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JMJ = Journées de la Médiocrité des Journalistes ?

C'est ce que pense un journaliste de Témoignage Chrétien, qui écrit sur son blog :

"En préférant les protestataires ou jeunes, une certaine presse est passé à côté du rassemblement madrilène. [...] On ne parlera pas ici de la presse catholique très mobilisée - 6 reporters pour La Croix  - et qui a fait son travail. Leurs collègues de la presse non-religieuse ont globalement failli. Journaux, radios, télés et agences (exemple avec l'AFP) ont relayé de manière surréaliste les manifestations d'opposants à la venue du pape. Comment peut-on braquer ses caméras sur une souris lorsqu'on fait face à une horde d'éléphants ? Les raisons sont plurielles.

1-L'incompétence

Dans nombre de rédactions, aucun journaliste n'est spécialisé dans le fait religieux. Personne ne prépare, personne ne se forme et, à l'arrivée, personne ne comprend le phénomène social, complexe certes, mais majeur du religieux. [...] Du coup, les rédactions se sont contentées des dépêches de l'AFP, écrites par le journaliste de service, qui ne fait pas toujours la différence entre une mitre et un képi. [...] Et quand un grain de sable fait grincer l'organisation, les rédacteurs en chef flairent l'aubaine. Voici comment la manif de laïcs, apparemment facile à comprendre, passe de l'encadré de bas de page au titre principal. Et dans les flash radios, il n'est plus question que des slogans antipapes. Au final, le lecteur-auditeur n'est pas plus avancé sur les motivations spirituelles des JMJistes.

2-L'attrait du neuf

Les JMJ sont devenues dans le jargon professionnel un « marronnier ». Organisé tous les deux ans, ce genre d’événement tant à devenir routinier. [...] Aussi, l'idée de voir des foules (pourtant considérables) autour du pape a pu paraître à certains comme un non-événement, du déjà-vu. [...] Des pancartes « Non au pape » ont réveillé l'attrait du scandale et permis de « traiter le sujet »... en passant à côté. [...]

3-La mauvaise foi

Brocarder le pape est un sport très pratiqué dans les rédactions. Quoi qu'il dise ou fasse [...], il est de bon ton de critiquer Benoît XVI, chef d'une tribu hautement ringarde. On peut comprendre que l’exégèse des encycliques soit un genre un peu ardu à l'heure du roi twitter. Mais sur la question du financement de la fête madrilène, il y avait mieux à faire que de relayer – sans enquêter – les propos des opposants. [...] 

En d'autres temps, nous aurions développé dans un tel exposé un joli chapitre sur l'incompétence légendaire de l’Église catholique à communiquer auprès des médias. On ne fournira pas ici cette excuse à l'indigence journalistique. Car le bureau de presse mis en place par l’Église de France était bien en place, avant et pendant les JMJ, sur internet comme à Madrid, pour aider les reporters à raconter ce qui se passait et non les à-côtés. Des efforts mal récompensés. [...] Bien sûr, les médias ici en cause ont peu apprécié ces critiques. Invité par Europe 1 lundi 22 juin  (2) pour évoquer la « paranoïa des cathos », le blogueur Koz a pu apprécier, à ses dépens, l'agressivité d'interlocuteurs dont la bêtise n'avait d'égal que l'incompétence. Ne pas laisser parler plus de deux phrases le dépositaire d'une idée n'est, hélas, plus l'apanage des talk-show télévisés de Ruquier et compagnie..."


Le scoop...

Lu dans Minute :

V "Il n’était question, au début des Journées mondiales de la jeunesse, que des opposants à la venue du pape, «indignés», paraît-il, par le coût du rassemblement des jeunes catholiques. Un coût surprenant, au fait ; car les pays qui accueillent les Jeux olympiques ou la Coupe du monde de football en espèrent toujours de substantielles retombées économiques, alors que ces événements les contraignent à réaliser de coûteux travaux d’infrastructures. Et Madrid, sans travaux, n’aurait tiré aucun bénéfice de la venue d’un million et demi de jeunes ? Sous le prétexte financier, les vraies raisons de l’opposition étaient évidemment idéologiques : les 4 000 gugusses qui manifestaient contre la venue du pape à l’appel de 140 associations (soit 28 militants par assoce : un triomphe !) se recrutaient parmi les militants anticléricaux, laïcistes ou homosexuels. Les méthodes de la gauche sont partout les mêmes : elle dispose d’une kyrielle de coquilles vides, qui ont l’avantage de donner l’illusion du nombre, de ratisser un maximum de subventions (puisqu’on parle d’argent public…) et de bénéficier de nombreux relais dans la presse, notamment en France, ce qui explique que l’on ait davantage parlé, au début des JMJ, de cette poignée de pékins vindicatifs que du million de jeunes catholiques qui, selon de nombreux té moignages, communiquaient leur enthousiasme et leur joie à la capitale espagnole.

Au reste, l’aplomb de mes confrères lorsqu’ils traitent de religion m’étonne davantage encore que leur inculture. Le journaliste Renaud Bernard, qui tirait la conclusion des Journées mondiales de la jeunesse à Madrid dimanche soir au journal télévisé de France 2, mentionnait ainsi une « annonce historique » [...] montrant que l’Eglise s’ouvre désormais à la modernité : «L’avortement peut désormais être pardonné, pour peu qu’il soit confessé.» Pour un scoop, c’est un scoop ! Il aura juste mis 2000 ans à parvenir aux journalistes de France 2… S’il avait eu la curiosité d’ouvrir les Evangiles, Renaud Bernard y aurait trouvé l’exemple du bon larron – le « voleur de paradis » comme l’appelait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus – qui se repentit de ses fautes sur la croix et auquel le Christ promit qu’il entrerait le jour même au paradis. Un adage chrétien résume très bien la foi de l’Eglise : « A tout péché miséricorde »."


Chiffres officiels du coût des JMJ

J Les chiffres sont publiés par L’Osservatore Romano : coût de 50.482.621 euro, couverts uniquement par les jeunes, les diocèses, et les 165 sponsors. Les dépenses ont été couvertes à 70 % par les pèlerins, et à hauteur de 30 %, par les dons : aucune contribution n’est arrivée du gouvernement espagnol ou des administrations locales.

  • 31, 5 millions d’euros ont été apportés par les inscriptions
  • 16, 5 millions par les sponsors
  • 2, 4 millions par des dons privés.

Côté dépenses :

  • 12, 2 millions ont été affectés à l’organisation des principaux événements, (Plaza Cibeles, aéroport de Cuatro Vientos)
  • 5, 5 millions couvrent les dépenses générales de secrétariat et d’accueil des pèlerins
  • 4, 7 millions pour les mochillas, les sacs à dos
  • 7, 2 millions d’euros ont été affectés aux infrastructures
  • 4, 2 millions d’euros aux programmes culturels et au guide du pèlerin
  • 1, 2 million pour la sécurité et quasi 4 millions pour les « volontaires ».
  • 2.500 euros ont été affectés aux interventions sanitaires.

Les « tickets restaurant » ont enregistré des « rentrées impensables au mois d’août, généralement un mois “mort” ». On estime à plus de 100 millions d’euros les bénéfices pour les commerçants et restaurateurs, soit un montant 4 fois supérieur à ceux réalisés en 2010 pour la même période. Avec la TVA, l'Etat espagnol n'est pas en reste.


Quand la presse espagnole loue les JMJ

Lu ici :

"LatinReporters traduit ci-dessous l'éditorial publié le 22 août par El Mundo. L'éditorial est d'autant plus significatif que ce quotidien, le plus influent d'Espagne après El Pais, défend un libéralisme de centre droit souvent éloigné des positions de l'Église, notamment en matière d'avortement et de mariage entre homosexuels, deux dossiers qui ne cessent d'opposer l'Espagne socialiste au Vatican.

"Un grand succès pour l'Église et pour l'Espagne"

(El Mundo, éditorial du 22 août 2011; traduction : LatinReporters)

Un succès complet. Ainsi faut-il qualifier ces Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) clôturées hier [dimanche 21 août] à Madrid. Le monde a vu avec étonnement la vitalité de l'Église catholique, capable de réunir un million et demi de jeunes de toutes les nationalités. Ceux qui espéraient qu'à la mort de Jean-Paul II se dissolve une ferveur qualifiée de culte de la personnalité se sont trompés et, ainsi, un vieux prêtre [Benoît XVI] sans le charisme de son prédécesseur a surpassé tous les records antérieurs. Un succès que personnifie le cardinal Rouco Varela [archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale espagnole], promoteur de la venue des Journées dans la capitale et tête de l'organisation en tant que responsable du diocèse dans lequel elles ont été célébrées.

