Le cardinal Scola explique son opposition à la communion des «divorcés remariés»

41T8vWmjI0LLe cardinal Scola a été archevêque de Milan de 2011 à 2017, après avoir été patriarche de Venise et évêque de Grosseto, recteur de l’Université pontificale du Latran et professeur de théologie à Fribourg, dans le sillage d'Hans Urs von Balthasar. Il est également le co-fondateur, avec Joseph Ratzinger, de la revue théologie internationale « Communio » et a été proche dans sa jeunesse de don Luigi Giussani, le fondateur de Communion et libération.

L’opposition du cardinal Scola a la communion des divorcés remariés vient de loin. Il l’avait affirmée en 2014 et en 2015 dans deux longs articles dans la revue « Il Regno ».  Il l’a encore répété après la sortie d’ « Amoris laetitia » dans son diocèse de Milan.  Et aujourd’hui il écrit même ceci : « j’en ai parlé au Saint-Père pendant une audience privée ». Cette confidence, avec beaucoup d’autres, se trouve dans le livre-entretien autobiographique que le cardinal Scola a publié à la mi-août : Angelo Scola, « Ho scommesso sulla libertà. Autobiografia », Conversazioni con Luigi Geninazzi, Solferino, Milan, 2018.

Voici ce qu’écrit le cardinal :

« Je voudrais partir de ce que je considère comme étant le cœur du problème, c’est-à-dire le lien substantiel entre le mariage et l’Eucharistie, en tant que sacrement de l’amour nuptial entre le Christ et l’Église ».

Habituellement – poursuit le cardinal Scola – on dit que le rapport entre le Christ époux et l’Église épouse « est un modèle pour le don réciproque des époux. Mais c’est bien plus que cela : c’est le fondement même du mariage ». En effet, qu’est-ce qui peut garantir ce oui définitif auquel les deux époux s’engagent devant la communauté ? se demande le cardinal. Et il répond :

« Certainement les sables mouvants de leur liberté.  Ce n’est que par le lien nuptial entre le Christ et l’Église, qu’il soit reconnu explicitement ou implicitement, qu’une femme et un homme peuvent s’engager dans un rapport indissoluble. La référence à l’Eucharistie n’est donc pas quelque chose d’extrinsèque au mariage mais elle revêt pour lui un caractère fondateur. »

Le cardinal Scola ne fait pas de citations mais cet argument est celui qui sous-tend la critique la plus pénétrante contre « Amoris laetitia » qui ait été formulée jusqu’à présent, celle du théologien bénédictin Giulio Meiattini dans son livre « Amoris laetitia.  I sacramenti ridotti a morale ». Le cardinal n’hésite pas à porter une estocade contre « Amoris laetitia » et le synode qui l’a précédée où, selon lui,

« le rapport fondamental entre Eucharistie et mariage ne saute pas aux yeux et il s’agit là selon moi d’une absence pénible ».

Notamment parce que « cette absence a permis que s’ouvre sur ‘Amoris laetitia’  le vaste champ des interprétations aventureuses ».

« La non-admissibilité des divorcés-remariés à l’eucharistie n’est pas un châtiment que l’on peut lever ou réduire, elle réside dans le caractère même du mariage chrétien qui, comme je l’ai dit, repose sur le fondement du don eucharistique du Christ époux à l’Église épouse. Il en découle que celui qui s’est exclu lui-même de l’Eucharistie en contractant une nouvelle union ne peut retrouver l’accès au sacrement eucharistique qu’en vivant la chasteté parfaite, comme l’affirme Jean-Paul II dans l’exhortation apostolique ’Familiaris consortio’.  Mais on ne trouve aucune allusion à cela dans ‘Amoris laetitia’. On ne dit pas que cette prescription n’est plus valide mais on ne dit pas non plus qu’elle est encore valide. On l’ignore, tout simplement. En même temps, on rappelle que l’Eucharistie, comme le dit Saint Ambroise, ‘n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles’. Il est vrai que l’Eucharistie a également une fonction de guérison mais cette affirmation ne peut être utilisée hors de ce que dit la constitution conciliaire ‘Lumen gentium’ au numéro 11, à propos de la nature ecclésiale des sacrements ».

Plus loin, dans son livre-entretien autobiographique, le cardinal Scola rappelle la visite de Benoît XVI à Milan à l’occasion de la rencontre mondiale des familles, en juin 2012. Et il dit ceci :

« J’ai été particulièrement frappé par la magnifique réponse qu’il a faite sans préparation à une question sur les divorcés-remariés. Il a dit qu’il ne suffit pas que l’Église prétende aimer ces personnes mais qu’elles doivent voir et ressentir cet amour’. Et il ajouta que ‘leur souffrance, si elle est réellement et intérieurement acceptée, est un don pour l’Église’. Des paroles émouvantes qui révèlent une attention et une sensibilité à ce problème qui ne sont pas sorties de nulle part avec ‘Amoris laetitia’ comme voudrait le faire croire une version superficielle et grossière ».


Notre secours est dans l'Immaculée Conception

L-immaculee-conception-de-michele-reboulMichèle Reboul a été professeur de philosophie et collaboratrice de Jean Guitton qui lui a donné son premier livre d’entretien (Le Temps d’une vie, Retz-Centurion, 1980, épuisé). Cette théologienne mystique a fait paraître de nombreuses chroniques religieuses dans différents journaux, en particulier Le Figaro, pendant près de vingt-cinq ans. Elle vient de publier un épais ouvrage sur L'Immaculée Conception, Clé de voûte de la Création.

Le cardinal Sarah écrit dans sa préface :

« Le livre de Madame Reboul est un moyen privilégié pour faire connaître et aimer la Vierge Marie, l’Immaculée Conception, et c’est pourquoi je souhaite qu’il ait la diffusion qu’il mérite dans les familles et les paroisses, en particulier dans les groupes de prière. » 

Ce livre constitue une synthèse d’envergure sur la foi en l’Immaculée Conception. Pour être Mère de Dieu, Marie fut la seule créature humaine à être préservée du péché originel dès sa conception : c’est pourquoi elle est dite immaculée, sans péché. Michèle Reboul a choisi de centrer sa profession de foi sur ces mots sublimes de saint Maximilien Kolbe : « Marie était immaculée parce qu’Elle devait être Mère de Dieu, et Elle devint Mère de Dieu parce qu’Elle était immaculée. » 

Cet ouvrage, fruit de sept ans de travail, est autant marial que christologique puisque Marie, plénitude de Grâce, ne vit que par son Fils pour Le donner aux hommes. Pour plus de clarté, l’auteur développe ses réflexions en trois parties :

  • la première porte sur les privilèges de Marie (Mère de la Création, Reine des anges…),
  • la seconde sur les dogmes mariaux (Virginité, Maternité divine, Immaculée Conception, Assomption),
  • la troisième sur les apparitions centrées sur l’Immaculée Conception (Laus, Rue du Bac, La Salette, Lourdes, Fatima) dont la finalité est de sauver les hommes qui, refusant Dieu leur Créateur, se détruisent et détruisent les autres. Marie est la Mère du salut puisqu’Elle est la Mère du Sauveur.

L’ouvrage, avec une abondance de citations, parcourt ainsi 2000 ans de connaissances mariologiques transmises par les grands théologiens comme les Pères de l’Église, saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, Duns Scot, sainte Thérèse d’Avila, sainte Thérèse de Lisieux, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et certains papes dont le bienheureux Pie IX qui proclama le dogme de l’Immaculée Conception le 8 décembre 1854.

Concernant le message de Fatima, l'auteur écrit :

"Certains se demandent pourquoi la Vierge Marie insiste tellement sur la nécessité de pratiquer la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis et la consécration de la Russie afin d'amener sa conversion au catholicisme et la paix mondiale. [...] Ils objectent que cette demande est dépassée car depuis la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, et de l'Union soviétique le 21 décembre 1991, la Russie n'est plus dangereuse, ni pour la paix du monde, ni pour l'Eglise catholique, et que le communisme est mort. Outre que bien des pays sont encore communistes ou marxistes, le communisme a seulement changé son nom en mondialisme. Loin d'être mort, il réalise son idéal, commun à celui des franc-maçons : la destruction de l'ordre chrétien et des nations chrétiennes. Staline avait accueilli l'arrivée d'Hitler en 1933 en disant : "Hitler sera pour nous le brise-glace, c'est-à-dire qu'il fera sauter la glace qui bloque la révolution mondiale." Cette révolution mondiale, appelée par le nouvel ordre mondial, rejette et combat toutes les valeurs anciennes et éternelles, dont en premier l'Eglise catholique. C'est pourquoi le gouvernement mondial a voulu s'instaurer d'abord en Europe, continent chrétien, en brisant toute souveraineté, religieuse et patriotique : destruction de la monnaie et des lois nationales, revendication permanente, idolâtre, de la laïcité, arme dirigée uniquement contre le christianisme puisque le judaïsme est honoré et l'islam fortement encouragé par l'immigration croissante des populations musulmanes et la construction accrue des mosquées. Ce qu'avait annoncé la Sainte Vierge dans la seconde partie du Secret le 13 juillet 1917, s'est donc réalisé. Le communisme, le franc-maçonnerie et le capitalisme se sont unis pour abolir les nations en vue d'nu gouvernement mondial anti-chrétien, et même luciférien, dont l'Union européenne est la première étape."


La Vierge Marie n’est pas le personnage qu’auraient un peu en commun l’islam et le christianisme

L'abbé Pagès s'élève contre cette erreur qui se diffuse :

"[...] Il est vrai que dans le Coran celle qui passe pour être la Vierge Marie (Coran 21.91), Myriam, est désignée par son nom, et même préférée à toutes les femmes (Coran 3.42), mais ce privilège est bien vite relativisé par la remarque qu’elle n’est qu’une fille (Coran 3.36. Cf. 4.117 ; 21.22 ; 37.150 ; 52.39). La misogynie talmudique exprimée chaque matin par tout juif pieux remerciant Dieu de ne pas l’avoir créé femme, n’est pas loin. Il faut bien voir que venant APRÈS le christianisme, l’islam ne pouvait faire comme si Jésus et Marie n’avaient pas existé, tant ils étaient universellement connus et aimés, aussi, en bon Antichrist (1 Jn 2.22), l’islam s’est-il ingénié à les défigurer pour les rendre méconnaissables. C’est ainsi que la conception de Issa est décrite alors que Myriam a fui la compagnie des siens pour se rendre en un endroit isolé, à l’abri donc des regards indiscrets, comportement incompréhensible qui, aujourd’hui encore, dans les milieux musulmans, expose une femme aux agressions, au viol, à l’homicide, et en tout cas à la mauvaise réputation. Voilà donc comment le Coran présente la Mère du Messie… Et c’est alors que lui apparaît l’esprit d’Allah sous la forme d’un homme parfait (Coran 19.17), qui s’empresse de confesser qu’il n’est pas Dieu, mais seulement son envoyé, pour lui donner un enfant (Coran 19.19). Autrement dit : Myriam apprend que la volonté d’Allah est qu’elle devienne enceinte, et ce de par son envoyé, qui, homme parfait, n’est donc certainement pas un eunuque. Aux avances de celui qu’elle voit comme un homme, puisqu’il se présente comme tel, la Marie coranique ne se défend pas d’être déjà accordée en mariage. Elle se contente de lui répondre qu’aucun homme ne l’a jamais touchée et qu’elle n’est pas une prostituée (Coran 19.20). Propos aussi incongrus que peu décents. Que le Coran plus loin dise que Myriam était restée vierge… avant la conception du Messie (Coran 66.12), ne dit pas qu’elle l’est restée pendant et ensuite. Qu’Allah dise plus loin (Coran 21.91) qu’il a conçu Issa en insufflant en Marie un souffle de vie, ne dit rien de particulier, puisque c’est ce qu’il fait pour la conception de tout être vivant… Bref, n’est-il pas piquant de voir l’islam refuser l’Incarnation de Dieu, mais ne pouvoir s’empêcher d’en confesser la nécessité, en imaginant l’Esprit de Dieu apparaître sous la forme d’un homme ?

Comme il ne saurait en être autrement pour le Jésus haï du judaïsme, la conception de Issa se déroule dans une situation qui déshonore sa mère. En effet, l’idée d’une conception charnelle du Messie est corroborée non seulement par le fait que l’islam, comme le judaïsme, ne connaît d’amour que charnel, ― pour lui la virginité consacrée n’est pas un choix de vie possible (Coran 24.32), y compris donc pour la Mère du Messie ― mais encore parce qu’Il ne convient pas à Allah de se donner un fils (Coran 19.92,35 ; 2.116 ; 4.171 ; 10.68 ; 23.91 ; 39.4 ; 43.81). Si donc il ne convient pas à Allah de se donner un fils, c’est qu’Issa n’a pas été engendré par Allah, et si Issa n’a pas été engendré par Allah, c’est donc qu’il a été engendré par quelqu’un d’autre, et par qui, sinon par cet homme qu’a vu Myriam ? Pourquoi Allah a-t-il voulu que Myriam voit un homme et non pas l’Archange Gabriel ? Le Coran confirme encore l’idée de la conception charnelle du Messie lorsqu’il l’identifie à celle d’Adam (Coran 3.59), pour la création duquel Allah a eu besoin de sperme (Coran 16.4) ! Si l’histoire ne dit pas d’où venait le sperme dont Allah a eu besoin pour créer… le premier homme, elle prouve bien cependant que pour l’islam, aucune conception ne peut se faire sans… sperme.

Pour échapper aux problèmes soulevés par le récit de la conception de Issa, l’exégèse musulmane présente un autre texte, celui des anges annonçant à Myriam sa grossesse (Coran 3.42-47), en sorte que l’esprit d’Allah chargé de donner un fils à Myriam ne serait ni Dieu ni homme, mais des anges. Cette explication pose néanmoins de nouveaux problèmes, car, si l’esprit d’Allah est plusieurs anges, qu’est-ce que l’esprit d’Allah, et qu’est-ce qu’un ange (Coran 70.4 ; 78.38 ; 97.4) ? Et quel rapport y a-t-il entre l’esprit d’Allah et le démon, qui est précisément « Légion (Mc 5.2-9) » ?  

