation papale. De son inclinaison sur le balcon le soir de son élection à son « qui suis-je pour juger? », à son récent « faites-vous votre propre opinion », François a détourné l'attention de la juste autorité papale pour augmenter ou protéger son autorité personnelle - cette autorité si bien décrite par le Père Rosica.

À cette étape, consultons les cartes maritimes. Le canon 331 déclare:

L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre ; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement.

Cela ressemble certainement à de la souveraineté, mais à quelle sorte de souveraineté? En tout cas pas le genre de souveraineté personnalisée qui a la faveur de Rosica, ni même le genre de souveraineté politique que le peuple d'Israël avait en tête quand il a exigé qu'un roi soit nommé sur eux, pas plus que le genre militaire promu par Ignace de Loyola.

Notez bien ici que l'évêque de Rome est le vicaire du Christ, et non le vicaire de Dieu. Dieu n’a plus qu’un Vicaire, l’Homme-Dieu lui-même, qui est le véritable Chef de l’Eglise et son seul Souverain et Grand-Prêtre. Pierre exerce quelque chose de la souveraineté conférée par Dieu en Christ, car le Christ a à son tour investi en lui et dans ses successeurs, avec le collège apostolique, un pouvoir d’enseignement et une autorité juridique contraignante dans la vie quotidienne de l'Église. Mais Pierre n'est pas lui-même un souverain proprement dit. Il n'est qu'un régisseur, avec des responsabilités très spécifiques. C'était, et c'est une erreur, que ce soit par des titres, des coutumes, des lois ou des scrupules - et nous pouvons en effet contester certains de ces titres corrigés à juste titre par le Concile Vatican II - de le considérer comme s'il était autre chose, ou plus que cela.

N'avons-nous pas appelé l'Église "la barque de Pierre"? Oui, mais le génitif n'est pas un possessif. Si nous voulons le rendre possessif, nous devons nous référer à la barque du Christ. Rappelez-vous la fois où les Douze sont sortis en bateau avec le vent contre eux, alors que Jésus était aussi sorti - marchant sur la mer dans la tempête. Quand il les eut rejoints et qu'il fut monté dans le bateau, le vent et la mer et le bateau lui-même lui obéirent, bien qu'ils n'obéirent pas à Pierre ou aux Douze. Il y a une leçon dans tout cela. L'Église n'est la barque de Pierre que dans le sens où il est demandé à Pierre de rester vigilant sur le pont. Il n'est certainement pas invité à prendre la barre et à diriger le navire sur son propre chemin, imaginant que sa navigation est poussée par l'Esprit.

Alors, soyons francs. Mais laissons de côté les absurdités du Père Rosica. Si François fait ce que Rosica dit qu'il fait - et j'ai peur que ça soit difficile à nier - alors François ne remplit pas du tout les fonctions de son office pétrinien. Il conduit plutôt la barque sur les hauts-fonds. Il est grand temps que le reste des Douze (je parle bien sûr du collège apostolique) le dise, comme le font d'ailleurs ses membres les plus alertes. Cette tempête passera et l'air dans l'Église sera plus frais pour elle. La barque voguera et atteindra soudain sa destination. Mais les mâts brisés et les planches pourries doivent d'abord être remplacés ou réparés. Pour cela, il faut consulter à nouveau non seulement les cartes, mais aussi les plans du navire.


La Tactique du Diable

Texte reçu d'un prêtre ami :

Face à la « bombe Vigano », qu’il faudrait plutôt appeler la trompette apocalyptique « an-noncia-trice », tant le message fracasse certitudes, positions dominantes et fausses idoles… Elle secoue l’assoupissement de l’Église, en la personne de plusieurs de ses plus éminents responsables. Face à cette interpellation universelle, pour un redressement de la foi et des mœurs, en passant par le creuset de la difficile purification, au-delà même de la personne de l’auteur et des détails de ses accusations, au milieu du chaos et de la panique générale, au lieu d’un élan unanime d’union autour du désir de faire la vérité et de se ressaisir, à l’inverse un vent mauvais se lève… La réaction s’organise, eaux troubles où le démon va pouvoir, comme d’habitude, pêcher librement.

Sa tactique, telle qu’elle commence à se dessiner, porte sur quatre axes, en vertu du vieux principe que les meilleurs mensonges se drapent dans les plis de la vérité :

Images1. Confondre « pédophilie » et homosexualité (ou pédérastie). « Embrouillez-moi la question », disait l’autre. Mettre en avant de façon obsessionnelle une abomination réelle mais marginale, pour masquer la réalité concrète des faits majoritaires graves qui gangrènent le clergé catholique, c’est sa première tactique. C’est cacher la forêt grâce à l’arbre. Même les plus désireux d’aller dans la bonne direction, même ceux qui dénoncent à juste titre les connexions douteuses entre mauvaises mœurs et mauvaise théologie, s’y laissent prendre. Mais qui osera le dire comme le fit, en l’an mil, saint Pierre Damien, dans son Liber Gommorhus, ouvrage tellement explicite sur les mœurs invertis du clergé romain qu’il finira à l’Index ? Le diable aime les faux semblants, des demi vérités et la confusion, c’est son fonds de commerce. Il est le diviseur. Nous devons cesser d’entretenir cette confusion. Cette tactique trouve de nombreux complices chez ceux que terrorise l’idée de s’attaquer à la coterie gay, puissante et agressive. Résultat : double effet de sidération.

2. Donner le change, en prétendant trouver les fondements du mal dénoncé dans le « cléricalisme », en recyclant pour faire bonne mesure les vieux serpents de mer de l’ordination des femmes ou du mariage des prêtres, qui constitueraient des remèdes appropriés. C’est la tactique reprise par le journal La Croix. C’est un leurre plus subtil que le premier. Il relève de la tactique de l’obstruction : dévier le coup ou multiplier les objections secondaires. Un grand classique. Le quotidien est sûr ainsi d’attirer tous les nostalgiques de mai 68. Or, le mal n’est pas le cléricalisme, c’est le relativisme moral, contraire à l’Évangile, ayant entraîné la corruption d’abord des esprits, puis des mœurs, au nom de la tolérance et de la liberté ; c’est l’indulgence coupable vis-à-vis de l’homosexualité (et non des personnes à tendance homosexuelle) par conformisme envers les idées ambiantes.

3. Dénoncer un complot ourdi par les franges les plus réactionnaires du catholicisme, par esprit de vengeance ou d’ambitions déçues. MM. de Plunkett ou Le Morhedec, sont à la manœuvre en France, mais ne trompent personne. Nous n’avons pas encore eu droit à la thèse du complot russe (Poutine ou son complice le patriarche de Moscou), mais on va y venir très vite. La ficelle est grosse, mais efficace, si on y ajoute une bonne poignée de calomnies personnelles sur le « lanceur d’alerte ». En cas de panique, comme actuellement, tous les moyens sont bons. Tapez au plus bas pour déconsidérer moralement l’adversaire. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.

4. En appeler à l’unité, autour du pape (ou des évêques), contre les soi-disant diviseurs, ou laisser la résolution de la question à la « maturité des journalistes », parce que ce chaos blesse l’Église. C’est l’argument universel et perpétuel des autorités lorsque la marée critique commence à déborder. Cela évite de répondre à la question. Il a été servi au moment de la crise liturgique, depuis le début de celle des vocations, à chaque fois que nos pasteurs prenaient des positions contestables ou ne prenaient pas celles qui s’imposaient. C’est l’argument d’autorité : « je ne veux voir qu’une seule tête », qui sacrifie bien aisément la vérité sur l’autel du consensus. La « culture du déni et de l’obstruction », au nom de la désirable unité. Telle est l’ultime tactique du diable.

Pour conclure, la parole est donnée à l’archevêque de San Francisco, Salvatore Cordileone (cela ne s’invente pas : « Sauveur Cœur-de-lion ») :

« Les déclarations [de Mgr Vigano] doivent donc être prises au sérieux. Les rejeter à la légère ce serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction. Bien entendu, pour valider ses déclarations en détail, il faudra mener une enquête formelle, approfondie et objective… je me joins (à l’appel) d’autres évêques pour réclamer une telle enquête et prendre toute mesure corrective nécessaire, à la lumière de ses conclusions. »

Parce que nous aimons l’Eglise plus que jamais, nous ne demandons rien d’autre, Plus de commissions impuissantes, plus de repentances stéréotypées, plus de silence, plus d’obstruction, plus de faux-semblants. La vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Saint Pierre Damien, priez pour l’Église !


Transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau

D'Hubert Champrun dans Infovaticana :

Unknown-5"Huit jours après, voici quelques remarques inspirées à la fois par la lettre de Mgr Viganò et par les réactions à ce rarissime acte d’accusation formulé publiquement par un diplomate du Saint-Siège. Elles sont bien incomplètes. Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (Mt 23, 13-24). [...]

5. Viganò ne rapporterait que des faits invérifiables, des on-dit, des conversations privées… alors qu’il fait mention de rapports remis et archivés. Dire cela, c’est volontairement oublier ce qui est objectif. Les documents évoqués par Viganò existent – ou pas. Donc, si l’Église veut, elle peut les rendre public. Elle s’y est toujours refusé jusqu’à maintenant, se mettant ainsi, et de plus en plus lourdement à chaque fois, en défaut vis-à-vis des autorités civiles quand il était avéré que les reproches étaient fondés.

6. Benoît XVI n’aurait pas confirmé les dires de Mgr Viganò, contrairement à ce que certains journalistes ont prétendu : il ne les a pas non plus infirmés, contrairement à ce que certains journalistes ont prétendu. François non plus, d’ailleurs, ne les a ni confirmés ni infirmés. Il est piquant que ceux qui reprochent à Viganò d’extrapoler à partir de conversations privées extrapolent eux-mêmes à partir de silences privés et publics.

7. Viganò est de la caste de ceux qu’il dénonce et, à ce titre, serait aussi compromis que ses pairs… sauf qu’il est le seul à pouvoir être accusé des péchés de sa caste ! La Curie romaine est réputée être un nid de vipères, lubriques et avides. Du moins les ennemis de l’Église la présentent-ils comme telle, ne reprenant bien souvent que ce que l’Église elle-même dit et révèle : en effet, les trois ou quatre derniers papes, François compris, l’ont laissé entendre et l’ont dénoncé. Benoît XVI et François ont même fait de la réforme de la Curie l’un des chantiers de leurs pontificats. François avait soulevé un grand espoir, notamment en pointant du doigt la corruption et en expliquant fort bien qu’il s’agissait de l’habitude au péché. Force est de constater que, au bout de cinq ans, son bilan est si faible que même ses partisans, comme ici Henri Tincq, le déplorent. Ce point est important car les accusations du nonce Viganò sont censées être sujettes à caution :
• au motif qu’il est dévoré d’ambition : or, précisément, il a 77 ans – les soutiens de McCarrick étant, eux, bien plus en position de gagner de nouveaux honneurs et un surcroît de pouvoir, comme le cardinal Cupich, 69 ans, nommé archevêque de Chicago et cardinal par François ;
• au motif qu’il a appartenu à la Curie : or, précisément, il en a été chassé après avoir dénoncé d’autres prévarications ;
• au motif que sa lettre ouverte ne respecte pas les formes d’obéissance convenables : or, précisément, quand le scandale implique toute la hiérarchie, le devoir de dénonciation consiste-t-il à se contenter d’avertir la hiérarchie (chose que Viganò a faite) puis à ne plus rien faire (chose à laquelle il n’a pu se résoudre) ou à porter l’affaire sur la place publique ?
• au motif qu’il serait un sournois adversaire politique et religieux du pape François : or, précisément, dans ses précédentes oppositions, il a respecté les formes d’expression – ce qui n’a pas empéché François de n’y répondre que par le silence ;
• au motif que McCarrick n’aurait pu être préalablement puni par Benoît XVI puisqu’il ne respectait pas les conditions de sa supposée punition (abstention de célébrer en public, etc.) : or, précisément, Benoît XVI n’a-t-il démissionné parce qu’il répugnait à exercer son autorité (qui s’arrêtait aux portes de son bureau, comme il l’a dit), une autorité dont il voyait qu’elle était constamment bafouée sur tous les plans ? Il suffit de penser au fameux « à Rome le pape fait ce qu’il veut mais, ici, je suis pape dans mon diocèse » de nombre d’évêques au moment du motu proprio Summorum Pontificum sur la liturgie traditionnelle ; on sait néanmoins aujourd’hui que les sanctions privées évoquées par Viganò, et d’abord présentées par ses adversaires comme une méchante élucubration, ont bel et bien été prononcées, transmises – et ignorées ;
• au motif qu’on l’a vu être aimable avec McCarrick dont il connaissait pourtant et les fautes et les sanctions dont il était supposé avoir été frappé : il apparaîtrait, aux yeux des observateurs innocents des mœurs ecclésiales, qu’à un certain niveau de la hiérarchie on pratiquerait diplomatiquement la dissimulation au lieu d’insulter en public ? C’est en effet stupéfiant. Il leur reste à nous expliquer que McCarrick est innocent puisqu’il n’a pas lui-même confessé en chaire ses exactions ;
• au motif que Viganò aurait lui-même couvert un scandale sexuel : outre le fait qu’il a réfuté ces accusations mensongères, outre le fait que sa prétendue dissimulation était sans commune mesure avec l’objet de sa dénonciation, il est inquiétant que dans une affaire d’Église on puisse écarter celui qui dénonce le scandale au motif qu’il n’est pas lui-même un modèle de vertu, et qu’on s’acharne plus à enquêter sur sa personnalité que sur ce qu’il dénonce, traitant son exigence de vérité comme un despote au pouvoir traite ses opposants. Les rapports entre chrétiens ne sauraient tomber au niveau de ceux qui caractérisent la vie politique ou médiatique…
Le seul motif qu’on n’invoque pas, c’est la rigueur implacable de François en la matière. Effectivement, elle ne peut être invoquée puisque François a donné des exemples de sa miséricorde en la matière, en commençant par Mgr Ricca, qu’il a choisi et confirmé comme homme de confiance auprès de l’IOR en dépit de sa vie en couple homosexuel lorsqu’il était en poste en Uruguay, voire de sa cécité obstinée comme dans le cas de Mgr Barros, nommé évêque d’Osorno au Chili en 2015 en dépit des protestations publiques, et défendu sans sourciller pendant près de trois ans.

8. Un dernier motif invoqué peut se résumer ainsi : « rien à foutre ». Le cardinal Cupich a ainsi expliqué que le pape a autre chose à faire que de s’intéresser aux allégations de Viganò : parler de l’environnement et protéger les migrants. Le fait que la parole du pape et de l’Église (qui a commencé avant François et, vraisemblablement, continuera après lui) puisse être moins audible du fait des scandales n’a pas l’air d’éveiller l’attention de Cupich. Il n’a pas l’air de saisir que dix et vingt ans de scandales incessants ont gravement entamé la crédibilité de l’Église, et que le spectacle d’une cacophonique pétaudière n’encourage pas à écouter les graves appels à la frugalité énergétique (certes nécessaires, mais d’autres personnes, aussi autorisées que l’Église, en expliquent déjà la nécessité). [...]

L’Église dissimule. C’est sa culture. Et c’est souvent un rempart : du secret de la confession aux persécutions forçant à la clandestinité, l’ordre divin n’est pas l’ordre humain. De la Rome antique à la Chine d’aujourd’hui, en passant par la France de la Terreur, de nombreux régimes ont su montrer à l’Église qu’ils entendaient qu’elle se soumette, et qu’elle soumette ses fidèles à l’État. Mais cette culture de la dissimulation est aussi la culture des puissants, qui n’entendent pas être jugés selon la morale ordinaire, et la culture des partisans, qui considèrent que le bien du Parti justifie qu’on protège les partisans, quelques méfaits qu’ils aient pu commettre. Mgr Viganò fait partie de cette Église et, en tant que diplomate, chez lui, la culture du secret se double d’une nécessité, d’un impératif professionnel. Il s’est senti triplement affranchi de la nécessité du silence à cause de la lenteur de l’institution à se corriger, à cause des postes d’autorité – et donc de la situation d’abus d’autorité – qu’occupent ceux qu’il dénonce, enfin à cause de sa mort toujours plus prochaine. Ses adversaires font partie de la même Église et, pour au moins l’un d’entre eux, McCarrick, ont donné la preuve de leurs capacités de dissimulation. Là, plus question d’ordre divin. Les dénégations des adversaires de Viganò sont elles aussi à jauger en fonction de cet habitus de dissimulation. Qu’un des accusés, Wuerl, explique que son accusateur, Viganò, ment, est-ce vraiment une preuve apportée pour confirmer ou infirmer le mensonge ? Non. Ceux qui sont en place se défendent.