En outre Madrid - la marque Espagne - sort renforcée de ces journées. C'était une tâche titanesque de procurer logement, nourriture et transport aux centaines de milliers de pèlerins qui se sont rassemblés dans la capitale et l'effort s'est soldé par un résultat brillant grâce à l'impeccable collaboration civile et ecclésiastique. 

Les faits ont démontré l'absurdité de l'opposition au financement avec les deniers publics des infrastructures ou de la sécurité et la stupidité des critiques aux remises octroyées aux pèlerins dans les transports publics. En paraphrasant l'Évangile, si on nous le permet, l'Espagne a reçu le "cent pour un" de son investissement. Personne ne doute, par exemple, que les belles images de la tombée du jour sur le boulevard de la Castellana orné de pasos emblématiques de la Semaine sainte supposent une grande publicité touristique aux yeux des amants de l'art. 

Il y aura, pour l'Église espagnole, un avant et un après des JMJ. Les jeunes catholiques qui ont acclamé Benoît XVI l'ont entendu parler d'un engagement de vie, de fidélité au couple, d'embrasser la souffrance. L'homélie d'hier a résumé ses messages : la fête, c'est très bien, a-t-il dit, mais maintenant le "fondamental" est d'aller à la messe le dimanche, de se confesser et de communier. Un défi qu'il a posé avec une exigence sans palliatifs à la jeunesse croyante, dont une partie seulement en tiendra compte. Mais le pape a aussi parlé de tolérance, d'éducation ou de recherche de la vérité et de la paix, valeurs qui doivent être acceptées par tout citoyen, croyant ou non, et qui contribuent à améliorer la société. 

Il faut aussi souligner le bon ton qui a prévalu entre le gouvernement et l'Église. Ne s'agissant pas d'une visite d'État, mais d'un événement pastoral de caractère global, Benoît XVI a été doublement prudent dans le traitement des sujets les plus épineux et, pour sa part, l'exécutif s'est comporté de manière exquise, tant dans l'organisation que dans les détails protocolaires. 

Le fil des jours a dilué l'atmosphère de confrontation que certains milieux du militantisme laïque avaient stimulée artificiellement. Durant ces journées, les confessionnaux ont rempli le parc du Retiro, des centaines de messes ont été célébrées dans des centres sportifs municipaux et des milliers de crucifix et de chapelets ont empli les collèges publics. Mais l'Espagne n'en est pas moins laïque qu'il y a une semaine. Cette expérience nous porte à une réflexion : l'État est aconfessionnel et le gouvernement ne doit pas légiférer en suivant une quelconque morale religieuse, mais il doit aussi être conscient qu'on ne peut pas mépriser les sentiments d'une partie importante de la population. C'est un enseignement que laissent ces Journées : la collaboration loyale entre l'Église catholique et l'État - qui représente une société aux racines chrétiennes - doit être la règle et non une exception provoquée par un événement de cette grandeur.

Et c'est une ironie que le président du gouvernement [José Luis Rodriguez Zapatero]qui a le plus légiféré contre la morale catholique et qui semblait résolu à éradiquer les signes religieux de la société clôturera sa carrière politique peu après la plus grande manifestation du catholicisme que l'Espagne ait vécu".


"Jean-Paul II a écrit la mélodie ; Benoît XVI est en train d’écrire les paroles"

M On se souvient de cette critique perfide des médias à l'égard des jeunes qui participent aux JMJ : "Ils aiment le chanteur mais pas la chanson"... Dans Minute de demain, Christophe Mahieu déclare :

"Le quotidien espagnol « El Pais » a bien exprimé les choses en écrivant, c’était un titre : « Jean-Paul II a écrit la mélodie ; Benoît XVI est en train d’écrire les paroles ». Je me souviens des JMJ parisiennes, en 1997 : il y avait indéniablement un côté « fiesta ». Je n’ai pas retrouvé cela du tout à Madrid cette année. On pourrait dire que Benoît XVI a « traditionalisé » les JMJ."

Et il déclare aussi :

"Je voudrais insister sur le fait qu’en Espagne, cette visite a un impact que l’on n’imagine pas en France. La télévision a retransmis en boucle les cérémonies. Sur les 4 900 journalistes présents, près de la moitié étaient espagnols. Il faut signaler aussi la prestation du cardinal Rouco, archevêque de Madrid, admirable de présence et de prestance et revendiquant l’identité catholique de l’Espagne sur la Place des Cibeles devant 500 000 personnes, en accueillant le pape. L’Espagne est en crise, plus encore que la France, comme le montre la dé mission annoncée du premier ministre Zapatero. Ces journées ont ré sonné dans ce pays comme un acte de foi collectif."


La vraie fraternité, elle est dans l'Eglise

L'abbé de Tanoüarn, resté à Paris, indique comment il a perçu les JMJ :

"Chaque détail venait renforcer le précédent pour donner l'impression d'une Eglise qui, depuis Vatican II et ses mille "expériences" stériles, a cette fois enfin trouver le ton. Elle s'adresse aux jeunes sans complexe par la bouche d'un vieux pape de 84 ans. Elle s'adresse au monde sans balancer, en assumant toute sa tradition, en particulier sa tradition liturgique (le latin est à l'honneur, des chants que l'on entendait plus résonnent de nouveau pour les jeunes : Ave verum. Christus vincit. Tantum ergo) et sa tradition culturelle : chef d'oeuvre des quatorze stations du Chemin de croix, réalisées d'après les canons de l'art espagnol traditionnel. [...]

Les 13èmes JMJ ont réussi la quadrature du cercle, d'être intégralement traditionnelles (par le silence liturgique, la recherche esthétique : la custode de arfé etc.) et aussi "absolument modernes" dans le culte de l'image, la simplicité du message et le sens d'une communauté à 2 millions de personnes, qui ne versent jamais dans les communautarismes rivalitaires. Là-bas, chacun se sent de plain pied avec tous. Je songe à une métaphore politique : les JMJ, c'est une sorte d'immense fête catholique de la Fédération, où chacun se sent citoyen de l'Eglise et où nul n'est de trop dans l'Eglise come disait Benoît XVI aux évêques français en 2009 à Lourdes. Si l'on cherche une image vraie de la Fraternité dans le monde, ce n'est pas du côté des "printemps arabes" qu'on la trouvera, mais sous le soleil de Madrid.

"Aimez la fraternité !" (I Petr. 2, 17) nous demandait l'apôtre Pierre. L'Eglise catholique retrouve ses valeurs au moment où elle se sent le plus authentiquement "universelle", au-dessus des partis. Les jeunes vont chercher à Madrid cette fraternité, qui fait que l'on se sent de plain pied avec la première personne que l'on croise, parce qu'on "en" est. J'ai connu cela personnellement dans les cafés romains le jour des obsèques de Jean Paul II.

[...] Et puis, pourquoi ne vous le dirais-je pas, à vous qui êtes des amis, à travers ce Métablog, je suis fier de Georges, ce nouveau baptisé, dont je vous ai parlé il y a huit jours. Avant de rentrer en Algérie, son pays, il a pu parler dans une église de Madrid à 2000 jeunes qui étaient présents et leur dire combien trop souvent les musulmans qui veulent devenir chrétiens se sentent mal accueillis... dans l'Eglise. Il a eu droit à une "standing ovation" de cinq minutes (montre en main) et l'évêque présent de lui dire : "Je crois que c'est la meilleure réponse que nous pouvions faire à votre douloureuse interrogation"."


Le bonheur des jeunes aux JMJ vs les grincheux

Jean-Marie Guénois est visiblement retourné par les JMJ :

"Si une Taxe sur le Bonheur Ajouté, la TBA, sorte de TVA du bien-être existait, l'Eglise catholique devrait, cette semaine, payer une sacrée facture ! Il faut avoir entendu des témoignages de jeunes revenus des JMJ pour réaliser que cette immense « affaire » n'est pas seulement une question religieuse mais qu'elle a une vraie utilité sociale. Fort heureusement le bonheur ne se mesure pas, ni se n'évalue. Il se perçoit. A Madrid, il était palpable, objectif, indéniable. [...] Et pour revenir - une dernière fois je vous rassure, et conclure sur les JMJ de Madrid - nous avons été objectivement témoins de scènes de bonheur collectif. Peut-être sans lendemain mais improvisées, très spontanées donc sans manipulation. En tout cas personne n'a voulu « faire » le bonheur des jeunes présents. Ils étaient d'ailleurs assez grands pour être heureux par eux-mêmes.