Mais voilà qu’Issa, pas plutôt né, parle déjà. Et pour dire quoi ? Pour enseigner à sa mère le mensonge ! En effet, afin de donner une justification acceptable de son absence, il l’invite à dire qu’elle s’était retirée au désert pour y jeûner en l’honneur d’Allah (Coran 19.26). Le Coran révèle ainsi d’une part son ignorance du mystère de Jésus, qui, s’Il avait fait des miracles dès Son enfance, aurait compromis Sa mission (Mc 1.34, 43-44 ; 5.43, 7.36 ; 1 Co 2.8), et d’autre part la calomnie talmudique de la Vierge Marie, car si Myriam doit mentir pour expliquer son absence, c’est donc que celle-ci n’était pas honnête. Notons que la religion d’Allah sert déjà ici de prétexte pour mentir, cacher l’inavouable… Mais qui croira enfin qu’une jeune fille tombée enceinte hors mariage revienne avec l’enfant chez les siens… où l’attend la lapidation (Jn 8.1-11) ! Même si Myriam s’était mise à compter sur l’éloquence miraculeuse et persuasive de son nouveau-né pour attester de l’origine divine de celui-ci, et sauver ainsi sa peau et celle de son enfant, elle n’aurait pas agi en cela avec prudence et sagesse, et n’aurait donc pas mérité son titre de Vierge sage. Mais voilà que ce qui devait arriver, arriva : sa famille, à la vue de l’enfant, la traite de prostituée : “Ô sœur d’Aaron ! Ton père n’était pas un homme mauvais et ta mère n’était pas une prostituée ! (Coran 19.27)”. Autrement dit : “Toi, par comparaison, tu es mauvaise et tu es une prostituée !” Et non seulement cette louange des parents de Myriam donne voix à la calomnie talmudique traitant Myriam de prostituée, et Jésus de bâtard (Yebamoth 49b ; Shabbat 104b ; Sanhédrin 106a & b), mais elle justifie leur union incestueuse, car Amiram avait épousé sa tante Yokébed (Ex 6.20), union condamnée par le Coran mais que le judaïsme talmudique autorisait et autorise toujours…

Bref, voulant se substituer au christianisme, l’islam ne pouvait éviter de faire référence à la conception miraculeuse du Messie et à la sainteté de Sa mère, mais il n’a pas pu s’empêcher de laisser sourdre dans le Coran les blasphèmes dont regorgent les écrits talmudiques qui l’inspiraient. A la différence de l’Évangile où tout y est clair et saint parce que Marie y conçoit par la seule et pure opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucune apparition d’homme, et où son mariage avec Joseph la protège de la diffamation, donnant à son Enfant légitimité et prestige, le Coran ne parvient pas à cacher la haine talmudique dont il est pétri à l’endroit du Christ Jésus et de la Très Sainte Vierge Marie… [...]"


Lire Humanae Vitae : Appel Final

HumanaeVitae_texte_commenteAppel Final

« Vénérables frères, chers fils, et vous tous, hommes de bonne volonté, grande est l’œuvre d’éducation, de progrès et d’amour à laquelle Nous vous appelons, sur le fondement de l’enseignement de l’Église, dont le successeur de Pierre est, avec ses frères dans l’épiscopat, le dépositaire et l’interprète. Grande œuvre, en vérité, Nous en avons l’intime conviction, pour le monde comme pour l’Église, puisque l’homme ne peut trouver le vrai bonheur, auquel il aspire de tout son être, que dans le respect des lois inscrites par Dieu dans sa nature et qu’il doit observer avec intelligence et amour. Sur cette œuvre Nous invoquons, comme sur vous tous, et de façon spéciale sur les époux, l’abondance des grâces du Dieu de sainteté et de miséricorde, en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction apostolique. » Humanae Vitae, §31.

* * *

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€

Les auteurs ont choisi de ne pas alourdir l’encyclique, si claire, précise et synthétique, mais de la mettre en valeur en donnant quelques pistes, tirant parti des 50 ans de recul que nous avons aujourd’hui. Cela donne un beau petit livre, en couleurs. Tous les efforts ont été faits, avec l’éditeur, Artège, pour en optimiser le prix.

De plus, pour les paroisses et associations amies qui souhaitent faire connaître l’encyclique à l’approche de la canonisation de Paul VI par le pape François, nous proposons une offre apostolique, nous contacter :[email protected]


Lire Humanae Vitae : 9e jour, Apostolat entre foyers

HumanaeVitae_texte_commenteApostolat entre foyers

« Parmi les fruits qui proviennent d’un généreux effort de fidélité à la loi divine, l’un des plus précieux est que les conjoints eux-mêmes éprouvent souvent le désir de communiquer à d’autres leur expérience. Ainsi vient s’insérer dans le vaste cadre de la vocation des laïcs une nouvelle et très remarquable forme de l’apostolat du semblable par le semblable : ce sont les foyers eux-mêmes qui se font apôtres et guides d’autres foyers. C’est là sans conteste, parmi tant de formes d’apostolat, une de celles qui apparaissent aujourd’hui les plus opportunes. »Humanae Vitae, §26.

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Toujours aussi clairvoyant, Paul VI désigne et bénit ici un apostolat encore inédit à son époque, à vivre de couple à couple. Il lance un appel qui doit encore, et plus que jamais, être relayé.

Comme tout apostolat, il provient d’une unique source : le Dieu un et trine qui, en se donnant lui-même, donne la vie, l’amour et la vérité. Ainsi le trésor de la chasteté conjugale se partage gratuitement comme un cadeau que les foyers ne peuvent garder égoïstement.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Lire Humanae Vitae : 8e jour, Aux époux chrétiens

HumanaeVitae_texte_commenteAux époux chrétiens

« Et maintenant Notre parole s’adresse plus directement à Nos fils, particulièrement à ceux que Dieu appelle à le servir dans le mariage. L’église, en même temps qu’elle enseigne les exigences imprescriptibles de la loi divine, annonce le salut, et ouvre par les sacrements les voies de la grâce, laquelle fait de l’homme une nouvelle créature, capable de répondre dans l’amour et dans la vraie liberté au dessein de son Créateur et Sauveur, et de trouver doux le joug du Christ. Que les époux chrétiens, dociles à sa voix, se souviennent donc que leur vocation chrétienne, commencée au baptême, s’est ensuite spécifiée et confirmée par le sacrement du mariage. Par lui, les époux sont affermis et comme consacrés pour accomplir fidèlement leurs devoirs, pour réaliser leur vocation jusqu’à la perfection et pour rendre chrétiennement le témoignage qui leur est propre en face du monde. C’est à eux que le Seigneur confie la tâche de rendre visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit l’amour mutuel des époux à leur coopération à l’amour de Dieu auteur de la vie humaine.

Nous n’entendons aucunement dissimuler les difficultés, parfois graves, qui sont inhérentes à la vie des époux chrétiens : pour eux, comme pour chacun, « étroite est la porte et resserrée est la voie qui conduit à la vie ». Mais l’espérance de cette vie doit illuminer leur chemin, tandis qu’ils s’efforcent courageusement de vivre avec sagesse, justice et piété dans le temps présent, sachant que la figure de ce monde passe. » Humanae Vitae, §25.

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Comme est réconfortant le témoignage des époux qui vivent la paternité responsable selon l’enseignement de l’Église ! Ne restons pas découragés par ceux qui dénigrent les méthodes naturelles alors qu’ils ne s’y sont pas vraiment formés, les ont adaptées « à leur sauce » ou ont reculé devant les efforts qu’elles impliquent. Appelons-les au contraire à redécouvrir le message d'espérance et de confiance de l'Église pour chacun personnellement.

Le cœur d’Humanae vitae, c’est que l’acte conjugal a une structure intime, « une vérité interne » dira saint Jean-Paul II (cf. Familiaris consortion° 32), qui engage directement l’action créatrice de Dieu et demande donc à être reçue comme telle, à être contemplée.

Cet énoncé est si simple qu’il est bien plus accessible par le rayonnement de l’exemple que par tous les efforts de démonstration. C’est pourquoi l’accueil de cette vérité par les époux est si indispensable et fait partie du témoignage propre au sacrement du mariage.

Conscient du prix à payer par ceux qui veulent aimer en vérité, Paul VI présente aux époux chrétiens le vrai sens de leurs sacrifices. Ils pourront relire ce paragraphe 25 aux jours plus difficiles.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Lire Humanae Vitae : 7e jour, Licéité du recours aux périodes infécondes

HumanaeVitae_texte_commenteLicéité du recours aux périodes infécondes

« L’Église est conséquente avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu’elle condamne comme toujours illicite l’usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses. En réalité, il existe entre les deux cas une différence essentielle : dans le premier cas, les conjoints usent légitimement d’une disposition naturelle ; dans l’autre cas, ils empêchent le déroulement des processus naturels. Il est vrai que, dans l’un et l’autre cas, les conjoints s’accordent dans la volonté positive d’éviter l’enfant pour des raisons plausibles, en cherchant à avoir l’assurance qu’il ne viendra pas ; mais il est vrai aussi que dans le premier cas seulement ils savent renoncer à l’usage du mariage dans les périodes fécondes quand, pour de justes motifs, la procréation n’est pas désirable, et en user dans les périodes agénésiques, comme manifestation d’affection et sauvegarde de mutuelle fidélité. Ce faisant, ils donnent la preuve d’un amour vraiment et intégralement honnête. » Humanae Vitae, §16.

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Laissons Saint Jean Paul II commenter cette « différence essentielle » entre les régulations naturelle et artificielle des naissances, différence qui « implique deux conceptions de la personne et de la sexualité irréductibles l’une à l’autre. Le choix des rythmes naturels comporte l’acceptation du temps de la personne, ici du cycle féminin, et aussi l’acceptation du dialogue, du respect réciproque, de la responsabilité commune, de la maîtrise de soi. Accueillir le temps et le dialogue signifie reconnaître le caractère à la fois spirituel et corporel de la communion conjugale, et également vivre l’amour personnel dans son exigence de fidélité. Dans ce contexte, le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d’affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique » (Jean-Paul II, Familiaris consortion° 32).

L’expérience et le témoignage des couples qui vivent la régulation naturelle des naissances illustrent et vérifient heureusement tout cela.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Lire Humanae Vitae : 6e jour, Moyens illicites de régulation des naissances

Moyens illicites de régulation des naissances

« En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu’est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l’interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l’avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques.

Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l’Église l’a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu’elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l’homme que chez la femme.

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation. » Humanae Vitae, §14.

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« La contraception et l'avortement sont très souvent étroitement liés, comme des fruits d'une même plante » (Jean-Paul II, Evangelium vitaen° 13).

De plus en plus souvent, des moyens présentés comme « contraceptifs » ont aussi – ou uniquement – un effet contragestif, c’est-à-dire abortif.

Dans les pays riches, ligature des trompes ou vasectomie sont souvent choisies comme « contraception définitive ». Ailleurs, la stérilisation est parfois imposée contre de « généreux » programmes d’aide.

La contraception regroupe des actions « en prévision de l’acte conjugal » (pilule, implant, stérilet hormonal, anneau vaginal…), « dans son déroulement » (préservatif, coït interrompu…) ou « dans [son] développement » (douche vaginale, pilule du lendemain, pilule, stérilet…).

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Lire Humanae Vitae : 5e jour, Deux aspects indissociables : union et procréation

HumanaeVitae_texte_commenteDeux aspects indissociables : union et procréation

« Cette doctrine, plusieurs fois exposée par le Magistère, est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation. En effet, par sa structure intime, l’acte conjugal, en même temps qu’il unit profondément les époux, les rend aptes à la génération de nouvelles vies, selon des lois inscrites dans l’être même de l’homme et de la femme. C’est en sauvegardant ces deux aspects essentiels, union et procréation que l’acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l’homme à la paternité. Nous pensons que les hommes de notre temps sont particulièrement en mesure de comprendre le caractère profondément raisonnable et humain de ce principe fondamental. »Humanae Vitae, §12.

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Ce numéro 12 peut à bon droit être considéré comme le centre de l’encyclique. Il exprime un principe anthropologique essentiel qui n’avait pas été dit ainsi par les papes précédents. Dieu a voulu qu’il y ait dans l’acte conjugal deux significations liées entre elles de façon indissoluble : l’union et la procréation. Avant d’être une norme (cf. n° 14), il s’agit ici d’une « vérité à recevoir », aussi simple que profonde.

Karol Wojtyła avait déjà réfléchi philosophiquement sur la vérité interne de l’acte conjugal dans son livre Amour et responsabilité. Une fois devenu pape, il a proposé ses catéchèses sur la théologie du corps afin d’aider les fidèles à recevoir cette vérité interne de l’amour humain.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€

https://fecondite.org/ouvrages/humanae-vitae-texte-integral-commente/


Lire Humanae Vitae : 4e jour, Respecter la nature et les finalités de l’acte matrimonial

HumanaeVitae_texte_commenteRespecter la nature et les finalités de l’acte matrimonial

« Ces actes, par lesquels les époux s’unissent dans une chaste intimité, et par le moyen desquels se transmet la vie humaine, sont, comme l’a rappelé le Concile, « honnêtes et dignes », et ils ne cessent pas d’être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu’ils seront inféconds : ils restent en effet ordonnés à exprimer et à consolider leur union. De fait, comme l’expérience l’atteste, chaque rencontre conjugale n’engendre pas une nouvelle vie. Dieu a sagement fixé des lois et des rythmes naturels de fécondité qui espacent déjà par eux-mêmes la succession des naissances. Mais l’Église, rappelant les hommes à l’observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie. » Humanae Vitae, §11.

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Non, l’Église ne méprise pas la sexualité !

Non, l’Église n’enseigne pas que les unions conjugales n’ont de valeur que lorsque les époux ont l’intention de concevoir une nouvelle vie.

Oui, c’est Dieu lui-même qui est le génial inventeur du cycle féminin et qui a voulu qu’il y ait des périodes où une union ne mènera pas à une fécondation.

Et oui, comme l’avaient déjà enseigné Pie XI et Pie XII, la vérité de l’acte conjugal demande qu’il reste « ouvert à la transmission de la vie ».

