Dans la tempête qui secoue l’Eglise prions pour elle et pour le pape

Infocatho lance une chaîne de prière :

Pape-a-genoux"Lors de l’angélus de dimanche 12 novembre, le pape a instamment demandé aux fidèles de prier pour lui. Une prière que le peuple de Dieu ne peut qu’entendre résonner douloureusement en ce moment. Quoique l’on pense du Saint-Père (et Dieu sait qu’il a partisans et ennemis), la prière des fidèles ne peut que l’aider à gouverner l’Eglise.

Nous savons que le Siège de Pierre est constamment attaqué et nous connaissons, même si beaucoup, perdus et inquiets, préfèrent ne pas voir de trop près, les troubles qui secouent Rome autour de la personne même du pape.

En août 2017 nous avions lancé une grande chaîne de prière à Notre Dame de l’Assomption pour le pape et la Curie. Et vous avez été des milliers à y répondre.

Pour répondre à la demande du Saint-Père, nous avions relancé une nouvelle chaîne de prière jusqu’au premier dimanche de l’Avent (3 décembre 2017).

Dans la tempête actuelle, il nous semble urgent de tous nous confier au Christ.

Mais, ces prières doivent aussi s’accompagner de notre propre réforme intellectuelle, morale et spirituelle. Mère Teresa répondait malicieusement  à un journaliste qui l’interrogeait sur ce qui n’allait pas dans l’Eglise : “Vous et moi.” Ce sont nos péchés qui défigurent l’Eglise qui, malgré tout, demeure sous les souillures l’Épouse immaculée du Verbe de Dieu.

Nous vous proposons donc, amis lecteurs d’Infocatho, de vous inscrire ici, soit pour jeûner, au moins une fois d’ici le 13 octobre, fête mariale s’il en est, soit pour réciter une dizaine de chapelet, pour l’Eglise, le Pape et nos pasteurs, et notre propre conversion."


Scandales et conversion à tous les étages

D'une mère de famille :

Unknown-36Effet de sidération, profonde lassitude, écœurement, sourde colère… face aux révélations de ces nouveaux ou vieux scandales pédophiles, face aux multiples abus d’autorité de ceux qui sont, selon la définition donné par le Christ, serviteurs du plus petit et du plus vulnérable, face à un réseau «pro-gay» qui propage une complicité intellectuelle et organique bien peu évangélique. Rien de nouveau, pourtant. Déjà sous Jean-Paul II ou Benoit XVI de terribles hontes secouaient ainsi le peuple chrétien.

A chaque fois, on s’assoupit. On oublie un peu. Chaque réveil apporte une nausée plus violente : le monstre à têtes ignobles est donc encore là. Comment cela… l’autorité ecclésiale ne l’a donc toujours pas dégagé ? En réalité, ce monstre peut-il l’être avant le retour du Christ ? Mais, un terrible doute survient : est-il seulement encore combattu ? Certains semblent oublier que le combat spirituel existe, que tout ne se résout par une miséricorde mal comprise, sans justice et sans réparation.

En ces temps de christianophobie larvée, on aimerait se passer du lynchage médiatique sur l’Église, sur les prêtres. L’avocat du diable rétorquerait que radicalité évangélique, chasteté selon l’état de vie sont bien plus exigeantes que les lois civiles, et pourtant de facto, les victimes semblent ne pouvoir attendre de protection et de réparation que par les jugements des tribunaux civils et par voie de presse.

S’il n’y a pas de condamnation au pénal bien bruyante, pas de presse pour remuer l’affaire, l’autorité ecclésiale se permet de « souffler » ; les mauvaises langues disent « étouffer ». Et si la presse révèle des faits alors on a vite tendance à crier au complot. Drôle de paradoxe. Les victimes sont renvoyées vers la justice civile, la presse pour obtenir la fin d’état de nuire… mais si celles-ci à leur tour accablent – secret de la confession, destruction ou dissimulation de documents, auto-gestion calamiteuse, déplacement des bourreaux, achat du silence, utilisation d’un vocabulaire considéré désuet… – on s’insurge. A partir de quand obtient-on une réelle remise en cause des modes de fonctionnement ?