Une seconde remarque : je respecte les motivations des jeunes manifestants opposants de Madrid mais je suis effaré de la place qu'ils ont pris. De retour à Paris, j'ai souvent plus entendu parler de ces manifestations, surtout chez ceux qui avaient suivi de loin les JMJ. Or, sur place, il a été question de 1000 jeunes opposants et ils ont étrangement réussi à faire presque autant de bruit médiatique que 1 500 000 jeunes !

Je trouve leur argumentation contre les JMJ d'une faiblesse insigne. Ils ont critiqué le coût des JMJ. Il est pourtant avéré que les 50 millions d'euros ont été couverts par la participation des pèlerins et par le sponsoring. Ces critiques se distinguant par leur honnêteté intellectuelle refusent, évidemment, de prendre en compte le chiffre d'affaire supplémentaire occasionné par la présence des centaines de milliers de jeunes à Madrid et par l'ensemble du mouvement des JMJ. On parle ces jours-ci de plus de 150 millions d'euros de bénéfices pour la ville et ses commerçants, sans parler de l'excellente image véhiculée pour Madrid.

D'autres ont osé accuser le Pape de « nazi » parce qu'il ne pense pas comme eux sur les questions morales. Cette accusation de fascisme ne passe pas la rampe. Une telle intolérance se retourne contre celui qui la prononce. Il est regrettable, dans le monde laïc - qui fait pourtant profession d'intelligence et d'ouverture - ou libertaire, de voir son incapacité à sortir de ses a priori pour juger un événement dès lors qu'il est organisé par l'Eglise catholique. Le Pape et ses jeunes troupes sont forcément conservateurs, rétrogrades, dépassés, dangereux. [...] Autrement dit : je me demande ce que « font » concrètement les champions de la fraternité et de la solidarité pour développer ces notions alors qu'ils critiquent vertement les « cathos » quand ils prennent des initiatives et des responsabilités lourdes pour cultiver ces notions chez les jeunes ? De ce point de vue - formation à la fraternité, à la solidarité, à la tolérance et l'antiracisme - les JMJ ont été exemplaires. Qui en fait autant ? Dommages que peu soient assez libres pour le reconnaître et l'exprimer. Et que trop restent aveugles devant « bonheur ajouté » de cet événement chez ceux qui l'ont vécu et dont ils rayonnent à leur retour."


JMJ : des milliers de jeunes n'ont pas pu entrer à Cuatro Vientos

Nouvelles de France raconte :

V "Il faut le dire, bien que certains se plaisent à dépeindre l’Eglise catholique comme une institution poussiéreuse et vieillissante, personne, personne à part elle ne réunit autant de jeunes en un même lieu. Samedi soir, le nombre de pèlerins était si impressionnant que plusieurs milliers d’entre eux ne pouvaient même plus se rendre à l’aérodrome où se déroulaient les cérémonies. Bloqués par deux rangées de grillage, nombreux sont ceux qui cherchaient, envers et contre tout, à les franchir, malgré la fermeté des policiers espagnols. On notera pour l’anecdote que les Français se sont montrés fort habiles pour tromper la vigilance des policiers et des « volontaires ». Plusieurs d’entre eux ont réussi à se faufiler en faisant des trous dans le grillage ou en passant par-dessus, sous le regard médusés des « volontaires » espagnols qui s’exclamaient « ¿ Que pasa ? ».


Le directeur de la rédaction de Famille Chrétienne retient 2 moments des JMJ


Bilan des JMJ de Madrid par Aymeric Pourbaix par KTOTV

  • La procession de la statue de la Vierge Marie dans les rues madrilènes, vendredi soir après le chemin de croix. Outre la piété marquante des personnes présentes, Aymeric Pourbaix y voit « une démonstration de force de l’Église espagnole à la veille d’élections législatives capitales pour l’avenir de l’Espagne ».
  • L’affirmation du style de Benoît XVI, emprunt de prière et d’intériorité : confession, consécration de la jeunesse au Sacré-Coeur, adoration du Saint-Sacrement.

Même pas peur !

"N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité !"

BENOIT XVI, JMJ 2011

50.000 Français à Madrid... 1.000.000 sur cette page, et pourquoi pas dès maintenant?


Benoît XVI emporte l’adhésion de la presse espagnole

...dixit La Croix :

"El Mundo [...] juge aussi que la ville de Madrid, et au-delà, la réputation de l’Espagne, sortent grandies de l’événement. Paraphrasant l’Evangile, l’éditorialiste estime que l’Espagne a reçu « le centuple » de ce qu’elle a investi dans l’organisation des JMJ.

Sur trois petites pages, El Pais adopte un ton sociologique et distancé pour livrer le récit de la veillée sur le site de Cuatro Vientos et de la messe de clôture [...]

« Merci, Saint Père ! », s’enthousiasme La Razon , le quotidien catholique. Il voit dans les pèlerin des « apôtres du XXIe siècle » [...].

Les JMJ qui viennent de s’achever « laisseront des traces » en Espagne, estime le quotidien ABC, qui consacre près de 40 pages à l’événement, avec de très nombreuses photographies retraçant les moments forts du séjour madrilène de Benoît XVI. [...]"


L'Espagne peut progresser sans renoncer à son âme catholique

A l'aéroport, Benoît XVI a salué ainsi les autorités espagnoles :

"Majesté, le Pape s’est senti bien en Espagne ! Les jeunes participants de ces Journées mondiales de la Jeunesse, ont été eux-aussi très bien accueillis par tant de villes et de localités espagnoles qu’ils ont pu visiter avant de participer à ces Journées. [...] L’Espagne est une grande nation qui, dans un vivre ensemble sain, ouvert, pluriel et respectueux, sait et peut progresser sans renoncer à son âme profondément religieuse et catholique. Cela a été manifesté une nouvelle fois ces jours-ci en démontrant sa capacité technique et humaine dans une entreprise de haute transcendance et de grand avenir, comme l’est celle de faciliter à la jeunesse son enracinement dans le Christ-Jésus, le Sauveur. [...]

Je laisse l’Espagne très content et je vous remercie tous. Surtout Dieu, Notre Seigneur, qui m’a permis de célébrer ces journées si pleines de grâce et d’émotion, si chargées de dynamisme et d’espérance. Oui, la fête de la foi que nous avons partagée, nous permet de regarder en avant avec beaucoup de confiance dans la Providence qui guide l’Église à travers les méandres de l’histoire ! C’est pourquoi elle reste jeune et garde sa vitalité, même en affrontant des situations ardues. C’est là l’œuvre du Saint-Esprit qui rend présent Jésus-Christ dans les cœurs des jeunes de chaque époque, et leur montre ainsi la grandeur de la vocation divine de tout être humain. Nous avons pu expérimenter aussi comment la grâce du Christ fait tomber les murs et dépasser les frontières que le péché a fait s’élever entre les peuples et les générations, pour faire de tous les hommes une seule famille qui se reconnaît unie dans l’unique Père commun, et qui cultive par son travail et par son respect tout ce qu’Il nous a donné dans la création."


"Aimer c’est servir, et le service accroît l’amour"

Avant de partir hier, le Pape a rencontré les volontaires, auxquels il a dit :

"Beaucoup d’entre vous ont dû renoncer à participer directement aux cérémonies, occupés qu’ils étaient aux autres tâches de l’organisation. Cependant, cette renonciation a été un beau moyen évangélique de participer aux Journées : celui du dévouement aux autres dont parle Jésus. Dans un certain sens, vous avez rendu réelles les paroles du Seigneur : « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). J’ai la certitude que cette expérience comme volontaires vous a tous enrichis dans votre vie chrétienne, qui est fondamentalement un service d’amour. Le Seigneur transformera votre fatigue accumulée, les préoccupations et l’accablement de tant de moments, en fruits de vertus chrétiennes : patience, douceur, joie à se donner aux autres, disponibilité pour accomplir la volonté de Dieu. Aimer c’est servir, et le service accroît l’amour. Je pense que c’est un des plus beaux fruits de votre contribution aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Mais cette récolte, vous ne la recueillerez pas vous seulement, mais l’Eglise toute entière qui, comme mystère de communion, s’enrichit de l’apport de chacun de ses membres."


Où Benoît XVI cache-t-il son arme fatale ?

C'est la question que pose Jean-Marie Guénois :

"Comment ce pape a-médiatique de 84 ans s'y prend-t-il pour séduire l'actuelle génération des 18-30 ans comme il vient de le faire à Madrid au terme des ces JMJ où il a été acclamé comme jamais par près de deux millions de jeunes venus de 193 pays ? Ce ne sont pas ses discours, souvent très clairs, mais lus sur un ton monocorde. Ce n'est pas son sourire, celui de Jean-Paul II attirait davantage. Sans doute la réponse est plus à chercher du côté de son attitude. Et pourquoi pas, sans référence déplacée à Pie XII, à son silence...