Sur le pape

11. Relayer ce que dit Mgr Viganò, ce n’est ni attenter à l’honneur de l’Église, ni attenter au pape. L’honneur de mon Église c’est que je puisse lui dire à voix haute qu’elle erre. Je le dis à ma place, comme tant d’autres avant moi, y compris de bien plus grands et de bien plus saints, de bien plus autorisés et de bien plus compétents. Mon Église ne peut exiger de moi que je me taise au motif du tort que je lui ferais, car ce sont ses mauvais pasteurs et son silence qui ont causé les plus grands troubles. Quant à l’honneur du pape, c’est lui qui en fixe les conditions, de même qu’il a fixé les conditions de l’honneur de ceux qu’il a condamnés et de ceux qu’il a épargnés. Le pape François aussi a des adversaires envers qui il a usé de son autorité légitime, ignorant Mgr Léonard, destituant Burke et renvoyant Müller, autrement dit exerçant facilement et à bon droit son autorité sans jamais, par ailleurs, expliquer ses décisions, jetant ainsi la suspicion sur les prélats concernés alors que ceux-ci n’ont jamais dévié ni doctrinalement ni moralement.

12. Enfin, le pape choisit qui il veut pour mener sa politique, y compris des êtres faillibles, car on ne conduit pas une société comme l’Église uniquement avec des saints. Ils sont rares les évêques et les papes à avoir été canonisés – même si Benoît XVI et François semblent avoir décidé de vouloir canoniser presque tous leurs prédécesseurs. Mais en même temps, comment un pape peut-il simultanément s’appuyer sur des planches pourries (McCarrick n’étant que la dernière en date) tout en dénonçant régulièrement les maladies spirituelles voire les péchés du clergé et de ses cardinaux, dont il a dressé en 2014 le catalogue précis ? Lui aussi est et sera jugé à l’aune des vertus qu’il proclame."


Suite au témoignage de Mgr Vigano, la réaction très... cléricale de l'entourage du pape

Sur Causeur, Richard de Sèze analyse les réactions suite au témoignage de Mgr Vigano :

Unknown-4"[...] La presse, à qui François a demandé de faire son métier, s’est appliqué à le faire avec l’intelligence sur laquelle tablait François : puisque c’est un réactionnaire qui dénonce le scandale et implique ce pape progressiste, attaquons le réactionnaire et n’inquiétons (pour le moment) ni ce bon pape ni ses soutiens progressistes (lorsque Jean-Paul II et Benoit XVI régnaient, papes réputés réactionnaires, il était tout aussi nécessaire et moral d’attaquer sans relâche l’Église et de faire remonter chaque manquement individuel jusqu’au pape). Une partie des gazettes catholiques se signale par son zèle à discréditer Vigano (qui se défend bien, hélas), selon ce saint principe qu’au nom de la défense de l’institution il faut considérer tous les possibles fautifs comme innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit définitivement établie, et tous les dénonciateurs comme de fieffés menteurs jusqu’à ce que la réalité de leurs dénonciations soit absolument établie. Vigano est donc calomnié et diffamé, d’une part, et d’autre part le Vatican aligne, avec une charmante ingénuité, la liste des soutiens de François : on se croirait dans un film américain avec le décompte angoissant des voix des sénateurs favorables à un projet de loi.

Il faut ajouter que ce que dénonce Vigano a en fait tout pour plaire : il affirme que les hauts dignitaires de l’Église, les responsables de la nomination des évêques et des cardinaux, ceux qui ont la charge du recrutement et de l’éducation des prêtres, sont des personnes pour qui la chasteté est un vain mot et l’homosexualité un amour de similitude. Autrement dit, Vigano dénonce la lente mais certaine constitution d’une Église dirigeante qui va bientôt pouvoir trancher avec le prétendu ordre moral moisi prétendument défendu par l’Église (moisie). On voit mal pourquoi la presse-pas-moisie s’empresserait d’accabler François et ses soutiens.

Dans cette affaire, la presse, François et ses soutiens ont donc tous une approche politique du problème des agressions sexuelles homosexuelles à variante parfois pédophiles – la même approche politique qu’ils reprochent à Vigano (mais lui, c’est pas pareil). Tous. Pas un, Cupich en tête, qui considère que révéler une vaste entreprise de harcèlement et d’agressions mérite mieux que de dénoncer le caractère réactionnaire du lanceur d’alerte, de réduire toute l’affaire à une seule et méchante querelle de personnes (au mieux Vigano est un raté, au pire il tente un putsch). L’Église répond à l’interpellation en considérant qu’il ne s’agit que d’une attaque personnelle contre François. Sa réponse est doublement personnalisée, dénonçant les tares de Vigano (fourbe, menteur, ambitieux) et exaltant les vertus de François, à titre personnel et en tant que souverain pontife. Attitude évidemment très cléricale, péché que François dénonce facilement chez ses adversaires. Mais ne considérer que Vigano et mépriser ses accusations, c’est oublier les victimes et la nature clanique de leurs agresseurs.

Parce qu’enfin, il est là, le vrai problème : dans le fait qu’une caste, une fois de plus, et une fois de plus dans l’histoire de l’Église, s’arroge le droit d’opprimer et d’agresser les fidèles. D’opprimer et d’agresser les fidèles. C’est de cela qu’il s’agit. Ce scandale que dénonce Vigano, ce serait d’abord une histoire gravissime d’abus d’autorité médités, organisés, en réseau et couverts. Il ne s’agit pas d’expliquer, pour rendre justice à la chose, que l’Église ferait mieux de parler d’autre chose que de fesses (et certainement l’Église a d’autres choses à dire – même si notre époque paraît avoir un sérieux problème de fesses). Le scandale Clinton n’était pas ses relations avec sa stagiaire mais le fait qu’il ait menti devant la justice de son pays. Le scandale McCarrick n’est pas ses inclinations homosexuelles mais le fait qu’il ait constamment cédé à la tentation, constamment manqué à la chasteté, constamment mené une vie de débauche organisée et constamment fait en sorte que rien ne lui soit reproché. Que Vigano soit à la fois indigné et politique, oui : doit-on pour autant oublier les causes de son indignation ? Non.

Mais l’Église, aidée par la presse, est bien prête à oublier (nonobstant des réactions nombreuses en faveur soit de Mgr Vigano, soit en faveur de la vérité des faits qu’il dénonce, soit en faveur d’une véritable enquête). Sur la vérité fondamentale des faits, McCarrick a enfin été sanctionné par François (et les sanctions qu’aurait prononcées Benoit XVI à son égard, et qu’il n’aurait pas suivies, ne sont plus présentées comme une folle forgerie de Vigano). Pour cette affaire comme pour d’autres, François finit par sanctionner en y mettant toute la mauvaise grâce possible, sous prétexte de miséricorde, au nom du pasteur qui va chercher la brebis perdue. C’est d’ailleurs la lenteur de ses condamnations, la route tortueuse qu’empruntent ses sanctions, que Vigano dénonce. Ce pape, qu’on sait prompt à condamner et roide dans ses condamnations, est, en ces matières, et quand il s’agit d’un clergé acquis à sa pastorale, d’une lenteur si prudente qu’on le croirait immobile.

Venons-en aux dernières réactions : celles des fidèles. Les uns sont écœurés, les autres ne veulent considérer que le plus grand bien de l’Église. Ceux qui ne veulent que le bien de l’Église ont entonné un hymne curieux et touchant (et prodigieusement irritant). On nous dit qu’attaquer le pape c’est attaquer toute l’Église, que se faire le relais des choses qui l’accablent c’est l’accabler soi-même, on nous dit qu’il faut pardonner, on nous dit que l’amour est plus fort, bref on nous engloutit ou dans l’oubli ou dans une obéissance servile à des clercs qui incarneraient mieux que nous l’Église. Le pardon, oui, mais en quoi le pardon (et les demandes de pardon qui se multiplient et finissent par devenir, en fait, des absolutions…) émancipe-t-il les coupables de répondre de leur faute ? Pardonnons-leur et aidons les victimes dans leur quête de justice. Voilà qui est charitable. Ou notre charité ne devrait-elle choisir de s’exercer que pour les coupables et non pour les victimes ? Et cette charité qui voudrait qu’on n’examine rien, qu’on n’agisse pas, qu’on détourne le regard, cette charité si hiérarchisée serait une manifestation d’amour divin ?

Quant au bien que peut faire l’Église, il se fait par ses fidèles et par ses clercs. Comment Mgr Cupich croit-il qu’est reçue la parole des fidèles et des clercs ? Pense-t-il vraiment faire rayonner l’Évangile en expliquant que les petits, les humbles et les faibles, les affaiblis, les humiliés et les rapetissés ne sont que poussières aux yeux d’un Vatican tout enflé de grandes pensées sur l’environnement et la migration ? Croit-il que nous aurons une incroyable audience en tant que catholiques quand nous prendrons la parole ? Ou compte-t-il que nous n’annoncions plus rien que le nouvel Évangile du tri sélectif en laissant de côté tout ce qui sent un peu fort, le Christ en premier lieu ?

[...] Nous refusons donc que la hiérarchie nous évince en exigeant obéissance, soumission, discrétion et esprit de charité, se réservant le droit de se juger elle-même et de méjuger ou déjuger les victimes jusqu’à ce que la justice civile se charge de leur rendre justice. Nous refusons l’Église des clercs cléricaux. Il nous semble que l’honneur de l’Église est mieux dans nos mains, quitte à ce que ce combat soit une lutte décevante. Il nous semble que nous savons mieux qu’eux défendre les pauvres honneurs des maisons paternelles que nous habitons."


Le témoignage de Mgr Vigano : un message important sur les risques d’une infiltration homosexuelle

Aline Lizotte fait son travail de journaliste et, à partir des faits, interroge :

Images"[...] comment des dispositions aussi claires et obligatoires n’ont-elles pas été suivies d’actes ? Monseigneur Viganò prend son poste de nonce le 19 octobre 2011 et, lors du premier entretien qu’il a avec le cardinal Theodore McCarrick, il lui répète les dispositions auxquelles Benoît XVI lui aurait demandé d’obéir. Le cardinal s’en étonne, admet qu’il a peut-être dormi dans le même lit de quelques séminaristes et que, de toute façon, cela n’a aucune importance. Ce qui signifie en clair : pourquoi et comment a-t-il pu passer outre aux demandes de Benoît XVI ? C’est la deuxième révélation du témoignage de Carlo Maria Viganò, et elle porte sur un certain fonctionnement de la Curie.

En 2000, le nonce Montarlo envoie un rapport au secrétaire d’État, qui est alors Angelo Sodano, et qui le sera jusqu’en 2006. Ce rapport est appuyé, comme on l’a vu, par le Père Ramsey. Or rien ne bouge, et ce qui fait bouger Benoît XVI, c’est la supplique de Richard Sipe. Ce qui signifie que, probablement, la secrétairerie d’État n’a rien transmis au pape. On sait plus ou moins clairement aujourd’hui que Sodano aurait essayé de protéger Maciel, lequel – comme que le révéla à l’époque le National Catholic Reporter – l’aurait pourvu d’aide financière… Pourquoi n’en aurait-il pas fait autant pour Theodore McCarrick et pour la même raison ? Il suffit qu’un maillon soit inopérant pour que toute la chaîne se brouille. Il est toujours possible de dire que l’on ne sait pas, que l’on n’a jamais su, que l’on ne voit pas, quand aucune information n’est formellement transmise. C’est plausible, mais impossible à prouver.

C’est là où les arguments de Carlo Maria Viganò faiblissent, non parce qu’ils sont faux, mais parce qu’ils ne sont que vraisemblables et que, comme tels, ils ne sont que des présomptions. Il faudrait un véritable procès que l’on sait si bien faire dans le civil, mais qu’il est impossible de réaliser dans l’Église sans l’accord explicite du pape, qui est l’unique sujet absolu et suprême des trois pouvoirs de gouvernement : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Encore faut-il que le pape soit informé et que, même informé, on lui obéisse !

La troisième chose dont Carlo Maria Viganò veut nous faire prendre conscience concerne l’attitude du pape lui-même. Il y a traditionnellement à Rome une réunion des nonces. Le 21 juin 2013, le pape François reçoit tous les nonces, en la première année de son pontificat. Le nonce de Washington s’y rend, comme il convient, et découvre une longue amitié de Theodore McCarrick avec Jorge Bergoglio. Au début de la rencontre, l’archevêque de Washington rencontre, au tournant d’un couloir, Theodore McCarrick, qui lui annonce fièrement qu’il est envoyé par le pape en Chine. La phrase est provocante ; elle signifie que François ne tient aucun compte des dispositions de Benoît XVI le concernant. Il a la confiance du pape ; la preuve, il l’envoie en Chine ! Or Theodore McCarrick ne devrait pas voyager ! Après l’entretien officiel, chaque nonce se présente au pape. Carlo Maria Viganò est le dernier et se présente comme nonce à Washington. Il s’entend dire par François : «Les évêques des États-Unis doivent être des pasteurs et non des idéologues.» Phrase surprenante, pour laquelle le nonce demandera des explications au pape dans un entretien personnel accordé plus tard.

Le pape reprend : «Oui, les évêques aux États-Unis ne doivent pas être des idéologues, il ne doivent pas être de “droite” comme l’est l’évêque de Philadelphie ; ni de gauche, et quand je dis de “gauche”, je veux dire homosexuels.» Devant cette phrase sibylline, le nonce se tait, mais en profite pour dire qu’il ne savait pas quelle était l’amitié qui unissait Bergolio et McCarrick, mais qu’il y avait un dossier lourd décrivant son activité de corruption de la jeunesse. François ne bouge pas et ne fait aucun commentaire et n’interroge pas sur le contenu du dossier. Pour lui, était-ce une révélation ou connaissait-il bien la situation ? Nul ne le sait et nul ne peut le dire. Mais ce que comprendra plus tard le nonce apostolique, c’est que les mots qu’il s’était entendu dire sur les évêques américains «qui doivent être des pasteurs et non des idéologues» venaient en fait de Theodore McCarrick et manifestaient son opposition aux nominations par Benoît XVI de certain sièges épiscopaux tels que Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco. Si l’on est attentif aux faits, on peut voir aujourd’hui d’où viennent les soutiens et les critiques qui émergent comme une marée contre Viganò et ses révélations.

Que valent donc les révélations de Carlo Maria Viganò ? Les premières sont des faits incontestables : Benoît XVI a fini par apprendre la nature des actes de Theodore McCarrick et, sans tergiverser, il a fait ce qu’il fallait faire : lui ordonner de quitter toute tâche apostolique et de se retirer dans un monastère pour prier et faire pénitence. C’est aujourd’hui ce que l’on impose à tout jeune prêtre pour lequel il n’y a qu’un soupçon vraisemblable d’actes inappropriés. Or pour l’ex-cardinal Theodore McCarrick, il y avait plus que des soupçons d’actes inappropriés, il y avait de véritables accusations, plusieurs, et de plusieurs sources. Cependant, Theodore McCarrick n’est pas le petit prêtre d’un village obscur qui n’a pour se défendre que sa bonne foi. Il est un homme riche et très influent, et son influence, il l’a longuement cultivée. Comment a-t-il pu soumettre tant de personnes à son jeu ? Et quels ont été les motifs pour lesquels ces personnes ont accepté de couvrir ses actes ? Nous ne le saurons sans doute jamais, car pour le savoir, il faudrait un vrai procès canonique, lequel n’aura sans doute jamais lieu étant donné l’âge du suspect. De plus, s’il avait lieu, ces procès sont secrets. Mais avons-nous besoin de le savoir ?

Pour le moment nous pouvons accepter de penser que Carlo Maria Viganò est un homme intègre, loyal, courageux et compétent. Telle est l’opinion que ceux qui le connaissent bien ont de lui. Nous pensons que ce qu’il dit est vrai. Et nous le pensons en raison de son intégrité. C’est cette intégrité que l’on attaque actuellement, et on l’attaque à coup de boutoir de haine et de violence. Il est devenu dans la Presse (voir notre Revue de presse) le «salaud» qu’il faut descendre à tout prix. Il faut le discréditer radicalement, qu’il ne puisse plus dire un mot, qu’il soit interdit de parole à tout jamais. C’est peut-être une preuve que ce qu’il dit pourrait être vrai et que cela fait mal.

Pourquoi Carlo Maria Viganò a-t-il écrit ce qu’il a écrit ? Après tout, homme cultivé, ayant terminé sa carrière, à l’aise matériellement, il pourrait bien se retirer quelque part en Italie, où il fait si bon vivre. Mais Viganò ne pense pas comme cela. Il veut nous faire entendre un message et un message urgent : l’Église catholique est menacée par le mouvement homosexuel et non par la pédophilie. Car, contrairement à ce que l’on répand, Carlo Maria Viganò ne confond pas pédophilie et homosexualité, loin de là. Les agressions sexuelles dont il parle et qu’il reproche à Theodore McCarrick de les avoir commises sont des actes homosexuels – à notre connaissance les séminaristes ne sont pas des enfants dépourvus des signes de la puberté –, des actes qui, pour lui, n’ont pas d’importance ! À l’heure actuelle, dans l’Église, ne cherche-t-on pas a faire admettre l’opinion que l’homosexualité est de même nature que l’hétérosexualité, car ces tendances auraient les mêmes sources : la recherche de la tendresse et une satisfaction modérée de la sensualité. Alors que la pédophilie se rapprocherait de l’abus d’autorité !

