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Benoît XVI participera à la fête des grands-parents

Cette rencontre aura lieu dimanche prochain 28 septembre, Place Saint-Pierre. Le pape émérite a accepté "volontiers" l'invitation du pape François.

La rencontre, organisée par le Conseil pontifical pour la Famille, commencera à 8h30. A partir de 9h30, et pendant une heure, le pape (François) dialoguera avec la Place - et Benoît XVI sera présent, en principe seulement à ce moment-là.

A 10h30, il y aura une messe présidée par François, et concélébrée par 100 prêtres âgés du monde entier.


Communion aux "divorcés-remariés" : Benoît XVI avait déjà répondu en 2007

Ce n'est pas seulement l'exhortation apostolique Familiaris Consortio (et surtout le n°84) de saint Jean-Paul II que certains aimeraient voir partir aux oubliettes (ce texte date de 1981), c'est aussi l'exhortation de Benoît XVI Sacramentum Caritatis (publiée en 2007), qui indique dans son n°29 :

"Si l'Eucharistie exprime le caractère irréversible de l'amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l'indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu'aspirer. L'attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s'agit d'un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l'Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l'union d'amour entre le Christ et l'Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l'Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d'appartenir à l'Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu'ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l'écoute de la Parole de Dieu, par l'adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l'engagement dans l'éducation de leurs enfants.

Là où surgissent des doutes légitimes sur la validité du Mariage sacramentel qui a été contracté, il convient d'entreprendre ce qui est nécessaire pour en vérifier le bien-fondé. Il faut aussi s'assurer, dans le plein respect du droit canonique, de la présence sur le territoire de tribunaux ecclésiastiques, de leur caractère pastoral, de leur fonctionnement correct et rapide. Il importe qu'il y ait, dans chaque diocèse, un nombre suffisant de personnes préparées pour le bon fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques. Je rappelle que « c'est une obligation grave que le travail institutionnel de l'Église réalisé dans les tribunaux soit rendu toujours plus proche des fidèles ». Il est cependant nécessaire d'éviter de comprendre la préoccupation pastorale comme si elle était en opposition avec le droit. On doit plutôt partir du présupposé que le point fondamental de rencontre entre le droit et la pastorale est l'amour de la vérité: cette dernière en effet n'est jamais abstraite, mais « elle s'intègre dans l'itinéraire humain et chrétien de tout fidèle ». Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n'est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l'Église encourage ces fidèles à s'engager à vivre leur relation selon les exigences de la Loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur; ils pourront ainsi s'approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l'Église. Un tel chemin, pour qu'il soit possible et qu'il porte du fruit, doit être soutenu par l'aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du Mariage.

Vu la complexité du contexte culturel dans lequel vit l'Église dans beaucoup de pays, le Synode a aussi recommandé d'avoir le plus grand soin pastoral pour la formation des fiancés et pour la vérification attentive de leurs convictions concernant les engagements prescrits pour la validité du sacrement de Mariage. Un sérieux discernement à ce sujet pourra éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent les deux jeunes à assumer des responsabilités qu'ils ne sauront ensuite honorer. Le bien que l'Église et la société tout entière attendent du mariage et de la famille fondée sur lui est trop grand pour qu'on ne s'engage pas totalement dans ce domaine pastoral spécifique. Mariage et famille sont des institutions qui doivent être promues et garanties de toute équivoque possible quant à leur vérité, parce que tout dommage qui leur est causé constitue de fait une blessure pour la convivialité humaine comme telle."

Comme demandé dans le 2e paragraphe de cette citation, le pape François a récemment créé une commission pour améliorer le fonctionnement de la reconnaissance de la nullité des mariages.


Donner sa vie pour les hommes

En ce jour de la solennité de la Saint Pierre et Saint Paul, voici un texte du Pape Benoît XVI sur la vocation sacerdotale, et le caractère indispensable du prêtre pour l'Eglise :

"La prédication, les oeuvres, les gestes de toutes sortes que l'Eglise accomplit à travers ses multiples initiatives, perdraient leur fécondité salvifique si la célébration du sacrifice du Christ faisait défaut. Et celle-ci est confiée aux prêtres ordonnés. En effet, le prêtre est appelé à vivre en lui-même ce que Jésus a expérimenté en premier, c'est-à-dire se donner pleinement à la prédication et à la guérison de l'homme de tout mal du corps et de l'esprit et, à la fin, tout réassumer dans le geste suprême du "don de sa propre vie" pour les hommes; un geste qui trouve son expression sacramentelle dans l'eucharistie, mémoriel perpétuel de la Pâque de Jésus. C'est seulement à travers cette "porte" du sacrifice pascal que les hommes et les femmes de tous les temps et de tous les lieux peuvent entrer dans la vie éternelle; c'est à travers cette "voie sainte" qu'ils peuvent accomplir l'exode qui les conduit à la "terre promise" de la véritable liberté, aux "prés d'herbe fraîche" de la paix et de la joie sans fin."

Nous pensons donc tout spécialement à nos prêtres en ce grand jour, et les assurons de nos prières parce qu'ils ont offert pour nous leur propre vie.


Vendredi Saint sera un jour férié

... à Cuba.

Le pape Benoît XVI (dont c'est l'anniversaire ce jour) avait demandé en 2012 au président cubain Raul Castro que le Vendredi Saint puisse être déclaré férié à Cuba, dans un geste pour l'Eglise catholique dans ce pays. Jean-Paul II l'avait fait 14 ans plus tôt pour la fête Noël, obtenant alors gain de cause du président Fidel Castro.