Faute de réponses appropriées, de rappels de la vérité, les erreurs se répandent… Les actes sexuels « inappropriés », faute de sanctions proportionnées se propagent. On le sait, nombre de pédophiles sont eux-mêmes d’anciennes victimes d’abus. Le relativisme moral, comme la permissivité contribuent à la propagation du mal, autant que le cléricalisme.

Les « méchants » espèrent ainsi obtenir par la lâcheté des bons que des pans de morale tombent en désuétude. La morale ce n’est pas la foi nous rappelle-t-on. La sexualité, on en a trop parlé nous répète-t-on. À qui ? aux victimes qui pour certaines n’ont pas eu la force de dénoncer plus vite, de s’opposer ; aux parents qui ont fait confiance, qu’on a souvent abreuvé de bonnes paroles ; aux bourreaux qu’on n’a pas arrêtés, et dont on n’offre l’occasion d’une vie de pénitence qu’à un âge trop avancé. Malheur à celui qui prétendant que la sexualité est une composante optionnelle de la vie chrétienne, amène lui-même le scandale par là. C’est une guerre d’usure.

Seulement une certaine justice immanente collective existe. Nous sommes faits pour adhérer au bien. Quand nous nous en détournons, en actions ou par complicité, les innocents, les petits trinquent. Face à cette détresse du pauvre, Dieu ne reste pas insensible. L’Esprit-Saint suscite dans l’Église, épouse du Christ, des saints qui crient vers le ciel, donnent leur vie et se retroussent les manches. Notre espérance découle de notre foi. « Quand le péché abonde, la grâce surabonde. »

Pour les cas présents, saint Pierre Damien est donné en exemple. Car tous les clercs ne sont pas lâches ! Il s’agit d’y associer sainte Hildegarde, donnée par Benoit XVI comme modèle de résistance au péché des clercs. Saint Louis de France est un exemple pour le fidèle laïc. Il endosse la responsabilité de son état. Ce sens de la justice oblige les autres membres du corps mystique. L’institution Église est certes l’ensemble des hommes pécheurs qui la constitue. L’Église, corps mystique du Christ, rendue sainte et immaculée est celle de tous ceux qui ont lavé leur vêtement dans le sang de l’Agneau. Notre-Dame, mère de l’Église, Immaculée, est-elle suffisamment honorée, aimée, surtout priée ?

Ce n’est pas le monde des bisounours. La chasteté n’est pas décorative, pour ceux qui ont le sens de l’esthétique. C’est l’intégration réussie de la sexualité dans la personne. Intégration capable de recevoir aussi bien la dignité du corps humain, le respect de la valeur du féminin et du masculin, même profondément blessé, en soi-même et en autrui. La sexualité n’est pas laissée à l’arbitrage de chacun, à l’opinion publique. Elle doit être le lieu d’une évangélisation des personnes, et de la culture. Prioritairement. À moins, que nous préférions que la culture post-moderne s’occupe de nous ; car, alors, nous en aurons de plus en plus besoin pour faire la police, pour réguler nos débordements.

Non, définitivement non, ce ne sont pas les lois du monde qui régissent le corps du Christ. Préférons la loi du Seigneur ! Que vienne le temps du rejet des compromissions, et des calculs. À protéger l’image abstraite, idéalisée de nos institutions, paroisses, écoles, à force de faire petits calculs politiques pour ne pas perdre d’acquis, ou d’influence… on oublie le bien de chaque personne, son éducation profonde. On en oublie la charité, qui est un don gratuit. Un grand réveil… voilà ce que nous devons nous souhaiter. Courage et conversion à tous les étages !"