Le cardinal Cupich se bat pour dire que le vrai problème, c’est le cléricalisme défini comme un abus d’autorité et portant en lui-même la tendance pédophilienne. Car, pour lui, ce qui définit le pédophile, c’est le besoin de dominer, c’est le fort contre le faible ! Au contraire, ce qui définit l’homosexualité, c’est la recherche naturelle égale et non dominatrice de la la tendresse, et le réconfort d’une amitié avec son semblable (same sex). Il faudrait réhabiliter l’homosexualité ! Rien que cela ! Sous l’influence du Père James Martin, s. j., qui vient d’être nommé consultant au Service de la Communication, faudra-t-il changer le texte du Catéchisme et, au lieu d’appeler l’acte homosexuel un «grave désordre», l’appeler maintenant, un «ordre différent» ?

Certes, Carlo Maria Viganò a renoncé à tout retranchement en désignant trop de personnes connues à la Curie et dans l’entourage du pape, comme emprisonnées sous l’influence des réseaux homosexuels. Parle-t-il dans le vent, sans connaissance de cause ? Il ne faut pas oublier qu’il a été gouverneur de la Cité du Vatican et qu’il connaît plus de personnes que nous ne pouvons le penser et vu plus de situations délictueuses que nous ne pouvons l’imaginer. Seulement, comme il n’apporte pas de «preuves» – et, pour qu’il y en ait, il faudrait une enquête ou des enquêtes canoniques serrées et un vrai procès ecclésiastique –, il prête le flanc à la démolition haineuse et violente. Mais si personne ne fait attention à l’alerte qu’il donne, où irons-nous ? Jusqu’à hisser un jour le drapeau du LGBT aux mâts du Vatican ?

Prendre connaissance de ces nouveaux faits, ce n’est pas percevoir un nouvelle réalité, un nouveau problème. Il y a, surtout dans la littérature américaine catholique, de nombreux auteurs qui multiplient les mises en garde contre l’infiltration de l’homosexualité dans l’Église et ailleurs, que l’on pense à Janet Smith, à Judith Reisman, à Richard Spite, au Père Enrique T. Rueda (The Homosexual Network, The devin Adair Compagny, Connecticut, 1982). [...]"

En attendant, le déballage se poursuit. Selon le vaticaniste Sandro Magister, le Pape aurait également couvert Mgr Ricca, en le promouvant à la direction de l’IOR (la “banque vaticane”) qui, lui aussi, est connu pour être un membre de la mafia LGBT. Plusieurs personnes auraient alors alerté le Pape sur les antécédents du sulfureux personnage, mais en vain (Sandro Magister lui-même avait déjà écrit un article sur lui, dès juillet 2013, intitulé sans ambiguïté: “Le prélat du lobby gay“).


Mgr Chaput demande un synode sur l’épiscopat

Lu ici :

Unknown-18Dans le contexte de la gravissime crise des prédateurs sexuels cléricaux, Mgr Chaput, archevêque de Philadelphie, a demandé publiquement au Pape un report du synode sur la jeunesse, au motif que, dans le contexte de la crise actuelle, les évêques ne seraient absolument pas crédibles pour s’adresser à la jeunesse. A la place, il demande un synode sur l’épiscopat – ce qui ne pourrait certes pas nuire à la qualité du gouvernement de l’Eglise!


Terres de Mission : Les scandales sexuels aux Etats-Unis secouent l’Eglise

Le 14 août dernier le procureur de Pennsylvanie rendait public un rapport dénonçant les abus sexuels commis par des prêtres et dissimulés par leur hiérarchie pendant 70 années. 300 prêtres sont accusés d’avoir commis des abus sexuels sur plus de 1 000 personnes. En réaction le 20 août, le pape François publiait une lettre au peuple de Dieu dénonçant le… cléricalisme. Le 25 août était rendu public un texte de Mgr Vigano, ancien nonce aux Etats-Unis, dénonçant les hautes protections dont aurait bénéficié pendant des années le cardinal MacCarrick, démissionnaire en juillet de sa charge cardinalice. Il demande ni plus ni moins que la démission du pape François, coupable à ses yeux d’avoir couvert ces ignominies. Daniel Hamiche, administrateur du blog Riposte catholique, analyse ces faits.


Mgr Carlo Maria Viganò voulait-il devenir cardinal ?

Suite à l'impressionnant témoignage de Mgr Vigano, la stratégie de certains est de taper sur l'auteur. Ce qui finira par se retourner contre eux... En effet, Mgr Vigano n'a pas l'intention de se laisser faire. Le journaliste Aldo Maria Valli l'a interrogé pour faire le point sur les différentes accusation qui courent contre lui. Riposte catholique l'a traduit

Vigano2Monseigneur, comment allez-vous?

Grâce à Dieu, je vais très bien, avec beaucoup de sérénité et une conscience en paix – c’est la récompense de la vérité. La lumière surpasse toujours les ténèbres. Elle ne peut pas être supprimée, en particulier pour celui qui a la foi. Par conséquent, j’ai beaucoup de foi et d’espérance pour l’Église.

Comment jugez-vous les différentes réactions à la publication de votre mémoire?

Comme vous le savez, les réactions sont contradictoires. Il y a ceux qui ne peuvent pas cesser de chercher des endroits où puiser du poison pour détruire ma crédibilité. Quelqu’un a même écrit que j’avais été hospitalisé deux fois avec un traitement obligatoire (TSO) pour usage de drogue. Il y a ceux qui imaginent des complots, des complots politiques, des complots de toutes sortes, etc. Mais il y a aussi beaucoup d’articles appréciant mon mémoire, et j’ai eu la chance de voir des messages de prêtres et de fidèles qui me remerciaient car mon témoignage avait été pour eux une lueur d’espoir pour l’Église.

Que répondez-vous à ceux qui, ces jours-ci, objectent que vous devez avoir des motifs de rancune personnelle contre le pape et que c’est pour cette raison que vous avez décidé d’écrire et de faire circuler votre mémoire?

Peut-être parce que je suis naïf et habitué à toujours penser du bien des gens – mais je reconnais en fait que c’est principalement là un cadeau que le Seigneur m’a donné –, je n’ai jamais eu d’esprit vengeance ou de rancœur durant toutes ces années où j’ai été mis à l’épreuve par tant de calomnies et de mensonges prononcés contre moi. Comme je l’ai écrit au début de mon témoignage, j’ai toujours pensé que la hiérarchie de l’Église aurait dû trouver en elle-même les ressources nécessaires pour guérir toute la corruption. Je l’ai également écrit dans ma lettre aux trois cardinaux désignés par le pape Benoît pour enquêter sur l’affaire Vatileaks, une lettre accompagnant le rapport que je leur ai remis. « Beaucoup d’entre vous, ai-je écrit, savaient, mais sont restés silencieux. Au moins, maintenant que Benoît XVI vous a confié cette mission, vous aurez peut-être le courage de rapporter avec précision ce qui vous a été révélé à propos de tant de situations de corruption. »

Pourquoi avez-vous décidé de publier et de diffuser votre témoignage?

J’ai parlé parce que, plus que jamais, la corruption s’est étendue aux plus hauts niveaux de la hiérarchie de l’Église. Je demande aux journalistes : pourquoi ne demandez-vous pas ce qui est arrivé aux documents secrets qui, comme nous l’avons tous vu, ont été remis au pape François par le pape Benoît XVI à Castel Gandolfo? Était-ce entièrement inutile? Il aurait suffi de lire mon rapport et la transcription de ma déposition devant les trois cardinaux chargés d’enquêter sur l’affaire Vatileaks (Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi) pour commencer à nettoyer la curie. Mais savez-vous ce que le cardinal Herranz m’a dit quand je l’ai appelé de Washington, inquiet de ce que tant de temps se soit écoulé depuis que la commission d’enquête avait été nommée par le pape Benoît et que personne ne m’ait encore contacté ? Nous parlions ensemble et je lui ai dit : « Ne croyez-vous pas que peut-être, moi aussi, j’aurais quelque chose à dire concernant mes lettres, qui ont été publiées à mon insu?» Il m’a répondu : «Ah, si vous y tenez vraiment… »

Comment répondriez-vous à ceux qui disent que vous êtes un corbeau ou l’un des corbeaux à l’origine de l’affaire Vatileaks?

Je suis un corbeau? Comme vous l’avez vu avec mon témoignage, je fais habituellement les choses à la lumière ! À l’époque, j’étais à Washington et j’avais certainement d’autres sujets de préoccupation. D’autre part, j’ai toujours eu l’habitude de me plonger complètement dans ma nouvelle mission. C’est ce que j’ai fait quand j’ai été envoyé au Nigeria: je ne lisais plus les nouvelles italiennes – au point que, six ans plus tard, quand saint Jean-Paul II m’a rappelé pour travailler à la Secrétairerie d’État, j’ai mis plusieurs mois pour me réorienter, même si j’avais déjà travaillé pendant onze ans à la Secrétairerie d’État entre 1978 et 1989.

Comment répondez-vous à ceux qui affirment que vous avez été chassé du Gouvernorat du Vatican et que c’est pour cela que vous auriez des sentiments de rancœur et de vengeance?

Comme je l’ai déjà dit, la rancœur et la vengeance ne sont pas des sentiments que je ressens. Ma résistance à quitter mon poste au gouvernement était motivée par le profond sentiment d’injustice d’une décision que je savais ne pas correspondre à la volonté du pape Benoît, dont il m’avait lui-même parlé. Afin de me jeter à la porte, le cardinal Bertone avait commis une série de graves abus d’autorité: il avait dissous la première commission de trois cardinaux que le pape Benoît avait nommée pour enquêter sur les graves accusations portées par moi en tant que secrétaire général et par le vice-secrétaire général, Mgr Giorgio Corbellini, concernant les exactions commises par Mgr Paolo Nicolini; à la place de cette commission cardinale, il avait créé une commission disciplinaire, modifiant dans sa constitution la commission institutionnelle du gouvernement; avant même de créer cette commission, il m’avait convoqué pour me dire que le Saint-Père m’avait nommé nonce à Washington. Bien que la commission disciplinaire ait décidé le 16 juillet 2011 de démettre Mgr Paolo Nicolini, il a annulé cette décision de manière abusive et l’a empêchée d’être rendue publique. Ce faisant, il m’a empêché de poursuivre le travail de guérison de la corruption présente dans la gestion du gouvernorat.

Que dites-vous à ceux qui parlent de votre «fixation» sur votre désir de devenir cardinal et qui soutiennent que vous attaquez maintenant le pape parce que vous n’avez pas reçu cet honneur?

Je peux affirmer avec sincérité devant Dieu que j’ai rejeté l’opportunité de devenir cardinal. Après ma première lettre au cardinal Bertone, que j’ai envoyée au pape Benoît pour qu’il puisse faire ce qu’il pensait le mieux, le pape m’a convoqué et reçu en audience le 4 avril 2011 et il m’a immédiatement dit ces mots: « Je crois que la mission dans laquelle vous pouvez le mieux servir le Saint-Siège est celle de président de la préfecture des affaires économiques à la place du cardinal Velasio De Paolis. »J’ai remercié le pape pour la confiance qu’il me manifestait et j’ai ajouté : « Saint-Père, pourquoi n’attendez-vous pas six mois ou un an ? Parce que si vous me promouvez en ce moment, l’équipe qui a eu confiance en moi et qui a travaillé pour remédier à la situation dans le gouvernorat sera immédiatement dispersée et persécutée » (comme cela s’est produit).

J’ai aussi ajouté un autre argument. Étant donné que le cardinal de Paolis n’avait été nommé que récemment pour traiter de la situation délicate des légionnaires du Christ (le cardinal de Paolis m’avait d’ailleurs consulté avant d’accepter cette mission), j’ai dit au pape qu’il serait préférable qu’il continue à avoir une position institutionnelle qui lui donnerait une plus grande autorité en tant que personne et donc dans son action avec les légionnaires. À la fin de l’audience, le pape Benoît m’a dit une fois de plus: «Je reste cependant d’avis que la position dans laquelle vous pouvez le mieux servir le Saint-Siège est celle de président de la préfecture des affaires économiques. Le cardinal Re peut confirmer ce récit. Par conséquent, j’ai renoncé au cardinalat pour le bien de l’Église.

Que répondez-vous à ceux qui évoquent votre famille dans cette affaire en parlant de la «saga» sous le signe d’intérêts économiques énormes?

Le 20 mars 2013, mes frères et sœurs avaient préparé une déclaration pour la presse, à laquelle je m’opposais pour éviter d’impliquer toute la famille. Parce que l’accusation contre mon frère Lorenzo se répète maintenant – à savoir que j’ai menti au pape Benoît en lui écrivant pour demander un congé pour prendre soin de mon frère malade –, j’ai décidé de rendre ce communiqué public. En le lisant, il devient évident que j’ai ressenti une grave responsabilité morale de prendre soin de mon frère et de le protéger."

Parmi les témoignages en faveur de Mgr Vigano, il y a celui de George Weigel, qui a écrit nombre de livres sur l’Eglise, dont plusieurs sur Jean-Paul II et un sur Benoît XVI. Il a publié en février 2013 Le catholicisme évangélique : la profonde réforme de l’Église au XXIesiècle. Et pour écrire ce livre il avait longuement rencontré le cardinal Bergoglio. Quelques semaines plus tard il publiait un article de joie sur l’élection pontificale : « Le tournant du catholicisme pour un avenir évangélique ». Et c’est ce George Weigel, qu’on ne peut vraiment pas soupçonner d’être un critique de François, qui écrit un article d’éloge de Mgr Carlo Maria Viganò, dont voici quelques extraits :

« Premièrement, l’archevêque Viganò est un réformateur courageux, qui a été délogé du Vatican par ses supérieurs immédiats parce qu’il était déterminé à faire face à la corruption financière du Governatorato, l’administration de l’État de la Cité du Vatican.

Deuxièmement, l’archevêque Viganò est, d’après mon expérience, un homme honnête. Nous avons souvent parlé de beaucoup de choses, grandes et petites, et je n'ai jamais eu l'impression qu’il me livre autre chose que ce qu'il croyait en conscience être la vérité.

Troisièmement, l'archevêque Viganò est un fidèle homme d’Eglise d'une certaine génération et d'une certaine formation, élevé dans une véritable piété vis à vis de la papauté. Sa formation au service diplomatique papal le conduit instinctivement à faire de la défense du pape sa première, deuxième, troisième et centième priorité. S'il croit que ce qu'il a dit maintenant est vrai et que l'Église a besoin d'apprendre cette vérité pour se purifier de ce qui entrave sa mission évangélique, alors il déroge à ses instincts les plus enracinés pour les plus graves raisons. »

Alors il serait temps que certains cessent de se ridiculiser en cherchant des poux à Mgr Vigano et réclament la vérité, comme ces évêques américains. Mgr Steven Lopes, évêque aux Armées des États-Unis, a déclaré qu’il ne croyait pas ses frères dans l’épiscopat qui disent ignorer les turpitudes de l’archevêque McCarrick. Il déclare qu’un type de réaction aux révélations sur McCarrick ne fut

« pas fameux. Celui du défilé de cardinaux et d’évêques courant devant les caméras de télévision, étreignant leurs croix pectorales et disant : “Je n’en savais rien”. Je ne crois pas cela et pourtant je suis l’un d’eux ».

Mgr Bernard A. Hebda, archevêque de St. Paul et Minneapolis (Minnesota), déclare :

« Pour ce qui est du fait que les évêques, partout dans le monde, doivent répondre de leurs actes, je soutiens totalement l’idée de l’engagement de responsables laïcs. Les dirigeants ecclésiastiques doivent être jugés par des gens extérieurs à l’institution, et qui aient l’indépendance, l’objectivité et l’expertise afin d’être honnêtes et crédibles. Nous devons avoir la garantie que tout clerc – qu’il soit un prêtre nouvellement ordonné ou le Pape –  qui a abusé un mineur ou qu’il ait sciemment protégé ou favorisé de tels auteurs de maltraitance, réponde de ses actes. La même évidence s’impose à ceux qui ont abusé de leur position pour en tirer avantage envers des adultes vulnérables, des personnes recevant des soins spirituels ou des séminaristes. »

Le Père Raymond J de Souza, prêtre de l'archidiocèse de Kingston, au Canada, écrit aussi :

''Bien qu’il ne soit pas proportionnel au témoignage de Viganò, il existe un précédent concernant un nonce à la retraite qui a critiqué un pontife régnant. En 2010, l’ancien nonce en Belgique, l’archevêque Karl-Josef Rauber, a accordé une interview incendiaire à Il Regno dans lequel il a fustigé le choix de Benoît XVI dans la succession au cardinal Godfried Danneels à Bruxelles. Il a en outre observé que le cardinal Ratzinger s'était souvent plaint de son service en tant que diplomate. L'attaque la moins diplomatique contre Benoît XVI n'est pas passée inaperçue à Rome. Alors que Rauber était considéré avec suspicion par Benoît XVI, le Pape François a récompensé Rauber pour son attaque contre le pape émérite en le nommant cardinal en 2015. Sans doute, Viganò, toujours nonce à Washington, en a pris acte. Que se passera-t-il prochainement suite à l'intervention de Viganò? Personne ne le sait aujourd'hui. Cela provoquera beaucoup de turbulences à court terme. Cela pourrait conduire à de sérieuses réformes à long terme. Mais à moyen terme, le prochain pape va-t-il créer Viganò cardinal pour contrecarrer François, tout comme François a élevé Rauber dans une rebuffade apparente à Benoît XVI? Un futur cardinal Viganò ne peut être exclu.''