Les autorités cubaines ont décrété cette année que le Vendredi Saint serait un jour férié. Le gouvernement décidera ultérieurement s'il fait du vendredi saint un jour férié permanent.


Benoît XVI affirme que l'étude de Veritatis Splendor demeure un devoir

Un livre vient de paraître en Italie sur Jean-Paul II, avec divers témoignages dont un de Benoît XVI. Le pape émérite revient sur plusieurs documents, notamment les encycliques et sur le document Dominus Jesus de la Congrégation pour la doctrine de la foi. 

Benoît XVI évoque l'encyclique Veritatis Splendor :

"Il a fallu de longues années pour que l'encyclique "Veritatis splendor", consacrée aux problèmes moraux, parvienne à maturité et aujourd’hui elle conserve toute son actualité. La constitution de Vatican II relative à l’Église dans le monde contemporain voulait que la doctrine morale catholique à propos de la personne de Jésus et de son message ait un fondement biblique, contrairement à l'orientation, marquée surtout par le droit naturel, de la théologie morale à cette époque.

On a essayé de le faire en procédant par allusions, mais seulement pendant une courte période. Puis une opinion a gagné du terrain : la Bible n’avait aucune morale spécifique à annoncer, mais elle renvoyait aux modèles moraux considérés comme corrects à chaque époque. La morale est une affaire de raison, disait-on, pas une affaire de foi.

C’est ainsi qu’a disparu, d’une part, la morale entendue au sens du droit naturel, mais aucune conception chrétienne n’est venue prendre sa place. Et, comme on ne pouvait reconnaître ni un fondement métaphysique ni un fondement christologique de la morale, on a eu recours à des solutions pragmatiques : à une morale fondée sur le principe de l’équilibre des biens, dans laquelle il n’y a plus ce qui est vraiment mal et ce qui est vraiment bien, mais seulement ce qui, du point de vue de l’efficacité, est mieux ou moins bien.

Le grand travail que Jean-Paul II s’est assigné dans cette encyclique a été de retrouver de nouveau un fondement métaphysique dans l’anthropologie, ainsi qu’une concrétisation chrétienne dans la nouvelle image d’homme donnée par la Sainte Écriture. Étudier cette encyclique et l’assimiler reste un grand et important devoir.

Et à propos de Dominus Jesus :

"Parmi les documents qui concernent différents aspects de l'œcuménisme, celui qui a suscité les plus fortes réactions a été la déclaration "Dominus Jesus", publiée en 2000, qui résume les éléments non négociables de la foi catholique. […] Face au tourbillon qui s’était développé autour de "Dominus Jesus", Jean-Paul II m’annonça qu’il avait l’intention de défendre ce document de manière tout à fait claire lors de l’Angélus. Il m’invita à rédiger pour l'Angélus un texte qui soit, pour ainsi dire, étanche et qui ne permette aucune interprétation différente. Il fallait montrer de manière tout à fait indiscutable qu’il approuvait inconditionnellement le document. Je préparai donc un bref discours. Toutefois je n’avais pas l’intention d’être trop brusque ; je cherchai donc à m’exprimer avec clarté mais sans dureté. Après l’avoir lu, le pape me demanda encore une fois : "Est-ce que c’est vraiment assez clair ?". Je lui répondis que oui. Ceux qui connaissent les théologiens ne seront pas étonnés d’apprendre que, malgré cela, il y a eu par la suite des gens qui ont soutenu que le pape avait pris prudemment ses distances par rapport à ce texte."


Pape émérite : le nouveau rôle de Benoît XVI

Le 22 octobre 2013, le secrétaire de Benoît XVI, qui est aussi le Préfet de la Maison Pontificale avec le pape François, Mgr Gänswein, a répondu à une question demandant s'il n'y avait pas un risque d'avoir au Vatican, un pape et un antipape.

P«Pas du tout. Il y a un pape régnant et un pape émérite. Ceux qui connaissent Benoît XVI savent que ce danger n'existe pas. Il ne s'est jamais ingéré et ne s'ingérera pas dans le gouvernement de l'Église, cela ne fait pas partie de son style. Le théologien Ratzinger sait aussi que chacun de ses mots pourrait attirer l'attention du public, et ce qu'il dirait serait lu pour ou contre son successeur. Donc, publiquement, il n'interviendra pas. Heureusement entre lui et François il y a une relation d'estime sincère et d'affection fraternelle».

Ceux qui utilisent le pape François pour l'opposer au pape Benoît XVI se mettent donc le doigt dans l'oeil. Certes, cette situation est unique dans l'histoire de l'Eglise. Mais sans doute parce que la situation de l'Eglise est unique. Le cardinal Schönborn décrivait en décembre dernier une Eglise au bord du naufrage, ce qui n'est pas sans rappeler l'homélie du cardinal Ratzinger en 2005, avant son élection, sur la barque de l'Eglise prête à couler.

Bien conscient de cette situation exceptionnelle dans l'Eglise, le journaliste et écrivain catholique italien notoire, Antonio Socci, a écrit récemment :

"Les deux pasteurs savent vivre une situation nouvelle dans l'histoire bimillénaire de l'Eglise (même si les vaticanistes se mettent en quatre pour dire que tout est normal). Tous deux sont bien conscients de la délicatesse de leurs rôles et du caractère dramatique de leurs devoirs. Don Georg [Gänswein] dit que Benoît a «une grande estime» pour François et qu'elle «a grandi à cause du courage du nouveau Pape, semaine après semaine. Au début, ils ne connaissaient pas très bien, mais ensuite le Pape François l'a appelé, lui a écrit, lui a rendu visite, lui a téléphoné de nouveau et l'a invité (pour des rencontres privées), et alors leurs contacts sont devenus très personnels et confidentiels»."