Oui, à son silence ! Et l'incident de samedi soir, la tempête qui a gâché ce qui devait être le grand soir des JMJ, en donne un indice. Non seulement détrempé mais aussi rendu muet car la sono a cessé pendant de longues minutes, Benoît XVI s'est trouvé dans la situation d'un face à face, avec une foule immense, sans autre moyen, de communiquer que sa présence silencieuse et sereine. Le plus amusant est que cet été, ce pasteur avait à plusieurs reprises, dressé l'éloge du « silence intérieure ». Il y était revenu juste avant de quitter Rome, mercredi dernier, alors que les rues de Madrid résonnaient de la joie très bruyante des jmjistes.

Joli paradoxe. Peut-être y a-t-il une relation entre le silence intérieur de cet homme qui parle finalement assez peu et le bruit intérieur de cette génération qui donne l'impression d'être saturée ? A l'image d'une boite e-mail trop pleine qui vous envoie des messages de limites de capacité mais qui reçoit, chaque heure qui passe, des dizaines et des dizaines de messages. [...]"


JMJ : l'Espagne a gagné 160 millions d'euros

C'est le chiffre dévoilé par le président de la  Chambre de commerce de Madrid et de la Confédération des entrepreneurs de Madrid, Arturo Fernandez. Ce bénéfice tient compte des retombées sur les revenus des hôtels, des transports, des commerces madrilènes.

La vente de 3 millions de tickets de repas aux pèlerins a engendré 22,5 millions d'euros de bénéfices. A quoi s'ajoutent les restaurants qui n'avaient pas signé d'accord avec l'organisation des JMJ. Si le secteur des « Loisirs nocturnes » n'a pas enregistré de revenus supplémentaires, les cafés et les théâtres ont attiré les pèlerins. Le taux d'occupation des hôtels, habituellement de 40 % à cette période de fin août, atteignait les 70 % pendant la durée des JMJ.

Les cathophobes qui dénonçaient le "coût" de la visite du Pape vont-ils formuler des excuses ?


Consécration des jeunes au Sacré-Cœur de Jésus : la prière en français

Une lectrice nous a traduit la prière de consécration au sacré-Coeur, prononcée hier soir par le Saint-Père :

S "Seigneur Jésus-Christ, Frère, Ami et Rédempteur de l’Homme, Regarde avec amour les jeunes réunis ici et ouvre pour eux la source éternelle de ta miséricorde qui coule de ton Cœur ouvert sur la Croix. Dociles à ton appel, ils sont venus pour être avec toi et t’adorer. Dans une ardente prière, je les consacre à ton Cœur, afin que, enracinés et édifiés chacun en toi, ils soient toujours tiens, dans la vie et dans la mort. Qu’ils ne se séparent jamais de toi ! Accorde leur un cœur semblable au tiens, doux et humble, pour qu’ils écoutent toujours ta voix et tes commandements, accomplissent ta volonté et soient au milieu du monde une louange à ta gloire. Qu’ainsi les hommes contemplant leurs œuvres, rendent gloire au Père, qui vit avec toi, heureux à jamais, dans l’unité du Saint Esprit, pour les siècles des siècles. Amen."


N’ayez pas peur d’être catholiques sans complexes !

Salutation en français après l'angélus :

"Chers jeunes de langue française, le Christ vous demande aujourd’hui d’être enracinés en Lui et de bâtir avec Lui votre vie sur le roc qu’il est Lui-même. Il vous envoie pour être des témoins courageux et sans complexes, authentiques et crédibles ! N’ayez pas peur d’être catholiques, d’en témoigner toujours autour de vous avec simplicité et sincérité ! Que l’Église trouve en vous et en votre jeunesse les missionnaires joyeux de la Bonne Nouvelle !    


2013 : JMJ à Rio de Janeiro

Rendez-vous est pris dans 2 ans (car en 2014, il y aurait téléscopage avec la Coupe du monde de football...).

Pour Francisco Xavier Lopez Velasquez, chef de la police espagnole et de la Guardia Nacional :

"Je n'ai jamais vu accueillir une personne avec cette joie, avec cette affection. Il est beaucoup plus facile de rassembler les gens en les convoquant pour une manifestation, parce qu'ils sont en colère. Il est plus difficile de les appeler à une fête pour remercier quelqu'un"

C'est succès sur tous les plans. Mais qui en doutait ? Lu dans Il Giornale :

"la confirmation officielle d'une victoire sans précédent. Le gouvernement espagnol a demandé l'aide du Vatican pour clore le chapitre de l'ETA, les terroristes basques qui font toujours peur. Cette blessure de l'Espagne saigne encore. Le Vatican pourrait encourager un processus de réconciliation dans le cadre de la trêve déclarée par les séparatistes de l'ETA. Il y a cinq ans, une telle requête aurait été impensable. La demande d'un message pastoral de réconciliation de la part de l'Eglise basque pour guérir "les blessures graves" que le terrorisme a infligées à la société basque est une demande courageuse de la part du gouvernement, mais aussi une importante reconnaissance de la part d'un gouvernement qui s'est toujours proclamé laïque.

Pendant des années, l'Eglise a dû parer les coups qui venaient du gouvernement laïque de Zapatero. Mais le triomphe de ce qui serait devenu clair au fil du temps, on a pu le pressentir au moment où le pape avait été accueilli à l'aéroport - à la surprise générale - par Zapatero. Une poignée de main et une promesse de se rencontrer le lendemain, à la nonciature de Madrid. En privé, pour parler du pays qui boite, de la crise des jeunes qui protestent dans les rues. Zapatero s'est fait conseiller. Sa volte-face n'a pas plu aux plus radicaux de son camp. L'Espagne a tourné la page, elle le fait en se réconciliant avec les vieux principes. Hier, le pape a rencontré le chef du Parti populaire, Mariano Rajoy, le favori des élections à venir. Et de nombreux analystes ont interprété cet événement privé de dix minutes comme un pari sur le parti populaire. [...]

Et le succès de Ratzinger tient entièrement dans sa simplicité de maître. Les jeunes de la rue ont appris à l'aimer sans faire des comparaisons avec Wojtyla. Il est le pape théologien et intellectuel, mais pas éloigné ou distant. "Oui, nous sommes la jeunesse du pape, nous sommes la génération Ratzinger" criaient des jeunes du monde entier.
C'est vrai, il n'y a ni regrets, ni comparaisons ni nostalgie par rapport à Jean Paul II.
"


On ne peut pas suivre Jésus en solitaire, sans l'Eglise

Large extrait de l'homélie du Saint-Père :

H  "Dans l’Évangile que nous avons écouté (cf. Mt16, 13-20), il y a comme deux manières distinctes de connaître le Christ qui nous sont présentées. La première consiste dans une connaissance externe caractérisée par l’opinion commune. À la demande de Jésus : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? », les disciples répondent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste, pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». C'est-à-dire qu’on considère le Christ comme un personnage religieux supplémentaire qui s’ajoute à ceux connus. S’adressant ensuite personnellement aux disciples, Jésus leur demande : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre répond avec des paroles qui sont la première profession de foi : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » La foi va au-delà des simples données empiriques ou historiques ; elle est la capacité de saisir le mystère de la personne du Christ dans sa profondeur.

Mais, la foi n’est pas le fruit de l’effort de l’homme, de sa raison, mais elle est un don de Dieu : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux ». Elle a son origine dans l’initiative de Dieu, qui nous dévoile son intimité et nous invite à participer à sa vie divine même. La foi ne fournit pas seulement des informations sur l’identité du Christ, mais elle suppose une relation personnelle avec Lui, l’adhésion de toute la personne, avec son intelligence, sa volonté et ses sentiments, à la manifestation que Dieu fait de lui-même. Ainsi, la demande de Jésus : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? », pousse en fin de compte les disciples à prendre une décision personnelle par rapport à Lui. La foi et la suite (sequala) du Christ sont étroitement liées.

Et, comme elle suppose suivre le Maître, la foi doit se consolider et croître, devenir profonde et mûre, à mesure qu’elle s’intensifie et que se fortifie la relation avec Jésus, l’intimité avec Lui. Même Pierre et les autres apôtres ont eu à avancer sur cette voie, jusqu’à ce que leur rencontre avec le Seigneur ressuscité leur ouvre les yeux sur une foi plénière.