Tempête sur le Vatican

De François Billot de Lochner :

Unknown-16"Toute analyse lucide, se fondant sur la seule recherche de la vérité, se gardant de succomber à l’émotion ou à la passion, ne peut qu’aboutir à la conclusion suivante : le Vatican est en train de vivre une période exceptionnellement meurtrière. Les incompréhensions, les doutes, les contradictions, les divisions se multiplient au sein du monde catholique, ayant pour cause, notamment, les positions du pape. Citons quelques exemples.

Les propos répétitifs de François, concernant l’islam qui n’aurait rien à voir avec le terrorisme, deviennent, pour beaucoup, un véritable problème, voire un scandale. La persécution ou la mort de nombreux chrétiens, du Nigéria à l’Inde, du Soudan au Pakistan, du Moyen-Orient aux Maldives, de l’Europe occidentale à l’Indonésie, de l’Australie à l’Amérique latine montre à l’évidence que l’islam a tout à voir avec le terrorisme, et a concrètement déclenché une guerre mondiale contre le monde chrétien. Les dénégations du pape sont désormais, pour beaucoup, irrecevables.

Les déclarations alambiquées de François sur l’homosexualité, tout au long de cet été, ne conviennent plus à grand monde : les homosexualistes  les trouvent trop timorées, et les catholiques fidèles à la doctrine traditionnelle de l’Eglise, sur ce sujet d’une extrême gravité, les trouvent incompréhensibles. Oui ou non, se demandent de nombreux catholiques, l’homosexualité reste-t-elle un désordre très grave, comme le dit très explicitement le Catéchisme de l’Eglise catholique ? Si le lobby LGBT ne doit plus être condamné, et doit même être choyé, que le Vatican le dise clairement, et que le catéchisme soit modifié en conséquence. Aujourd’hui, le brouillard entourant cette question perturbe, divise et scandalise une partie importante du monde catholique.

La récente modification du Catéchisme de l’Eglise catholique relative à la peine de mort est choquante, tant sur le fond que sur la forme. Elle est intervenue au milieu de l’été, sans aucune concertation, sur une décision autoritaire de François : voilà pour la forme. Sur le fond, le texte rédigé après des années de réflexion sous l’autorité du pape Jean-Paul II, remarquablement ciselé et mesuré, est remplacé brutalement par un texte dont l’écriture laisse à désirer et qui affiche une contradiction patente avec le texte d’origine. Ce qui signifie donc que saint Jean-Paul II s’était fourvoyé sur ce sujet, puisque les conditions générales prises en compte pour l’élaboration du texte n’ont pas réellement changé. Notons cependant que de nombreux commentateurs ont souligné que si le texte initial devait être modifié, il aurait été plus réaliste de le durcir, plutôt que de l’abroger... Comme la modification introduite en catimini par le pape n’a souffert aucune discussion, le nécessaire débat fondamental sur un tel sujet n’aura pas lieu. Quoi qu’il en soit, cette partie nouvelle du catéchisme peut avoir de très graves conséquences tout au long du siècle, comme l’ont souligné un certain nombre de dirigeants politiques ou religieux du monde entier. Une fois de plus, le doute, l’incompréhension et la division sont à l’œuvre.

Tout récemment, l’affaire McCarrick, du nom du plus que sulfureux cardinal de Washington, très proche du pape, met directement en cause ce dernier. Les lignes de défense de ses soutiens sont pour le moins catastrophiques, car basées soit sur l’inexactitude, soit sur le mensonge. L’on a vu notamment des catholiques, considérés comme des intellectuels fiables, indiquer, pêle-mêle, que : les accusateurs du pape, notamment le nonce apostolique au cœur des révélations sur les dramatiques dérèglements sexuels de McCarrick, ne sont pas blancs comme neige ; les catholiques conservateurs utilisent cette affaire pour déstabiliser le pape ; ce dernier agit avec prudence et intelligence, et l’on doit lui en être gré etc. Cette façon d’agir, basée sur le seul jugement de valeur subjectif, voire sur le mensonge pur et simple, consiste à fuir, pour des raisons bassement idéologiques, l’implacable réalité. Tout cela est hautement problématique, venant de milieux dits catholiques, qui devraient donc avoir pour seul objectif la recherche de la Vérité, quel qu’en soit le prix à payer. Cela dit, François se trouve au cœur d’un ouragan ravageur pour lui, sa propre communication sur ce sujet étant elle aussi on ne peut plus contestable. En effet, sa réponse sur le rapport du nonce Vigano fut la suivante : "J'ai lu ce matin ce communiqué, je l'ai lu et je dirai sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus." Une telle réponse va à rebours de toute la communication pontificale sur la transparence et l'exigence de vérité, et laisse les observateurs comme les croyants perplexes ou consternés.

Le cardinal Müller, le très remarquable préfet pour la Congrégation de la Doctrine de la foi, mis sur la touche par le pape en 2017, indiquait dans un entretien récent que le risque de schisme dans l’Eglise devenait préoccupant. Il est vrai que les positions de François sur de nombreux sujets deviennent illisibles.

Puisse l’Eglise catholique, composée de tant de saints prêtres et laïcs, apparaissant désormais comme le dernier rempart contre les forces de destruction de la Création, conserver ou retrouver une clarté de doctrine et de pratique si malmenées actuellement."


Les demandes de tolérance zéro et de pardon ne seront dignes de crédit que si les autorités de la Curie mettent les cartes sur table

Mgr Athanasius Schneider, de Astana (Khazakstan), a écrit un document en réponse au témoignage de l’archevêque Carlo Maria Viganò. Extrait de la traduction par Benoît-et-moi :

Unknown-7"[...] Il est totalement insuffisant et peu convaincant, que les autorités ecclésiastiques continuent à faire des appels pour que l’on ne tolère aucun cas d’abus sexuels de la part des prêtres et que l’on cesse de couvrir ces situations. Egalement totalement insuffisantes sont les demandes de pardon stéréotypées de la part des autorités de l’Église. Les dites demandes de tolérance zéro et de pardon ne seront dignes de crédit que si les autorités de la Curie mettent les cartes sur table en faisant connaître les noms et prénoms de tout membre de la Curie, quels que soient sa charge et son titre, ayant couvert des abus de mineurs et de subordonnés.

Du document de Mgr Viganò nous pouvons tirer les conclusions suivantes:

  • Que le Saint Siège et le Pape lui-même entreprennent un nettoyage inflexible des « cliques » et des réseaux homosexuels au sein de la Curie Romaine et de l’épiscopat.
  • Que le Souverain Pontife proclame de façon claire et catégorique la doctrine de Dieu sur le caractère peccamineux des actes homosexuels.
  • Que soient proclamées des normes inéluctables et détaillées qui empêchent l’ordination des hommes avec des tendances homosexuelles.
  • Que le Saint Père rétablisse la pureté et la clarté de la doctrine catholique dans sa totalité, tant en matière d’enseignement que de prédication.
  • Que par l’intermédiaire des enseignements du Pape et des évêques et des normes pratiques soit restaurée l’ascèse chrétienne éternellement valide: l’exercice du jeûne, la pénitence corporelle et l’abnégation.
  • Que soient récupérés au sein de l’Église l’esprit et la pratique de la réparation et l’expiation des péchés commis.
  • Que commence au sein de l’Église un processus de sélection garanti des candidats à l’épiscopat, des hommes de Dieu à la conduite éprouvée; et il serait préférable de laisser un diocèse vacant pendant plusieurs années que de nommer un candidat qui ne soit pas un véritable homme de Dieu en ce qui concerne la prière, la doctrine et la vie morale.
  • Que soit initié un mouvement dans l’Église, surtout parmi les cardinaux, évêques et prêtres, pour un renoncement à tout compromis et flirt avec le monde.

Nous ne devrions pas être surpris que les médias oligargiques internationaux mainstream, qui font la promotion de l’homosexualité et de la dépravation morale, commencent à diffamer l’archevêque Viganò, faisant disparître le coeur de ce qu’il exprime dans son document dans un sac sans fond.

En 1522, alors que se diffusait l’hérésie luthérienne et qu’une profonde crise morale affectait une bonne partie du clergé et en particulier la Curie, Adrien VI a écrit les mots suivants, d’une franchise saisissante, à la Diète impériale de Nuremberg:

« Nous savons que depuis quelque temps ont lieu au Saint Siège de nombreuses abominations, des abus sur des questions ecclésiastiques et des usurpations de droits, et que tout cela a été corrompu en mal. La pourriture est passée de la tête aux membres, du Pape aux prélats : tous nous avons été pervertis ; il n’y a personne qui fasse le bien, pas un seul ».

L’inflexibilité et la transparente permettront de découvrir et de confesser les maux qui affligent la vie de l’Église et d’initier un processus efficace de purification et rénovation, morales et spirituelles. Avant de condamner les autres, chacun exerçant une charge presbytérale dans l’Église, quelle que soit sa charge ou son titre, devra se demander devant Dieu s’il a couvert de quelque manière que ce soit, des abus sexuels. Dans le cas où il se trouverait coupable, il devra le confesser publiquement, car la Parole de Dieu dit : « N’aie pas honte de confesser tes péchés » [livre de Sirac, chapitre 4-26]. Car, comme l’a écrit Saint Pierre, le premier des souverains pontifes, « c'est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu» (1 Pierre, 4,17)."


Face aux révélations de Mgr Vigano, le silence ne peut être une réponse

Réaction de Christophe Geffroy, directeur de La Nef, sur le scandale révélé par Mgr Vigano :

"[...] Certes, on peut toujours s’interroger sur la méthode de l’ancien nonce de dévoiler publiquement ce qu’il sait – ce qu’il justifie par le fait que toutes ses mises en garde sont demeurées sans réaction de ses supérieurs –, on peut aussi penser qu’il eût mieux fait de s’en tenir aux faits sans aller jusqu’à demander la démission du pape, mais vu l’ampleur du désastre, cela n’est plus le problème, car le texte de Mgr Vigano est en effet une bombe, l’expression n’est, pour une fois, pas exagérée. Et face à de telles révélations qui secouent profondément et écœurent le peuple de Dieu, le silence ne peut être une réponse. Car de deux choses l’une. Ou Mgr Vigano n’est qu’un affabulateur qui ment effrontément et alors le minimum à attendre de l’Autorité, c’est qu’il soit dénoncé, qu’une enquête canonique rétablisse la vérité et sanctionne de façon exemplaire le menteur. Ou Mgr Vigano dit la vérité et nous avons là une affaire explosive qui ne pourra être traitée par la politique de l’autruche, pas plus qu’en essayant de le discréditer au prétexte qu’il serait « proche des milieux intégristes ». Toute théorie du complot n’a ici plus cours. Toutes les personnes incriminées et gravement fautives d’une façon ou d’une autre peuvent théoriquement être facilement démises de leurs fonctions, mais le pape ?

Lui seul a les grâces d’état pour juger ce qu’il a à faire et ce n’est pas aux chrétiens de pétitionner pour exiger ceci ou cela, y compris sa démission. Il y a une chose, en revanche, que nous sommes en droit d’exiger : c’est la VÉRITÉ et que justice soit faite, ne serait-ce que par respect de toutes les victimes innocentes de tant d’horreurs commises par des hommes consacrés."


Lobby LGBT dans l'Eglise : les faits parlent d'eux-mêmes

Pendant que la plupart des "journalistes" commentent un mot prononcé par le pape dans l'avion de retour d'Irlande, Jean-Marie Guénois fait du journalisme :

Images"Pour l'heure, François a choisi la stratégie du silence. «Je ne dirai pas un mot à ce sujet», a-t-il rétorqué, dimanche 26 août, lors de la conférence de presse qu'il a donnée en soirée dans l'avion, de retour d'Irlande. Ce «sujet» est la lettre ouverte - et explosive - publiée, samedi, par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux États-Unis. Le Pape a reconnu l'avoir lue, mais il se tient à distance, et pour cause. [...]

Il convient d'être prudent sur ce genre d'affaires mais l'enquête menée, dès sa parution, par Le Figaro auprès de quatre sources très informées, très différentes et internes du Vatican, conduisent à une même conclusion: les leçons tirées de l'affaire par Mgr Vigano sont de sa responsabilité, mais il sera difficile de contrer l'exactitude des faits décrits. L'ancien représentant du Pape aux États-Unis développe quatre thèses: la première est que le pape François a choisi, dès son élection en 2013, comme conseiller personnel pour les États-Unis, l'ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick - qui avait joué un rôle décisif dans son élection - alors qu'il savait, affirme Vigano, la pratique homosexuelle de ce prélat avec ses séminaristes.

La deuxième thèse est que le pape Benoît XVI, en 2009, informé par une enquête interne des mœurs de ce prélat - très connues aux États-Unis -, avait pourtant et aussitôt déposé cet archevêque. Mais ce dernier - de rang cardinalice et très puissant sur le plan financier - avait toujours refusé d'obéir et d'obtempérer. C'est finalement sous la pression médiatique du scandale qui a explosé aux États-Unis - car les faits sont exacts - que François a fini par faire appliquer la mesure, le 28 juillet 2018, retirant à McCarrick son titre de cardinal et lui imposant une vie de pénitence.

La troisième thèse de Mgr Vigano revient à dénoncer l'existence d'un «réseau homosexuel» dans le clergé catholique, dont certains prêtres et prélats seraient «actifs», soutenus par d'autres prélats «progays» qui travaillent à «subvertir la doctrine catholique» en ce domaine.

Quatrième thèse, l'ancien nonce assure que la politique de nominations des évêques aux États-Unis est dictée, selon lui, par McCarrick selon un critère simple. Vigano l'aurait aussi entendu de la bouche du Pape: «pas d'évêque de droite» car ils seraient «idéologisés», mais plutôt «des pasteurs». Vigano rapporte aussi cette étrange consigne (p. 6 du document, dernier paragraphe) ajoutée par François: «pas d'évêque de gauche», précisant «quand je dis de gauche, je veux dire homosexuel». Selon Vigano, ce propos a été tenu le 23 juin 2013, lors d'un tête-à-tête dans l'appartement du Pape à Sainte-Marthe, où le nonce l'informait de la gravité de l'épaisseur du dossier McCarrick.

Par la stratégie du silence - grand classique de défense au Vatican -, le Pape entend ne pas donner d'importance à ce document. Au silence qui devrait durer, il a ajouté un subtil dénigrement en suggérant que ce texte «parle de lui-même», ce qui le dévalorise a priori. Le Pape a aussi utilisé une méthode psychologique de retournement pour calmer les journalistes. Il les a pris à témoin, leur demandant de lire le texte pour se faire une opinion et de lui en faire part! Leur assurant d'ailleurs que «cela leur ferait du bien» en pariant sur leur«maturité» professionnelle… Deux contre-feux classiques ont été aussi allumés dans les milieux du Saint-Siège, cette fois contre la personne de Mgr Vigano: sa sensibilité «conservatrice» opposée à la ligne du pape François, son arrogance personnelle et sa morgue."

Mgr Vigano a répondu rapidement aux accusations contre sa personne.

Yves Daoudal rappelle quelques pièces du puzzle LGBT :

  • Lorsque François tout juste élu paraît sur le balcon, c’est en compagnie du cardinal Danneels, naufrageur de l’Eglise en Belgique, membre éminent de la mafia de Saint-Gall et complètement déconsidéré comme protecteur d’un évêque coupable d’abus sexuels. (La mafia de Saint-Gall est formée de progressistes et elle est liée à la mafia des invertis, le désormais célèbre McCarrick étant membre des deux, les deux ayant fait élire François.)
  • François décide d’habiter la maison Sainte-Marthe, qui est dirigée par Mgr Battista Ricca. L’homme est un inverti notoire qui a fait scandale dans deux nonciatures, particulièrement celle de Montevideo, où son amant faisait les quatre cents coups. C’était quasiment sous les fenêtres d’un certain Bergoglio archevêque de Buenos Aires (de l’autre côté du Rio de la Plata). Deux mois après son élection, François nomme Ricca prélat de l’IOR, la banque du Vatican. Le mois suivant, interrogé sur le personnage, il répond : « Qui suis-je pour juger ? », propos érigé en axe du pontificat de miséricorde.
  • Lors du premier synode sur la famille, François nomme les membres de la commission chargée de rédiger les rapports. Le rapport de mi-synode, écrit à l’avance, dit que l’Eglise « reconnaît que les homosexuels ont des dons à offrir à la communauté chrétienne ». Les deux synodes devaient produire des « avancées » sur ce thème et celui de l’accès des adultères à la communion. Echec sur le premier, demi-victoire sur le second.
  • François a détruit l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, et l’a remplacé par un Institut théologique pour les sciences de la famille et du mariage, et il a viré tous les membres de l’Académie pontificale pour la vie, afin de les remplacer par des hommes à sa botte. Et il a nommé président des deux institutions Mgr Vincenzo Paglia, connu notamment pour avoir décoré sa cathédrale de Terni d’une immonde fresque « homoérotique » où il est lui-même figuré nu enlaçant un homme nu. Et aussi (entre autres) pour avoir demandé ouvertement la reconnaissance légale des « couples homosexuels ».
  • François a nommé Mgr Kevin Farrell préfet du nouveau grand dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et l’a fait cardinal. Farrell était premier vicaire général de Washington quand le cardinal McCarrick était l’archevêque. C’est McCarrick qui l’a fait évêque, et ils ont vécu pendant six ans dans le même appartement. Farrell prétend qu’il est tombé des nues en apprenant les activités sexuelles de McCarrick, ce qui est tout bonnement impossible, car dans son entourage tout le monde savait que McCarrick, dit « Tonton Ted », avait pour spécialité de mettre de façon habituelle des séminaristes dans son lit.
  • François a nommé le jésuite James Martin consulteur des services de communication du Vatican. Le P. James Martin, également invité à la Rencontre mondiale des familles de Dublin, est mondialement célèbre comme militant LGBT, et son livre de plaidoyer pour les invertis a reçu le soutien enthousiaste… du cardinal Farrell (ainsi que de Joseph Tobin, que François a fait cardinal et archevêque de Newark).
  • François a nié aussi longtemps qu'il a pu le scandale chilien, traitant de menteurs ceux qui accusaient son protégé l'évêque Barros: "Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair ?" Jusqu'à ce que soit diffusée la preuve qu'il savait...