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Lire Humanae Vitae : 3e jour, La paternité responsable

HumanaeVitae_texte_commenteLa paternité responsable

« L’amour conjugal exige donc des époux une conscience de leur mission de "paternité responsable", sur laquelle, à bon droit, on insiste tant aujourd’hui, et qui doit, elle aussi, être exactement comprise. Elle est à considérer sous divers aspects légitimes et liés entre eux.

Par rapport aux processus biologiques, la paternité responsable signifie connaissance et respect de leurs fonctions : l’intelligence découvre, dans le pouvoir de donner la vie, des lois biologiques qui font partie de la personne humaine.

Par rapport aux tendances de l’instinct et des passions, la paternité responsable signifie la nécessaire maîtrise que la raison et la volonté doivent exercer sur elles.

Par rapport aux conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable s’exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d’éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance.

La paternité responsable comporte encore et surtout un plus profond rapport avec l’ordre moral objectif, établi par Dieu, et dont la conscience droite est la fidèle interprète. »Humanae Vitae, §10.

* * *

L’expression « paternité responsable » désigne la responsabilité commune du père et de la mère quant à la transmission de la vie. Paul VI la présente ici selon quatre aspects :

1° Les processus biologiques : l’intelligence les découvre inscrits dans la personne humaine ; l’Église invite à les respecter, tandis que la pensée moderne ne s’impose aucune limite pour les manipuler.

2° L’instinct et les passions : ces forces deviennent pleinement humaines lorsqu’elles sont conduites par la raison et la volonté.

3° Le contexte familial : selon ce contexte, les époux s’offriront généreusement à l’accueil d’une nouvelle vie ou bien estimeront en conscience devoir différer à plus ou moins long terme une nouvelle naissance. Il s’agit ici des « raisons graves » déjà évoquées par Pie XI et Pie XII.

4° L’ordre moral objectif, établi par Dieu : ce dernier point est celui sur lequel Paul VI avait surtout à se prononcer. C’est ce qu’il va faire jusqu’à la fin de ce chapitre.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


La contraception est intrinsèquement un mal

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’encyclique Humanæ Vitæ, le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, a donné une conférence le 4 août à l’abbaye sainte Anne de Kergonan intitulée « Humanæ Vitæ, voie de sainteté ». Extraits trouvés dans Famille chrétienne :

« Le refus d’Humanæ Vitæ, la méfiance vis à vis de cet enseignement vient souvent d’une erreur de perspective. On entend souvent dire : "la règle de l’Église est dure", ou "L’Église manque de miséricorde" ou encore "la règle est impossible à observer dans les faits". Comme si, Paul VI, en condamnant la contraception, avait arbitrairement décidé du permis et de l’interdit. Il y a là une erreur fondamentale ! Paul VI n’a pas, "un beau jour", décidé d'interdire la contraception, par pur caprice ou volonté d’imposer une opinion personnelle. C’est vraiment, après quatre longues années d’étude, de réflexion, de consultation, de lecture de documents scientifiques de qualité sur la question, après avoir longuement prié et s’être totalement livré à l’Esprit Saint, et mu par le sentiment aigu de sa grave responsabilité de père et de pasteur devant Dieu, devant l’Eglise et devant l’humanité, absolument fidèle à sa foi catholique et docile au magistère pérenne de l’Eglise, que Paul VI a pris la décision d’expliquer les circonstances et les raisons qui l’ont motivé à rappeler l’enseignement ferme de l’Eglise.

Chers amis, chers époux si, comme chrétiens, vous refusez la contraception, ce n’est pas d’abord "parce que l’Église l’interdit". C’est plutôt parce que vous savez, par l’enseignement de l’Église, que la contraception est intrinsèquement un mal, c’est-à-dire qu’elle détruit la vérité de l’amour et du couple humain. Elle réduit la femme à n’être qu’un objet de plaisir et de jouissance toujours disponible à tout instant et en toutes circonstances aux pulsions sexuelles de l’homme. Cela me semble très important. Le principe de la morale chrétienne n’est pas le respect d’un devoir imposé de l’extérieur et passivement subi, mais plutôt l’amour du bien, de la vérité de l’être. »

Trois erreurs à propos d’Humanæ Vitæ

 « La première erreur se situe chez les fidèles et les époux en particulier. Recevoir Humanæ Vitæ ne revient donc pas à, matériellement et systématiquement, « avoir de nombreux enfants ». Non ! Cela veut tout simplement dire, s’ouvrir généreusement et largement à la vie et accueillir autant d’enfants que votre santé, votre amour et vos moyens vous le permettent, dans un profond sentiment de gratitude à Dieu. Recevoir Humanæ Vitæ, c’est entrer dans la nature profonde de l’amour humain et donc s’engager dans une démarche de paternité-maternité responsable qui, tout en refusant toute pratique contraceptive, sait ouvrir le couple à un accueil généreux et intelligent de la vie, non pas à tout prix, mais selon les capacités de chaque couple. Sachant parfois, si des circonstances justifiées le réclament, espacer les naissances en utilisant l’alternance des périodes de fertilité. Toujours pour mieux protéger l’amour conjugal et familial.

La deuxième erreur à éviter se trouve chez les théologiens et les moralistes. Je voudrais ici avec force reprendre les mots mêmes de Jésus : « Gardez-vous des faux-prophètes ! Ils viennent à vous déguisés en agneaux, mais au dedans ce sont des loups rapaces ! » (Mt 7, 15). Oui, gardez-vous de ceux qui vous disent que, tant que l’intention générale du couple est droite, les circonstances pourraient justifier le choix des moyens contraceptifs. Chers amis, de tels propos sont des mensonges ! Et ceux qui vous enseignent de telles aberrations « falsifient la Parole de Dieu » (2 Co 4,2) Ils ne parlent pas au nom de Dieu. Ils parlent contre Dieu et contre l’enseignement de Jésus. Quand on vous dit : il y a des situations concrètes qui peuvent justifier un recours au contraceptif, on vous ment ! On vous prêche une doctrine frelatée (cf 2 Cor 2, 17) ! Bien plus, on vous fait du mal, car on vous indique une voie qui ne conduit ni au bonheur, ni à la sainteté !

La troisième erreur à éviter se trouve chez les pasteurs : prêtres et évêques. Chers frères prêtres, on cherche parfois à nous culpabiliser en nous accusant de faire porter aux autres le fardeau que nous ne portons pas nous-mêmes. Ne vous laissez pas intimider : obéissez à Dieu plutôt qu’aux hommes. Si vraiment Humanæ Vitæ est la charte d’une vie conjugale menée selon la vérité profonde de la sexualité humaine, alors, nous n’imposerons aucun fardeau ! Au contraire, en prêchant Humanæ Vitæ, nous annonçons la bonne nouvelle ! Nous annonçons la sainteté conjugale ! Comment nos cœurs de prêtres pourraient-ils priver les âmes de cette voie royale de la sainteté conjugale ? Comment pourrions-nous proposer une forme de sainteté "au rabais", inaboutie ? Non ! Comme le dit Paul VI, "Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes". N’abandonnons pas les couples aux sirènes trompeuses de la facilité ! » 

Ne pas se limiter à l’ordre biologique

« Il ne s’agit pas de respecter seulement matériellement un ordre biologique mais bien de conformer toute sa vie à l’ordre de la Création. L’ordre biologique, le cycle de la fécondité, est "l’expression de l’ordre de la nature, c’est-à-dire du plan providentiel du Créateur, dans l’exécution fidèle duquel dépend le vrai bien de la personne humaine". Mais ce plan du Créateur ne se réduit pas à la régularité biologique. La fidélité à l’ordre de la Création comprend bien davantage. La fidélité au plan de Dieu suppose l’exercice d’une paternité-maternité responsable qui s’exprime à travers une utilisation intelligente du rythme de la fécondité. Elle suppose une collaboration entre les époux, une communication, des choix communs et libres, posés en conscience, éclairés par la grâce et la prière persévérante, fondés sur une générosité foncière, pour décider, soit de donner la vie, soit, pour de justes motifs", de repousser à plus tard une naissance. Elle suppose une vraie charité conjugale, une véritable tempérance et maîtrise de soi, surtout s’il faut limiter les unions conjugales aux périodes infécondes. Bref, il s’agit de tout un art de vivre, d'une spiritualité, d'un mode proprement conjugal de sainteté ! Autrement dit : les méthodes naturelles sont un fondement mais elles supposent d’être vécues dans un contexte de vertus. Elles peuvent constituer une porte, une pédagogie pour la découverte de cette vie conjugale plénière, mais elles peuvent aussi n’être vécues que matériellement sans ce contexte de responsabilité, de générosité, de charité qui leur est connaturel. »   

La sainteté conjugale passe par la Croix

« Oui, chers amis, chers époux, je ne vous prêche pas la facilité. Je vous annonce Jésus, et Jésus crucifié ! Chers époux, je vous invite à entrer sur cette voie royale de la sainteté conjugale. Il y a des jours où elle n’ira pas sans héroïsme de votre part. Il y a des jours où vous serez sur le chemin de la Croix. Je pense à la "croix de ceux dont la fidélité suscite moqueries, ironies et même persécutions", croix des soucis matériels qu’engendre la générosité dans l’accueil de la vie, croix des difficultés dans la vie du couple, croix de la continence et de l'attente à certaines périodes. Chers amis, si je vous annonçais autre chose je vous mentirais, je vous trahirais ! Je ne serai plus ministre de Dieu pour vous conduire au bien (Rm 13,4) ni messager de sa Parole.

Le bonheur, la joie parfaite de vos couples passe par là. Je sais que cela ne va pas sans sacrifice, mais "les tentatives toujours renaissantes d’un christianisme sans sacrifice, un christianisme liquide, à l’eau de rose, sont vouées à l’échec".  Le Catéchisme de l’Église Catholique l'exprime avec force : « C'est en suivant le Christ, en renonçant à eux-mêmes, en prenant leur Croix sur eux que les époux pourront "comprendre" le sens originel du mariage et le vivre avec l'aide du Christ. Cette grâce du mariage chrétien est un fruit de la Croix du Christ, Source de toute vie chrétienne ». Nous ne pouvons faire l'économie de la Croix. »


Lire Humanae Vitae : 2e jour, L’amour conjugal

HumanaeVitae_texte_commenteL’amour conjugal

« L’amour conjugal révèle sa vraie nature et sa vraie noblesse quand on le considère dans sa source suprême, Dieu qui est amour, "le Père de qui toute paternité tire son nom, au ciel et sur la terre".

Le mariage n’est donc pas l’effet du hasard ou un produit de l’évolution de forces naturelles inconscientes : c’est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l’humanité son dessein d’amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d’un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l’éducation de nouvelles vies.

De plus, pour les baptisés, le mariage revêt la dignité de signe sacramentel de la grâce, en tant qu’il représente l’union du Christ et de l’Église. » Humanae Vitae, §8.

* * *

Voici donc un petit exercice spirituel : considérer l’amour trinitaire comme source et modèle de l’amour des époux.

La sainte Trinité, ayant créé l’homme et la femme à son image et pour sa ressemblance, a institué pour eux le mariage. Dans ce cadre, l’Église redit en quelle estime elle tient l’union charnelle, par laquelle les époux répondent à leur vocation à l’amour l’un envers l’autre et ensemble envers l’enfant à naître.

Par le sacrement du mariage, ce chemin se fait avec le Christ de qui l’amour conjugal revêt un surcroît de signification.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€

 


Lire Humanae Vitae pendant 10 jours : 1er jour

HumanaeVitae_texte_commenteHumanae Vitae, lettre encyclique sur le mariage et la régulation des naissances, a été promulguée le 25 juillet 1968 par le pape Paul VI, qui sera canonisé par le pape François le 14 octobre 2018. Chaque jour, vous retrouverez sur votre blog préféré un paragraphe de l’encyclique et un commentaire.

« Le très grave devoir de transmettre la vie humaine, qui fait des époux les libres et responsables collaborateurs du Créateur, a toujours été pour ceux-ci source de grandes joies, accompagnées cependant parfois de bien des difficultés et des peines.

En tout temps, l’accomplissement de ce devoir a posé à la conscience des époux de sérieux problèmes ; mais l’évolution récente de la société a entraîné des mutations telles que de nouvelles questions se sont posées : questions que l’Église ne pouvait ignorer, en un domaine qui touche de si près à la vie et au bonheur des hommes. » Humanae Vitae, §1.

* * *

« Le mariage et la famille doivent constituer un milieu d'amour responsable, précisément parce que l'amour conjugal est orienté vers la vie. C'est ce que soulignait déjà le Pape Paul VI dans son encyclique Humanae vitae, un texte qui, au fur et à mesure que passent les années, s'avère toujours davantage comme une intervention prophétique et providentielle. » Saint Jean-Paul II, 22 décembre 1994.

Selon l’opinion générale, Humanae vitae a été accueilli comme un enseignement moral et, plus précisément, un interdit, une condamnation. En réalité, c’est comme si on résumait un livre sur l’alpinisme aux inévitables mises en garde qu’il contiendrait. N’y trouverait-on pas aussi par exemple de magnifiques photos, une sorte de promesse, un appel, l’indication de tant d’aides si nécessaires ?

Ici, le mot devoir veut traduire le latin munus. Un munus est une charge, un ministère. Paul VI va nous aider à percevoir la grandeur et la merveille du projet divin ainsi que la confiance que Dieu fait aux époux.

Ce sujet qui touche à l’intimité conjugale est parmi les plus difficiles. Les époux ont besoin de vérité et non de mensonge, de compassion et non d’indifférence.

Retrouvez l’ensemble de l’encyclique, et une aide de lecture rédigée par un curé de paroisse et un couple engagé dans la régulation naturelle des naissances, dans Humanae vitae, Texte commenté par Bruno Bettoli, Gabrielle et Bertrand Vialla, éditions Artège, à paraître le 22 août 2018, 3.5€


Comment confirmer la foi en modifiant le catéchisme ?

En 2004, le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, écrivait dans un memorandum destiné aux évêques américains :

"Les catholiques peuvent légitimement avoir des opinions différentes sur la guerre ou la peine de mort, mais en aucun cas sur l’avortement et l’euthanasie".