Dans sa dernière audience, le 27 février 2013, la veille de sa renonciation, Benoît XVI avait laissé entrevoir ce que serait son nouveau rôle :

"Permettez-moi ici de revenir encore une fois au 19 avril 2005. La gravité de la décision a été vraiment aussi dans le fait qu’à partir de ce moment, j’étais engagé sans cesse et pour toujours envers le Seigneur. Toujours – celui qui assume le ministère pétrinien n’a plus aucune vie privée. Il appartient toujours et totalement à tous, à toute l’Église. La dimension privée est, pour ainsi dire, totalement enlevée à sa vie. [...] Le « toujours » est aussi un « pour toujours » ‑ il n’y a plus de retour dans le privé. Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère, ne supprime pas cela. Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc. Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre."

Le 3 mars 2014, Mgr Gänswein, déclare à l'Avvenire, le journal des évêques italiens, que Benoît XVI suit attentivement la vie de l'Eglise et l'activité du Pape François. Il révèle que le pape régnant et le pape émérite se parlent fréquemment :

0"Il y a une très bonne relation entre eux. Les moyens par lesquels ils se parles sont divers. Ils se téléphonent, s'écrivent, se voient, mangent ensemble. Plusieurs fois, le Pape François a été invité à déjeuner au monastère. Une fois, après Noël, le pape émérite a également été à Santa Marta.

Il y en a qui les opposent.

C'est un jeu de prédilection, tout d'abord par certains journalistes. Que je n'aime pas. J'ai la grâce de vivre avec un et de travailler avec l'autre. Et ainsi je peux me permettre de dire que je les connais assez bien tous les deux. Je ne les vois pas comme opposés, mais comme complémentaires. Il est évident que le style, les gestes et même le mode de gouvernement du pape Françis sont différents de ceux du pape Benoît. Mais on ne peut pas créer une opposition uniquement sur cela. Faire les choses différemment ne veut pas dire les faire en sens inverse."

Aujourd'hui, le Corriere della Serra publie un entretien avec le pape François. Ce dernier déclare à propos de Benoît XVI :

"Benoit XVI n'est pas une statue dans un musée. C'est une institution. Nous n'étions pas habitués aux papes émérites. Même l'évêque émérite n'existait pas avant le concile. Maintenant c'est une institution. La même chose doit arriver avec le pape émérite. Benoît XVI est le premier mais il y en aura peut-être d'autres..."


Il y a un an, Benoît XVI annonçait sa renonciation au Souverain pontificat

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

B"Il y a un an, le 11 février 2013, Benoît XVI annonçait qu'il renonçait au pontificat, décision qui prendrait effet le 28 février à 20h.

Pour cet anniversaire, le blog La Vigna del Signore a lancé l’idée d’une « journée de prière pour le pape Benoît, avec Benoît », le 28 février. Chacun peut s’y associer à sa façon. Le blog recommande de dire le Te Deum à 20h « en action de grâces pour le don de Benoît ».

Un autre blog, Il Papa emerito, a rebondi en proposant une neuvaine préparatoire à cette journée, du 19 au 27 février.

Benoît et moi a traduit le (beau) livret de cette « neuvaine à Marie Mère de l’Eglise pour le pape émérite Benoît XVI »."


Benoît XVI déjeune avec le pape François

Le pape émérite Benoît XVI a rendu visite au pape François qui l'avait invité à déjeuner avec lui à la Maison Sainte-Marthe du Vatican, ce vendredi 27 décembre. Les autres convives de ce déjeuner étaient les secrétaires du pape François et du pape émérite Benoît, le secrétaire pour les Relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, et Mgr Peter Bryan Wells, assesseur pour les affaires générales de la secrétairerie d'Etat.

Le pape François a rendu visite au pape émérite, dans sa résidence, à l'ancien monastère Mater Ecclesiae du Vatican, lundi dernier, 23 décembre, pour les voeux et les cadeaux de Noël, et pour l'inviter à déjeuner.


Hollande la vidéo qui fait mal : " Qu'il fasse comme le pape ! "

Un an de non-mandature, d'échecs de mensonges et de reniements des promesses de campagne résumé en 12 minutes; la conclusion est donnée en une phrase par un visiteur , ou exposant du salon de l'agriculture ( à 4'02'' ) qui répond à la question d'un journaliste : "qu'attendez-vous de François Hollande ? "

 


Foi et raison : Benoît XVI répond à un scientifique athée

Benoît XVI a écrit le 30 août une lettre de 11 pages au mathématicien athée Piergiorgio Oddifreddi, en réponse à un essai provocateur que ce dernier publiait l'hiver dernier, avant la renonciation. Oddifreddi écrit (traduction par Benoît-et-moi) :

"[...] Une réponse surprenante, qui en effet m'a surpris, pour deux raisons. D'abord, parce que le pape a lu un livre qui, dès la couverture, se présentait comme une «introduction luciférienne à l'athéisme». Et puis, parce qu'il a voulu le commenter et le discuter.