Alors, stop ou encore ?


"Psiquiatria" ou la dictature du seul mot tiré d'une réponse complète et globale du Pape de 2mn et 25s

Le procédé est connu et le coup a porté contre le Saint-Père. Retrouvez ci-dessous l'intégralité des propos du Pape.

Et voici la suite donnée que les détracteurs systématiques de l'Eglise ne donnent pas et qu'il nous appartient de préciser aussi à ceux qui seraient choqués par ce terme que le Pape a fait retirer de la retranscription officielle de son intervention : 

"2/ Pourquoi le pape a-t-il parlé de « psychiatrie » ?

L’utilisation de ce mot a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. Interrogée lundi 27 août par l’AFP, la salle de presse du Saint-Siège précise que « quand le pape se réfère à psychiatrie, il est clair qu’il cite cela comme un exemple, parmi “différentes démarches qu’ils (les parents) peuvent faire”. Avec ce mot, il ne voulait pas dire qu’il s’agit d’une “maladie psychiatrique”, mais que cela a peut-être quelque chose à voir avec la psychologie. »

De fait, on peut supposer que le pape, en répondant rapidement, a englobé dans ce mot « psychiatrie » l’ensemble des « psys ». Dans la retranscription officielle, ce mot « a été enlevé » plutôt que remplacé « pour ne pas changer la pensée du Saint-Père », explique la salle de presse du Saint-Siège en rappelant que le pape demande toujours à relire les retranscriptions de ses discours prononcés spontanément, « pour être sûr de ne pas avoir dit choses imprécises ou incorrectes ».

En Argentine, la psychanalyse est historiquement liée à la psychiatrie : ce sont en grande partie des psychiatres qui ont introduit les travaux de Freud dans ce pays et qui, au sein de l’Association psychiatrique argentine (APA), ont milité pour que la psychanalyse ne puisse être pratiquée que par des médecins. Il faudra attendre l’arrivée du lacanisme en Argentine pour que psychiatrie et psychanalyse se séparent. Le pape François avait d’ailleurs révélé, dans son livre d’entretiens avec Dominique Wolton (1), qu’il avait lui-même suivi une psychanalyse pendant six mois à 42 ans, avec « une femme médecin et psychanalyste ».


Crise sur les prédateurs sexuels dans l'Eglise : le lobby LGBT perd les pédales

La crise actuelle sur les prédateurs sexuels dans l'Eglise est si manifestement une crise du lobby gay dans l'Eglise que les activistes LGBT commencent à craindre que l'enseignement traditionnel de l'Eglise ne soit de nouveau présenté dans toute sa clarté et ne triomphe, non seulement dans l'Eglise, mais aussi en dehors.

Aux abois, ils accusent désormais le Pape d'"homophobie", après avoir tenté d'en faire le Pape le plus "gay friendly" de l'histoire…

En effet, hier dans l'avion de retour d'Irlande, le pape a été questionné sur les conseils qu’il donnerait à des parents dont l’enfant exprimerait des "penchants" homosexuels. Le journaliste espérait sans doute une réponse laconique et ambiguë, telle que "Qui suis-je pour juger ?" Si le pape recommande de ne pas rejeter l'enfant, il invite pourtant à consulter des médecins :

"Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C'est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans".

Et là, le lobby LGBT se déchaîne.

Rappelons le Catéchisme de l'Eglise Catholique sur ce sujet :

"la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas."


La réponse du Pape au témoignage de Mgr Vigano

Mgr Viganò a été l’ambassadeur du Saint-Siège à Washington entre 2001 et 2016 après avoir été, entre 1998 et 2009 le délégué des représentation pontificales à Rome, avec la faculté de contrôler les dossiers personnels des candidats à l’épiscopat. Et il a la preuve que depuis l’an 2000, les autorités vaticanes avaient été informées par la nonciature des États-Unis de la conduite immorale du cardinal McCarrick sans pour autant empêcher sa promotion au poste d’archevêque de Washington et de cardinal. En 2006, Mgr Viganò en personne transmettait au Secrétaire d’État de l’époque, le cardinal Tarisio Bertone, un dossier contre McCarrick préparé dans les années précédentes par le nonce aux États-Unis de l’époque, Gabriel Montalvo et Pietro Sambi. Il fit de même en 2008 en faisant parvenir aux plus hautes autorités du Vatican un rapport rédigé par Richard Sipe, l’un des enquêteurs les plus vigilants sur les abus sexuels en Amérique du Nord. Dans les deux cas, il ne reçut aucune réponse. Quand les informations finirent par remonter, on ne sait comment, jusqu’à Benoît XVI en personne, des mesures furent enfin prises et le cardinal fut limogé. Etrangement, ces sanctions ont été levées après l'élection du pape François.

Dans son témoignage accablant, diffusé hier, Mgr Vigano écrit notamment :

McCarrick-300x257"Il était également clair que, depuis l’élection du pape François, McCarrick, désormais libre de toute contrainte, s’était senti libre de voyager continuellement pour donner des conférences et des interviews. Dans un effort conjoint avec le cardinal Rodriguez Maradiaga, il était devenu le faiseur de roi pour les nominations à la Curie et aux États-Unis, et le conseiller le plus écouté au Vatican pour les relations avec l’administration Obama. C’est ainsi que l’on explique qu’en tant que membres de la Congrégation pour les évêques, le pape a remplacé le cardinal Burke par Wuerl et a nommé Cupich, juste après l’avoir créé cardinal. Avec ces nominations, la nonciature à Washington était maintenant hors course dans la nomination des évêques. En outre, il a nommé le Brésilien Ilson de Jesus Montanari – le grand ami de son secrétaire privé argentin Fabian Pedacchio – comme secrétaire de la même Congrégation pour les évêques et secrétaire du Collège des cardinaux, le promouvant d’un seul coup de simple fonctionnaire de ce département à archevêque secrétaire. Une chose inouïe pour une position aussi importante ! [...]

Le Pape François a demandé à plusieurs reprises une transparence totale dans l’Église et que les évêques et les fidèles agissent avec parrhesia (avec franchise). Les fidèles du monde entier l’exigent également de lui de manière exemplaire. Il doit honnêtement affirmer quand il a appris pour la première fois les crimes commis par McCarrick, qui a abusé de son autorité avec les séminaristes et les prêtres. En tout cas, le Pape l’a appris de moi le 23 juin 2013 et a continué de couvrir McCarrick. Il n’a pas tenu compte des sanctions que le pape Benoît lui avait infligées et a fait de lui un conseiller de confiance avec Maradiaga. Ce dernier [Maradiaga] est tellement convaincu de la protection du pape qu’il se permet de rejeter comme « bavardage » les appels sincères de dizaines de ses séminaristes, qui ont eu le courage de lui écrire après que l’un d’eux ait tenté de se suicider à cause d’abus sexuels au séminaire. Les fidèles ont maintenant bien compris la stratégie de Maradiaga : insulter les victimes pour se sauver, mentir jusqu’au bout pour couvrir un gouffre d’abus de pouvoir, de mauvaise gestion dans l’administration des biens de l’Église, et de catastrophes financières même contre des amis proches, comme dans le cas de l’ambassadeur du Honduras, Alejandro Valladares, ancien doyen du corps diplomatique près le Saint-Siège. [...]"

Dans Le Figaro, Jean-Marie Guénois précise :

« Si Mgr Carlo Maria Vigano était un affabulateur, sa lettre porterait peu. Mais c'est un homme d'autorité, de grande carrière ecclésiastique, habituellement très sérieux »

Le Vatican a déclaré ne faire aucun commentaire dans l'immédiat. Interrogé dans l'avion à son retour d'Irlande, hier, le pape a déclaré :

"J'ai lu ce matin ce communiqué, je l'ai lu et je dirai sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même. Et vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C'est un acte de confiance. Quand on passe un peu de temps, vous avez les conclusions, peut-être que je parlerai mais j'aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travail. Cela vous fera vraiment du bien."

Un journaliste lui a demandé ce qu’il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant :

« Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille ». « Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans ». « Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité ».


Abus sexuels : la lettre décevante du pape François

Le docteur Markus Büning, théologien allemand, avocat et auteur de livres, qui a lui-même été abusé par un prêtre étant enfant, a annulé son soutien public à une initiative de défense du pape François, estimant la lettre du pape aux catholiques, qui ne parle pas d'homosexualité et ne propose aucune solution concrète pour nettoyer les écuries d'Augias, et tout à fait décevante :

"Je demande par la présente la suppression immédiate de ma photo et de ma signature en tant que défenseur de votre initiative "Pro Pope Francis". La dernière raison de cette décision est le texte du Pape concernant la maltraitance des enfants.

Ce texte est absolument insuffisant et une grande déception. Il contient principalement un «discours pastoral» de grande envergure, non spécifié, qui ne prend finalement pas suffisamment au sérieux la souffrance des victimes et des membres de leur famille. De plus, il manque un plan d'action clair: que se passe-t-il maintenant avec les évêques qui ont échoué et ont aidé à se couvrir? Le pape va-t-il maintenant leur retirer leur charge, même si de tels cas devenaient publics en Allemagne, par exemple? Après une lettre aussi vague, probablement pas. Qu'en est-il du lobby homo du clergé qui, de toute évidence, a fonctionné pendant des années? Non, pas un seul mot sur ce problème! C'est faible et pas digne de confiance. Et si le pape critique ici à juste titre le problème du cléricalisme, alors il devrait bien vouloir s’arrêter lui-même avec ce genre d’attitude qui consiste à traiter les catholiques de cette manière vague, de haut. Il doit maintenant agir. Il doit élaborer un plan contre les agresseurs et leurs partisans. Mais il ne le fait évidemment pas.

Son appel au Peuple de Dieu maintenant de faire pénitence pour les péchés de ces évêques et de ces prêtres, avec l'aide du jeûne et des prières, je le considère presque cynique. [...] Non, l'Eglise doit punir ici! Pour cela, elle a sa propre loi pénale! Si elle ne le fait pas, elle devient encore plus complice de crimes incroyables.

Non, cher professeur Zulehner, il devient clair que le pape François n'assume pas ses responsabilités [...]."

Sur Twitter, l'abbé Christian Vénard, aumônier militaire, demande des mesures concrètes :

Benoît-et-moi a traduit un texte courageux de Father Z, un prêtre américain. Extrait :

"Ces salauds n'ont pas seulement violé d'innombrables innocents et taché le nom de Catholique. Ils ont enclenché le processus qui conduira des hommes de bien à beaucoup souffrir pour défendre le célibat et le sceau de la confession. Ce serait si facile de livrer quelques pervers avérés à la justice laïque et de prendre du temps pour établir les faits sur tous les autres. Parce que, ne vous y trompez pas, des innocents seront accusés et il sera IMPOSSIBLE de parler de la charge de preuve [«burden of proof»; le «fardeau de la preuve», en droit criminel américain repose sur l’accusation: le procureur doit prouver la culpabilité de l’accusé au-delà de tout «doute raisonnable» du jury] sans accusations de dissimulation. Les innocents devront encore une fois payer le prix de la réforme au prix fort.

Ils afficheront leur bonne volonté en s'en prenant aux bons. Ils trouveront un dégénéré dans un groupe par ailleurs sain, et là, tout sera réglé! Les médias, et bien sûr les évêques, minimisent le trait distinctif de toutes ces histoires, le vice de la plupart des délinquants. CNN présente même cela avec une photo d'une femme qui pleure. Ce sera encore une affaire d'hommes hétérosexuels chrétiens blancs violant des femmes et même quand des garçons sont impliqués, ce ne sera qu'en raison a) du pouvoir b) du célibat 3) de la culture du secret protégeant le pouvoir à travers le sceau de la confession.

Ce qui s'est passé en fait, n'est autre que le modus operandi sodomite pour se protéger et renforcer leur emprise sur les positions de pouvoir au sein de l'Église."

Quant à la France, on apprend que l'Institut Catholique de Paris fait appel à une journaliste militante LGBT pour enseigner au sein du master « médias et pouvoirs ».


En quoi la prison à perpétuité est plus respectueuse de la dignité humaine que la peine capitale ?

Dans Les 4 Vérités, Guillaume de Thieulloy évoque la récente modification du catéchisme :

"[...] Il est, par ailleurs, d’une folle imprudence d’affirmer que, dorénavant, les systèmes de détention suffisent à garantir la sécurité des citoyens. En France, la possibilité de relâcher des terroristes ou des psychopathes, même condamnés à la prison perpétuelle, est bien réelle et prévue par le Code pénal. D’ailleurs, est-il si évident qu’une peine de prison à perpétuité soit beaucoup plus respectueuse de la dignité humaine que la peine capitale ? Cette dernière a, au contraire souvent, dans l’histoire, été considérée comme une occasion de rédemption pour le condamné.

Que la prudence, vertu politique par excellence, incite à limiter autant que faire se peut l’usage de la peine de mort ne me choque pas le moins du monde. Cela me semble, au contraire, le signe d’un plus grand respect de la dignité humaine. Mais que, par principe, la peine de mort soit condamnée comme inhumaine me semble grave. Cela ruine la continuité de l’enseignement moral de l’Église. Cela ruine sa crédibilité même. Car pourquoi faire davantage confiance à cette nouvelle version, qu’à la précédente ?

Cela me semble d’autant plus choquant que la vie humaine innocente (la seule qui soit protégée de façon intangible par le commandement « Tu ne tueras point ») est, dans nos temps soi-disant « éclairés », plus méprisée que jamais. Désormais, la peine de mort ne s’applique plus qu’aux innocents. Je ne suis pas sûr que ce soit un immense progrès de la justice !"


Comment confirmer la foi en modifiant le catéchisme ?

En 2004, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrivait dans un memorandum destiné aux évêques américains :

"Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie".

La question de la peine de mort n'est pas un principe non négociable mais une question prudentielle laissée à l'appréciation du laïcat. Faut-il en conclure que la nouvelle rédaction du catéchisme de l'Eglise catholique empiète sur l'action légitime du temporel ?

Voici cette nouvelle rédaction :

"2267. Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle » et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde."

Le Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi accompagne cette nouvelle rédaction d'une lettre qui insiste sur la continuité avec le magistère. Tel n'est pas l'avis de Guillaume Bernard, interrogé sur Boulevard Voltaire :

C'est aussi l'avis d'Yves Daoudal.

Dans l'entourage du pape François, beaucoup aimeraient aussi changer d'autres paragraphes du catéchisme de l'Eglise catholique et il est quand même étonnant de les voir continuer à agir, malgré des scandales, en toute impunité. En 1986 (déjà !), le cardinal Ratzinger prévenait qu'un nombre toujours croissant de gens, même à l'intérieur de l'Eglise, exercent une très forte pression sur elle pour l'amener à légitimer les actes homosexuels. Vers une prochaine modification du catéchisme ? Ce qui était juste hier peut-il devenir mauvais aujourd'hui ?


Le grâce de ce pontificat

Le pontificat du pape François, qui fait suite à l'abdication surprise de Benoît XVI, présente cette particularité que sa façon de gouverner et de parler nous oblige à reconsidérer notre perception du pontife romain. Si ce dernier a besoin de notre prière, ce que nous rappelle sans cesse le pape François, et a droit à notre obéissance filiale, le pape n'est pas pour autant la parole de Dieu incréée..., et il n'est certainement pas catholique d'idolâtrer sa personne.