Immigration : Charité ou spiritualisme désincarné

De l'abbé Fabrice Loiseau, supérieur des Missionnaires de la Miséricorde divine :

Images-8"Un vrai débat théologique, éthique et politique doit s’instaurer dans l’Église pour présenter une réflexion cohérente vis-à-vis de l’immigration. Sur une question aussi délicate, il n’est pas juste d’isoler un discours pontifical (celui du pape François) sans tenir compte de l’ensemble des textes magistériels à ce propos.

Pour beaucoup d’autorités ecclésiastiques, la charité évangélique interdirait aux États de poser des limites à l’immigration en vue du bien commun. Il ne faut pas oublier que le pouvoir politique est institué pour gouverner une nation dans les limites de son territoire. Certains voudraient qu’on supprime les notions de patrie ou de nation, mais alors nous ne sommes plus dans le droit naturel.

La charité ne saurait être une fausse pitié, il ne s’agit pas d’une vertu anarchique, elle doit être régulée par la justice et la prudence. Pour prendre un exemple, un père de famille ne peut introduire par charité dans son foyer une personne qui par son comportement anormal nuirait à l’unité familiale.

Ainsi en 1989, la commission Justice et Paix déclarait : «  Il appartient aux pouvoirs publics, qui ont la charge du bien commun, de déterminer la proportion de réfugiés ou d’immigrés que leurs pays peu-vent accueillir  ». Le Catéchisme de l’Église Catholique est aussi très ferme sur ce sujet : «  Les autorités publiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge, subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption ; l’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil  ».

C’est la continuité de ce que Pie XII déclarait en 1946 : «  En cette matière, ce ne sont pas les seuls intérêts des immigrés, mais aussi la prospérité du pays qui doivent être consultés  ».

Il serait donc malvenu d’imposer un point de vue dogmatique obligeant les catholiques à accepter une immigration importante sans envisager tous les aspects prudentiels. Une nation est une réalité fragile qui peut être mise en péril par des politiques inconstantes, ce qui rejoint la pensée de saint Jean-Paul II sur la patrie dans Mémoire et identité. Place au débat pour la survie des nations."


Abomination : Après les Etats-Unis, l'Allemagne

Wiker-WUERLIls sont au moins 3 677 enfants, en majorité des garçons de moins de 13 ans, à avoir été abusés sexuellement. 1 670 clercs de l'Eglise catholique seraient impliqués, révèlent plusieurs médias allemands dont "Der Spiegel" et "Die Zeit", qui ont pu consulter un rapport d'étude sur l'Eglise catholique allemande, accusée d'avoir sciemment caché les faits.

Les faits s'étalent de 1946 à 2014. 

Lancée en 2014, cette étude doit être présentée le 25 septembre à Fulda, lors de la Conférence épiscopale allemande, par son président, le cardinal Reinhard Marx. Pendant trois ans et demi, des chercheurs a examiné 38 000 dossiers et manuscrits provenant de 27 diocèses allemands et transmis par l'Eglise.

Le Pape va aussi convoquer tous les présidents de conférence épiscopale du monde entier pour évoquer la question des abus sexuels et la protection des mineurs. Cet événement sera organisé du 21 au 24 février 2019.

Demain, le pape François recevra une délégation de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, pour aborder la crise des abus sexuels qui a été au cœur de l’actualité chez les catholiques américains ces derniers mois.

Dans une nouvelle lettre datée d’hier 11 septembre et adressée aux prêtres de son archidiocèse et rendue publique dans de nombreux médias en fin d’après-midi, le cardinal Donald Wuerl, archevêque de Washington D.C., souvent cité dans le rapport de l'Etat de Pennsylvanie, annonce vouloir se rendre

« très prochainement à Rome pour rencontrer [le] Saint Père [et aborder avec lui sa] démission présentée voici presque trois ans, le 12 novembre 2015 ».

Pendant ce temps, le cardinal Cupich, archevêque de Chicago directement nommé par le pape, aligne les déclarations scandaleuses.