Chers jeunes, aujourd’hui, le Christ vous pose également la même demande qu’il a faite aux apôtres : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Répondez-lui avec générosité et courage comme il convient à un cœur jeune tel que le vôtre. Dites-lui : Jésus, je sais que tu es le Fils de Dieu, que tu as donné ta vie pour moi. Je veux te suivre avec fidélité et me laisser guider par ta parole. Tu me connais et tu m’aimes. J’ai confiance en toi et je remets ma vie entre tes mains. Je veux que tu sois la force qui me soutienne, la joie qui ne me quitte jamais. Dans sa réponse à la confession de Pierre, Jésus parle de l’Église : « Et moi, je te déclare : ‘Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église’ ». Que signifie cela ? Jésus bâtit l’Église sur le rocher de la foi de Pierre qui confesse la divinité du Christ. Oui ! L’Église n’est pas une simple institution humaine, comme n’importe quelle autre, bien plus elle est étroitement unie à Dieu. Le Christ lui-même se réfère à elle comme « son » Église. On ne peut pas séparer le Christ de l’Église, comme on ne peut pas séparer la tête du corps (cf. 1Co 12, 12). L’Église ne vit pas par elle-même, mais elle vit par le Seigneur. Il est présent au milieu d’elle, et lui donne vie, aliment et force.

Chers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous inviter à renforcer cette foi qui nous a été transmise depuis les Apôtres, à mettre le Christ, le Fils de Dieu, au centre de votre vie. Mais permettez-moi aussi de vous rappeler que suivre Jésus dans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésus en solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foi selon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamais rencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui.

Avoir la foi, c’est s’appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d’appui pour celle des autres. Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi, vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pour la croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l’importance de votre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l’importance de la participation à l’Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrement du pardon, et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu. De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner la foi dans les milieux les plus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence. On ne peut pas rencontrer le Christ et ne pas le faire connaître aux autres. Ne gardez donc pas le Christ pour vous-mêmes. Transmettez aux autres la joie de votre foi. Le monde a besoin du témoignage de votre foi, il a certainement besoin de Dieu. Je pense que votre présence ici, jeunes venus des cinq continents, est une merveilleuse preuve de la fécondité du mandat de Jésus donné à l’Église : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Mc 16, 15). À vous aussi incombe le devoir extraordinaire d’être des disciples et des missionnaires du Christ dans d’autres terres et pays où se trouve une multitude de jeunes qui aspirent à de très grandes choses et qui, découvrant dans leurs cœurs la possibilité de valeurs plus authentiques, ne se laissent pas séduire par les fausses promesses d’un style de vie sans Dieu."


Messe pontificale des JMJ à Madrid

A suivre en direct sur KTO (France 2 ne retransmettra la messe qu'à partir de 10h30, elle ne sera donc pas en direct sur la chaine publique).

Devant près de 2 millions de personnes, Benoît XVI célèbre le messe de clôture des JMJ. Hier, on a compté 50 hospitalisations sur 1,5 millions de personnes. Le rapport est faible. Le roi et la reine d'Espagne sont venus assister à la messe. Hier, c'était le prince Philippe et la princesse Laetitia qui représentaient la famille royale.

Suite à la tempête d'hier soir, l'organisation a annoncé qu'il n'y aurait pas assez d'hosties pour tout le monde. Certains pèlerins devront se passer de communion.

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J44La foule chante le Gloria.

J45Les jeunes suivent la lecture.

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J48Evangile.

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JMJ : Veillée sous l'orage - la jeunesse consacrée au Sacré-Coeur

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La veillée des Journées mondiales de la jeunesse a été subitement interrompue, à 21h35, par une pluie diluvienne d'orage obligeant Benoît XVI à interrompre son discours qu'il avait à peine commencé. Abrité sous plusieurs parapluies blancs, il a attendu patiemment, serein, le sourire aux lèvres, que les éléments se calment. Le bas de sa soutane était complètement trempé, les organisateurs épongeant l'eau à ses pieds. Il a longuement parlementé sous l'œil des caméras avec son entourage pour savoir s'il devait continuer ou pas.

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Pendant ce temps la foule battait des mains, chantait, alors qu'elle était très recueillie depuis le début de la cérémonie. 

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A un moment, le pape a récupéré son texte, mais c'était le micro qui ne marchait plus, lui laissant un large sourire.

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Enfin, vingt minutes après le début de l'incident, le son est revenu et le vent s'est calmé. Le pape a pu reprendre son discours.

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Puis, nouveau coup de théâtre, le pape a dû se lever et quitter la scène alors que des pompiers, sont apparus pour vérifier la stabilité des installations du grand podium. Il est réapparu, habillé de ses vêtements liturgiques pour présider la deuxième partie de la soirée dédiée à une adoration eucharistique.

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Le temps s'est calmé, la foule aussi, plongeant dans la nuit et la prière silencieuse. Le pape a longuement prié à genoux devant le Saint Sacrement. Puis, toujours dans le silence impressionnant de la foule, il a consacré la jeunesse au Sacré-Coeur.

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Le lieu est comble, comme l'indique l'organisation :

"Il semble que l'organisation de Cuatro Vientos ne permette pas à des personnes supplémentaires d'accéder à l'enceinte. Nous sommes absolument désolés, mais il n'est plus possible de participer à la veillée. Par contre, vous pourrez suivre la Sainte Messe demain, à partir de 9h30, sur les écrans géants du stade Vicente Calderón. Merci de votre compréhension!"

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Revoir la veillée : KTO.


"La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre"

Extrait du discours de Benoît XVI avant la veillée de prière, lors de sa visite à la Fondation St Joseph :

"Ce soir, avant la Veillée de prière avec les jeunes venus du monde entier à Madrid pour participer à ces Journées Mondiales de la Jeunesse, nous avons l’occasion de passer ensemble quelques moments et de pouvoir ainsi vous manifester la proximité et l’appréciation du Pape pour chacun d’entre vous, pour vos familles et pour toutes les personnes qui vous accompagnent et qui ont soin de cette Fondation de l’Institut San José.

La jeunesse, nous l’avons rappelé en d’autres occasions, est l’âge où la vie se dévoile dans la personne avec toute la richesse et la plénitude de ses capacités, poussant à rechercher les buts les plus élevés qui lui donnent sens. C’est pourquoi lorsque dans une vie jeune apparaît la douleur, nous demeurons déconcertés et nous nous demandons peut-être : la vie peut-elle continuer à être grande quand la souffrance y fait irruption ? À cet égard dans mon encyclique sur l’espérance chrétienne, j’ai écrit : « La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. (…) Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine. » (Spes salvi, 38). Ces paroles reflètent une longue tradition de l’humanité qui découle de l’offrande que le Christ fait de lui-même sur la croix pour nous et pour notre rédemption. Jésus et, sur ses pas, sa Mère – Notre Dame des Douleurs – et les saints sont les témoins qui nous montrent comment vivre le drame de la souffrance pour notre bien et pour le salut du monde.

Ces témoins nous parlent surtout de la dignité de chaque vie humaine créée à l’image de Dieu. Aucune affliction n’est capable d’effacer cette empreinte divine gravée au plus profond de l’homme. Bien plus, depuis que le Fils de Dieu a désiré librement embrasser la douleur et la mort, l’image de Dieu nous offre aussi le visage de celui qui les a supportées. Cette prédilection particulière du Seigneur pour qui souffre, nous fait voir l’autre avec des yeux purs pour lui donner, en plus des choses extérieures nécessaires, le regard de l’amour dont il a besoin. Il n’est possible de réaliser ceci que comme le fruit d’une rencontre personnelle avec le Christ. Soyez très conscients de cela vous les religieux, les parents, les professionnels de la santé et les volontaires qui vivez et travaillez quotidiennement avec ces jeunes. Votre vie et votre engagement proclament la grandeur à laquelle l’homme est appelé : compatir et accompagner par amour celui qui souffre, comme Dieu l’a fait lui-même. Et dans votre beau travail résonnent ainsi les paroles évangéliques : « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un des ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40).

Par ailleurs, vous êtes également les témoins du bien immense qu’est la vie de ces jeunes pour ceux qui sont à leurs côtés et pour l’humanité entière. De manière mystérieuse, mais très réelle, votre présence suscite en nos cœurs, fréquemment endurcis, une tendresse qui nous ouvre au salut. Il est certain que la vie de ces jeunes change le cœur des hommes et, pour cela, nous rendons grâce au Seigneur pour les avoir connus.

Chers amis, notre société où très souvent est mise en doute la dignité inestimable de la vie, de chaque vie, a besoin de vous : vous contribuez de manière décisive à édifier la civilisation de l’amour. Bien plus, soyez les protagonistes de cette civilisation ! Et comme fils de l’Église offrez au Seigneur vos vies, avec ses peines et ses joies, en collaborant avec Lui et en entrant « ainsi d'une certaine façon dans le trésor de compassion dont le genre humain a besoin » (Spes salvi, 40)."