La question de la peine de mort n'est pas un principe non négociable mais une question prudentielle laissée à l'appréciation du laïcat. Faut-il en conclure que la nouvelle rédaction du catéchisme de l'Eglise catholique empiète sur l'action légitime du temporel ?

Voici cette nouvelle rédaction :

"2267. Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.

Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.

C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle » et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde."

Le Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi accompagne cette nouvelle rédaction d'une lettre qui insiste sur la continuité avec le magistère. Tel n'est pas l'avis de Guillaume Bernard, interrogé sur Boulevard Voltaire :

C'est aussi l'avis d'Yves Daoudal.

Dans l'entourage du pape François, beaucoup aimeraient aussi changer d'autres paragraphes du catéchisme de l'Eglise catholique et il est quand même étonnant de les voir continuer à agir, malgré des scandales, en toute impunité. En 1986 (déjà !), le cardinal Ratzinger prévenait qu'un nombre toujours croissant de gens, même à l'intérieur de l'Eglise, exercent une très forte pression sur elle pour l'amener à légitimer les actes homosexuels. Vers une prochaine modification du catéchisme ? Ce qui était juste hier peut-il devenir mauvais aujourd'hui ?


Le libéralisme théologique finit par détruire la règle de la foi

De Gérard Leclerc à propos du décès de Jean Mercier :

"Il y a quelques semaines déjà, Henrik Lindell m’apprenait l’entrée en soins palliatifs de Jean Mercier, son collègue de La Vie, en le recommandant à mes prières. Comment n’aurais-je pas été touché d’apprendre que Jean était sur le point de nous quitter, après un long combat de plusieurs années contre la maladie ? J’avais la plus grande estime pour lui, à tous les points de vue, car il était plus qu’un modèle de probité intellectuelle, un chrétien d’une rare profondeur, dont la recherche spirituelle et théologique était de premier ordre. Le déclic de ma découverte de ce confrère étonnant fut la lecture d’un article dans La Vie, où il démontait magistralement la série produite par la chaîne Arte sur la Bible. Je lui téléphonais sur le champ pour le féliciter et lui dire ma gratitude pour le service signalé qu’il venait de rendre à tous ceux qui avaient été désorientés par la rhétorique spécieuse de cette déconstruction des textes. Il accueillit mon appel comme s’il l’attendait depuis longtemps.

Car notre accord décisif signifiait que le violent désaccord que j’avais exprimé en 1996 dans mon livre Pourquoi veut-on tuer l’Église ? à l’encontre de certaines positions de La Vie, n’avait plus de raison d’être. Nous étions entièrement solidaires sur l’essentiel, et ce fut pour moi l’occasion de découvrir l’itinéraire singulier de ce journaliste qui, de catholique était devenu protestant, pour redevenir plus que jamais catholique. Il a raconté lui-même pourquoi, à l’âge de 28 ans, il avait rompu avec l’Église de son baptême à cause du tandem Wojtyla-Ratzinger et qu’il y était revenu à cause du même tandem. Croyant trouver dans l’Église réformée la liberté qu’il pensait brimée dans l’Église romaine, il s’était rendu compte, en dépit de cours d’exégèse précieux, que le libéralisme théologique finissait par détruire la règle de la foi. Et c’est pourquoi il était revenu au tandem Wojtyla-Ratzinger, s’expliquant dans une formule lapidaire : « Ces hommes ont permis à l’Église de redevenir vraiment catholique. » En effet, la dépression post-concilliaire avait produit des dégâts considérables avec « une désorientation dogmatique, chacun se faisant son credo à la carte ». [...]"


Humanae Vitae : Paul VI a prédit des désordres que nous voyons aujourd'hui

L'abbaye de Kergonan organise une session à l'occasion des 50 ans de Humanae vitae. A cette occasion, le frère Francesco est interrogé dans Famille chrétienne :

6a00d83451619c69e20224e03c8760200dPourquoi cette encyclique a-t-elle été aussi mal comprise par les catholiques à l'époque ?

Certains, il s’agit de le rappeler, ont reçu cette encyclique avec gratitude et l’ont transmise à leurs enfants comme un trésor. Beaucoup en effet, laïcs ou clercs, ont été désarçonnés. Dans les difficultés inhérentes à la vie de famille et propre à la modernité, ils ont pensé trouver dans les moyens de contraception une solution confortable, pour une aspiration au plaisir. Depuis le péché originel, on court après une harmonie perdue. Le rappel de la vérité interne de l’acte conjugal et de son lien avec la transmission de la vie a semblé rude. Paul VI exprimait par la non-dissociation entre union et procréation, la sollicitude de l’Église pour ses enfants. Il a prédit des désordres qu’aujourd’hui nous voyons. Avec 50 ans de recul, on peut dire que la contraception, généralisée, ne rend pas les couples plus solides, les familles plus soudées, l’accueil de l’enfant plus généreux et plus aimant, le rapport à la Création plus respectueux... au contraire ! On confond désir et amour, on attrape à la place de recevoir, on perd le sens de la féminité comme de la masculinité.

50 ans après sa publication, la présence du cardinal Sarah à Kergonan est-elle le signe que les nouvelles générations sont plus réceptives à cette sainteté qui passe notamment par la chasteté ?

Les jeunes générations savent que la contraception ne résout pas les problèmes relationnels. Le perfectionnisme parental face à l’enfant, qui doit être parfait et doit tout avoir, finit par être un poids pour les jeunes parents. On semble leur dire : « Vous avez voulu un enfant, vous vous débrouillez ». Les hommes politiques ne leur disent plus merci de la part de la société, les clercs oublient quelquefois de le dire de la part de l’Église. Les jeunes aspirent pourtant toujours à la vérité et à l’harmonie, ils peuvent se rendre compte qu’on a menti à leurs parents. Paul VI non. Paul VI, et ses successeurs leur ont dit la vérité. [...]"


N’ayons pas l’âme citadine, celle qui préfère l’efficacité à la pertinence, le progrès à l’enracinement

Voici le sermon prononcé par le chanoine Alban Denis dimanche dernier en la basilique de Saint Laurent-sur-Sèvre à l'occasion de la 27ème université d'été de Renaissance Catholique sur le thème de la Révolution Silencieuse (version enregistrée à la fin de ce post).

62eXFbQp_400x400Frères très aimés,

Chers amis universitaires,

Chers amis des larmes et du fouet,

du silence intérieur et de l’action missionnaire !

Qu’il est bon mes frères de se retrouver ensemble – malgré l’heure matinale – dans cette basilique placée sous le patronage de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, l’apôtre breton du Grand Ouest et le compagnon chantant de Notre-Dame. Oui, cela est bon. Bon, parce que c’est Dimanche. Bon, parce qu’il s’agit du 1erjour de la semaine, le jour du Seigneur. Son jour à Lui.

Quelle grâce aussi, à l’aube de notre 27èmeuniversité d’été, de prier ici en Vendée. Ah… « la Vendée » chers amis. S’il vous plaît, ne me dites pas que vous avez pas le cœur habitué ! S’il vous plaît, dîtes-moi que vous sentez, tout comme je le sens, la puissance évocatrice de ces trois syllabes.

Attention, je n’ai pas dit « la charge émotionnelle » de ces trois syllabes. Une « charge » a pour vocation de dynamiter, ou de faire sentir son poids. Et ce sont là, entre nous soit dit, les fruits amers et fréquents du sentimentalisme. Au contraire, loin de nous écraser, l’histoire tragique de la Vendée nous rappelle non seulement que des géants nous précèdent, mais encore que « rien n’est plus invincible qu’un sentiment généreux dans le cœur de l’homme » [1]. Cette terre de martyrs nous invite à sortir de nous-mêmes et à nous mettre à leur suite, comme pour attester à ces héros anonymes que leur sacrifice n’a pas été vain. Et prions fort mes frères, pour que ce soit véritablement notre état d’esprit au sortir de cette université.

Après la bonté  et la grâce,quel bonheur enfin ! Oui chers amis, quel bonheur d’être en vacances. De nous extraire de nos obligations quotidiennes. De goûter l’air de la vie. Quel bonheur, entendez-bien, de ne pas presser le pas pour aller plus vite et « gagner du temps ». Car pour gagner quoi au juste ? La dictature de l’optimisation à tout crin, bien au contraire de nous faire gagner quoique ce soit, nous fait souvent perdre le sens du réel, pour ne pas dire celui de l’essentiel. C’est-à-dire le sens de Dieu. La sainteté n’est pas affaire de calculs de fonctionnaire. Pour avancer dans la vie spirituelle vous le savez, plus que de gagner du temps, il s’agit de savoir le prendre, et même parfois d’accepter d’en perdre.

Unknown-14Chers amis, n’ayons pas l’âme citadine, celle qui préfère l’efficacité à la pertinence, le progrès à l’enracinement. « Toute sagesse commence dans l’émerveillement » notait Socrate. Avancer tête baissée pour réussir au lieu d’ouvrir les yeux pour découvrir, voilà le danger qui guette l’homme de ce siècle. A nous de prendre le temps durant nos vacances de contempler la beauté du monde qui nous entoure. De retirer, des joies qui jalonnent notre existence, et des peines aussi, tous les trésors de vie qui y résident.Gagner du temps reste probablement le plus subtil des artifices pour tenter de lui échapper et de fuir les réalités qui lui sont attachées. Le grand drame de l’empressement, c’est de nous contraindre à ne pas considérer ce à côté de quoi l’on passe. Et cette négligence a valeur de poison pour l’âme.

Alors oui, quel bonheur de partager ensemble cette petite parenthèse de chrétienté ! De savourer les conférences qui nous sont offertes, de nous imprégner des vérités qui s’en dégagent. Et, parce que cela n’est pas interdit, quel bonheur grâce à la pédagogie de ceux qui nous instruisent de nous sentir quelques instants intelligents. (Ou moins bête qu’à l’accoutumé – c’est une question de point de vue je vous l’accorde !).

Mais surtout, il faut nous arrêter là-dessus, quelle délicatesse. Oui mes frères, quelle délicatesse de la part de la Sainte Liturgie de nous transporter aux portes de Jérusalem. Quelle délicatesse de l’Eglise en ce petit matin de juillet de nous offrir les textes de ce 9èmedimanche après la Pentecôte qui sont en mesure, me semble-t-il, d’apporter un éclairage au thème de notre université : « La révolution silencieuse ».

 Replantons le décor. Un décor grave mes frères. Notre Seigneur s’approche de Jérusalem. Saville. Sa ville qu’il aime tant. La foule a beau crié, des palmes à la main : « Hosanna Fils de David », « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Lc 19, 38)… Il sait Lui, Il sait que le triomphe des Rameaux n’est que le négatif photographique de cette même foule qui l’insultera et lui crachera au visage sur le chemin du Calvaire à l’heure du Vendredi Saint. Et dans cette masse humaine, quelques Pharisiens maugréent et l’enjoignent de faire taire toutes ces personnes qui l’acclament comme un Dieu… « En vérité, en vérité je vous le dis, si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. » (Lc 19, 40) Quelle puissance dans cette réponse du Divin Maître ! « Les pierres crieront ! »

Mais attendez ! Attendez, ce n’est pas fini. Ce qui est tout à fait saisissant, et c’est là où je veux en venir, c’est l’attitude du Christ lorsqu’il aperçoit au loin la façade ouest du temple de Jérusalem, majestueuse ! Malgré la clameur de la foule, Notre Seigneur habité d’un silence intérieur CONTEMPLE la cité sainte. IL PREND LE TEMPS de contempler Jérusalem.

Dom Delatte dans son commentaire débordant de Sagesse sur la Règle de Saint Benoît nous avertit : « S’il y a trop de bruits dans l’âme, quelque chose qui ressemble à une dispersion de l’attention, la voix de Dieu, ordinairement « douce comme un souffle de bise » (III Re 19, 12) n’est pas entendue. Il faut écouter ajoute-t-il. Prêter l’oreille ne serait pas assez. Saint Benoît nous invite très joliment à « incliner l’oreille de notre cœur »[2].

Ah mes frères ! Il me plaît d’imaginer notre Bon Seigneur à cet instant même qui a dû magnifiquement incliner l’oreille de son Cœur vers son Père. Et de ce dialogue silencieux, intense, profond, poignant et mystérieux va naître des larmes. Il pleure sur sa ville. Cependant les larmes du Fils de Dieu ne sont pas « tétanisantes » et submergées d’émotion, non ! Elles sont, comme toujours chez lui, compatissantes et principes d’action.

Voyez-vous pour une très large partie aujourd’hui, le BRUIT représente un univers dont ils ne savent se défaire. A l’inverse, l’âme de tout apostolat fécond se nourrit du silence. Pour nos contemporains, le passage du vacarme au silence s’apparente bien souvent à un dépaysement quand le passage de la contemplation à l’action missionnaire relève pour le chrétien d’un esprit de conquête.

Dépaysement / Esprit de conquête : nous sommes dans une posture d’âme bien différente.

L’homme moderne est angoissé par le SILENCE. Le disciple du Christ y puise de l’énergie pour mener droitement son combat afin de gagner son Ciel. Le chrétien contemple pour transmettre. Les démons hurlent pour nous réduire au silence. Le bruit nous rend barbare. / Le silence nous élève.

Ah chers amis, comme Pascal avait vu juste en affirmant que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre [3] ». Rien ne vaut en effet de passer un bon moment avec soi-même à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieur en tenant la main de Dieu.

Or depuis 50 ans, depuis 50 ans mes frères, à quel grand vacarme assistons-nous pour mieux nous endormir !

Si l’on peut définir l’Histoire comme la somme des tragédies qui auraient pu être évitées, au bout d’un demi-siècle l’Histoire est en mesure de livrer ses leçons sur les acteurs de Mai 68. Leçons parfois impitoyables. Souvent pleines d’ironie. Car en fin de compte que reste-t-il de leurs promesses ? Le monde qu’ils avaient souhaité sans barrière réclame aujourd’hui davantage de frontières. Leur rêve d’univers sans classe avait pour modèle Mao Zedong dont ils portaient l’effigie en larges pancartes avant que la vérité historique révèle qu’il est l’homme aux 80 millions de morts, le dictateur le plus sanguinaire de l’Histoire vous le savez. La jouissance sans entrave année après année se heurte dans nos sociétés modernes à une réalité statistique de suicides et de dépressions inconnue jusqu’alors. En réalité, ils voulaient davantage défaire le monde ancien qu’en construire un nouveau.