Il n’est pas bon dans l’Église d’aujourd’hui d’avoir du courage

D'Hilaire de Crémiers à propos de la crise des abus sexuels qui éclabousse désormais les plus hautes autorités de l'Eglise :

VIGNETTE 172"“Souvent, Seigneur, ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toutes parts. Et dans ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient. Mais c’est nous-mêmes qui les salissons ! C’est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois, après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes. Prends pitié de ton Église… »

C’était en mars 2005. Jean-Paul II était mourant. Le cardinal Joseph Ratzinger présidait à la place du pape le chemin de croix qui se déroule traditionnellement au Colisée. Nul doute aujourd’hui, pour qui cerne l’histoire de cette période de l’Église, que celui qui était alors encore le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, pensait, en prononçant ces mots terribles, d’abord et surtout, aux crimes d’homosexualité, de pédophilie et d’abus sexuels de toutes sortes perpétrés dans un cadre ecclésiastique au cours des quarante précédentes années et dont s’étaient rendus coupables des membres du clergé à tous les niveaux. Les scandales commençaient à éclater un peu partout sur tous les continents et éclaboussaient jusqu’aux sommets de la hiérarchie qui se taisait.

[...] Toujours est-il que Jean-Paul II, tout donné à son lien direct avec le peuple fidèle et à sa relation personnelle avec le monde, ne se préoccupait pas du gouvernement de l’Église. Les services de la curie fonctionnaient par eux-mêmes selon les directions des cardinaux concernés et des autres prélats curiaux laissés à leur jugement… et à leurs calculs ou ambitions. Et de même les Églises locales sous la houlette de leurs conférences épiscopales, leurs bureaux, leurs commissions et on sait ce que ces mots veulent dire. Tout cela est certain et n’a pas manqué d’être noté par les historiens et les essayistes les plus sérieux. Est-il permis de le dire ? Le clergé, du bas en haut et du haut en bas, était livré à lui-même et il n’y a rien de pire. Surtout dans les exaltations malsaines de prétendus changements radicaux qui devaient tout bouleverser ! Et pourquoi pas, après la doctrine, les mœurs ? Précisons qu’il n’y a pas que ce qu’on appelle « la gauche » qui se livrait à ce genre de libération… théologique et éthique. D’autres qui seraient qualifiés « de droite », pouvaient aussi bien tomber dans le même piège de l’autosuffisance et du narcissisme doctrinal et moral. Tout est permis à qui se croit au-dessus.

En raison de son expérience polonaise dans un régime qui tentait par tous les moyens de la calomnie de déstabiliser l’Église, Jean-Paul II refusait d’envisager la responsabilité pénale du clergé et, mis devant des accusations, les traitait de rumeurs. C’est ainsi qu’il avait soutenu et promu Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, dont il louait les œuvres, en effet, impressionnantes alors que des faits certains commençaient à être communiqués au Saint-Siège. La secrétairerie d’État opposait la plus grande inertie. Le cardinal Sodano, tout à sa politique, ne traitait pas les vrais problèmes. L’institution occultait et faisait semblant de tout ignorer. « Et ce n’est pas pécher que pécher en silence… » !

C’est dans ces circonstances que, sans porter de jugement sur les personnes en responsabilité, avec la discrétion requise, Joseph Ratzinger de sa propre initiative décida d’attraire devant son dicastère les cas qui lui étaient signalés. Il savait donc. Pas tout. À cette époque, loin de là ; mais il fut atterré. La perversité des ecclésiastiques lui était intolérable. Il ne la comprenait même pas ! D’où cette prière d’épouvante lors du Chemin de Croix de mars 2005. Ce ne fut que le début d’une longue agonie. Coepit contristari et maestus esse, pavere et taedere.