"N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse"

M Selon la police, 1,4 million de personnes ont assisté à la veillée de prière à Madrid.

Alors que Benoît XVI prononçait son homélie, les fortes bourrasques accompagnées de pluie et d'orage ont contraint le pape à s'interrompre pendant une vingtaine de minutes. Sa calotte blanche a volé au vent tandis que le grand parapluie blanc ne suffisait pas à le protéger. Des chaises disposées tout près du gigantesque autel de 200 mètres de long ont également été renversées. Les cheveux ébouriffés, Benoît XVI a attendu, souriant, sous plusieurs parapluies, que la tempête se calme. Puis le vent s'est calmé. Le pape a repris son discours mais l'a abrégé, s'adressant à la foule en liesse en espagnol, et déclenchant la clameur des pèlerins.

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"Merci pour votre joie et votre résistance. Votre force est supérieure à la pluie. C'est le seigneur qui nous donne sa bénédiction avec cette pluie", a-t-il lancé.

Voici un extrait de l'homélie du Saint-Père :

J25 "C’est précisément maintenant au moment où la culture relativiste dominante refuse et déprécie la recherche de la vérité – la plus haute aspiration de l’esprit humain – que nous devons proposer avec courage et humilité la valeur universelle du Christ comme sauveur de tous les hommes et source d’espérance pour notre vie. Lui, qui a pris sur lui nos afflictions, connaît bien le mystère de la douleur humaine et montre sa présence aimante à tous ceux qui souffrent. Ceux-ci, à leur tour, unis à la passion du Christ, participent de plus près à son œuvre de rédemption. En outre, notre attention désintéressée envers les malades et les personnes dans le besoin sera toujours un témoignage humble et silencieux du visage de la compassion de Dieu.

M1 Chers amis, qu’aucune adversité ne vous paralyse. N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse. Le Seigneur vous a donné de vivre en ce moment de l’histoire, pour que, grâce à votre foi, son Nom retentisse sur toute la terre. En cette veillée de prière, je vous invite à demander à Dieu de vous aider à découvrir votre vocation dans la société et dans l’Église, et à persévérer en elle avec joie et fidélité. Il vaut la peine de sentir en nous-mêmes l’appel du Christ et de suivre avec courage et générosité le chemin qu’il nous propose.

Le Seigneur appelle beaucoup d’entre vous au mariage, où un homme et une femme, en ne formant qu’une seule chair (cf. Gn 2, 24), se réalisent en une profonde vie de communion. C’est un horizon tout à la fois lumineux et exigeant, un projet d’amour véritable qui se renouvelle et s’approfondit chaque jour par le partage des joies et des difficultés, et qui se caractérise par une offrande de la personne tout entière. C’est pourquoi reconnaître la beauté et la bonté du mariage, c’est être conscient du fait que seul un contexte de fidélité et d’indissolubilité ainsi que d’ouverture au don divin de la vie est en accord avec la grandeur et la dignité de l’amour des époux.

À d’autres, en revanche, le Christ lance un appel à le suivre de plus près dans le sacerdoce et la vie consacrée. Que c’est beau de savoir que Jésus te cherche, te fais confiance et, avec sa voix reconnaissable entre toutes, te dit aussi à toi : « Suis-moi » (cf. Mc 2, 14).

J24 Chers jeunes, pour découvrir et suivre fidèlement la forme de vie à laquelle le Seigneur appelle chacun, il est indispensable de demeurer dans son amour comme des amis. Or, comment se conserve l’amitié sinon par la fréquence des rencontres, la conversation, le fait d’être ensemble et de partager les joies et les peines ? Sainte Thérèse de Jésus disait que la prière consistait à « parler de l’amitié en étant bien souvent seuls pour parler avec celui dont nous savons qu’il nous aime » (cf. Libro de la vida, 8)."


JMJ : veillée à Cuatro Vientos

V Des centaines de milliers de personnes, sous la chaleur caniculaire (38°C), déferlent samedi sur l'aérodrome militaire de Cuatro Vientos, au sud-ouest de Madrid, grand comme 48 stades, pour participer à une veillée avec le pape Benoît XVI à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse. L'hôpital de campagne est déjà débordé à la suite de malaises dus à la canicule. Plus d'un million de personnes sont attendus pour la veillée et la messe que célèbrera Benoît XVI dimanche matin.

L'autel, où Benoît XVI doit faire une homélie avant la veillée, s'étend sur 200 mètres de long. Début vers 19h30. Il y aura une adoration devant le Saint Sacrement.

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J23 Les pompiers arrosent la jeunesse assoiffée...

L'orage tente de perturber la veillée mais, face au St Sacrement, la jeunesse demeure impassible : impressionnante.


La collaboration entre l’Église et les institutions civiles est possible

Le Pape a rencontré cet après-midi les comités d'organisation des JMJ. Il leur a dit :

B "Pendant des mois, vous avez donné le meilleur de vous-mêmes au service de la mission de l’Église. Dieu vous le rendra au centuple. Non seulement à vous, mais à vos familles et aux institutions, qui avec abnégation, ont soutenu votre dévouement et votre application. Si, comme dit Jésus, un verre d’eau donné en son nom ne restera pas sans récompense, que dire d’un engagement quotidien et permanent envers l’organisation d’un fait ecclésial d’un tel relief comme celui que nous vivons ! Merci à chacun d’entre vous.

Je voudrais manifester de la même manière ma gratitude aux membres de la Commission mixte, formée par l’archevêché de Madrid et l’administration de l’Etat, la Communauté de Madrid et la municipalité, qui, depuis le début même de la préparation de ces Journées Mondiales de la Jeunesse, s’est formée avec le regard fixé sur les centaines de milliers de jeunes pèlerins qui sont arrivés à Madrid, ville ouverte, belle et solidaire. Sûrement, un événement si complexe et important n’aurait pas pu se réaliser sans cette prévenante collaboration. A ce sujet, je sais bien que les diverses entités se sont mises à la disposition du Comité organisateur local, sans ménager leurs efforts et dans un climat d’aimable coopération, qui honore cette noble nation et l’esprit reconnu d’hospitalité des Espagnols.

L’efficacité de cette Commission démontre que non seulement une collaboration entre l’Église et les institutions civiles est possible, mais que, quand elles se mettent au service d’une initiative d’une telle portée, comme celle qui nous intéresse, le principe selon lequel le bien intègre tout le monde dans l’unité, devient vrai. Pour cela, je voudrais exprimer aux représentants des administrations respectives qui ont travaillé hardiment au succès des Journées Mondiales, mes plus sincères et mes plus cordiaux remerciements au nom de l’Église et des jeunes qui profitent ces jours-ci de votre accueil et de votre sollicitude."


Les JMJ, au-delà des apparences : le confessionnal

L'envers du décor selon Jean-Marie Guénois :

"Non pas dans les coulisses - toutes celles d'organisation de grands événements se ressemblent et cela n'a que peu d'intérêt pour saisir l'enjeu de ce qui se passe - mais, vraiment, 'derrière' le décor, au delà des apparences. Et, dans le cas des JMJ, nous entrons là dans le for interne, dans l'intimité du cœur des jeunes et des moins jeunes qui suivent cet événement religieux. [...] Aujourd'hui, avant la grande soirée, clou des JMJ, qui promet pour l'ambiance et la foule, le Pape s'est rendu dans le parc où ont été installés deux cent confessionnaux très design, en forme de voiles. Là, il a confessé quatre jeunes volontaires qui ont été tirés au sort.

C Cela peut paraître totalement anachronique tant ce sacrement de l'Eglise est tombé en désuétude même s'il revient... précisément chez les jeunes ! [...] Hors de l'Eglise, le monde de la psychologie et de la psychanalyse a fortement critiqué cette pratique de l'examen scrupuleux de conscience en accusant l'Eglise catholique d'entretenir, pour mieux les tenir, le sentiment de culpabilité chez ses fidèles. Mais la surprise est que ce besoin de recevoir le pardon revient aujourd'hui et des psychiatres, des psychologues s'intéressent à cela. Ils reconnaissent qu'un pardon reçu vaut parfois des mois de thérapies pour libérer quelqu'un. [...]

Ceci ne nous éloigne pas du décor et de son envers d'où nous sommes partis. Car les prêtres présents et qui confessent à tour de bras aux JMJ - même s'ils sont tenus au secret absolu en ce domaine - peuvent dire combien ce rassemblement, aussi spectaculaire, festif, recueilli, communautaire, qu'il soit, se joue, à un moment ou un autre, dans ce face à face très intérieur, intime, de la conscience d'une personne avec ce Dieu en qui elle croit. Cela peut être une fréquentation habituelle mais cela peut être aussi - et il y a, paraît-il, de grands retours - des moments de conversion.