Par ailleurs, ce n'était pas par hasard que j'avais adressé ma lettre ouverte à Ratzinger. Après la lecture de son "Introduction au christianisme" [...], j'avais compris que la foi et la doctrine de Benoît XVI, à la différence de ceux des autres, étaient suffisamment cohérentes et aguerries pour être en mesure de très bien affronter des attaques frontales. Un dialogue avec lui, bien qu'alors imaginé à distance, pouvait donc s'avérer être stimulant et non banal, à affronter la tête haute.

Ecrivant mon livre comme un commentaire au sien, j'avais essayé d'encourager la possibilité même éloignée qu'un jour, le destinataire pourrait effectivement le recevoir. J'avais donc baissé les tons sarcastiques d'autres essais, choisissant un style d'échange entre professeurs «à égalité», bien sûr, au sens académique du terme. Et j'avais mis l'accent sur les arguments intellectuels dont je pouvais espérer qu'ils attireraient son attention, sans renoncer à attaquer de front les problèmes internes de la foi et ses relations extérieures avec la science.

L'approche n'était évidemment pas fausse, car elle a atteint son but: qui, bien sûr, n'était pas de chercher à «convertir le Pape» mais d'exposer honnêtement les perplexités, et parfois l'incrédulité, d'un mathématicien sur la foi. De la même façon, la lettre de Benoît XVI ne cherche pas à «convertir l'athée», mais lui retourne honnêtement la perplexité symétrique, et parfois l'incrédulité, d'un croyant très spécial sur l'athéisme.

Le résultat est un dialogue entre la foi et la raison qui, comme le note Benoît XVI, a permis à tous les deux de se confronter franchement, et parfois durement, dans l'esprit de cette cour des Gentils que lui-même avait voulu en 2009. Si j'ai attendu quelques semaines pour rendre publique sa participation au dialogue, c'est parce que je voulais être sûr qu'il ne voulait pas la garder privé.

Maintenant que j'ai reçu la confirmation, j'anticipe ici une partie de sa lettre, qui est trop longue et détaillée pour être reproduite dans son intégralité, en particulier dans les sections initiales philosophiques. Elle le sera bientôt dans une nouvelle version de mon livre, dépouillé des parties sur lesquelles il a décidé de ne pas s'attarder, et élargi pour inclure un récit de la naissance et de l'évolution de ce qui semble être un exemple unique dans l'histoire de l'Eglise: un dialogue entre un pape théologien et un mathématicien athée. Divisés sur presque tout, mais unis par au moins un but: la recherche de la Vérité avec une majuscule."

Extraits de la lettre de Benoît XVI à Odifreddi publiés par le quotidien La Reppublica:
"Professeur Odifreddi, (…) Je voudrais Vous remercier pour avoir cherché, jusque dans les détails, de vous confronter avec mon livre et ainsi avec ma foi ; c’est en grande partie ce que j’avais décrit dans mon discours à la Curie Romaine à l’occasion de Noël 2009. Je dois également vous remercier pour la fidélité avec laquelle vous avez traité mon texte, en cherchant sincèrement de lui rendre justice. Mon jugement à propos de Votre livre est dans son ensemble plutôt contradictoire. J’en ai lu certaines parties avec plaisir et profit. Dans d’autres parties, par contre, je me suis émerveillé d’une certaine agressivité et de la hardiesse de l’argumentation. (…)
A plusieurs reprises, Vous m’avez fait remarquer que la théologie serait de la science-fiction. A ce propos, je m’émerveille que vous retenez par contre mon livre digne d’une discussion aussi détaillée. Permettez-moi de proposer quatre points relatifs à une telle question :
  1. Il est correct d’affirmer que la « science », au sens le plus strict du terme, ce sont seulement les mathématiques mais vous m’avez appris qu’il serait opportun de faire une distinction supplémentaire entre l’arithmétique et la géométrie. Dans toutes ces matières spécifiques, les méthodes scientifiques ont leurs propres formes selon la particularité de leur objet. L’essentiel est d’appliquer une méthode vérifiable, d’exclure l’arbitraire et de garantir la rationalité dans les différentes modalités respectives.
  2. Vous devriez pour le moins reconnaître que, dans le cadre de l’histoire et dans celui de la pensée philosophique, la théologie a produit des résultats durables.
  3. Une fonction importante de la théologie est celle de maintenir la religion liée à la raison et la raison à la religion. Ces deux fonctions sont d’une importance essentielle pour l’humanité. Dans mon dialogue avec Habermas j’ai démontré qu’il existe des pathologies de la religion et – non moins dangereuses- des pathologies de la raison. Toutes les deux ont besoin l’une de l’autre et les tenir constamment connectées est un devoir important de la théologie.
  4. D’autre part, la science-fiction existe dans le cadre de diverses sciences. Ce que Vous exposez à propos des théories concernant le début et la fin du monde dans Heisenberg, Schrödinger, etc., je le désignerais comme science-fiction dans le bon sens du terme : il s’agit de visions et d’anticipations pour arriver à une vraie connaissance mais ce sont précisément seulement des apparitions avec lesquelles nous cherchons à nous rapprocher de la réalité. Le grand style de la science-fiction existe, du reste, également dans la théorie de l’évolution. Le gène égoïste de Richard Dawkins est un exemple classique de science-fiction. Le grand Jacques Monod a écrit des phrases qu’il a sûrement inséré lui-même dans son œuvre comme relevant purement de la science-fiction. Je cite « l’apparition des Vertébrés tétrapodes ..tire justement son origine du fait qu’un poisson primitif « a choisi » d’aller explorer la terre, sur laquelle il était pourtant incapable de se déplacer sinon en sautant de façon maladroite et créant de la sorte, comme conséquence d’une modification de comportement, la pression sélective grâce à laquelle se seraient développés les membres robustes des tétrapodes. Parmi les descendants de cet audacieux explorateur, Magellan de l’évolution, certains peuvent courir à une vitesse supérieure à 70 km à l’heure… » ( citation selon l’édition italienne” Il caso e la necessità”, Milan 2001, pp.117 et sg)