 

[...] Une fois sur la chaire de saint Pierre, celui qui était devenu Benoît XVI mesura peu à peu toute l’ampleur du problème. C’est lui et lui seul qui résolut la terrible affaire des Légionaires du Christ, en sauvant les âmes et en préservant les œuvres bonnes, car l’homme de foi était aussi un homme de charité. Cependant, les faits dénoncés et les plaintes émises se multipliaient de tous côtés ; c’est encore lui qui prescrivit alors les règles de la plus stricte vérité et de la plus rigoureuse justice, y compris devant les institutions civiles. Cependant il s’avéra qu’il avait dans son propre entourage de cardinaux et de prélats des hommes qui par suffisance ou insuffisance – prétention souvent doublée d’incompétence – ne voulaient pas comprendre. Inutile ici de donner des noms : tout est maintenant parfaitement connu des personnes averties. C’est comme si tout avait été fait pour écœurer, pire encore, pour faire tomber Benoît XVI ; aucun mauvais procédé ne lui aura été épargné : stupidité, immoralité, désir de vengeance ; et ce besoin de couvrir les réseaux et de se couvrir soi-même. Il ne s’agissait plus que de l’accabler.

Toutefois, la gravité extrême des faits posait une question plus profonde. Les dérives des mœurs sont les signes des déviations de la foi. Il est toujours possible pour un catholique de se reconnaître pécheur et donc d’essayer de s’amender. Le mal est sans recours quand on s’accorde la facilité de se faire un Dieu et une religion à sa façon. Le mot « amour » mis à toutes les sauces suffit à justifier tout et n’importe quoi, y compris le pire, en échappant aux vérités de la nature et aux dogmes de la foi. Charles Maurras – eh oui ! – qui a tout vu, de son regard aigu, dès le début du XXe siècle, des conséquences des erreurs progressistes et modernistes dont l’Église allait pâtir pendant plus d’un siècle, écrivait en 1905 : « Dieu est tout amour, disait-on. Que serait devenu le monde si retournant les termes de ce principe, on eût tiré de là que tout amour est Dieu ? »

C’est exactement la question. Ces messieurs ont tout simplement décidé de justifier toutes leurs amours : l’homme, le monde, leurs choix idéologiques et tout aussi bien, leurs amours irrégulières ou singulières. Or, le problème commence quand on fait la théorie de son cas, pensées, mœurs, passions, goût du pouvoir. Quand on se fait soi-même sa propre théorie du salut, quand on estime qu’on n’a pas besoin de salut ou qu’on est au-dessus, c’est fini. Le salut peut être devant soi, on ne le voit pas, on le méprise, on le dénigre, on le traite de Satan. C’est le péché contre l’Esprit.

Benoît XVI a donc tenté un redressement de la foi pour opérer un redressement de la barque de Pierre. Et avec quel enseignement de la plus grande précision ! il en a été traité à plusieurs reprises dans ces colonnes. Ce n’est pas le lieu ici d’y revenir. Il voulait renouer tous les fils rompus. Penser juste et vrai, prier en beauté et en conscience aiderait à agir en conformité avec l’Évangile de Jésus-Christ. Eh bien, l’homme qui ne voulait pas être pape,– pour reprendre le titre du beau livre de Nicolas Diat – a pris finalement et personnellement la décision de renoncer au ministère d’évêque de Rome, successeur de saint Pierre ; il arguait de son manque de force. Après tant d’épreuves !

Le temps de François

C’est ainsi que le cardinal Bergoglio fut élu. Jésus, le diable et, à l’appui, citation de Léon Bloy, on crut à ses premiers propos aux cardinaux qu’il allait proposer une radicalité évangélique de bon aloi. Il s’y mêla très vite d’autres ingrédients. L’Église eut droit, en plus d’une dialectique sur les pauvres qui prit la forme d’unique spiritualité et qui tourna à la mystique des migrants et, pour parler comme Péguy, à la politique de la migration universelle, à une autre dialectique dite de « l’ouverture » qui devint un système de gouvernement, une méthode politique d’exercice du pouvoir. Tout ce qui s’opposait aux projets pontificaux étaient mis sur le compte d’un esprit de « fermeture », d’obstination dans des doctrines passées et donc dépassées.