Alors que la pensée moderne, de Descartes au XVIIIème siècle, se proposait de reléguer Dieu à la sphère privée, le monde post-moderne, celui dans lequel nous vivons chers amis, a pour ambition d’arracher aux hommes le désir même de Dieu ! « Le vacarme » A faire en sorte comme l’explique très bien Saint Paul dans l’épitre de ce jour : « Que le peuple s’assoit pour manger et pour boire, puis qu’il se lève pour se divertir » (I Co 10, 7)

Et Bernanos d’insister, vous connaissez la citation :

« On ne comprend absolument rien à la civilisation d’aujourd’hui si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. [4] »

Ce qui a déclenché la grande civilisation chrétienne, avec toutes ces œuvres de charité extraordinaires, c'est la contemplation de quelques grands saints qui les ont inspirées comme saint Bernard, saint Vincent de Paul, notre bon Saint Louis-Marie et tant d’autres. La vie secrète qui se nourrit de contemplation, de prière mes frères, a son rayonnement jusque dans l'action, jusque dans l'action apostolique… et jusque dans l'action temporelle. La vie intérieure n'est donc pas un abri, ou un refuge, mais pour reprendre la formule plaisante de Dom Gérard, elle est plutôt une « rampe de lancement ». Et c’est justement cette vie intérieure ineffable du Verbe Incarné qui Le pousse à s’armer d’un fouet et à entrer dans le Temple pour en chasser ses profanateurs. A ce propos, Léon Bloy fait très bien d’interroger :

« Que penseriez-vous de la charité d’un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l’empoisonneur ? [5] »

Alors oui mes frères, si nous savons faire silence et ployer les genoux, nous aussi nous avons le droit à nos « Saintes Colères » [6].

Colère lucide parce que depuis 50 ans le Grand Printempsque l’on nous avait promis se fait attendre… (et je vous laisse imaginer du reste si l’on nous avait annoncé l’hiver…).

Sainte colère, parce que notre colère, comme celle de Notre Bon Seigneur chassant les marchands du Temple, est liée à l’espoir. Sainte colère parce que « si les choses vont certainement plus mal qu’on ne le croit, elles peuvent aussi aller mieux qu’on ne l’espère. [7] »

A nous donc d’écarquiller nos yeux, d’ouvrir nos intelligences, d’être des assoiffés du Ciel.

« On ne comprend rien si l’on ne cherche pas à comprendre tout [8] » enseignait Jacqueline de Romilly.

C’est pourquoi : il nous appartient, si nous persévérons à devenir des âmes intérieures, à tirer de notre vie quotidienne ces je ne sais quoi d’éclat et de sublime. Tout cela nous est possible. Possible, pourvu que notre que l’on regarde avec son cœur, et que notre cœur soit lumineux ! Les regards noirs et les idées sombres font malheureusement obstacles à notre appétit de lumière. Alors, à nous de lutter contre les uns et les autres afin d’être en mesure, soutenu par la grâce, de contempler un jour les richesses de Dieu.

C’est ce que je nous souhaite à tous,      Ainsi soit-il !

Lire la suite "N’ayons pas l’âme citadine, celle qui préfère l’efficacité à la pertinence, le progrès à l’enracinement" »


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (8)

8e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Unknown-31« Il est fréquemment affirmé que la contraception, rendue sûre et accessible à tous, est le remède le plus efficace contre l'avortement. On accuse aussi l'Eglise catholique de favoriser de fait l'avortement parce qu'elle continue obstinément à enseigner l'illicéité morale de la contraception. A bien la considérer, l'objection se révèle en réalité spécieuse. Il peut se faire, en effet, que beaucoup de ceux qui recourent aux moyens contraceptifs le fassent aussi dans l'intention d'éviter ultérieurement la tentation de l'avortement. Mais les contrevaleurs présentes dans la « mentalité contraceptive » — bien différentes de l'exercice responsable de la paternité et de la maternité, réalisé dans le respect de la pleine vérité de l'acte conjugal — sont telles qu'elles rendent précisément plus forte cette tentation, face à la conception éventuelle d'une vie non désirée. De fait, la culture qui pousse à l'avortement est particulièrement développée dans les milieux qui refusent l'enseignement de l'Eglise sur la contraception. Certes, du point de vue moral, la contraception et l'avortement sont des maux spécifiquement différents: l'une contredit la vérité intégrale de l'acte sexuel comme expression propre de l'amour conjugal, l'autre détruit la vie d'un être humain; la première s'oppose à la vertu de chasteté conjugale, le second s'oppose à la vertu de justice et viole directement le précepte divin « tu ne tueras pas ».

Mais, même avec cette nature et ce poids moral différents, la contraception et l'avortement sont très souvent étroitement liés, comme des fruits d'une même plante. Il est vrai qu'il existe même des cas dans lesquels on arrive à la contraception et à l'avortement lui-même sous la pression de multiples difficultés existentielles, qui cependant ne peuvent jamais dispenser de l'effort d'observer pleinement la loi de Dieu. Mais, dans de très nombreux autres cas, ces pratiques s'enracinent dans une mentalité hédoniste et de déresponsabilisation en ce qui concerne la sexualité et elles supposent une conception égoïste de la liberté, qui voit dans la procréation un obstacle à l'épanouissement de la personnalité de chacun. La vie qui pourrait naître de la relation sexuelle devient ainsi l'ennemi à éviter absolument, et l'avortement devient l'unique réponse possible et la solution en cas d'échec de la contraception.

Malheureusement, l'étroite connexion que l'on rencontre dans les mentalités entre la pratique de la contraception et celle de l'avortement se manifeste toujours plus; et cela est aussi confirmé de manière alarmante par la mise au point de préparations chimiques, de dispositifs intra-utérins et de vaccins qui, distribués avec la même facilité que les moyens contraceptifs, agissent en réalité comme des moyens abortifs aux tout premiers stades du développement de la vie du nouvel individu. » ( §13)


Le Credo de Paul VI fut suivi par l’encyclique Humanae Vitae sur le mariage

Voici un extrait de l'homélie de Dom Courau, père abbé de Triors, prononcée vendredi dernier :

Unknown-13"La Confession de Pierre sur la route de Césarée fut le 1er Credo de l’Église. À chaque étape importante de sa vie, l’Église l’a réédité : les grands Conciles des premiers siècles s’en sont fait l’écho, à Nicée en juin 325, à Constantinople en 381, au Latran en 640. Ainsi dans le Credo de la messe, nous répétons l’affirmation de S. Pierre. Au lendemain du Concile de Trente, après les confusions liées au Grand Schisme et à la Réforme protestante, Pie IV fit à nouveau une profession de foi, en novembre 1564. Il y a juste 50 ans en juin 1968, le Bx Paul VI fit de même après le IInd Concile du Vatican ; il a voulu ce Credo qui porte son nom, face à un monde en profonde mutation, dans lequel tant de certitudes sont mises en contestation ou en discussion. Dans le préambule du Credo, il s’adresse aux fidèles emblématiques de mai 68, menacés de se laisser fasciner par la nouveauté, sans esprit critique, sous l’impulsion du modernisme échevelé qui croit préparer l’avenir en perdant de vue le cri de Pierre sur la route de Césarée. La Révélation de Dieu ne saurait jamais être tenue pour une mode transitoire. La profession de foi du Paul VI associait le Concile au XIXème centenaire du martyre des SS. Pierre et Paul, l’année 1968 étant proclamée année de la foi dans ce dessein. Peu après Paul VI précisait : Une profession de foi n’est qu'un résumé, un «symbole» dit la théologie, une formule contenant les principales vérités de la foi, avec autorité, mais condensées et en raccourci. Dès les origines, une telle synthèse des dogmes fondamentaux de l'enseignement doctrinal était proposée aux catéchumènes qui devaient l’apprendre par cœur.

Le Credo de Paul VI fut suivi le 25 juillet par l’encyclique Humanae Vitae sur le mariage humain. Avec la proclamation de Marie Mère de l’Église en 1964, ce furent là les gestes majeurs du Magistère du futur saint pape, écho précieux de la confession de foi de S. Pierre sur la route de Césarée, rayonnant jusque dans l’intimité de la vie humaine, pensée par Dieu à son image et ressemblance. Ces gestes courageux de Paul VI préparaient ceux de S. Jean-Paul II avec le Catéchisme de 1992, puis ses grands textes sur le mariage et les fondements de la morale chrétienne. Nous lui devons en outre de contempler les liens entre l’acte de foi de S. Pierre avec tous ses prolongements d’une part et l’acte de foi de Notre Dame qui lui est antérieur, de l’autre.

Avant Césarée en effet, il y a eu l’annonciation : le Fiat et l’acquiescement de Marie à l’incarnation du Verbe, le Fils du Dieu vivant. S. Jean-Paul II aimait associer cette dimension mariale de l’Église à sa dimension pétrinienne, celle-ci découlant de celle-là de façon étroitement unie et complémentaire. Le Catéchisme a intégré cette analyse fine et fructueuse : Marie nous précède tous dans la sainteté qui est le Mystère de l’Église comme l’Épouse sans tache ni ride (Éph 5,27). C’est pourquoi la dimension mariale de l’Église précède sa dimension pétrinienne (CEC 772s, citant LG 48, et MD 27). Aussi l’Église de Pierre continue-t-elle le Magnificat de Marie pour chanter la foi confessée que la route de Césarée, amen."


La Foi est notre premier devoir… c’est la source de la charité

Les enjeux du Credo du Peuple de Dieu, dit Credo de Paul VI, promulgué le 30 juin 1968.

image from fmnd.orgLe Credo du Peuple de Dieu, promulgué par le Pape Paul VI, le 30 juin 1968, a illuminé de la Lumière de Dieu l’année qui a marqué le début de grands bouleversements. Mais beaucoup ont préféré, comme l’écrivait Saint Jean dans son prologue, les ténèbres à la lumière. Le courage du Pape Paul VI doit être mieux connu. Il n’a pas eu peur d’aller à contre-courant et d’être critiqué, marginalisé, ridiculisé, après avoir promulgué ce Credo, le 29 juin 1968, et l’Encyclique Humanae Vitae, le 25 juillet 1968.

Pourquoi le Pape Paul VI a-t-il professé le Credo du Peuple de Dieu, le 30 juin 1968 ? Parce qu’il était vraiment angoissé par la grave crise de la Foi qui se manifestait, quelques mois seulement après le Concile Vatican II. Le 13 mai 1967, à Fatima, il évoquait sans le nommer le progressisme moderniste, qui mettait gravement en danger la Foi de l’Eglise. Le modernisme, qui avait été sévèrement condamné par Saint Pie X, réapparaissait avec le néo-modernisme progressiste, qui voulait adapter la Foi chrétienne au monde moderne. L’esprit du Concile Vatican II n’était pourtant pas l’esprit moderniste progressiste. Le philosophe français, Jacques Maritain et le théologien suisse, Charles Journet, fidèles amis de Paul VI, ont pressé ce Pape de promulguer le Credo du Peuple de Dieu. Au cours de l’audience du mercredi 30 octobre 1968, Paul VI a ainsi justifié son Credo, 4 mois après sa promulgation : « La foi est notre premier devoir; la foi est pour nous une question vitale; la foi est le principe irremplaçable du christianisme. C’est la source de la charité, le centre de l’unité, la raison d’être fondamentale de notre religion ».

Notre Père Fondateur s’est souvent appuyé sur le Credo de Paul VI pour redresser les graves erreurs doctrinales du néo-modernisme progressiste. Il a loué le très grand courage de Paul VI. Dans la tourmente des années qui ont suivi 1968 ; en communion avec Paul VI, il nous a aidés à garder la vraie Foi et à ne pas avoir peur d’aller à contre-courant ! Notre communauté, aujourd’hui, veut rester fidèle à l’esprit de son Fondateur et c’est la raison pour laquelle, en cette année cinquantenaire de 68, nous avons choisi comme thème du Forum de Sens, en février 2018 : « le Credo du Peuple de Dieu ». Vous pouvez télécharger les textes de ce Forum et visionner les diverses interventions sur notre Site FMND.

Nous vivons un temps de tempête, d’apostasie et de confusion. Ne nous laissons pas influencer par les idéologies du modernisme progressiste, ne perdons pas la Foi ! Rendons grâce à Dieu du grand don qu’Il a fait à son Eglise par les pontificats de Paul VI, de St Jean-Paul II et de Benoît XVI. Ces deux derniers Papes, dans le prolongement du credo de Paul VI, ont donné à l’Eglise des textes magistériels très importants dont le Catéchisme de l’Eglise Catholique. Méditons ces trésors et recourons-y souvent afin d’être fidèles à Jésus et à Son Eglise. Demandons, par l’intercession de Notre-Dame des Neiges, la grâce d’être humbles en accueillant comme des enfants l’enseignement du Magistère de l’Eglise, qui contient tout ce que les Papes et les Conciles ont enseigné avec autorité depuis l’apôtre Saint Pierre jusqu’à notre temps en ce qui concerne la Foi et la morale. Aucun baptisé ne peut remettre en question l’enseignement du Magistère de l’Eglise. Faisons nôtre, en ce 30 juin 2018, la prière de Paul VI, le 30 octobre 1968, pour demander la Foi :

« Seigneur, je crois : je veux croire en Toi.