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Benoît XVI a réuni le "Ratzingerschülerkreis"

Comme chaque année, et malgré sa retraite, Benoît XVI a réuni fin août ses anciens étudiants du "Ratzingerschülerkreis" pour une session théologique. Cette année, ils ont planché sur la théologie de leur maître. Puis, ce dimanche 1er septembre, Benoît XVI a célébré la messe en la chapelle du gouvernorat de la Cité du Vatican. Il leur a dit notamment :

« Dans l’histoire, tous cherchent la bonne place : sur la scène de la vie, chacun veut trouver sa place. Mais la question est : quelle place est la bonne et laquelle est juste ? La première place peut rapidement devenir une très mauvaise place et cela, non seulement lors du jugement dernier, mais déjà sur cette terre.

L’échelle qui établi ce qui est une bonne ou une mauvaise place, c’est Jésus. Celui qui sera poussé devant, donc à la première place, doit être conscient du danger. Il doit d’autant plus avoir le regardé fixé sur Dieu, se mesurer à lui, à la responsabilité qu’il a des autres, il doit devenir celui qui sert, celui qui sait en vérité se mettre aux pieds des autres, et ainsi être celui qui béni et devient béni. Je pense que tout cela doit passer par le cœur, lorsque nous regardons Celui qui est le premier être de la Création et celui né dans une étable et mort sur une croix. Les bonnes places sont auprès de Lui et selon sa mesure, malgré les places vers lesquelles la vie nous mène.

Cruciale est la responsabilité devant Lui et la responsabilité de l’amour, de la justice et de la vérité. Selon l’Evangile, la dernière place de Jésus, la croix, est la vraie élévation. Comprendre et accepter ce mystère de l’élévation et de l’abnégation fut la prière de Jésus.

Finalement, l’esprit chrétien de la gratuité est nécessaire à l’humanité. Les plus grandes choses de la vie - l’amour, l’amitié, les biens, le pardon - nous ne pouvons pas les acheter, elles sont gratuites, tout comme Dieu nous comble gratuitement. Au nom de la justice dans le monde, nous ne pouvons jamais oublier le don gratuit de Dieu, ce perpétuel donné et recevoir.

Humble et infiniment grande est la aussi la liturgie de l’Eglise : elle signifie que nous nous approchons de la multitude des anges et des saints, dans un rassemblement festif, dans la joie festive de Dieu. Oui, là où est célébrée la liturgie, là est Sion, la montagne de Dieu, que l’humanité recherche indéfiniment, et qui nous permet d’entrer dans la Lumière et auprès de Dieu."


Le Pape François termine l'encyclique de Benoît XVI sur la Foi

Lu sur I.Media :

"Le pape François a indiqué le 13 juin 2013 qu’il terminait la rédaction de l’Encyclique sur la foi dont le “gros du travail“ avait été déjà réalisé par son prédécesseur, Benoît XVI. Recevant en audience les responsables du Synode des évêques, le pape a assuré qu’après ce texte “fort“ écrit “à 4 mains“, il pourrait rédiger une Exhortation apostolique sur l’évangélisation. Dans une discussion improvisée sur l’importance de la “synodalité“, le pape François a évoqué la possibilité de rendre permanent le Conseil du Synode des évêques, afin de le convoquer ou de lui demander des avis en cas de besoin. [...]

D’autres questions ont également été abordées, notamment la nécessité de mettre un place une étude sur la pastorale familiale, dont les modalités sont encore à définir. “Beaucoup ne se marient pas, vivent ensemble sans être mariés, même chez les catholiques pratiquants“, a remarqué le pape, qui entend ainsi soumettre cette question lors de sa rencontre avec les 8 cardinaux, au mois d’octobre prochain.

Enfin, le pape est également revenu sur le sujet de “l’écologie humaine“, mise en danger selon lui par les évolutions actuelles en termes de médecine “qui la détruisent“."


Benoît XVI finit d'écrire l'encyclique sur la foi qui sera signée du pape François

Benoît-et-moi rapporte les propos de l'évêque de Molfetta, Mgr Luigi Martella, qui raconte sa conversation avec le pape :

"Il nous a parlé avec beaucoup de tendresse de Benoît XVI. "Quand je l'ai rencontré pour la première fois à Castelgandolfo, j'ai noté qu'il avait une mémoire extrêmement lucide, a-t-il dit, même s'il est physiquement éprouvé. A présent, il va décidément mieux".

Enfin, il a voulu faire une confidence, pratiquement une révélation: Benoît XVI finit d'écrire l'encyclique sur la foi qui sera signée du pape François. A la suite de quoi lui même entend préparer sa première encyclique sur les pauvres: Beati pauperes. La pauvreté - at-il précisé - entendue non au sens idéologique, mais évangélique."