Tout y passa, en effet : cela alla de l’éloge inconsidéré de Luther qui mettait à mal la foi catholique, aux subtiles transformations de la règle morale par toutes sortes de procédés prétendument démocratiques et évidemment abusifs. Les quelques jésuites sans foi ni loi, et connus comme tels, qui ont tout oublié de saint Ignace et bafouent les Exercices spirituels qui devraient être leur règle de vie, gravitant dans l’entourage du pape, menaient la danse : une casuistique invraisemblable, à faire frémir Pascal, autorisait toutes « les ouvertures ». Cependant le pape se créa à la Maison Sainte-Marthe son propre appareil de gouvernement avec ses hommes à lui, ses cardinaux nommés par lui, en doublon de la curie qu’il se contentait d’invectiver chaque année régulièrement.

Le dernier voyage de François à Dublin en Irlande, les samedi 25 et dimanche 26 août, fut typique de cette manière de faire. Il écrit, la semaine précédente, une Lettre au peuple de Dieu qui, devant la montée des scandales, dénonce avec une extrême vigueur les abus sexuels sur mineurs, mais ce sont des mots, car la Lettre ne vise jamais le péché en tant que tel des pratiques de l’homosexualité et de la pédérastie ; et il se rend ensuite à la 9e Rencontre mondiale des familles à Dublin dans une Irlande catholique blessée par ces horribles comportements. Là, tout est arrangé pour orienter cette rencontre qui concerne la famille dans sa sainteté, sur « l’accueil des divorcés remariés selon Amoris laetitia » et sur « l’accueil et le respect dans les paroisses des LGBT et leurs familles ». Il fallait l’oser ! Alors à quoi sert de demander pardon, de se lamenter en fustigeant toute l’Église qui n’en peut mais, en dénonçant dans les crimes perpétrés, non pas le péché en lui-même que constitue l’abus sur mineurs, mais ce qui est requalifié de cléricalisme ! Ah, si ce n’est pas précisément du cléricalisme, cette manière de procéder…

François pour ces journées s’est fait accompagner, comme par hasard, de ceux qui participent du même système : le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, Oscar Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, membre de son C9, Blase Cupich, créé cardinal par lui, archevêque de Chicago, des noms qui ont été cités – à tort ou à raison – dans des affaires de ce genre, comme ceux de Wuerl, archevêque de Washington, et de O’Malley, archevêque de Boston, qui aussi étaient invités et qui ne sont pas venus, car ils doivent faire face eux-mêmes à la tourmente ! Le jésuite américain, James Martin, directeur de la revue America, connu pour ses positions ouvertement LGBT, était bien là, lui aussi, chargé de faire sa propagande ignoble. Et François, là-dessus, au retour dans l’avion essaya de noyer la question en parlant de psychiatrie. Il n’y a donc aucune autorité dans l’Église pour dire : ça suffit ! Alors que tout le monde sait que le mal a ravagé des églises entières, que le procureur de l’État de Pennsylvanie, Josh Shapiro, vient de faire savoir que le Vatican et les autorités ecclésiastiques connaissaient les ignominies commises sur des enfants par près de 300 prêtres dans ce seul État, qu’il en est de même au Chili, en Australie, en Irlande, et encore, et encore… Même s’il s’agit d’une minorité, c’est bien trop ! Ne serait-ce que pour que l’Église hiérarchique et l’ensemble des prêtres qui ont donné leur vie au Christ, ne soient pas compromis dans cet affreux trafic d’influence. Car qu’est-ce d’autre ?