Ô Seigneur, fais que ma foi soit entière, sans réserves, et qu’elle pénètre dans ma pensée, dans ma façon de juger les choses divines et les choses humaines;

Ô Seigneur, fais que ma foi soit libre ; qu’elle ait le concours personnel de mon adhésion, accepte les renoncements et les devoirs qu’elle comporte et qu’elle exprime le meilleur de ma personnalité : je crois en Toi, Seigneur ;

Ô Seigneur, fais que ma foi soit certaine ; forte d’une convergence extérieure de preuves et d’un témoignage intérieur de l’Esprit Saint, forte de sa lumière rassurante, de sa conclusion pacifiante, de son assimilation reposante;

Ô Seigneur, fais que ma foi soit forte, qu’elle ne craigne pas les contrariétés des problèmes, dont est remplie l’expérience de notre vie avide de lumière, qu’elle ne craigne pas l’adversité de ceux qui la discutent, l’attaquent, la refusent, la nient; mais qu’elle se renforce de la preuve de ta vérité, qu’elle résiste à l’usure des critiques, qu’elle se renforce continuellement en surmontant les difficultés dialectiques et spirituelles dans lesquelles se déroule notre existence temporelle.

Ô Seigneur, fais que ma foi soit joyeuse et qu’elle donne paix et allégresse à mon esprit, le rende capable de prier avec Dieu et de converser avec les hommes, de telle manière que transparaisse dans le langage sacré et profane la béatitude intérieure de son heureuse possession ;

Ô Seigneur, fais que ma foi soit active et donne à la charité les raisons de son développement, de manière qu’elle soit vraiment amitié avec Toi, et qu’elle soit dans les travaux, dans les souffrances, dans l’attente de la révélation finale, une recherche continue de foi, un témoignage constant, un aliment d’espérance;

Ô Seigneur, fais que ma foi soit humble et qu’elle ne croit pas se fonder sur l’expérience de mon esprit et de mon sentiment ; mais qu’elle rende témoignage à l’Esprit Saint, et qu’elle n’ait d’autre garantie que dans la docilité à la Tradition et à l’autorité du magistère de la Sainte Eglise.

Amen ».


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (7)

7e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Images-13«  En réalité, si de nombreux et graves aspects de la problématique sociale actuelle peuvent de quelque manière expliquer le climat d'incertitude morale diffuse et parfois atténuer chez les individus la responsabilité personnelle, il n'en est pas moins vrai que nous sommes face à une réalité plus vaste, que l'on peut considérer comme une véritable structure de péché, caractérisée par la prépondérance d'une culture contraire à la solidarité, qui se présente dans de nombreux cas comme une réelle « culture de mort ». Celle-ci est activement encouragée par de forts courants culturels, économiques et politiques, porteurs d'une certaine conception utilitariste de la société.

En envisageant les choses de ce point de vue, on peut, d'une certaine manière, parler d'une guerre des puissants contre les faibles: la vie qui nécessiterait le plus d'accueil, d'amour et de soin est jugée inutile, ou considérée comme un poids insupportable, et elle est donc refusée de multiples façons. Par sa maladie, par son handicap ou, beaucoup plus simplement, par sa présence même, celui qui met en cause le bien-être ou les habitudes de vie de ceux qui sont plus favorisés tend à être considéré comme un ennemi dont il faut se défendre ou qu'il faut éliminer. Il se déchaîne ainsi une sorte de « conspiration contre la vie ». Elle ne concerne pas uniquement les personnes dans leurs rapports individuels, familiaux ou de groupe, mais elle va bien au-delà, jusqu'à ébranler et déformer, au niveau mondial, les relations entre les peuples et entre les Etats. Pour favoriser une pratique plus étendue de l'avortement, on a investi et on continue à investir des sommes considérables pour la mise au point de préparations pharmaceutiques qui rendent possible le meurtre du fœtus dans le sein maternel sans qu'il soit nécessaire de recourir au service du médecin. Sur ce point, la recherche scientifique elle-même semble presque exclusivement préoccupée d'obtenir des produits toujours plus simples et plus efficaces contre la vie et, en même temps, de nature à soustraire l'avortement à toute forme de contrôle et de responsabilité sociale.  » (§ 12 et 13)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (6)

6e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Images-12« Mais nous entendons concentrer spécialement notre attention sur un autre genre d'attentats, concernant la vie naissante et la vie à ses derniers instants, qui présentent des caractéristiques nouvelles par rapport au passé et qui soulèvent des problèmes d'une particulière gravité: par le fait qu'ils tendent à perdre, dans la conscience collective, leur caractère de « crime » et à prendre paradoxalement celui de « droit », au point que l'on prétend à une véritable et réelle reconnaissance légale de la part de l'Etat et, par suite, à leur mise en œuvre grâce à l'intervention gratuite des personnels de santé eux-mêmes. Ces attentats frappent la vie humaine dans des situations de très grande précarité, lorsqu'elle est privée de toute capacité de défense. Encore plus grave est le fait qu'ils sont, pour une large part, réalisés précisément à l'intérieur et par l'action de la famille qui, de par sa constitution, est au contraire appelée à être « sanctuaire de la vie ».

Comment a-t-on pu en arriver à une telle situation? Il faut prendre en considération de multiples facteurs. A l'arrière-plan, il y a une crise profonde de la culture qui engendre le scepticisme sur les fondements mêmes du savoir et de l'éthique, et qui rend toujours plus difficile la perception claire du sens de l'homme, de ses droits et de ses devoirs. A cela s'ajoutent les difficultés existentielles et relationnelles les plus diverses, accentuées par la réalité d'une société complexe dans laquelle les personnes, les couples et les familles restent souvent seuls face à leurs problèmes. Il existe même des situations critiques de pauvreté, d'angoisse ou d'exacerbation, dans lesquelles l'effort harassant pour survivre, la souffrance à la limite du supportable, les violences subies, spécialement celles qui atteignent les femmes, rendent exigeants, parfois jusqu'à l'héroïsme, les choix en faveur de la défense et de la promotion de la vie.

Tout cela explique, au moins en partie, que la valeur de la vie puisse connaître aujourd'hui une sorte d'« éclipse », bien que la conscience ne cesse pas de la présenter comme sacrée et intangible; on le constate par le fait même que l'on tend à couvrir certaines fautes contre la vie naissante ou à ses derniers instants par des expressions empruntées au vocabulaire de la santé, qui détournent le regard du fait qu'est en jeu le droit à l'existence d'une personne humaine concrète.» ( §11)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (5)

5e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Images-11« Peu avant la célébration du centenaire de l'Encyclique Rerum novarum, j'attirais l'attention de tous sur cette singulière analogie: « De même qu'il y a un siècle, c'était la classe ouvrière qui était opprimée dans ses droits fondamentaux, et que l'Eglise prit sa défense avec un grand courage, en proclamant les droits sacro-saints de la personne du travailleur, de même, à présent, alors qu'une autre catégorie de personnes est opprimée dans son droit fondamental à la vie, l'Eglise sent qu'elle doit, avec un égal courage, donner une voix à celui qui n'a pas de voix. Elle reprend toujours le cri évangélique de la défense des pauvres du monde, de ceux qui sont menacés, méprisés et à qui l'on dénie les droits humains ».

Il y a aujourd'hui une multitude d'êtres humains faibles et sans défense qui sont bafoués dans leur droit fondamental à la vie, comme le sont, en particulier, les enfants encore à naître. Si l'Eglise, à la fin du siècle dernier, n'avait pas le droit de se taire face aux injustices qui existaient alors, elle peut encore moins se taire aujourd'hui, quand, aux injustices sociales du passé qui ne sont malheureusement pas encore surmontées, s'ajoutent en de si nombreuses parties du monde des injustices et des phénomènes d'oppression même plus graves, parfois présentés comme des éléments de progrès en vue de l'organisation d'un nouvel ordre mondial.

La présente encyclique, fruit de la collaboration de l'épiscopat de tous les pays du monde, veut donc être une réaffirmation précise et ferme de la valeur de la vie humaine et de son inviolabilité, et, en même temps, un appel passionné adressé à tous et à chacun, au nom de Dieu: respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine! C'est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur!

Puissent ces paroles parvenir à tous les fils et à toutes les filles de l'Eglise! Puissent-elles parvenir à toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses du bien de chaque homme et de chaque femme ainsi que du destin de la société entière! » (§5)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (4)

4e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Images-10« Malheureusement, ce panorama inquiétant, loin de se rétrécir, va plutôt en s'élargissant: avec les nouvelles perspectives ouvertes par le progrès scientifique et technique, on voit naître de nouvelles formes d'attentats à la dignité de l'être humain. En même temps, se dessine et se met en place une nouvelle situation culturelle qui donne aux crimes contre la vie un aspect inédit et — si cela se peut — encore plus injuste, ce qui suscite d'autres graves préoccupations: de larges couches de l'opinion publique justifient certains crimes contre la vie au nom des droits de la liberté individuelle, et, à partir de ce présupposé, elles prétendent avoir non seulement l'impunité, mais même l'autorisation de la part de l'Etat, afin de les pratiquer dans une liberté absolue et, plus encore, avec l'intervention gratuite des services de santé.

Tout cela provoque un profond changement dans la façon de considérer la vie et les relations entre les hommes. Le fait que les législations de nombreux pays, s'éloignant le cas échéant des principes mêmes qui fondent leurs Constitutions, aient accepté de ne pas punir ou, plus encore, de reconnaître la légitimité totale de ces pratiques contre la vie est tout à la fois un symptôme préoccupant et une cause non négligeable d'un grave effondrement moral: des choix considérés jadis par tous comme criminels et refusés par le sens moral commun deviennent peu à peu socialement respectables. La médecine elle-même, qui a pour vocation de défendre et de soigner la vie humaine, se prête toujours plus largement dans certains secteurs à la réalisation de ces actes contre la personne; ce faisant, elle défigure son visage, se met en contradiction avec elle-même et blesse la dignité de ceux qui l'exercent. Dans un tel contexte culturel et légal, même les graves problèmes démographiques, sociaux ou familiaux, qui pèsent sur de nombreux peuples du monde et qui exigent une attention responsable et active des communautés nationales et internationales, risquent d'être résolus de manière fausse et illusoire, en contradiction avec la vérité et avec le bien des personnes et des nations.

Le résultat auquel on parvient est dramatique: s'il est particulièrement grave et inquiétant de voir le phénomène de l'élimination de tant de vies humaines naissantes ou sur le chemin de leur déclin, il n'est pas moins grave et inquiétant que la conscience elle-même, comme obscurcie par d'aussi profonds conditionnements, ait toujours plus de difficulté à percevoir la distinction entre le bien et le mal sur les points qui concernent la valeur fondamentale de la vie humaine. » (§4)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (3)

3e extrait de l'encyclique Evangelium Vitae :

Images-9«  Aujourd'hui, cette annonce devient particulièrement urgente en raison de la multiplication et de l'aggravation impressionnantes des menaces contre la vie des personnes et des peuples, surtout quand cette vie est faible et sans défense. Aux fléaux anciens et douloureux de la misère, de la faim, des maladies endémiques, de la violence et des guerres, il s'en ajoute d'autres, dont les modalités sont nouvelles et les dimensions inquiétantes.

Dans une page d'une dramatique actualité, le Concile Vatican II a déploré avec force les multiples crimes et attentats contre la vie humaine. Trente ans plus tard, faisant miennes les paroles de l'assemblée conciliaire, je déplore ces maux encore une fois et avec la même force au nom de l'Eglise tout entière, certain d'être l'interprète du sentiment authentique de toute conscience droite: « Tout ce qui s'oppose à la vie elle-même, comme toute espèce d'homicide, le génocide, l'avortement, l'euthanasie et même le suicide délibéré; tout ce qui constitue une violation de l'intégrité de la personne humaine, comme les mutilations, la torture physique ou morale, les tentatives de contraintes psychiques; tout ce qui est offense à la dignité de l'homme, comme les conditions de vie infra-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l'esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard pour leur personnalité libre et responsable: toutes ces pratiques et d'autres analogues sont, en vérité, infâmes. Tandis qu'elles corrompent la civilisation, elles déshonorent ceux qui s'y livrent plus encore que ceux qui les subis- sent, et elles insultent gravement à l'honneur du Créateur ». (§3)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (2)

Nouvel extrait de l'encyclique Evangelium vitae de Jean-Paul II, parue en 1995.

« L'Eglise sait que cet Evangile de la vie, qui lui a été remis par son Seigneur, trouve un écho profond et convaincant dans le cœur de chaque personne, croyante et même non croyante, parce que, tout en dépassant infiniment ses attentes, il y correspond de manière surprenante. Malgré les difficultés et les incertitudes, tout homme sincèrement ouvert à la vérité et au bien peut, avec la lumière de la raison et sans oublier le travail secret de la grâce, arriver à reconnaître, dans la loi naturelle inscrite dans les cœurs (cf. Rm 2, 14-15), la valeur sacrée de la vie humaine depuis son commencement jusqu'à son terme; et il peut affirmer le droit de tout être humain à voir intégralement respecter ce bien qui est pour lui primordial. La convivialité humaine et la communauté politique elle-même se fondent sur la reconnaissance de ce droit.

La défense et la mise en valeur de ce droit doivent être, de manière particulière, l'œuvre de ceux qui croient au Christ, conscients de la merveilleuse vérité rappelée par le Concile Vatican II: « Par son Incarnation, le Fils de Dieu s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme ». Dans cet événement de salut, en effet, l'humanité reçoit non seulement la révélation de l'amour infini de Dieu qui « a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16), mais aussi celle de la valeur incomparable de toute personne humaine.

Et, scrutant assidûment le mystère de la Rédemption, l'Eglise reçoit cette valeur avec un étonnement toujours renouvelé 3 et elle se sent appelée à annoncer aux hommes de tous les temps cet « évangile », source d'une espérance invincible et d'une joie véritable pour chaque époque de l'histoire. L'Evangile de l'amour de Dieu pour l'homme, l'Évangile de la dignité de la personne et l'Evangile de la vie sont un Evangile unique et indivisible.

C'est pourquoi l'homme, l'homme vivant, constitue la route première et fondamentale de l'Eglise. » (§2)


Avortement : ce qu'Isabelle de Gaulmyn aurait dû (re)lire (1)

C'est bien entendu l'encyclique Evangelium vitae de saint Jean-Paul II (1995). Nous vous proposons de la revisiter durant quelques jours par la diffusion de quelques extraits. En voici le premier.

Images-8« L'Evangile de la vie se trouve au cœur du message de Jésus. Reçu chaque jour par l'Eglise avec amour, il doit être annoncé avec courage et fidélité comme une bonne nouvelle pour les hommes de toute époque et de toute culture.