Le testament spirituel de Benoît XVI

B16Sur le site de la librairie catholique :

"Benoît XVI a accepté de rassembler parmi ses textes (homélies, audiences, discours méditations…) ceux qui lui tiennent le plus à coeur et constituent à ses yeux son héritage spirituel. Certains textes sont publiés pour la première fois.

Six grands chapitres constituent ce trésor de la prière du pape : Chercher Dieu, Rencontrer Dieu, Fondés en Christ, À l’école de Marie, La foi de l’Église, La nourriture de la prière. 

Ce livre récapitule ainsi l’enseignement du Saint Père sur la voie de la prière chrétienne".


Benoît XVI est rentré au Vatican

0Joseph Ratzinger a été accueilli par le doyen du Sacré collège des cardinaux, le cardinal Angelo Sodano, et par le secrétaire d'État Tarcisio Bertone. Puis il s'est rendu en voiture à quelques centaines de mètres de là à l'ancien monastère réaménagé pour lui sur la colline du Vatican. Il a été accueilli avec «une grande et fraternelle cordialité» par le pape François, a indiqué le Vatican dans un communiqué. Les deux hommes ont ensuite brièvement prié ensemble dans la chapelle du monastère.


Benoît XVI au Vatican

Lu sur le VIS :

"Cet après-midi, le Pape François accueillera Benoît XVI de retour au Vatican après deux mois de résidence à Castelgandolfo. Peu avant 17 h le Pape émérite arrivera en hélicoptère et gagnera l'ancien monastère Mater Ecclesiae des jardins vaticans, où il habitera désormais avec Mgr.Georg Gänswein, devenu Préfet de la Maison pontificale, et les Memores Domini restées à son service. L'édifice, construit il y a une vingtaine d'années par Jean-Paul II a abrité des cloîtrées, successivement clarisses, carmélites, bénédictines et visitandines. Ces derniers mois, après leur rencontre à Castelgandolfo le 23 mars, le Pape François a plusieurs fois parlé téléphoniquement à Benoît XVI, en particulier pour sa fête et son anniversaire les 19 mars et 16 avril."


Continuons à prier pour Benoît XVI

Mais il n'est pas malade comme le disait une rumeur récente :

"Le Pape émérite Benoît XVI aura 86 ans, mardi prochain, le 16 avril. Le Vatican a reconnu, mercredi, dans la bouche du Père Fédérico Lombardi, porte-parole, que «les problèmes de santé» de Benoît XVI «sont liés à son âge» mais il a formellement démenti les affirmations de la journaliste espagnole Paloma Gomez Romero, qui avait assurée, lundi, lors de la présentation de son dernier livre à Madrid: «Benoît XVI souffre de quelque chose de très grave, son état physique s'est détérioré de façon impressionnante».

Cette rumeur alarmiste - dont les versions sur ses propos exacts divergent - a fait le tour du monde mercredi via internet. Le Père Lombardi a, au contraire, assuré que «Benoît XVI n'a aucune maladie spécifique».


La santé de Benoît XVI s'est rapidement détériorée

Lu ici :

"La journaliste espagnole Paloma Gómez Borerro, l'une des vaticanistes les plus expérimentées, a assuré que la santé du pape émérite s'est détériorée de manière très rapide ces dernières semaines. Benoît XVI souffre de quelque chose de très grave. En 15 jours, son état physique s'est très rapidement détérioré. Ce sont mes nouvelles", a-t-elle indiqué à Madrid durant la présentation de son livre De Benedicto a Francisco. El Cónclave del cambio.

Gómez Borrero a indiqué que le pape émérite ne résiderait probablement que peu de temps au monastère Mater Ecclesiae, qui se trouve à l'intérieur du Vatican, et dont les travaux de restauration seront achevés en mai. La journaliste a de plus ajouté que "nous ne verrons plus beaucoup" Benoît XVI à partir de maintenant."


C’est finalement toute la richesse de l’Église que de pouvoir compter sur des charismes distincts mais complémentaires

Le numéro d'avril de la NEF vient de sortir. L'éditorial de Christophe Geoffroy au Pape François :

Nef avril"(...) Après la mort de Jean-Paul II, beaucoup pensèrent qu’il était impossible de succéder à une si forte personnalité, et pourtant Benoît XVI y a fort bien réussi en demeurant lui-même, dans un style certes fort différent, mais en imprégnant sa marque propre. Le pape François a déjà imposé la sienne et nul doute qu’elle se distingue allègrement de celle de ces prédécesseurs – c’est finalement toute la richesse de l’Église que de pouvoir compter sur des charismes distincts mais complémentaires (...)

Le problème n’est nullement le mariage des prêtres, le sacerdoce des femmes ou l’assouplissement de la morale sexuelle de l’Église, le problème est de faire connaître Dieu et son message d’amour à un monde blasé et triste car sans espérance. Et pour cela, nos contemporains n’attendent pas une Église qui ne se distinguerait plus du monde tant elle en aurait épousé le contour, mais une Église fidèle à elle-même, fidèle au message évangélique qu’elle tient du Christ. Dans notre société relativiste qui a largué tous ses repères, même si les chrétiens sont de plus en plus persécutés, même si les attaques contre l’Église gagnent en intensité, il demeure malgré tout chez beaucoup un sentiment plus ou moins conscient que l’Église est nécessaire, qu’elle demeure la seule autorité morale stable capable de s’opposer à toutes les transgressions en cours (...)"