La paix intérieure, la libération est le but de ce dialogue silencieux. La joie est sa conséquence. Ce qui me laisse penser que le véritable envers du décor des JMJ est là, dans le monde invisible, riche et complexe, des consciences et des libertés. Ce qui explique en partie cette joie qui explose ici à tous les coins de rues. Elle n'a rien d'une exaltation même s'il y a forcément des moments d'exaltation dans de tels mouvements de foules. Mais, franchement, cette joie paraît durable. Ce n'est pas la moindre nouvelle dans ce monde tellement désenchanté."


Confession avec Benoît XVI

Augustin Deney s'est confessé au Pape :  

C "Le choix des quatre jeunes s’est fait par tirage au sort parmi les volontaires qui participent à l’organisation des JMJ depuis un an. Il fallait être germanophone, francophone ou italophone et avoir moins de 30 ans. Une quinzaine de jeunes regroupaient tous ces critères. Le tirage au sort s’est fait il y a près de deux semaines devant l’ensemble des volontaires au siège de l’organisation des JMJ, au Centre de congrès de Madrid. Lorsque mon nom a été tiré de la petite boîte dans laquelle se trouvaient nos noms, il y a eu des cris, tout le monde m’est tombé dessus pour me féliciter. Les autres volontaires étaient presque plus contents que moi ! [...] 

Le coin des confessionnaux dans le parc du Retiro était complètement bouclé. Arrivé une heure avant l’arrivé de Benoît XVI, j’ai discuté avec les trois autres sélectionnés. Nous sommes passés par un contrôle de sécurité avant de pouvoir approcher du confessionnal spécialement installé pour le pape, à côté des 200 autres présents dans le parc. Le confessionnal était classique. Benoît XVI était assis derrière une grille percée de petits trous, à travers lesquels nous pouvions l’entrapercevoir. Nous étions à genoux. J’ai d’abord parlé, avant d’écouter. Sa voix était calme, posée. J’ai parfois dû coller mon oreille à la grille pour l’entendre. Il m’a donné des conseils avant de me donner l’absolution. Il a été fidèle à l’image qu’il montre de lui en public."


Saint Jean d'Avila, prochain Docteur de l'Eglise

ABenoît XVI a annoncé que St Jean d'Avila , théologien de référence du Concile de Trente, serait proclamé Docteur de l'Eglise.

Né en 1502 près de Tolède, dans une famille de juifs convertis, il a effectué des études de Lettres à Salamanque, une formation universitaire à Alcala, en philosophie, puis en théologie, qu’il achève à Grenade en 1537. Entre temps, à la mort de ses parents, il est ordonné prêtre en 1525. Il met alors ses talents d’orateur au service de l’Evangile et prêche à Tolède, tout en menant une vie simple et sainte. Parmi les hommes et les femmes touchés par sa prédication, on peut nommer saint Jean de Dieu, saint François Borgia et sainte Thérèse d’Avila. Il insiste sur la nécessité de bien se connaître pour connaître Dieu. Jean d’Avila est un maître spirituel reconnu. Il fut canonisé en 1970.


Messe avec les séminaristes à la cathédrale de Madrid

A suivre en direct sur Madrid 2011 ou sur KTO.

Benoît XVI a confessé 4 jeunes ce matin (2 de langue française, un de lanque espagnole et un suisse de langue allemande) avant d'aller célébrer la messe.

Un drapeau américain du "11 septembre", présent à toutes les JMJ postérieures aux attentats de 2001 (Toronto en 2002, Cologne en 2005, et Sydney en 2008), est arrivé à Madrid. Il appartenait à la famille d’une jeune catholique de Brooklyn, Suzanne Geraty, 31 ans, qui perdit la vie dans les attaques contre les tours jumelles du World Trade Center. Le drapeau appartient désormais à la paroisse dont elle était membre, la St. Mel’s Church de Flushing, dont le curé, l’abbé Gerard Sauer qui la connaissait très bien, est l’aumônier des jeunes catholiques du diocèse de Brooklyn qui sont actuellement aux JMJ de Madrid.

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Extraits de l'homélie :

"Chers amis, vous vous préparez à être apôtres avec le Christ et comme le Christ, à être compagnons de route et serviteurs des hommes. Comment vivre ces années de préparation ? Avant tout, elles doivent être des années de silence intérieur, de prière permanente, d'étude constante et d'insertion progressive dans les actions et les structures pastorales de l'Église, une Église qui est communauté et institution, famille et mission, création du Christ par son Esprit saint, en même temps que résultat de notre action, à nous qui la formons avec notre sainteté et nos péchés. C'est ce que Dieu a aimé, Lui qui n'a pas hésité à faire des pauvres et des pécheurs ses amis et ses instruments pour la rédemption du genre humain. La sainteté de l'Église est avant tout la sainteté objective de la personne même du Christ, de son Évangile et de ses sacrements, la sainteté de la force d'en-haut qui l'anime et la stimule. Nous devons être saints pour éviter la contradiction entre le signe que nous sommes et la réalité que nous voulons signifier.

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Méditez bien ce mystère de l'Église, en vivant les années de votre formation avec une profonde joie, en vous montrant dociles, lucides et radicalement fidèles à l'Évangile, tout en ayant une relation d'amour avec le temps et les personnes au milieu desquelles vous vivez. Personne ne choisit le contexte ou les destinataires de sa mission. Chaque époque a ses problèmes, mais Dieu donne en tout temps la grâce voulue pour les assumer et les dépasser avec amour et réalisme. C'est pourquoi, en quelque situation qu'il soit, aussi difficile soit-elle, le prêtre doit donner du fruit par toute sorte d'œuvres bonnes, gardant à jamais vivantes en son cœur les paroles du jour de son Ordination, par lesquelles il était exhorté à configurer sa vie au mystère de la croix du Seigneur. [...]

Mais le Christ, Souverain Prêtre, est aussi le Bon Pasteur qui veille sur ses brebis au point de donner sa vie pour elles (cf. Jn 10, 11). Pour imiter le Seigneur sur ce point aussi, votre cœur doit devenir mature au Séminaire, en étant totalement à la disposition du Maître. Cette disponibilité, qui est un don de l'Esprit Saint, inspire la décision de vivre le célibat pour le Royaume des cieux, le détachement des biens de la terre, la sobriété de la vie, l'obéissance sincère et sans dissimulation.

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Demandez-lui donc de vous accorder de L'imiter dans sa charité pour tous jusqu'au bout, sans repousser ceux qui sont loin et pécheurs, de sorte que, avec votre aide, ils se convertissent et reviennent au bon chemin. Demandez-lui de vous apprendre à être très proches des malades et des pauvres, avec simplicité et générosité. Relevez ce défi sans complexe ni médiocrité, mais bien comme une belle forme de réalisation de la vie humaine dans la gratuité et le service, en étant témoins de Dieu fait homme, messagers de la très haute dignité de la personne humaine et, par conséquent, ses défenseurs inconditionnels. Appuyés sur son amour, ne vous laissez pas intimider par un environnement qui prétend exclure Dieu et dans lequel le pouvoir, l'avoir ou le plaire à peu de frais sont les critères principaux qui dirigent l'existence. Il peut se faire que vous soyez méprisés, comme il arrive d'ordinaire à ceux qui recherchent des buts plus élevés ou démasquent les idoles devant lesquelles nombreux sont aujourd'hui ceux qui se prosternent. C'est alors qu'une vie profondément enracinée dans le Christ se montrera réellement comme une nouveauté et attirera avec force ceux qui cherchent vraiment Dieu, la vérité et la justice.

Encouragés par vos formateurs, ouvrez votre âme à la lumière du Seigneur pour voir si ce chemin, qui demande du courage et de l'authenticité, est le vôtre, et n'avancez jusqu'au sacerdoce que si vous êtes fermement persuadés que Dieu vous appelle à être ses ministres et pleinement décidés à exercer ce ministère dans l'obéissance aux dispositions de l'Église."


JMJ : le chemin de croix

En direct sur KTO. Des jeunes du monde portent la croix des JMJ. Ils représentent les souffrances et difficultés auxquels fait face la jeunesse. Parmi eux, des jeunes de Terre Sainte, d’Irak, des Rwandais et des Burundais, des jeunes handicapés, des jeunes malades du Sida, des jeunes du Soudan, d’Haiti et du Japon, un jeune porteur de la Trisomie 21. Le parcours est de 700 mètres.