Les Presses de la Délivrance viennent de traduire en français l'ouvrage d'Henry Sire, connu pour sa sérieuse historiographie de l’Ordre de Malte, au titre un peu choquant "Le Pape dictateur". On y découvre que si les médias reprennent inlassablement la fable d’un pape François progressiste empêché de réformer par des cardinaux conservateurs, alors que jamais pouvoir d’un pape n’a été si grand, ce livre montre que, derrière la façade, il y a un pape autoritaire au lieu de l’homme simple et aimable des médias, ainsi qu'un réseau de corruption financière et morale au lieu de la réforme de la Curie…

L'éditeur nous avertit :

Couv-dictator-pope-4vdiff"Le Dictator Pope a fait l’objet d’un âpre débat dans le monde anglo-saxon, tout spécialement aux États-Unis. Lorsque le pseudonyme Marcantonio Colonna fut dévoilé (avec son accord) et que l’on apprit que l’auteur n’était autre qu’Henry Sire, historiographe renommé de l’Ordre de Malte et fin connaisseur de la Ville éternelle, le débat redoubla. Au point qu’Henry Sire fut suspendu de l’Ordre de Malte pour lequel il avait tant fait. La sanction paraissait d’autant plus disproportionnée que les membres éminents de l’ordre qui avaient été convaincus de violer la morale catholique, en offrant des contraceptifs sous couvert d’aide au développement, non seulement n’avaient écopé d’aucune sanction, mais avaient été soutenus par le cardinal Parolin, secrétaire d’État, contre leurs supérieurs légitimes (on trouvera dans ce livre un récit passablement consternant de cette affaire et de ce qu’elle révèle du mode de gouvernement papal aujourd’hui) ! Il nous a semblé important que le public français puisse avoir également un accès à ce débat – et, plus encore, aux abondantes sources qu’apporte Henry Sire pour mieux comprendre le pontificat actuel.

Il importe cependant de préciser d’abord que ce livre ne recense pas l’ensemble des interrogations de nombreux catholiques devant un pontificat à bien des égards si étrange – tantôt balayant d’un revers de main, avec une légèreté déconcertante, la foi et la morale les plus traditionnelles, tantôt n’hésitant pas à descendre courageusement dans l’arène pour dénoncer le caractère luciférien de certaines politiques nihilistes contemporaines. En particulier, un lecteur français sera sans doute surpris de trouver ici aussi peu de lignes relatives aux questions de l’immigration. De même, un lecteur américain aurait pu être surpris de trouver si peu de lignes consacrées à l’encyclique Laudato si’ et à l’écologie. C’est que l’auteur s’est concentré sur les sujets qui ne divisent pas seulement les catholiques, mais qui, plus profondément, inquiètent jusqu’au sacré collège – et donc les questions dogmatiques et sacramentelles y sont évidemment plus représentées que les questions relatives à l’action politique, par nature soumises à la vertu de prudence.

Il convient de préciser également que ce livre n’est pas un « brûlot » anti-pontifical, ni une invitation au schisme. Écrit par un catholique, traduit et édité par des catholiques, il maintient fermement la nécessité de l’obéissance liale au Pontife romain pour vivre en conformité avec le dessein de Dieu. Mais cette obéissance n’est pas de l’idolâtrie. Tout enseignement pontifical n’est pas magistériel. Tout enseignement magistériel n’est pas infaillible. Et tout enseignement infaillible n’est pas non plus impeccable, ni assuré d’être promulgué nécessairement dans un style parfait et au moment le plus opportun. Il est légitime de s’interroger sur le style de gouvernement du pape régnant, comme de critiquer telle de ses prises de position.

Bien souvent, les catholiques français, orphelins d’autorité politique légitime depuis la Révolution, se sont réfugiés dans l’ultramontanisme le plus radical. Cela se comprend aisément, mais, si le gallicanisme posait de redoutables problèmes doctrinaux, une « papolâtrie » inverse n’en poserait pas moins. Non seulement ce livre n’est pas un brûlot pamphlétaire, mais son caractère calme et factuel renforce son aspect glaçant.

En le refermant, on ne peut manquer d’être saisi par le vertige devant le désastre. Ce gouvernement d’un pape « politique », dont beaucoup attendaient tant pour la réforme de l’Église, et tout spécialement de la Curie, afin de faire face aux exigences de la nouvelle évangélisation, se révèle, après cinq années, avoir favorisé la promotion de prélats notoirement corrompus, financièrement ou moralement, avoir détruit des institutions, comme l’Institut Jean-Paul II ou l’Académie pontificale pour la vie, qui avaient été des rocs et des phares pour la doctrine catholique traditionnelle, avoir ravagé des ordres ou des diocèses prospères comme les Franciscains de l’Immaculée ou le diocèse de Ciudad del Este – sans parler du refus de répondre aux questions parfaitement légitimes de cardinaux, dont personne ne conteste la rectitude et l’intégrité morale et intellectuelle, sur l’interprétation d’Amoris laetitia. Tout ceci n’est, hélas, pas contestable.

Le pire est que la pression médiatique risque fort d’être à son comble quand les investigations auront progressé sur la gestion calamiteuse du cardinal Maradiaga, proche du Pape s’il en fut et qui, sous couvert d’une « Église des pauvres », a jeté l’argent par les fenêtres, non sans s’attribuer des salaires indécents. Ou lorsque les investigations auront progressé sur le possible détournement des dons des fidèles pour la campagne de la très corrompue équipe d’Hillary Clinton.

On attendait un grand réformateur pour nettoyer les écuries d’Augias ; il est à craindre que ce gouvernement qui doit tant au populisme péroniste ait aggravé de façon in- quiétante la situation de l’Église universelle.

Souhaitons que ce livre aide les catholiques français, d’une part à mieux comprendre les sources et les grands principes du pontificat du pape François et, d’autre part, à adopter une attitude juste à l’égard du Pontife romain, faite d’obéissance, d’écoute attentive et respectueuse, de vénération même pour celui qui, par fonction, est successeur de saint Pierre et vicaire du Christ – mais d’une obéissance, d’une écoute et d’une vénération adultes et raisonnables. Il n’est pas sain que toute déclaration faite par le pape répondant à brûle-pourpoint à un journaliste dans un avion soit traitée comme un canon conciliaire. Il est, au contraire, parfaitement logique de considérer que ces conférences de presse savamment improvisées ruinent la crédibilité de la parole du Vicaire du Christ, qui y dit tout et le contraire de tout avec une facilité déconcertante – s’obligeant parfois à corriger ultérieurement ses propres propos, comme lorsqu’il prit brutalement la défense d’un évêque chilien ayant protégé des prédateurs sexuels.

Cette nécessaire distance critique à l’égard de propos et d’actes objectivement contradictoires ou incompréhensibles nous conduira sans doute à redécouvrir avec profit la sagesse des anciens scolastiques qui déclaraient : In necessariis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas."


Le Pape rappelle le devoir de défendre la vie in utero et jusqu'à son terme naturel

Pour celles et ceux qui avaient des doutes : 


Le Pape au Forum des Associations Familiales Catholiques

Discours d'hier :

16.6.2018"[...] Cette rencontre me permet de connaître de près votre réalité, le Forum des Familles, né il y a 25 ans. Il réunit en son sein plus de 500 associations, et est vraiment un réseau qui met en lumière la beauté de la communion et la force du partage. C’est une “famille de familles” particulière, de type associatif, à travers laquelle vous expérimentez la joie du vivre ensemble et en même temps vous assumez l’engagement, en faisant vôtre l’effort pour le bien commun, à le construire chaque jour aussi bien dans le cadre du Forum, que dans celui plus large de la société.

La famille, que vous promouvez de façons variées, est au centre du projet de Dieu, comme le montre toute l’histoire du salut. Par un mystérieux dessein divin, la complémentarité et l’amour entre l’homme et la femme les rendent coopérateurs du Créateur, qui leur confie le devoir de donner la vie à de nouvelles créatures, en prenant à cœur leur croissance et leur éducation. L’amour de Jésus pour les enfants, sa relation filiale avec le Père céleste, sa défense du lien conjugal, qu’il déclare sacré et indissoluble, révèlent en plénitude la place de la famille dans le projet de Dieu : en étant le berceau de la vie et le premier lieu de l’accueil et de l’amour, elle a un rôle essentiel dans la vocation de l’homme, et elle est comme une fenêtre qui s’ouvre en grand sur le mystère même de Dieu, qui est Amour dans l’unité et trinité des Personnes.

Notre monde, souvent tenté et guidé par des logiques individualistes et égoïstes, égare assez souvent le sens et la beauté des liens stables, de l’engagement envers les personnes, du soin sans conditions, de la prise de responsabilité en faveur de l’autre, de la gratuité et du don de soi. Pour cette raison, il se lasse de comprendre la valeur de la famille, et finit par la comprendre selon ces logiques qui privilégient l’individu sur les relations et le bien commun. Et ce malgré le fait que ces dernières années de crise économique, la famille ait représenté le plus puissant amortisseur social, capable de redistribuer les ressources selon les besoins de chacun.

Au contraire, la pleine reconnaissance et le soutien ajusté de la famille, devraient représenter le premier intérêt de la part des Institutions civiles, appelées à favoriser la constitution et la croissance de familles solides et sereines, qui s’occupent de l’éducation des enfants et prennent soin des situations de faiblesse. En  effet, celui qui apprend à vivre des relations authentiques dans le cadre de la famille, sera plus capable des les vivre aussi dans des contextes plus larges, de l’école au monde du travail ; et celui qui s’exerce au respect et au service à la maison, pourra mieux les pratiquer aussi dans la société et dans le monde.

Désormais, l’objectif d’un soutien plus fort aux familles et de leur valorisation plus adéquate, doit être rejoint à travers une action infatigable de sensibilisation et de dialogue. C’est l’engagement que le Forum poursuit depuis 25 ans, durant lesquels vous avez réalisé une grande quantité d’initiatives, en établissant une relation de confiance et de collaboration avec les Institutions. Je vous exhorte à poursuivre cette oeuvre en vous faisant promoteurs de propositions qui montrent la beauté de la famille, et qui obligent presque, parce qu’elles sont convaincantes, à en reconnaître l’importance et la valeur précieuse.

Je vous encourage donc à témoigner la joie de l’amour, que j’ai illustrée dans l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, où j’ai recueilli les fruits du parcours providentiel du synode sur la famille, réalisé par toute l’Eglise. Il n’y a pas en effet de meilleur argument que la joie qui, en transparaissant de l’intérieur, éprouve la valeur des idées et du vécu et montre le trésor que nous avons découvert et que nous désirons partager.

Mus par cette force, vous serez toujours plus capables de prendre l’initiative. L’Apôtre Paul rappelle à Timothée que « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (2 Tm 1,7). Que ce soit l’esprit qui vous anime aussi, en vous enseignant le respect mais aussi l’audace, à vous mettre en jeu et à chercher de nouvelles voies, sans peur. C’est le style que j’ai demandé à toute l’Eglise depuis ma première Exhortation apostolique programmatique, quand j’ai utilisé le terme “primerear”, qui suggère la capacité d’aller avec courage à la rencontre des autres, de ne pas s’enfermer dans son confort mais de chercher des points de convergence avec les personnes, de jeter des ponts en allant débusquer le bien là où il se trouve (cf. Evangelii gaudium, 24). Dieu prend l’initiative en premier – primerea vis-à-vis de nous : si nous l’avons vraiment connu, nous ne pouvons pas nous cacher, mais nous devons sortir et agir, en impliquant nos talents.

Merci pour ce que vous vous efforcez de faire ! Merci pour l’engagement que vous prodiguez, comme cela est demandé par vos Statuts, pour une « participation active et responsable des familles à la vie culturale, sociale et politique » (2.1.b.), et pour la « promotion de politiques familiales adéquates qui protègent et soutiennent les fonctions de la famille et ses droits » (2.1.c.). Continuez en outre, dans le cadre de l’école, à favoriser une plus grande implication des parents et à encourager de nombreuses familles à un style de participation. Ne vous lassez pas de soutenir la croissance de la natalité en Italie, en sensibilisant les Institutions et l’opinion publique sur l’importance de donner vie à des politiques et à des structures plus ouvertes au don des enfants. C’est un vrai paradoxe que la naissance des enfants, qui constitue le plus grand investissement pour un pays et la première condition de la prospérité future, représente souvent pour les familles une cause de pauvreté, en raison du soutien insuffisant qu’elles reçoivent ou de l’inefficacité de nombreux services.

Ces problématiques doivent être affrontées avec fermeté et charité, en démontrant que la sensibilité que vous avez sur la famille n’est pas à étiqueter comme confessionnelle pour pouvoir l’accuser – à tort – de partialité. Elle se base au contraire sur la dignité de la personne humaine et de ce fait peut être reconnue et partagée par tous, comme cela arrive quand, dans des contextes institutionnels, on se réfère au “Facteur Famille” comme élément d’évaluation politique et opérationnelle, multiplicateur de richesse humaine, économique et sociale.

Je vous remercie encore pour cette rencontre. Je vous exhorte à poursuivre votre engagement au service de la famille et de la vie, et j’invoque sur tous les membres du Forum la bénédiction de Dieu et la protection de la sainte Famille de Nazareth."


Le pape sur l'avortement : aujourd'hui nous faisons comme les nazis et en gants blancs

Lu ici

"J'ai entendu dire qu'il est à la mode, ou au moins habituel, de faire au cours des premiers mois de grossesse des examens pour voir si l'enfant ne va pas bien ou s'il naîtra avec quelque chose (un problème, ndlr), le premier choix étant de s'en débarrasser", a déclaré le pape en recevant au Vatican des représentants d'associations familiales.

"Au siècle dernier, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour veiller à la pureté de la race. Aujourd'hui nous faisons la même chose en gants blancs", a déclaré le pontife argentin.

Le pape s'est aussi interrogé: "Pourquoi ne voit-on plus de nains dans les rues ? Parce que le protocole de nombreux médecins dit: il va naître avec une anomalie, on s'en débarrasse".

S'exprimant sur la question de la famille, le pape a observé qu'"aujourd'hui on parle de familles diversifiées, de divers types de familles. Oui c'est vrai: famille est un seul et même mot, on dit aussi la famille des étoiles, la famille des animaux". "Mais la famille, à l'image de Dieu, homme et femme, il n'y en a qu'une seule", a poursuivi Jorge Bergoglio.

"La famille est une belle aventure et aujourd'hui, c'est une souffrance que de le dire, on observe que souvent on pense à fonder une famille, à se marier, comme s'il s'agissait d'une loterie. Si ça va, ça va et si ça ne va pas, on efface tout et on recommence", a déploré le pape.


Les médecins catholiques doivent s'impliquer dans les débats publics sensibles, notamment la fin de vie et l'avortement

Papa-5-800x533Le 28 mai, le Souverain pontife s'exprimait devant une délégation de la Fédération Internationale des Associations Médicales Catholiques (FIAMC), reçue en audience dans la Salle des papes du Palais apostolique au Vatican. Les associations médicales catholiques doivent agir en “fidélité et cohérence” avec le magistère de l'Eglise, ce qui peut demander “beaucoup” de courage. Elles participent ainsi à la mission de l'Eglise de promouvoir la vie, de sa conception à sa fin naturelle (intégralité du discours en anglais).

“L'Eglise est pour la vie et sa préoccupation est que rien ne soit contre la vie”.

Les médecins catholiques doivent offrir un témoignage “d'une clarté indubitable” et s'impliquer dans les débats publics sensibles, notamment la fin de vie et l'avortement. Ainsi, face à “l'avancée du paradigme culturel technocratique, à l'adoration du pouvoir humain sans limite et au relativisme”, ils doivent toujours rappeler la “centralité” du malade et son droit inaliénable à la vie.

Suite au vote de légalisation de l'avortement en Irlande, le Saint-Siège a réitéré son opposition par la voix de son représentant aux Nations unies à Genève, Mgr Ivan Jurkovič :

“La vie humaine est sacrée”, et l'avortement “nie au bébé à naître le droit le plus basique”, ce que le Saint-Siège “ne peut accepter”.

Pour sa part, Mgr Vincenzo Paglia, président de l'Académie pontificale pour la vie, a asséné que la légalisation de l'avortement “facilite d'une manière ou d'une autre le sale boulot de la mort”.

Le Souverain pontife est aussi revenu sur le rôle du soignant. Ainsi, “il n'est pas acceptable” que le médecin soit réduit à “un simple exécutant” de la volonté du malade ou de normes législatives. 


Le pape compare les avortements "thérapeutiques" aux pratiques du docteur nazi Mengele

Unknown-6Les membres du bureau européen de One of Us, fédération d’associations pro-vie et pro-famille, ont été reçus en audience le 18 mai par le Pape. Évoquant les expérimentations sur des embryons humains et l’avortement d’enfants à naître malades, le souverain pontife les a comparés aux pratiques du docteur nazi Josef Mengele (photo) et aux Spartes qui jetaient les nourrissons faibles du haut d’une montagne.

« Nous faisons pareil aujourd’hui (…) mais dans les laboratoires et les cliniques ».

Selon un article de Vatican News en italien du 22 mai, le Pape a ajouté :

« Quand je parle de ces choses, je m’échauffe trop et je perds le sens de la diplomatie ».

« Lutter pour la vie est lutter pour une culture où toute vie est respectée ».


Les 34 évêques du Chili renoncent à leur charge

Capture d’écran 2018-05-18 à 16.19.29A l’issue des trois jours de rencontre avec le Pape François, les 34 évêques du Chili ont lu une déclaration officielle suite aux problèmes d'abus sexuels. Le Pape avait convoqué les évêques sur deux aspects précis :

  • recevoir les conclusions du rapport de Mgr Scicluna sur sa visite au Chili,
  • faire un discernement afin de trouver des mesures à bref, moyen et long terme pour relancer la communion et la justice.