Nef bXVILa Nef propose également un ouvrage, spécialement réalisé à l'occasion de la renonciation de Benoit XVI, dans lequel  plusieurs personnalités ecclésiales dressent un premier bilan de ce pontificat exceptionnel (Mgr Aumonier, Mgr Aillet, Mgr Brouwet, Mgr Rifan, les Pères Abbés de Fontgombault, Kergonan, Barroux, Lagrasse).


Benoît XVI, un pontificat lumineux

PPermanences publie un numéro spécial qui reprend les plus beaux textes de Benoît XVI. Cette sélection sert de référence aux parcours Jean-Paul II -l’anthropologie du bonheur et la Doctrine sociale de l’Église en action. Ces textes regroupés par thème contiennent un référentiel précieux pour la formation, l’étude et l’argumentation.

"Benoît XVI à son tour aura donc été, n’en déplaise à certain, un Pape politique, pour rappeler le fondement du droit sur la nature et la raison, l’héritage chrétien de la civilisation européenne, l’enjeu stratégique pour toutes les libertés et la dignité de la personne humaine, de la liberté religieuse qui défend l’homme contre les prétentions totalitaires de César.

Les «messianismes prometteurs, mais bâtisseurs d’illusions fondent toujours leurs propositions sur la négation de la dimension transcendante du développement, étant certains de l’avoir tout entier à leur disposition. Cette fausse sécurité se change en faiblesse, parce qu’elle entraîne l’asservissement de l’homme, réduit à n’être qu’un moyen en vue du développement, tandis que l’humilité de celui qui accueille une vocation se transforme en autonomie véritable, parce qu’elle libère la personne» [Caritas in veritate, 17]. Si face aux totalitarismes du XXe siècle, Jean-Paul II nous a appelés à la responsabilité personnelle de l’acteur qui fait l’histoire, Benoît XVI nous fait goûter cette harmonie qui doit être recherchée entre la Cité de Dieu et la Cité des hommes. Avec ces deux Papes, la ferveur amoureuse du disciple de Saint Jean de la Croix rejoint les solidités de l’harmonie bénédictine. Benoît XVI nous laisse une oeuvre écrite d’une richesse incroyable avec en particulier pour tous ceux qui sont soucieux d’agir dans le champ de la culture et de la politique, la publication du Catéchisme de l’Eglise Catholique et le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

Ce corpus unique est fait pour éduquer tous les hommes comme il le disait lui-même aux journalistes dans l’avion le 23 mars 2012 lors de son voyage au Mexique et à Cuba : «Eduquer non seulement à une morale individuelle, mais à une morale publique, ceci nous cherchons à le faire avec la Doctrine sociale de l’Eglise, car naturellement cette morale publique doit être une morale raisonnable, commune et partageable aussi par les non-croyants, une morale de la raison. Bien sûr, dans la lumière de la foi, nous pouvons mieux comprendre de nombreuses réalités que la raison peut également appréhender. Mais la foi sert justement à libérer la raison des intérêts erronés et obscurcis, et ainsi créer, dans la doctrine sociale, les modèles essentiels d’une collaboration politique, en particulier pour surmonter cette division social/antisocial, qui malheureusement existe. [...] Ce qui est important, c’est que l’Eglise offre une contribution fondamentale à la rationalité commune, et elle doit toujours aider à l’éducation des consciences, que ce soit pour la vie publique, ou pour la vie privée»."


«Le Pape émérite n'est pas un retraité. Et son silence fera du bruit»

Peter Seewald répond au Corriere della Sera (traduit par Benoît-et-moi) :

B«Dès son premier geste, la prière pour Benoît XVI, le nouveau pape a montré qu'il voulait se placer dans le sillage de son prédécesseur. Même le choix de son nom le confirme. Après Benoît vient François. Tous deux sont les grands, vrais réformateurs de l'Église, chacun à son époque, chacun à sa manière. Une véritable réforme ne se mesure pas, en effet, sur des critères terrestres, comment le soutiennent de nombreux médias aujourd'hui, mais elle vient de la foi de l'Église. Joseph Ratzinger est, du reste, un grand admirateur de saint François, qui était radicalement opposé à l'esprit de son temps. Comme cardinal, il me confia en 2000, au cours de nos conversations à Monte Cassino pour le livre "Voici quel est notre Dieu", que François d'Assise avait, dans une grande crise, fait quelque chose de décisif: rester du côté de l'Église. Le nom de François est déjà tout un programme. L'Eglise, disait Ratzinger à propos de ce grand saint, avait besoin d'un renouveau charismatique de l'intérieur, d'une nouvelle flamme de la foi et pas seulement de la connaissance de l'administration et de l'ordre politique. Et cela est aussi vrai aujourd'hui». [...]

«Le pape Benoît a préparé le terrain et ouvert la route. François va continuer à la suivre, en donnant la priorité à la nouvelle évangélisation, à la révélation du message de l'amour et de la fraternité. On pourrait peut-être dire que Jean-Paul II a maintenu et stabilisé dans la tempête le navire de l'Eglise. Benoît XVI a purifié ce navire, il a instruit l'équipage et l'a ramené sur la bonne route. François va mettre en marche les moteurs et mener le navire dans la mer de notre temps. Ce ne sera pas facile."

Avez-vous parlé récemment avec Benoît XVI? Donnera-t-il encore sa contribution pour tracer l'avenir de l'Eglise?