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Extrait des paroles du Pape suite au Chemin de Croix :

"La passion du Christ nous pousse à charger sur nos épaules la souffrance du monde, avec la certitude que Dieu n'est pas quelqu'un qui est distant ou lointain de l'homme et de ses vicissitudes. Au contraire, il s'est fait l'un d'entre nous « pour pouvoir compatir avec l'homme de manière très réelle, dans la chair et le sang ... De là, dans toute souffrance humaine est entré quelqu'un qui partage la souffrance et la patience; de là se répand dans toute souffrance la con-solatio; la consolation de l'amour qui vient de Dieu et ainsi surgit l'étoile de l'espérance » (Spe salvi, 39).

Chers jeunes, que l'amour du Christ pour nous augmente votre joie et vous aide à être proches de ceux qui sont dans le besoin. Vous qui êtes très sensibles à l'idée de partager la vie avec les autres, ne passez pas à côté de la souffrance humaine, où Dieu espère en vous afin que vous puissiez donner le meilleur de vous-mêmes : votre capacité d'aimer et de compatir. Les diverses formes de souffrance qui, tout au long du chemin de Croix, ont défilé devant vos yeux, sont des appels du Seigneur pour édifier nos vies en suivant ses traces et pour faire de nous des signes de sa consolation et de son salut : « Souffrir avec l'autre, pour les autres; souffrir par amour de la vérité et de la justice; souffrir à cause de l'amour et pour devenir une personne qui aime vraiment – ce sont des éléments fondamentaux d'humanité; leur abandon détruirait l'homme lui-même » (ibid.).

Sachons recevoir ces leçons et les mettre en pratique ! Pour cela, regardons vers le Christ, cloué sur un bois rude, et demandons-lui qu'il nous montre cette sagesse mystérieuse de la croix par laquelle l'homme vit. La croix n'a pas été le développement d'un échec, sinon la manière d'exprimer le don aimant qui arrive jusqu'à un don plus grand : celui de sa propre vie. Le Père a désiré aimer les hommes dans l'accolade de son Fils crucifié par amour. Par sa forme et sa signification, la croix représente cet amour du Père et du Christ pour les hommes. En elle, nous reconnaissons l'image de l'amour suprême, où nous apprenons à aimer ce que Dieu aime et comme il le fait : c'est elle la Bonne Nouvelle qui redonne l'espérance au monde.

Tournons maintenant nos yeux vers la Vierge Marie qui nous fut donnée pour Mère au Calvaire, et supplions-la de nous soutenir par sa protection aimante sur le chemin de la vie, en particulier quand nous passons à travers la nuit de la souffrance, afin que nous réussissions comme elle à demeurer fermes dans la foi au pied de la Croix."


Benoît XVI face aux universitaires

Benoît XVI est désormais entré dans la basilique St Laurent, où il va prononcer un discours devant 1500 universitaires. A suivre également en direct sur KTO.

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J11 C'est Benoît XVI qui avait demandé que soit organisée cette rencontre au cours des JMJ.
J11 Le cardinal Rouco Varela cite l'exemple de Ste Thérèse d'Avila, Docteur de l'Eglise.

J12
Un universitaire accueille Benoît XVI en rappelant les discours du Pape au monde intellectuel : Ratisbonne, Les Bernardins, Londres...

J13Le discours est ici. Extraits :

"Mais, où les jeunes trouveront-ils ces points de référence dans une société émiettée et instable ? Parfois on estime que la mission d'un professeur universitaire est aujourd'hui exclusivement de former des professionnels compétents et efficaces qui puissent satisfaire la demande du marché du travail à tout moment précis. On affirme également que l'unique chose que l'on doit privilégier dans la conjoncture actuelle est la pure capacité technique. Certainement, cette vision utilitaire de l'éducation, même universitaire, répandue spécialement dans des milieux extra-universitaires, s'installe aujourd'hui. Sans aucun doute, vous qui avez vécu comme moi l'université, et qui la vivez maintenant comme enseignants, vous sentez sans doute le désir de quelque chose d'autre de plus élevé qui corresponde à toutes les dimensions qui constituent l'homme. Nous savons que quand la seule utilité et le pragmatisme immédiat s'érigent en critère principal, les pertes peuvent être dramatiques : des abus d'une science sans limites, bien au-delà d'elle-même, jusqu'au totalitarisme politique qui se ravive facilement quand on élimine toute référence supérieure au simple calcul de pouvoir. Au contraire, l'idée authentique d'université est précisément celle qui nous préserve de cette vision réductrice et détachée de l'humain.

En réalité, l'université a été et est encore appelée à être toujours la maison où se cherche la vérité propre de la personne humaine. Pour cette raison ce n'est pas par hasard que l'Église a promu l'institution universitaire, justement parce que la foi chrétienne nous parle du Christ comme le Logos par lequel tout a été fait (cf. Jn 1,3), et de l'être humain créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Cette bonne nouvelle découvre une rationalité dans tout le créé et regarde l'homme comme une créature qui participe et peut parvenir à reconnaître cette rationalité. L'université incarne, donc, un idéal qui ne doit pas perdre sa vertu ni à cause d'idéologies fermées au dialogue rationnel, ni par servilité envers une logique utilitaire de simple marché, qui voit l'homme comme un simple consommateur.

C'est là votre mission importante et vitale. C'est vous qui avez l'honneur et la responsabilité de transmettre cet idéal universitaire, un idéal que vous avez reçu de vos prédécesseurs, dont beaucoup d'humbles disciples de l'Évangile et qui, en tant que tels, se sont convertis en géants de l'esprit. Nous devons nous sentir leurs continuateurs dans une histoire bien distincte de la leur, mais dans laquelle les questions essentielles de l'être humain continuent à réclamer notre attention et nous poussent à aller de l'avant. Avec eux, nous nous sentons unis à cette chaîne d'hommes et de femmes qui se sont engagés à proposer et à rendre crédible la foi devant l'intelligence des hommes. Et la façon de le faire ne signifie pas seulement l'enseigner, mais encore plus le vivre, l'incarner, de sorte que le Logos lui-même s'incarne pour placer sa demeure parmi nous. En ce sens, les jeunes ont besoin de maîtres authentiques ; des personnes ouvertes à la vérité totale dans les différentes branches du savoir, sachant écouter et vivant à l'intérieur d'elles-mêmes ce dialogue interdisciplinaire ; des personnes convaincues, surtout, de la capacité humaine d'avancer sur le chemin vers la vérité. La jeunesse est le temps privilégié pour la recherche et la rencontre de la vérité. Comme le disait Platon : « Cherche la vérité tant que tu es jeune, parce que si tu ne le fais pas, ensuite elle t'échappera des mains » (Parménide, 135d). Cette haute aspiration est la plus valable que vous puissiez transmettre personnellement et vitalement à vos étudiants, et pas simplement quelques techniques matérielles et anonymes, ou quelques froides données, utilisées seulement de façon fonctionnelle.

Aussi je vous exhorte de tout cœur à ne jamais perdre cette sensibilité et ce désir ardent de la vérité ; à ne pas oublier que l'enseignement n'est pas une communication aride de contenus, mais une formation des jeunes que vous devrez comprendre et rechercher, chez lesquels vous devez susciter cette soif de vérité qu'ils ont au plus profond d'eux-mêmes et qu'ils cherchent à assouvir. Soyez pour eux un encouragement et une force.

Pour ce motif, il faut tenir à l'esprit, en premier lieu, que le chemin vers la vérité complète engage aussi l'être humain tout entier : c'est un chemin de l'intelligence et de l'amour, de la raison et de la foi. Nous ne pouvons pas avancer dans la connaissance de quelqu'un si l'amour ne nous anime pas, ni non plus aimer quelqu'un dans lequel nous ne voyons pas de rationalité, étant donné que « il n'y a pas l'intelligence puis l'amour : il y a l'amour riche d'intelligence et l'intelligence pleine d'amour » (Caritas in veritate, n. 30). Si la vérité et le bien restent unis, de même la connaissance et l'amour. De cette unité découle la cohérence de vie et de pensée, l'exemplarité qu'on exige de tout bon éducateur.

En second lieu, il faut considérer que la vérité elle-même est toujours au-delà de nos efforts. Nous pourrons la chercher et nous approcher d'elle, mais nous ne pouvons pas la posséder totalement, ou mieux c'est elle qui se propose à nous et elle qui nous motive. Dans l'œuvre intellectuelle et d'enseignement, l'humilité est une vertu indispensable, qui nous protège de la vanité, laquelle ferme à l'accès à la vérité. Nous ne devons pas attirer les étudiants à nous-mêmes, mais les mettre en route vers cette vérité que tous nous recherchons. Dans cette tâche le Seigneur vous aidera, lui qui vous demande d'être prévenants et efficaces comme le sel, comme la lampe qui donne de la lumière sans faire de bruit (cf. Mt 5, 13-15)."