À la fin de cette rencontre, le Pape François a remis à chacun une lettre :

«Chers frères dans l’épiscopat, je désire vous remercier d’avoir accueilli mon invitation pour qu’ensemble nous fassions un discernement franc face aux faits graves qui ont endommagé la communion ecclésiale et ont affaibli le travail de l’Église au Chili dans ces dernières années. À la lumière de ces évènements douloureux concernant les abus, -de mineurs, de pouvoir et de conscience-, nous avons échangé sur la gravité de ceux-ci ainsi que sur les conséquences tragiques qu’ils ont eu, particulièrement pour les victimes.

À chacune d’elles, j’ai moi-même de tout cœur fait une demande de pardon, à laquelle vous vous êtes unis en une seule volonté et avec la ferme intention de réparer les dommages causés. Je vous remercie pour la pleine disponibilité que chacun de vous a manifesté pour adhérer et collaborer dans tous ces changements et résolutions que nous devrons mettre en œuvre dans le court, moyen et long terme, nécessaires pour rétablir la justice et la communion ecclésiale.

Après ces journées de prière et de réflexion, je vous envoie pour continuer à construire une Église prophétique qui sait mettre l’essentiel au centre : le service à son Seigneur dans l’affamé, dans le prisonnier, dans le migrant, dans l’abusé. S’il vous plait, n’oubliez pas de prier pour moi. Que Jésus vous bénisse et que la Vierge Marie prenne soin de vous.

Fraternellement, François»

Dans leur déclaration, les évêques du Chili souhaitent 

« demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au Pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et les omissions que nous avons commises ».

Les évêques remercient les victimes

«pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter». « Encore une fois nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, afin qu’elles puissent cicatriser».

En communion avec François, ils souhaitent

«rétablir la justice et contribuer à la réparation des dommages causés, et pour donner une nouvelle impulsion à la mission prophétique de l’Eglise au Chili, dont le centre doit toujours être le Christ».

Les évêques, par la voix de Mgr Fernando Ramos, secrétaire de la Conférence épiscopale chilienne, ont expliqué avoir murie l’idée d’une renonciation à leur charge.

«En sintonie complète avec le Saint-Père, il est approprié de déclarer notre disponibilité absolue à remettre nos charges pastorales dans les mains du Pape». «Tant que le Pape n’a pris de décision, chaque membre de la conférence épiscopale du Chili poursuit son travail pastoral».


Le pape François réaffirme le principe non-négociable qu'est la famille

Unknown-13Le pape François a écrit la préface de l'ouvrage de Benoît XVI sur la politique, à paraître le 10 mai, que nous avons évoqué hier avec un texte inédit. Dans sa préface, le pape François affirme qu'il existe une “limite” à l'obéissance à l'Etat en matière familiale.

De fait, la pape reprend la notion désormais bien connue, mais parfois mal-connue, des principes non-négociables, ces principes intangibles qui fondent la société, quels que soient le contexte, le lieu et l'époque (contrairerement aux politiques contingentes, modulables en fonction du bien commun, comme l'immigration...).

Pour le successeur de Pierre, il existe aujourd'hui une idéologie qui refuse tout amour sauf celui “de son propre égo”. Selon lui, cela entraîne une “colonisation des consciences”, par une idéologie qui nie la différence homme-femme – “certitude de fond” – et son rôle dans la transmission de la vie. Sans les nommer, le pape désigne l'idéologie du genre et l'avortement, basés sur la “grande négation” que l'homme a été créé à l'image de Dieu. Et il écrit

il faut établir l'obéissance de l'homme à Dieu comme limite de l'obéissance à l'Etat”.

Cette idéologie aboutit à la “production planifiée et rationnelle” de personnes qui considèrent licite “d'éliminer“ ce qui “n'est plus considéré comme créé, donné, conçu et généré, mais fabriqué par nous seuls”. Ces “apparents” droits de l'homme conduisent à “l'autodestruction de l'homme”.

L'intégralité de cette préface est ici. Extrait :

"Ainsi, la défense de l’homme et de l’humain contre les réductions idéologiques du pouvoir passe à nouveau aujourd’hui par le fait d’inscrire l’obéissance de l’homme à Dieu comme limite de l’obéissance à l’État. Relever ce défi, dans le véritable et clair changement d’époque que nous visons aujourd’hui, signifie défendre la famille. Pour sa part, Jean-Paul II avait bien compris la portée décisive de la question ; appelé avec raison le « pape de la famille », il ne soulignait pas par hasard que « le futur de l’humanité passe par la famille » (Familiaris consortio, 86). Dans le même ordre d’idée, j’ai moi aussi insisté sur le fait que « le bien de la famille est déterminant pour l’avenir du monde et de l’Église » (Amoris Laetitia, 31).


L'épreuve finale de l'Eglise qui ébranlera la foi de nombreux croyants

Le cardinal Willem Jacobus Eijk, archevêque d’Utrecht aux Pays-Bas, a publié une tribune sur le blog d’Edward Pentin par The New Catholic Register, que Jeanne Smits a traduit sur RITV :

Unknown-10« Observant que les évêques, et surtout, le Successeur de Pierre, échouent à maintenir et à transmettre fidèlement et dans l’unité le dépôt de la foi contenu dans la Tradition sacrée et l’Ecriture sainte, je ne peux m’empêcher de penser à l’article 675 du Catéchisme de l’Eglise catholique : “Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le ‘mystère d’iniquité’ sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité.” »

Rappel des faits :

  • Fin février, les évêques d’Allemagne approuvaient l’accès à la communion des époux protestants dans les couples mixtes.
  • Début avril, sept évêques d’Allemagne ont saisi la Congrégation pour la Doctrine de la foi.
  • Vers la mi-avril, le pape François a opposé un net refus à cette « assistance pastorale » proposée aux couples mixtes en apposant sa signature à la réponse de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. 
  • Dans les 48 heures de cette nouvelle, les évêques d’Allemagne ont publié un communiqué démentant que le pape et la Congrégation pour la Doctrine de la foi eurent rejeté la proposition de février. Le pape a rencontré le cardinal Marx à Rome jeudi dernier.
  • L’affaire s’est soldée par une demande adressée par le pape François à l’épiscopat allemand de trouver « l’unanimité » sur cette question, « si possible ».

Dans sa tribune, le cardinal Eijk juge cette réponse « totalement incompréhensible ».

« La doctrine et la pratique de l’Eglise à l’égard de l’administration du sacrement de l’eucharistie aux protestants est parfaitement claire ».

Le code de droit canonique ne l’admet qu’en cas de « danger de mort » ou de « grave nécessité » :

« En cas de danger de mort ou si, au jugement de l’Evêque diocésain ou de la conférence des Evêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, lorsqu’ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu’ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu’ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu’ils soient dûment disposés. »

Le cardinal Eijk souligne à quel point cette condition de la manifestation de la foi catholique est à la fois importante et difficile à trouver chez les protestants, qui « ne partagent pas la foi au sacerdoce et en l’Eucharistie ».

« La plupart des protestants allemands sont luthériens. Les luthériens croient en la consubstantiation qui implique la conviction selon laquelle, outre le Corps ou le Sang du Christ, le pain et le vin sont également présents lorsqu’une personne les reçoit. Si quelqu’un reçoit le pain et le vin sans croire cela, [pour les luthériens] le corps et le sang du Christ ne sont pas réellement présents. En dehors de ce moment de leur réception, il ne reste que le pain et le vin et le corps et le sang du Christ ne sont pas présents ».

« Les différences entre la foi en la consubstantiation et la foi en la transsubstantiation sont tellement importantes qu’il faut vraiment demander à celui qui désire recevoir la communion qu’il entre explicitement et formellement en communion plénière avec l’Eglise catholique (hormis le danger de mort), confirmant ainsi de manière explicite son acceptation de la foi de l’Eglise catholique, y compris la foi eucharistique. Un examen de conscience privée fait avec un prêtre ou une autre personne ayant des responsabilités pastorales n’offre pas de garanties suffisantes quant au fait de savoir si la personne en question accepte véritablement la foi de l’Eglise. En l’acceptant [l’Eucharistie], la personne ne peut, cependant, faire qu’une seule chose : entrer en entière communion avec l’Eglise catholique. »

« La pratique de l’Eglise catholique, fondée sur sa foi, n’est pas déterminée et ne se modifie pas conformément à des statistiques lorsque la majorité d’une conférence épiscopale vote pour, même si c’est à l’unanimité. » « Ce que disent le code de droit canonique et le Catéchisme de l’Eglise catholique aurait dû être la réaction du Saint-Père, qui en tant que successeur de saint Pierre, “est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles” (Lumen Gentium n° 23). Le Saint-Père aurait dû donner des directives claires à la délégation de la conférence épiscopale de l’Allemagne, fondées sur la doctrine et la pratique claires de l’Eglise. Il aurait également dû répondre sur ce fondement à la femme luthérienne qui lui a demandé, le 15 novembre 2015, si elle pouvait recevoir la communion avec son époux catholique, en disant que cela n’est pas acceptable, plutôt que de suggérer qu’elle pouvait recevoir la communion sur le fondement de son baptême, et en accord avec sa conscience. En échouant à donner la clarté, c’est une grande confusion qui est créée parmi les fidèles et l’unité de l’Eglise est mise en péril. C’est également le cas lorsque des cardinaux proposent publiquement de bénir des relations homosexuelles, une chose diamétralement opposée à la doctrine de l’Eglise, fondée sur l’Ecriture sainte, selon laquelle le mariage, selon l’ordre de la création, n’existe qu’entre un homme et une femme. »


Le Pape invite à aimer la vie de sa conception à sa mort naturelle

Cq5dam.thumbnail.cropped.750.422Dimanche midi, lors de la prière du Regina Coeli, le Pape a commenté l’Evangile du jour en exhortant à prendre soin des personnes âgées, des malades, des enfants à naître :

«En définitive, la vie est toujours à protéger et à aimer de sa conception à sa mort naturelle».

L’Amour du Christ n’est pas un sentiment superficiel, mais un comportement fondamental du cœur qui se manifeste dans le fait de vivre selon son souhait. Les catholiques doivent ainsi suivre les enseignements de Jésus, et en particulier celui-ci «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé». Il faut également passer à l’action, les paroles ne suffisent pas et ainsi le Pape rappelle que «l’amour s’accomplit  dans la vie de tous les jours, dans nos comportements, nos actions, sinon c’est seulement quelque chose d’illusoire».

Comment partager avec autrui cet amour qui vient de Dieu ? Là encore, il faut des faits, comme l’a indiqué Jésus plus d’une fois. Avec qui le partager ? Avec

«celui que je rencontre sur ma route qui, avec son visage et son histoire, m’interpelle ; celui qui du seul fait de sa présence me pousse à abandonner mes intérêts et mon confort ; celui qui est en demande de ma disponibilité pour l’écouter et faire un morceau du chemin ensemble».

Le Pape exhorte à se montrer disponible envers chacun, «peu importe qui il est et dans quelle situation il se trouve». Et il faut commencer par ceux qui sont proches, la famille, les collègues ou camarade de classe.

«De cette façon, si je reste uni à Jésus, son amour peut atteindre l’autre et l’attirer à lui, à son amitié».

Cet amour pour les autres ne peut être réservé à des moments exceptionnels. Il doit devenir une constance dans notre existence.

«Voilà pourquoi nous sommes appelés à protéger les personnes âgées comme un trésor précieux et avec amour,  même s’ils posent des problèmes économiques ou des désagréments. Voilà pourquoi aux malades, même au stade terminal, nous devons donner toute l’assistance possible. Voilà pourquoi les enfants à naître sont toujours à accueillir, voilà pourquoi en définitive, la vie est toujours à protéger, à aimer de sa conception à sa mort naturelle».


L'appel du pape en faveur de Vincent Lambert

Cq5dam.web.800.800Ce matin lors de l'audience générale,  le Pape François a relancé son appel de défense de la vie, déjà exprimé dimanche dernier lors de la prière du Regina Coeli :

«J’attire de nouveau l’attention sur Vincent Lambert et le petit Alfie Evans, et je voudrais rappeler et fortement confirmer que l’unique maître de la vie, du début jusqu’à la fin naturelle, est Dieu ! Et notre devoir est de tout faire pour prendre soin de la vie. Pensons en silence et prions afin que soit respectée la vie de toutes les personnes et spécialement celle de nos deux frères. Prions en silence».

Un rappel opportun qui peut aussi être destiné aux organismes pseudo-catholiques que sont le MRJC, la JOC et les SGDF qui ont refusé de voter contre l'euthanasie au CESE.


Le pape François appelle au "respect de la vie" et à prier pour Vincent Lambert

«Ce sont des situations délicates, très douloureuses et complexes. Nous prions pour que chaque patient soit toujours respecté dans sa dignité et traité de manière adaptée à son état, avec l'accord des membres de la famille, des médecins et des autres professionnels de la santé».


Gaudete et exsultate: Exhortation apostolique sur l'appel à la sainteté dans le monde actuel

Cette exhortation du Saint-Père François a été publiée ce jour à midi. En voici des extraits :

Capture d’écran 2018-04-09 à 14.17.2214. Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels.

94. Les persécutions ne sont pas une réalité du passé, parce qu’aujourd’hui également, nous en subissons, que ce soit d’une manière sanglante, comme tant de martyrs contemporains, ou d’une façon plus subtile, à travers des calomnies et des mensonges. Jésus dit d’être heureux quand « on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie » (Mt 5, 11). D’autres fois, il s’agit de moqueries qui cherchent à défigurer notre foi et à nous faire passer pour des êtres ridicules.

101. Est également préjudiciable et idéologique l’erreur de ceux qui vivent en suspectant l’engagement social des autres, le considérant comme quelque chose de superficiel, de mondain, de laïcisant, d’immanentiste, de communiste, de populiste. Ou bien, ils le relativisent comme s’il y avait d’autres choses plus importantes ou comme si les intéressait seulement une certaine éthique ou une cause qu’eux-mêmes défendent. La défense de l’innocent qui n’est pas encore né, par exemple, doit être sans équivoque, ferme et passionnée, parce que là est en jeu la dignité de la vie humaine, toujours sacrée, et l’amour de chaque personne indépendamment de son développement exige cela. Mais est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans la misère, l’abandon, le mépris, la traite des personnes, l’euthanasie cachée des malades et des personnes âgées privées d’attention, dans les nouvelles formes d’esclavage, et dans tout genre de marginalisation. Nous ne pouvons pas envisager un idéal de sainteté qui ignore l’injustice de ce monde où certains festoient, dépensent allègrement et réduisent leur vie aux nouveautés de la consommation, alors que, dans le même temps, d’autres regardent seulement du dehors, pendant que leur vie s’écoule et finit misérablement.

125. Il y a des moments difficiles, des temps de croix, mais rien ne peut détruire la joie surnaturelle qui « s’adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d’être infiniment aimé, au-delà de tout ». C’est une assurance intérieure, une sérénité remplie d’espérance qui donne une satisfaction spirituelle incompréhensible selon les critères du monde.

126. Ordinairement, la joie chrétienne est accompagnée du sens de l’humour, si remarquable, par exemple, chez saint Thomas More, chez saint Vincent de Paul ou chez saint Philippe Néri. La mauvaise humeur n’est pas un signe de sainteté : « Eloigne de ton cœur le chagrin » (Qo 11, 10). Ce que nous recevons du Seigneur « afin d’en jouir » (1 Tm 6, 17) est tel que parfois la tristesse frise l’ingratitude de notre part, frise le repli sur nous-mêmes au point que nous sommes incapables de reconnaître les dons de Dieu.


Invoquons des fruits de sagesse pour ceux qui ont des responsabilités politiques afin qu’ils respectent toujours la dignité humaine

Message Urbi et Orbi du pape François, ce jour à Saint-Pierre de Rome :

Cq5dam.web.800.800"Chers frères et sœurs, bonne fête de Pâques !

Jésus est ressuscité d’entre les morts.

Cette annonce résonne dans l’Église par le monde entier, avec le chant de l’Alleluia : Jésus est le Seigneur, le Père l’a ressuscité et il est vivant pour toujours au milieu de nous.

Jésus lui-même avait annoncé à l’avance sa mort et sa résurrection avec l’image du grain de blé. Il disait : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Voilà, justement cela est arrivé : Jésus, le grain de blé semé par Dieu dans les sillons de la terre, est mort tué par le péché du monde, il est resté deux jours dans le tombeau ; mais dans sa mort était contenue toute la puissance de l’amour de Dieu, qui s’est dégagée et qui s’est manifestée le troisième jour, celui que nous célébrons aujourd’hui : la Pâque du Christ Seigneur.

Nous chrétiens, nous croyons et nous savons que la résurrection du Christ est la véritable espérance du monde, celle qui ne déçoit pas. C’est la force du grain de blé, celle de l’amour qui s’abaisse et qui se donne jusqu’au bout, et qui renouvelle vraiment le monde. Cette force porte du fruit aussi aujourd’hui dans les sillons de notre histoire, marquée de tant d’injustices et de violences. Elle porte des fruits d’espérance et de dignité là où il y a de la misère et de l’exclusion, là où il y a la faim et où manque le travail, au milieu des personnes déplacées et des réfugiés – tant de fois rejetés par la culture actuelle du rebut –, aux victimes du narcotrafic, de la traite des personnes et des esclavages de notre temps.