A l'aube du salut, il y a la naissance d'un enfant, proclamée comme une joyeuse nouvelle: « Je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple: aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la cité de David » (Lc 2, 10-11). Assurément, la naissance du Sauveur a libéré cette « grande joie », mais, à Noël, le sens plénier de toute naissance humaine se trouve également révélé, et la joie messianique apparaît ainsi comme le fondement et l'accomplissement de la joie qui accompagne la naissance de tout enfant (cf. Jn 16, 21).

Exprimant ce qui est au cœur de sa mission rédemptrice, Jésus dit: « Je suis venu pour qu'ils aient la vie et qu'ils l'aient en abondance » (Jn 10, 10). En vérité, il veut parler de la vie « nouvelle » et « éternelle » qui est la communion avec le Père, à laquelle tout homme est appelé par grâce dans le Fils, par l'action de l'Esprit sanctificateur. C'est précisément dans cette « vie » que les aspects et les moments de la vie de l'homme acquièrent tous leur pleine signification.

L'homme est appelé à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de son existence sur terre, puisqu'elle est la participation à la vie même de Dieu.

La profondeur de cette vocation surnaturelle révèle la grandeur et le prix de la vie humaine, même dans sa phase temporelle. En effet, la vie dans le temps est une condition fondamentale, un moment initial et une partie intégrante du développement entier et unitaire de l'existence humaine. Ce développement de la vie, de manière inattendue et imméritée, est éclairé par la promesse de la vie divine et renouvelé par le don de cette vie divine; il atteindra son plein accomplissement dans l'éternité (cf. 1 Jn 3, 1-2). En même temps, cette vocation surnaturelle souligne le caractère relatif de la vie terrestre de l'homme et de la femme. En vérité, celle-ci est une réalité qui n'est pas « dernière », mais « avant-dernière »; c'est de toute façon une réalité sacrée qui nous est confiée pour que nous la gardions de manière responsable et que nous la portions à sa perfection dans l'amour et dans le don de nous-mêmes à Dieu et à nos frères. » § 1 et 2)


50 ans d'Humanae Vitae, 50 ans de contestations

Capture d’écran 2018-06-01 à 15.18.08Dans son numéro de juin, La Nef revient sur l'encyclique Humanae Vitae, dont nous fêtons le 50e anniversaire. Encyclique fortement contestée, encore aujourd'hui, même au sein de l'Eglise, il s'agit pourtant d'un enseignement du magistère qui ne peut être remise en cause, comme le souligne le saint pape Jean-Paul II 20 ans plus tard :

Capture d’écran 2018-06-01 à 15.17.44 Capture d’écran 2018-06-01 à 15.17.59
Et Thibaud Collin montre que nos débats actuels sur la bioéthique sont issus de la même mentalité que celle qui a amenée l'avènement de la pilule contraceptive :

"[...] À partir du moment où l’on dissocie artificiellement les deux significations de l’acte conjugal, la signification unitive (communion des époux) et la signification procréative, la sexualité peut être considérée dans la seule dimension de la jouissance et de la relation interpersonnelle. Mais alors, la procréation peut être de même pensée indépendamment de l’union conjugale, même si elle est choisie par le couple et réalisée à l’intérieur du couple (sans don de gamètes). La « PMA pour toutes » est donc virtuellement contenue dans la logique des lois de 1994 sur la PMA réservée aux couples homme/femme. L’Église a perçu très tôt la logique immanente à ce processus; elle l’a manifestée en 1987 dans un texte de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, Donum vitae, en s’appuyant justement sur Humane vitae. En effet, la logique d’une argumentation et ses conséquences prévisibles se perçoivent à partir des principes énoncés. Dès 1968, l’Église avait anticipé les racines anthropologiques de la révolution procréatique et son caractère intrinsèquement contraire à la dignité des époux et de l’enfant à naître. [...]

Il faut également comprendre que la légitimation contemporaine de l’homosexualité, dont la loi Taubira est à la fois la consécration et la clef de voûte, est la conséquence directe de cette même mentalité contraceptive. En effet, puisque l’acte contraceptif vient séparer les deux significations de l’acte conjugal, la sexualité peut être perçue et vécue dans ses seules dimensions jouissive et relationnelle (au sens où l’acte sexuel est chargé d’exprimer l’amour réduit à une passion et non plus saisi comme un don de soi interpersonnel lui-même fécond). Il apparaît alors évident que la relation sexuelle entre deux hommes ou entre deux femmes peut assumer ces deux dernières dimensions. La mentalité contraceptive a donc opéré un basculement anthropologique majeur puisqu’elle a, de fait, créé une nouvelle conception de la sexualité, conception dans laquelle la différence des sexes devient facultative. D’où le fait qu’aujourd’hui, avec l’introduction massive dans le vocabulaire du concept d’hétérosexualité (chargé de créer une impression de symétrie), voire de bisexualité, la sexualité apparaît comme un domaine en lui-même neutre qui peut ensuite se vivre selon des modalités diverses mais toutes aussi respectables les unes que les autres. Et celui qui refuse d’obtempérer au nouvel ordre sexuel est rapidement accusé d’homophobie.

Humanae vitae est donc plus que jamais un texte fondamental pour penser les défis contemporains. Ceux qui s’opposent à la « PMA pour toutes » tout en acceptant la PMA pour couples hétérosexuels et la contraception sont fondamentalement incohérents. Or ce qui est incohérent ne tient pas sur le long terme. [...]"


Révélation et Tradition

LauzunDans La révélation chrétienne ou l’éternité dans le temps: La foi peut-elle évoluer ?, Pierre de Lauzun nous offre une profonde réflexion sur le lien intrinsèque entre les Saintes Ecritures et la Tradition. La Révélation divine a fait irruption dans le temps, donc des événements datés avec un avant et un après, en un mot une Histoire. Mais Dieu est éternel, hors du temps. L’idée de révélation peut donc paraître paradoxale. Par ailleurs, cette révélation est à la fois un message et un appel à relation avec un Être qui nous dépasse infiniment. Message qui est a priori conditionné par son lieu et son époque d’émergence, donc situé dans le temps – et cependant porteur d’une vérité absolue et intemporelle, laquelle doit nous parler là où nous sommes, et nous conduire hors du temps. Autre paradoxe ? Ce livre entend résoudre ces deux paradoxes et répondre à la question centrale : la foi peut-elle évoluer ?

Pierre de Lauzun aborde la question de la lecture et l'interprétation des Ecritures, le rôle du Magistère et de la Tradition, la vérité historique et doctrinale de la Révélation chrétienne ainsi que son développement au cours du temps. Sur la Tradition, concept rejeté depuis le protestantisme jusqu'au modernisme contemporain, il écrit : 

"La Révélation ne se limite en aucun cas aux Ecritures. Une particularité essentielle du christianisme (notamment catholique) est ce rôle reconnu à la Tradition. On l'a vu, les Ecritures chrétiennes ne sont pas un texte tombé du ciel tel quel, mais le fruit et l'accompagnement d'une histoire sainte qui est celle d'une communauté croyante, à l'écoute de Dieu, communauté qui vit et se transmet une vie de foi, par la parole, la direction des âmes et l'enseignement. Une fois la Révélation faite, et les Ecritures rédigées, leur écoute ultérieure reste insérée dans cette même communauté - qui depuis le Christ est l'Eglise. La Tradition est dans son sens large la transmission même de la foi dans la communauté.  Ce qui inclut entre autres ce processus par lequel, avec la foi, l'Eglise transmet non seulement ces Ecritures ainsi que la manière de les lire et de les vivre, mais aussi l'enseignement et l'exemple des pasteurs et notamment des apôtres, et plus largement l'explicitation des éléments de la vie commune de foi. Ce faisant elle confirme et prolonge leur historicité essentielle ; non comme phénomène élaboré par l'histoire, mais comme fait objectif émergé dans l'histoire."


La vérité exprimée dans Humanæ vitæ ne change pas

Mgr Athanasius Schneider me fait parvenir la lettre pastorale publiée par la conférence épiscopale du Kazakhstan à l'occasion du 50e anniversaire d'Humanae vitae, pour en marquer l'actualité et rappeler la vérité. C'est très volontiers que j'en reproduis ci-dessous le texte intégral :

Lettre pastorale à l'occasion du 50ème anniversaire de l’encyclique Humanæ vitæ  

Unknown-18Loué soit Jésus Christ ! Chers frères et sœurs en Christ ! L’année en cours est marquée par l'événement mémorable du 50ème anniversaire de l´encyclique Humanae vitae, avec laquelle le Bienheureux Paul VI a confirmé la doctrine du Magistère constant de l´Église au sujet de la transmission de la vie humaine. Les Évêques et les Ordinaires du Kazakhstan veulent saisir l’occasion propice pour honorer la mémoire et la pérenne importance de cette encyclique.

Pendant la dernière réunion de tous nos prêtres et sœurs religieuses à Almaty il y eut des débats approfondis sur le thème de la préparation des jeunes au sacrement du mariage. Il a été proposé de transmettre aux jeunes les vérités les plus importantes du Magistère de l´Église concernant le mariage chrétien et la sainteté de la vie humaine dès le moment de sa conception.

Nous proclamons avec la voix du Magistère de l´Église - comme nous pouvons la percevoir dans l’encyclique Humanæ vitæ et dans les documents des autres Pontifes Romains - les vérités exigeantes suivantes du “doux joug et du fardeau léger” (Mt 11, 30) du Christ :

  • “L'Église, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie” (Paul VI, Encyclique Humanae vitae, 11).
  • Est pareillement absolument à exclure, comme le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme. Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation. Et on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grandil n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien, c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux. C'est donc une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde” (Paul VI, Encyclique Humanae Vitae, 14). 
  • Lorsque, par la contraception, les époux privent l’exercice de leur sexualité conjugale de sa capacité potentielle procréative, ils s´attribuent un pouvoir qui n´appartient qu´à Dieu : le pouvoir de décider en dernière instance la venue à l’existence d´une personne humaine. Ils s´attribuent la qualité de n´être pas les coopérateurs de la puissance créatrice de Dieu, mais d´être des personnes qui disposent, en définitive, de la source de la vie humaine. Dans cette perspective, il faut considérer la contraception, objectivement, si profondément illicite, qu´elle ne puisse jamais et par aucune raison être justifiée. Penser ou affirmer le contraire, équivaut à estimer qu´il peut y avoir des situations de la vie humaine, où il serait licite de ne pas reconnaître Dieu comme Dieu” (Jean-Paul II, Discours aux participants au séminaire d´études sur la procréation responsable, 17 septembre 1983).
  • “De nombreuses personnes pensent que l’enseignement chrétien, quoique vrai, serait cependant impossible à mettre en œuvre, au moins dans certaines circonstances. Comme la tradition de l’Église l’a constamment enseigné, Dieu ne commande pas l’impossible, mais tout commandement comporte aussi un don de grâce qui aide la liberté humaine à l’accomplir. Mais sont cependant nécessaires la prière constante, le recours fréquent aux sacrements et l’exercice de la chasteté conjugale. […] Aujourd’hui plus qu’hier, l’homme recommence à ressentir le besoin de vérité et de raison droite dans son expérience quotidienne. Soyez toujours prêts à dire, sans ambiguïté, la vérité sur le bien et le mal concernant l’homme et la famille” (Jean-Paul II, Discours aux participants au séminaire d’études sur la procréation responsable, 5 juin 1987).
  • “La Lettre encyclique Humanæ vitæ élaborée à la lumière d'une décision difficile, constitue un geste significatif de courage en réaffirmant la continuité de la doctrine et de la tradition de l'Église. […] Cet enseignement manifeste non seulement sa vérité de façon immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. […] Ce qui était vrai hier, reste également vrai aujourd'hui. La vérité exprimée dans Humanæ vitæ ne change pas ; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel et incite à réfléchir sur la valeur intrinsèque qu'il possède.” (Benoît XVI, Discours aux participants au Congrès International, organisé à l'occasion du 40 anniversaire de l’encyclique Humanæ vitæ, 10 mai 2008). 
  • “L’Encyclique Humanæ vitæ est inspirée par l'enseignement biblique et évangélique intangible, qui conforte les prescriptions de la loi naturelle et les impératifs — que nul ne peut supprimer — de la conscience concernant le respect de la vie, dont la transmission est confiée à la paternité et à la maternité responsables, ce document est devenu aujourd'hui d'une actualité nouvelle et plus urgente à cause des atteintes portées par des législations publiques à la sainteté indissoluble du lien matrimonial et au respect intangible dû à la vie humaine dès le sein maternel. […] Face aux dangers que nous avons précisés, comme devant les douloureuses défections de caractère ecclésial ou social, nous nous sentons poussé, comme l'apôtre Pierre, à aller vers Lui, comme l'unique salut, et à lui crier : ‘Seigneur, à qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle’ (Jn6, 68). Lui seul est la vérité. Lui seul est notre force, Lui seul est notre salut” (Paul VI, Homélie, 29 juin 1978). 

Toute l´histoire humaine a donnée des preuves suffisantes du fait qu´un vrai progrès de la société dépend en grande partie des familles nombreuses. Cela vaut d´autant plus pour la vie de l'Église. Le pape François nous rappelle cette vérité : “Voir tant de familles nombreuses qui accueillent les enfants comme un véritable don de Dieu apporte réconfort et espérance. Ils savent que chaque enfant est une bénédiction” (Audience générale, 21 janvier 2015).

Que les paroles suivantes de saint Jean-Paul II, pape de la famille, soient lumière, force, consolation et joyeux courage pour les couples catholiques et pour les jeunes hommes et femmes qui se préparent à la vie du mariage et de la famille catholique.