«Benoît XVI s'est imaginé comme la fin de l'ancien et le début du nouveau. Pour ainsi dire, il a construit un pont. Ce ne sera pas un retraité qui se consacre au jardinage. "Je ne suis pas descendu de la croix", furent ses paroles. Avec la foi, la méditation et la prière, il nous donnera un exemple de ce qui qui nous manque tellement aujourd'hui, à l'Eglise et à nous. Et si à présent il restera silencieux, n'oublions pas que, parfois, le silence peut faire beaucoup de bruit».


Le Pape François avec le Pape émérite Benoît XVI (erratum)

La photo qui figurait ici n'est pas un original malgré sa source indiscutable. La réactivité induit parfois des erreurs. Le tout est de savoir les reconnaître.

Promis, on affichera ici de belles photos de cette rencontre tant attendue.


Message des cardinaux à Sa Sainteté Benoît XVI

A la fin de la session a été approuvé ce texte très bref (minimum minimorum?) que le Cardinal Doyen Angelo Sodano fera parvenir à Benoît XVI au nom du Sacré Collège :

"Réunis au Vatican pour leurs congrégations générales en vue du conclave, les Cardinaux vous adressent un salut choral et révérend. Ils vous redisent leur gratitude pour votre lumineux pontificat et l'exemple de généreuse sollicitude que vous leur avez offert pour le bien de l'Eglise et du monde.

Elle veut exprimer la reconnaissance de l'Eglise entière pour votre labeur accompli dans la Vigne du Seigneur. Le Collège cardinalice compte sur vos prières, à leur intention comme à celle de toute l'Eglise".


L'autorité mondiale de Benoît XVI

Dans La Nouvelle Revue universelle, Hilaire de Crémiers rend hommage à Benoît XVI. Voici la conclusion :

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"Ainsi avançait Benoît XVI dont l’autorité mondiale, en dépit d’attaques monstrueuses et de procédés ignobles à son encontre, fut incontestable et, d’ailleurs, stupéfiante. Nul ne l’équivalait quand il intervenait sur la scène internationale, à l’ONU, dans ses divers déplacements, dans ses communications, toutes parfaitement justifiées, même si ces propos frauduleusement trafiqués faisaient l’objet de campagnes médiatiques sataniquement orchestrées. Tel fut le cas pour le discours de Ratisbonne et pour son avertissement sur le préservatif en Afrique. Le déchaînement était à la hauteur de l’enjeu. Ou la parole d’un vrai Père, ou les violences de sectaires qui veulent imposer leur diktat au monde. Malgré une presse et des médias en grande partie acquis à l’adversaire, surtout en Occident, il réussit tous ses voyages, y compris les plus risqués, rassemblant les mêmes foules que son prédécesseur. Les experts patentés annonçaient des échecs, ce furent des succès. Il cherchait, partout où il allait, à valoriser les caractéristiques des peuples, des nations, des continents. Il leur disait le meilleur d’eux-mêmes, il les mettait en garde contre leurs défauts et il les incitait à œuvrer pour le bien du monde avec leur qualité propre en leur précisant que la foi en Jésus-Christ, loin d’être un obstacle, était une aide dans la réalisation du bien commun. Ainsi s’exprima-t-il aux États-Unis, en insistant sur la vraie liberté, en Afrique en insistant sur la juste sincérité. Cependant c’est aux vieilles nations de l’Europe qu’il adressa les messages les plus intellectuellement percutants, parlant devant les autorités politiques, religieuses, sociales et culturelles. La France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, l’Italie, bien sûr, pour ne citer que les principales, reçurent ses leçons prestigieuses où leur passé, leur culture, leur grandeur, chacunes pécifique, leur devoir en conséquence et leur intérêt même étaient mis en valeur pour une plus juste compréhension de leur rôle historique, de leur destin et de leur avenir. Ces leçons étaient administrées dans les plus hauts lieux de la politique, de la culture, de la religion. Civilisation et liberté, beauté et conscience, humanité et intelligence, tout était proposé à ces nations dans une vision synthétique et, pour l’illustrer, les modèles admirables des figures singulières de chacune d’elles, comme le projet toujours actuel qu’elles avaient encore aujourd’hui à assumer. Quel Anglais se refuserait à réfléchir avec émotion après le discours de Westminster sur la liberté et l’ordre, quel Allemand après le discours au Bundestag sur la morale et la politique, quel Français après le discours aux Bernardins sur la beauté qui sauve le monde ?

Ce qui navrait le plus Benoît XVI, c’était de voir ces nations s’enfoncer et se perdre dans des agglomérats sociaux de jouissance et de consommation, d’égoïsme et d’injustice. Des hommes d’Église en avaient été eux-mêmes contaminés. Comment comprendre autrement cette terrible crise morale de la pédophilie qui a ravagé les rangs d’un certain clergé ? L’absence d’une foi forte et solide entraîne les pires dérèglements moraux. Cette crise, Benoît XVI, depuis longtemps, en dépit des criailleries abjectes qui ont prétendu l’accabler, l’avait prise à bras le corps. Le mal de l’Église contemporaine, au-delà des maux habituels, ne se révélait que trop dans ces sinistres découvertes. Joseph Ratzinger donna des règles précises pour rétablir la justice bafouée et purger l’Église de ces vices abominables. Avec quelle tristesse évoquait-il le visage défiguré de l’Église ! Sur d’autres sujets sensibles, sur la foi, sur le gouvernementde l’Église, n’y avait-il pas aussi trop de dissensions ? Il n’est pas douteux que certains comportements dont il avait eu à souffrir – et encore récemment –, lui soulevaient le cœur d’indignation."