Et nous aujourd’hui, demandons des fruits de paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin. En cette fête de Pâques, que la lumière du Christ Ressuscité éclaire les consciences de tous les responsables politiques et militaires, afin que soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire et qu’il soit pourvu à faciliter l’accès aux aides dont ces frères et sœurs ont un urgent besoin, assurant en même temps des conditions convenables pour le retour de tous ceux qui ont été dispersés.

Invoquons des fruits de réconciliation pour la Terre Sainte, blessée encore ces jours-ci par des conflits ouverts qui n’épargnent pas les personnes sans défense, pour le Yémen et pour tout le Moyen Orient, afin que le dialogue et le respect réciproque prévalent sur les divisions et sur la violence. Puissent nos frères en Christ, qui souvent subissent brimades et persécutions, être des témoins lumineux du Ressuscité et de la victoire du bien sur le mal.

Demandons instamment des fruits d’espérance en ce jour pour tous ceux qui aspirent à une vie plus digne, surtout dans ces parties du continent africain tourmentées par la faim, par des conflits endémiques et par le terrorisme. Que la paix du Ressuscité guérisse les blessures au Sud Soudan : qu’elle ouvre les cœurs au dialogue et à la compréhension réciproque. N’oublions pas les victimes de ces conflits, surtout les enfants ! Que ne manque pas la solidarité pour les nombreuses personnes contraintes à abandonner leurs terres et privées du minimum nécessaire pour vivre.

Implorons des fruits de dialogue pour la péninsule coréenne, pour que les entretiens en cours promeuvent l’harmonie et la pacification de la région. Que ceux qui ont des responsabilités directes agissent avec sagesse et discernement pour promouvoir le bien du peuple coréen et construire des relations de confiance au sein de la communauté internationale.

Demandons des fruits de paix pour l’Ukraine, afin que se renforcent les pas en faveur de la concorde et soient facilitées les initiatives humanitaires dont la population a besoin.

Appelons des fruits de consolation pour le peuple vénézuélien, qui – comme l’ont écrit ses pasteurs – vit dans une espèce de « terre étrangère » dans son propre pays. Puisse-t-il, par la force de la Résurrection du Seigneur Jésus, trouver le chemin juste, pacifique et humain pour sortir au plus vite de la crise politique et humanitaire qui le tenaille, et que accueil et assistance ne manquent pas à tous ceux de ses enfants qui sont contraints d’abandonner leur patrie.

Que le Christ Ressuscité apporte des fruits de vie nouvelle aux enfants qui, à cause des guerres et de la faim, grandissent sans espérance, privés d’éducation et d’assistance sanitaire ; et aussi pour les aînés mis à l’écart par la culture égoïste, qui met de côté celui qui n’est pas « productif ».

Invoquons des fruits de sagesse pour ceux qui dans le monde entier ont des responsabilités politiques, afin qu’ils respectent toujours la dignité humaine, se prodiguent avec dévouement au service du bien commun et assurent développement et sécurité à leurs propres citoyens.

Chers frères et sœurs,

A nous aussi, comme aux femmes accourues au tombeau, sont adressées ces paroles : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité ! » (Lc 24, 5-6). La mort, la solitude et la peur ne sont plus la parole ultime. Il y a une parole qui va au-delà et que Dieu seul peut prononcer : c’est la parole de la Résurrection (cf. Jean-Paul II, Paroles au terme de la Via Crucis, 18 avril 2003). Avec la force de l’amour de Dieu, elle « chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés, dissipe la haine, dispose à l’amitié et soumet toute puissance » (Annonce de la Pâque).

Bonne fête de Pâques à tous !"


La lettre des Bompard au pape François

Reçus au Vatican avec quelque 150 élus de la région PACA, Jacques et Marie-Claude Bompard, accompagnés de Marie-France Lorho, Marie-Thérèse Galmard, Yann Bompard et Xavier Fruleux, ont remis en mains propres au Saint-Père une lettre pour lui faire part des « doutes » et « incompréhensions » que suscitent les multiples interventions de l’Eglise en faveur de l’accueil des « migrants » et attirer son attention sur la menace que fait peser l’immigration massive sur l’Europe. Franck Delétraz écrit dans Présent :

9078-p3-bompard-300x181"[...] Ainsi, écrivent les Bompard, « dans le discours contemporain, majoritairement véhiculé par des médias ignares et idéologiquement orientés, la parole de l’Eglise n’est perçue qu’à l’aune des valeurs en vogue de la propagande ». Une allusion à ceux qui s’appuient sur une interprétation abusive du Bon Samaritain, en oubliant que Saint Thomas d’Aquin nous a enseigné qu’« il faut que l’affection de l’homme soit ordonnée par la charité, que d’abord et principalement il aime Dieu, ensuite soi-même, enfin le prochain, et parmi les prochains, davantage ceux qui sont les plus proches et plus à même de nous aider ». 

Or, souligne la lettre, « alors même que nombre de nos proches souffrent de la misère matérielle et spirituelle la plus grave », la France et l’Europe « auraient l’obligation morale d’accueillir non seulement les réfugiés de toutes les guerres mais aussi les émigrés de tous les pays, et ce au risque de la déstabilisation politique et sociale ». Il faut d’ailleurs rappeler ici la constitution apostolique Exsul familia de 1952, dans laquelle Pie XII précisait non seulement que l’immigration doit concerner « des étrangers nécessiteux et honnêtes », mais aussi que celle-ci peut être limitée pour des « motifs d’utilité publique ». Or, ce sont précisément ces « motifs d’utilité publique » que mettent en avant les Bompard dans leur lettre. Lorsqu’ils soulignent par exemple que « cette convergence de migrations pour la plupart économiques voile parfois l’arrivée de combattants qui ont pour objectif avoué la conquête religieuse de l’Occident ».

Aussi demandent-ils au Saint-Père en conclusion de bien vouloir participer « à l’éclaircissement de ces lacunes » afin de « saisir avec clarté où se trouve notre devoir de charité »."


La lettre mutilée de Benoît XVI

Les grands communicants du Vatican devraient lire attentivement ce que le pape François a dit sur les "fakes news", car ils en ont commis une belle en instrumentalisant une lettre de Benoît XVI, écrite le 7 février et publiée le 12 mars pour souligner abusivement la continuité entre les deux pontificats, ce que ne disait pas la lettre.

Or, aujourd'hui, un paragraphe qui avait été masqué a enfin été dévoilé, suite aux pressions médiatiques. Et on comprend pourquoi en le lisant. Benoît XVI y critique l'un des auteurs des 11 livres sur le pape François (livres que Benoît XVI ne lira pas) :

366718260"Soit dit en passant, je voudrais signaler ma surprise, concernant la présence parmi les auteurs du Professeur Hünermann, qui durant mon pontificat a été à l'origine d'initiatives opposées à la papauté. Il a joué un rôle de premier plan dans la publication de “Kölner Erklärung”, qui, en relation avec l'encyclique “Veritatis splendor”, a attaqué avec virulence l'autorité magistérielle du pape, spécialement sur des questions de théologie morale. De même le “Europaische Theologengesellschaft” qu'il a fondé, s'est initialement illustré comme une organisation en opposition au magistère pontifical. Par la suite, le sentiment ecclésial de nombreux théologiens a mis obstacle à cette orientation, transformant cette organisation en un instrument normal de rencontre entre théologiens.

Je suis certain que vous comprendrez mon refus et je vous prie d’accepter mes cordiales salutations."


Benoît XVI ne lira pas les livres sur le pape François

Le bureau de presse du Saint-Siège n’a pas publié dans son intégralité le texte de la lettre que Benoit XVI a envoyée le 7 février dernier au Préfet du Secrétariat pour la communication, Mgr Dario Edoardo Viganò, en réponse à une lettre de Mgr Viganò du 12 janvier.

Elle n'a été rendue publique que le soir du 12 mars, soit la veille du cinquième anniversaire de l’élection au pontificat de Jorge Mario Bergoglio. Certains l'ont étrangement interprété comme une caution de Benoît XVI envers François. Pourquoi le pape aurait-il donc besoin d'avoir la caution de son prédécesseur ?

Voici le texte complet de la lettre, de l’en-tête à la signature finale (c'est moi qui souligne la continuité intérieure: pourquoi ne pas écrire la continuité tout court ? Que signifie cette expression ?)

Lettera_450Benedictus XVI
Papa Emeritus

Rev.mo Signore
Mons. Dario Edoardo Viganò
Préfet du Secrétariat pour la communication

Cité du Vatican
Le 7 février 2018

Monseigneur,

Je vous remercie pour votre aimable lettre du 12 janvier et pour le cadeau qui y était joint contenant les onze petits volumes sous la direction de Roberto Repole.

J’applaudis à cette initiative visant à s’opposer et réagir contre le préjugé » stupide en vertu duquel le pape François ne serait qu’un homme pratique dénué de toute formation théologique ou philosophique tandis que je ne serais moi-même qu’un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui.

Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le Pape François est un homme doté d’une profonde formation philosophique et théologique et ils aident en cela à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, nonobstant toutes les différences de style et de tempérament.

Toutefois, je ne peux pas rédiger une brève et dense page théologique à leur sujet parce que toute ma vie, il a toujours été clair que je n’écrirais et que je ne m’exprimerais jamais que sur les livres que j’aurais vraiment lus. Malheureusement, notamment pour des raisons physiques, je ne suis pas en mesure de lire les onze petits volumes dans un avenir proche, d’autant plus que d’autres engagements que j’ai déjà accepté m’attendent.

Je suis sûr que vous comprendrez et je vous salue cordialement.

Bien à vous,

Benoît XVI


Le dimanche, au cœur de la pastorale de l’Église ?

Petite synthèse proposée par un prêtre diocésain pour les lecteurs du Salon beige :

Le Pape François fait depuis novembre ses catéchèses sur la Messe, « le cœur de l’Église, l'Eucharistie » et le dimanche. Catéchèses qui ont le mérite de replacer l'Eucharistie dominicale à sa place : centrale ! Extraits :

Unknown-17« Nous ne pouvons pas oublier le grand nombre de chrétiens qui, dans le monde entier, en deux mille ans d'histoire, ont résisté jusqu'à la mort pour défendre l'Eucharistie ; et ceux qui, aujourd'hui encore, risquent leur vie pour participer à la Messe du dimanche. » (catéchèse du 8 nov 2017)

« Participer à la Messe signifie vivre encore une fois la passion et la mort rédemptrice du Seigneur. » (15 nov) « La Messe, c'est cela : entrer dans (la) passion, (la) mort, (et la) résurrection de Jésus. Aller à la Messe, c'est aller au calvaire, c'est la même chose. » (catéchèse du 22 nov 2017)

« Nous, chrétiens, avons besoin de participer à la Messe du dimanche parce que ce n'est qu'avec la grâce de Jésus (...) que nous pouvons mettre en pratique son commandement, et être ainsi ses témoins crédibles. » (catéchèse du 13 déc 2017)

« C'est la Messe qui fait le dimanche chrétien ! (...) Certaines sociétés sécularisées ont égaré le sens chrétien du dimanche illuminé par l'Eucharistie. Cela est un péché ! »

C'est ce qu'enseigne en effet l’Église, notamment dans le Catéchisme (CEC 2181) :

« L’Eucharistie du dimanche fonde et sanctionne toute la pratique chrétienne. C’est pourquoi les fidèles sont obligés de participer à l’Eucharistie les jours de précepte (France : Noël, Ascension, Assomption, Toussaint), à moins d’en être excusés pour une raison sérieuse (par exemple la maladie, le soin des nourrissons) ou dispensés par leur pasteur propre. Ceux qui délibérément manquent à cette obligation commettent un péché grave. » (C'est-à-dire mortel)

Au même moment, Monseigneur Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, fait distribuer dans son diocèse un livret, « Dimanche, Jour du Seigneur », dont l'introduction tranche par sa franche clarté avec des accents qui font écho à la catéchèse de François. Extraits :

« Il est vital pour l'ensemble de la société que ceux qui se reconnaissent chrétiens manifestent un attachement plus radical à la personne du Christ. Sinon ils ressembleront au sel devenu fade, qui ne vaut plus rien, et dont Jésus enseigne qu'on le jette dehors et qu'il est piétiné par les gens (voir Matthieu 5,13). On ne naît pas chrétien, mais on le devient par le choix de suivre le Christ sur la voie de l'amour vrai, qui est un chemin exigeant. Beaucoup de nos frères chrétiens qui vivent dans des pays où ils sont brimés, menacés ou persécutés, nous l'enseignent avec force ! » (...)

« N'ignorant ni ne minimisant les difficultés pratiques auxquelles nous sommes confrontés, j'insiste sur l'impératif de l'eucharistie dominicale en disant que dans les années à venir, les disciples authentiques du Christ se distingueront par le choix de se donner les moyens de prendre fidèlement part à la messe, quels qu'en soient les exigences et les risques. » (...)

« En effet, ces vrais chrétiens ne mettront pas en balance la priorité de l'Eucharistie avec une autre activité importante, un horaire qui les arrange ou un style de chant qui les séduit. Ils ne s'effrayeront pas de quelques kilomètres à parcourir, organiseront le co-voiturage et prendront en charge ceux qui ont du mal à se déplacer seuls. »


Le chrétien face à ses peurs

Extrait du message du Pape pour la Journée Mondiale de la Jeunesse 2018, le dimanche des Rameaux :

Adoration---31.12.2014"[...] Et vous jeunes, quelles peurs vous habitent ? Qu’est-ce qui vous préoccupe le plus ? Une peur ‘‘d’arrière-fond’’ chez beaucoup d’entre vous est celle de n’être pas aimés, appréciés, de ne pas être acceptés tels que vous êtes. Aujourd’hui, il y a tant de jeunes qui ont la sensation de devoir être différents de ce qu’ils sont en réalité, tentant de se conformer aux modèles souvent factices et inaccessibles. Ils procèdent continuellement à des ‘‘retouches de photo’’ de leurs propres images, en se cachant derrière des masques et de fausses identités, jusqu’au point de devenir presque eux-mêmes un ‘‘fake’’. Il y a chez beaucoup l’obsession de recevoir le plus grand nombre possible de ‘‘j’aime’’. Et de ce sentiment d’inadéquation, naissent de nombreuses peurs et incertitudes. D’autres craignent de ne pas réussir à trouver une sécurité affective et de rester seuls. Chez beaucoup, face à la précarité du travail, surgit la peur de ne pas arriver à trouver un épanouissement satisfaisant sur le plan professionnel, de ne pas voir se réaliser leurs propres rêves. Ce sont des peurs qui hantent aujourd’hui beaucoup de jeunes, aussi bien croyants que non croyants. Et également ceux qui ont accueilli le don de la foi et qui cherchent avec soin leur propre vocation ne sont pas épargnés par des peurs. Certains pensent : peut-être Dieu me demande-t-il ou me demandera-t-il trop : peut-être en parcourant le chemin qu’il m’a indiqué, je ne serai pas vraiment heureux, ou bien je ne serai pas à la hauteur de ce qu’il me demande. D’autres se demandent : si je prends le chemin que Dieu m’indique, qui me garantit que je parviendrai à le parcourir jusqu’au bout ? Me découragerai-je ? Perdrai-je l’enthousiasme ? Serai-je en mesure de persévérer durant toute la vie ?

Aux moments où des doutes et des peurs assaillent notre cœur, le discernement s’avère nécessaire. Il nous permet de mettre de l’ordre dans la confusion de nos pensées et de nos sentiments, afin d’agir de manière juste et prudente. Dans ce processus, le premier pas pour surmonter les peurs est de les identifier clairement, pour ne pas se retrouver à perdre du temps et des énergies, en proie à des fantasmes sans visage et sans consistance. Pour cela, je vous invite tous à faire une introspection et à ‘‘donner un nom’’ à vos peurs. Demandez-vous : aujourd’hui, dans la situation concrète que je vis, qu’est-ce qui m’angoisse, qu’est-ce que je crains le plus ? Qu’est-ce qui me bloque et m’empêche d’aller de l’avant ? Pourquoi n’ai-je pas le courage de faire les choix importants que je devrais faire ? N’ayez pas peur de regarder franchement vos peurs, de les reconnaître telles qu’elles sont et de les prendre en compte. La Bible ne nie pas le sentiment humain de la peur ni les nombreux motifs qui peuvent la provoquer. Abraham a eu peur (cf. Gn 12, 10ss), Jacob a eu peur (cf. Gn 31, 31 ; 32, 8), et Moïse également (cf. Ex 2, 14 ; 17, 4), Pierre (cf. Mt 26, 69ss) et les Apôtres (cf. Mc 4, 38-40 ; Mt 26, 56). Jésus lui-même, bien qu’à un niveau incomparable, a éprouvé de la peur et de l’angoisse (cf. Mt 26, 37 ; Lc 22, 44). [...]"