“Nous avons une confirmation singulière du fait que le chemin de sainteté accompli ensemble, comme couple, est possible, beau, extraordinairement fécond et qu'il est fondamental pour le bien de la famille, de l'Église et de la société. Cela nous invite à invoquer le Seigneur, pour que soient toujours plus nombreux les couples d'époux en mesure de faire transparaître, dans la sainteté de leur vie, le ‘grand mystère’ de l'amour conjugal, qui tire son origine de la création et qui s'accomplit dans l'union du Christ avec l'Église (cf. Ep 5, 22-23). Comme tout chemin de sanctification, le vôtre n'est pas facile non plus. Nous savons que de nombreuses familles cèdent au découragement dans ces cas. Je pense, en particulier, à ceux qui vivent le drame de la séparation ; je pense à ceux qui doivent affronter la maladie et à ceux qui souffrent de la disparition prématurée de leur conjoint ou d'un enfant. Dans ces situations, on peut également apporter un grand témoignage de fidélité dans l'amour, rendu encore plus significatif par la purification à travers le passage dans le creuset de la douleur. Très chers époux, ne vous laissez jamais vaincre par le découragement : la grâce du sacrement vous soutient et vous aide à élever sans cesse les bras vers le ciel comme Moïse, dont nous a parlé la première Lecture (cf. Ex 17, 11-12). L'Église est proche de vous et vous aide par sa prière, en particulier dans les moments difficiles. Dans le même temps, je demande à toutes les familles de soutenir à leur tour les bras de l'Eglise, afin qu'elle ne vienne jamais à manquer à sa mission d'intercéder, de consoler, de guider et d'encourager” (Jean Paul II, Homélie pour la béatification des serviteurs de Dieu Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, 21 octobre 2001).

“Que la Vierge Marie, qui est Mère de l'Eglise, soit également la Mère de ‘l'Église domestique’ ! Que grâce à son aide maternelle, toute famille chrétienne puisse devenir vraiment une ‘petite Eglise’ dans laquelle se reflète et revive le mystère de l'Église du Christ ! Elle qui est la Servante du Seigneur, qu'elle soit l'exemple de l'accueil humble et généreux de la volonté de Dieu ! Elle qui fut la Mère douloureuse au pied de la croix, qu'elle soit là pour alléger les souffrances et essuyer les larmes de ceux qui sont affligés par les difficultés de leurs familles ! Et que le Christ Seigneur, Roi de l'univers, Roi des familles, soit présent, comme à Cana, dans tout foyer chrétien pour lui communiquer lumière, joie, sérénité, force” (Jean Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio, 86). 

Astana, 13 mai 2018, mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie de Fátima

Vos Évêques et Ordinaires: 

  • + José Luis Mumbiela Sierra, évêque du diocèse de la Très Saint Trinité en Almaty et Président de la Conférence des Évêques Catholiques du Kazakhstan
  • + Tomash Peta, archevêque métropolitain de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana
  • + Adelio Dell’Oro, évêque de Karaganda
  • + Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l´archidiocèse de Sainte Marie en Astana
  • Très Révérend Abbé Dariusz Buras, Administrateur Apostolique de Atyrau
  • Très Révérend archiprêtre mitré Vasyl Hovera, Délégué de la Congrégation pour les Églises Orientaux pour les fidèles gréco-catholiques de Kazakhstan et Asie Centrale

Ne mettons pas notre confiance dans l'humain

Cet ouvrage posthume de l'abbé Louis Pelletier (1960-2015), prêtre du diocèse de Paris, est destiné à noua aider à parvenir à la maturité spirituelle, dans notre temps d’immédiateté, de superficialité, de sentimentalisme, afin de vivre la plénitude de notre être donnée par le Christ. Nous avions interrogé ici l'auteur de la préface. Nourri des Ecritures et de la Tradition, l'abbé Pelletier évoque le péché originel, la Rédemption, le liberté que nous donne Notre-Seigneur, la communion de l'Eglise et la Vierge Marie. Extraits choisis :

Pelletier"L'Eglise est sainte parce qu'elle est l'épouse du Christ, mais elle est imparfaite parce qu'elle renferme des pécheurs en son sein. Nous avons besoin de poser un regard de foi pour nous laisser rejoindre et toucher par le Christ à travers les signes et les instruments qu'il a choisis. L'Eglise est "celle qui appartient au Seigneur". Elle demeure son instrument malgré ses imperfections. La maturité consiste à dépendre de l'Eglise en ne voyant que Jésus, en ne dépendant que de Lui seul. "Maudit l'homme qui se confie en l'humain" (Jr 17,). Ne cherchons pas un appui humain dans l'Eglise. Ne mettons pas notre confiance dans l'humain. Laissons Jésus se servir de qui il veut, quand il veut, en mettant notre confiance en lui seul. Nous éviterons de tomber dans des dépendances aliénantes, des attachements malsains."

"Réprimander son frère, c'est lui offrir la possibilité de se convertir, alors "si tu ne parles pas pour avertir le méchant d'abandonner sa conduite mauvaise afin qu'i livre, le méchant, lui, mourra de sa faute..." (Ez 3,18). Une des difficultés de notre époque est qu'"au lieu de la sévérité avec laquelle on s'efforce de corriger les consciences erronées, on prône un tel respect de la conscience qu'il supprime le devoir de dire la vérité" [Jean-Paul II Reconciliatio et paenitentia]


En recevant le sacrement de l’Ordre, le prêtre devient le Christ Lui-même

Extrait de l'homélie du cardinal Robert Sarah, prononcée de la messe d’ordination sacerdotale du Père Benoît du Sacré Cœur des Chanoines de la Mère de Dieu de l’Abbaye Notre-Dame de Lagrasse, le samedi 21 avril :

Dbuaedoxcaiu_yz-2"[...] « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde », nous dit Notre-Seigneur Jésus Christ dans l’Evangile de ce jour, au cœur de ce temps pascal. Chaque baptisé ici présent est envoyé en mission dans un monde qui, par orgueil et indifférence, s’éloigne de plus en plus de Dieu, un monde « sécularisé », où Dieu est exclu et absent. Mais un monde sans Dieu est un monde de ténèbres, d’obscurité, de confusion et de perversion ; un monde sans Dieu est un monde sans lumière, même si nos métropoles sont continuellement illuminées de multiples lumières artificielles. Depuis le jour de notre baptême, nous, chrétiens et disciples du Christ, nous sommes appelés à devenir des lumières. Effectivement, les premiers théologiens, appelés Pères de l’Eglise, comparaient Jésus au Soleil, origine de la lumière, et nous les hommes, nous les chrétiens, à la lune, qui brille, certes, mais seulement de la lumière reçue du soleil. Le Christ est le Soleil, source de Vie et de Lumière. Notre mission, comme chrétiens, est de refléter la lumière que nous recevons du Christ afin qu’elle éclaire tous les recoins de la société humaine et toutes les nations du monde. C’est exactement ainsi que l’ont compris les premiers chrétiens. Saint Paul s’adresse aux chrétiens de Philippes en les appelant « les enfants de Dieu sans tache au sein d’une génération dévoyée et pervertie, d’un monde où vous brillez comme des foyers de lumière ». Si nous voulons savoir ce dont le monde a besoin aujourd’hui aussi, comme toujours, alors tournons notre regard vers les premiers chrétiens ! Ils furent appelés « chrétiens », parce qu’ils confessaient le Christ en répandant la lumière de sa doctrine et s’efforçaient d’apporter aux hommes la chaleur de son Amour. Etre chrétien signifiait pour eux appartenir totalement au Christ, mener une vie nouvelle. Les premiers chrétiens étaient prêts, par fidélité au Christ, à donner leur vie et à mourir pour que brille la lumière de l’Evangile et que la présence du Christ soit plus rayonnante et plus tangible. Or, qui mieux que le prêtre peut manifester la présence de Dieu au milieu d’une société minée par une complète indifférence à l’égard de la question de Dieu et qui, comme le dit saint Paul « se laisse emporter à tout vent de doctrine »  et « court derrière une foule de maîtres pour calmer sa démangeaison d’entendre du nouveau » ? Posons-nous cette question très simple : qu’est-ce qu’un prêtre ?

La Bible présente le prêtre comme l’homme de la Parole de Dieu : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit ». « Nous sommes donc en ambassade pour le Christ ; c’est comme si Dieu exhortait par nous ». Mais que devons-nous donc enseigner ? Eh bien, uniquement la Parole de Dieu et l’enseignement doctrinal, moral et la discipline de l’Eglise, la vérité sur Dieu, sur le Christ et sur l’homme. Le prêtre est largement présenté comme l’homme du Pardon : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis, ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus ». Le prêtre est également présenté comme l’ami intime du Christ : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs… mais je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître ». Et, enfin, le prêtre est l’homme de l’Eucharistie : « Faites ceci en mémoire de moi ». Le prêtre est surtout l’homme de l’Eucharistie. [...]

C’est pourquoi un prêtre, c’est « voir Jésus dans un homme ». Et le saint curé d’Ars précise : « Si on avait la foi, on verrait Dieu à travers le prêtre comme une lumière derrière un verre, comme le vin mêlé à l’eau… »… Si on avait la foi… L’ordination sacerdotale de Frère Benoît du Sacré-Cœur doit nous inciter à regarder le prêtre avec les yeux de la foi, puisqu’en recevant le sacrement de l’Ordre, notre Frère devient plus qu’un « alter Christus » ; en effet, configuré au Christ, Tête du Corps mystique qu’est l’Eglise, le prêtre est vraiment « ipse Christus », le Christ lui-même. Saint Jean-Marie Vianney ne disait-il pas à son sujet : « Le prêtre est un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu », mais il ajoutait aussitôt : « Combien est triste un prêtre qui célèbre la Messe comme un fait ordinaire ! Combien s’égare un prêtre qui n’a pas de vie intérieure ! » ? Oui, la Messe quotidienne doit irriguer la vie de prière de chaque prêtre… tel est le fondement de la vie sacerdotale. La prière, l’oraison, l’office divin, le face à face quotidien avec Dieu constituent le cœur de toute vie sacerdotale. Le prêtre est essentiellement un homme de prière, un homme qui se tient constamment devant Dieu.

En tant que chanoine, c’est dans le chœur de cette abbatiale que Frère Benoît du Sacré-Cœur est appelé à prier la Liturgie des Heures : celle-ci scande la journée du religieux et du prêtre : elle est la prière d’adoration et de supplication de l’Eglise, car, comme le dit la Constitution sur la sainte Liturgie Sacrosanctum Concilium du Concile Vatican II, « L’Office Divin est vraiment la prière du Christ que celui-ci, avec son Corps mystique, présente au Père ». Pour s’acquitter quotidiennement et intégralement de l’Office Divin, il faut du courage, de la fidélité et de la persévérance dans l’Amour, il faut donc avoir dans son âme un grand désir de voir Dieu face à face, ce désir dont témoignait humblement Frère Vincent Marie de la Résurrection : je ne cesse de méditer sur cette vive flamme d’Amour sans parole qui transparaissait dans l’attitude d’offrande de ce religieux, à la fois si vaillant et si humble, au cœur de son épreuve indicible. Oui, il faut au prêtre beaucoup de luttes silencieuses, de renoncements et de sacrifices pour se détacher du monde et de ses préoccupations en vue de se donner totalement et absolument à Dieu, car il doit sans cesse combattre la superficialité ou l’activisme effréné et mondain qui tend à bannir Dieu de notre vie de consacré. Saint Anselme, que nous fêtons aujourd’hui, peut nous aider à ne pas succomber à ce genre de tentations : « Allons, courage, pauvre homme ! », nous dit-il, « Fuis un peu tes occupations, dérobe toi un moment au tumulte de tes pensées. Rejette maintenant les lourds soucis et laisse de côté tes tracas. Donne un petit instant à Dieu et repose-toi un peu en lui. Entre dans la chambre de ton esprit, bannis-en tout sauf Dieu ou ce qui peut t’aider à le chercher. Ferme ta porte et mets-toi à sa recherche. A présent, parle, mon cœur, ouvre-toi tout entier et dis à Dieu : ˝Je cherche ton Visage ; c’est ton Visage, Seigneur, que je cherche˝ ». Ainsi, dans ses charges écrasantes d’abbé du Bec, puis de primat de l’Eglise d’Angleterre, saint Anselme considérait que la prière devait irriguer toute sa vie : ses contemporains attestent que l’aube le retrouvait fréquemment à genoux devant la sainte Présence. Un jour, à l’abbaye du Bec, le Frère zélateur, dont la charge est de réveiller les moines pour le chants des Matines, aperçut dans la stalle du chapitre, une vive lumière : c’était le saint abbé, environné d’une auréole de feu. De même, je suis certain que les Chanoines de la Mère de Dieu, qui chantent les Psaumes chaque jour dans cette magnifique abbatiale, connaissent bien cette exclamation du père de la restauration de la vie monastique, Dom Prosper Guéranger : « Comment être froid quand on chante des choses pareilles ! ».

C’est donc par cet esprit marqué par le don de soi et la ferveur que le prêtre doit prier l’Office Divin, qui le prépare  à la célébration de la sainte Messe et la prolonge, car celle-ci est la source et l’aboutissement de toute vie sacerdotale. L’expression de Notre-Seigneur Jésus-Christ, présente dans l’Evangile de ce jour, qui s’adresse à tout baptisé, et plus particulièrement aux prêtres : « soyez le sel de la terre et la lumière du monde » doit être comprise, non pas comme une simple incitation à diffuser une un message ou une opinion parmi d’autres, qui demeurerait extérieure à celui qui proclame la Bonne Nouvelle de l’Evangile, mais comme le dit l’épître de ce jour, il s’agit de l’offrande d’une vie, de notre vie, qui « supporte la souffrance, réalise un travail d’évangélisateur et accomplit jusqu’au bout un ministère », en l’occurrence le ministère sacerdotal, qui est essentiellement centré sur la célébration quotidienne de l’Eucharistie. Vous voyez comment c’est exigeant d’être prêtre !  Mais, chers Frères et Sœurs dans le Christ, même si vous n’êtes pas prêtres, il est aussi grave et aussi exigeant de prendre part à la célébration de l’Eucharistie,  de manger le Corps et le Sang de l’Agneau immolé, de manger cette chair livrée, de boire ce sang versé. Cet acte est d’autant plus grave qu’il nous engage à prendre, avec le Christ, le Chemin de cet Amour inconditionnel, le Chemin de cet amour de Dieu donné jusqu’à l’extrême, c’est-à-dire le don de nous-mêmes jusqu’à la mort, mais une mort qui mène à la Vie éternelle, à la vie avec Dieu dans l’éternité. [...]"