Il est donc compréhensible que Mgr Carlo Maria Vigano ait cru bon d’écrire sa lettre ouverte au pape. Ancien Délégué aux représentations pontificales auprès de la secrétairerie d’État, puis nonce apostolique à Washington, il fut par ses fonctions informé de suffisamment de faits à la suite de ses prédécesseurs pour se croire obligé d’en référer aux plus hautes autorités, en particulier s’agissant des abus sexuels perpétrés par l’ancien archevêque de Washington, le cardinal McCarrick, doublés de sollicitatio ad turpia et de sacrilèges eucharistiques. Sa lettre est parfaitement documentée, précise ; et les faits monstrueux de perversion sont connus et sont si avérés qu’à la demande de François McCarrick a été obligé de présenter sa démission du collège cardinalice en juillet dernier. Mais, auparavant, qu’en était-il, s’il est vrai que, de fait, Benoît XVI avait déjà pris des décisions à son encontre ?

Ce n’est pas tout, car Mgr Vigano dénonce tout un système de connivences, de nominations, de réseaux homosexuels qui contamine l’Église. Combien d’autorités impliquées ? Et jusqu’où… Le pape François ne saurait d’aucune manière et à aucun titre couvrir de son autorité de telles turpitudes : c’est une évidence. Il en va du respect de sa propre fonction que tout catholique est tenu de respecter, à commencer par lui-même. Le pape est souverain ; il a le droit de ne pas répondre et, bien sûr, de ne pas se plier aux injonctions et aux supplications de Mgr Vigano ; il ne peut pas ne pas en tenir compte. Mgr Vigano sera vraisemblablement décrié. On cherchera à anéantir son témoignage qui, comme tout témoignage, a nécessairement des aspects très personnels et donc sujets à contestation. C’est si facile ! Les personnes concernées vont faire front. Il lui sera opposé des haussements d’épaule ou un silence méprisant comme le silence qui voile la honte… Il n’est pas bon dans l’Église d’aujourd’hui d’avoir du courage. Pas plus que dans la société civile! Quelques évêques dans le monde, heureusement, américains en particulier, mais pas seulement, ont compris l’importance d’un tel acte qui pourrait devenir salutaire s’il aboutissait à une nécessaire cure de vérité dont l’Église, à l’évidence, a le plus grand besoin. À ceux qui s’affoleraient, car la crise, est de fait, d’une violence inouïe, pourquoi ne pas rappeler la pensée de Pascal : « Bel état de l’Église quand elle n’est plus soutenue que de Dieu »."


Le Cardinal Edwin O'Brien demande une enquête pour déterminer les responsabilités quant aux promotions de Mgr McCarrick

Lettre du Grand Maître de l'Ordre du Saint-Sépulchre, le Cardinal O'Brien :

Capture d’écran 2018-09-10 à 22.25.33Cité du Vatican, le 8 septembre 2018 en la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie

Aux membres de l’Ordre Équestre du Saint Sépulcre :

Certains d’entre vous se souviennent sans doute du film En Pleine Tempête : plusieurs phénomènes météorologiques convergent, se réunissent, et causent des dégâts terribles.

Notre Église Catholique est en pleine tempête – en pleine tempête diabolique. Le Chili, l’Irlande,les Pays-Bas, l’Australie, les États-Unis ... Et combien d’autres encore ?! La double vie révoltante,profondément scandaleuse, d’un Cardinal de l’Église. Le rapport de 900 pages, quasimentpornographique, du grand jury de Pennsylvanie ; l’ignominie des actes pervers de prêtres à l’encontre de jeunes ou de personnes en situation de faiblesse. Les accusations d’un ancien Nonce du Vatican contre les plus hautes autorités de l’Église.

On peut appeler cela « UN CHEF D’ŒUVRE DIABOLIQUE » !

Les forces de Satan sont au travail pour saper les fondations mêmes de l’Église Une, Sainte,Catholique et Apostolique – de l’intérieur !

Nous sommes confrontés à une crise sérieuse, probablement la crise la plus importante que notre Église aie traversée en de nombreux siècles.

Aujourd’hui, comme à d’autres moments de l’histoire de l’Église, les fidèles – vous – se voient offrir un choix :

  • Il y a la tentation de fuir, d’abandonner l’Église. Victoire de Satan.

  • Ou alors, s’accrocher. Notre Foi ne nous vient pas des hommes, mais de Jésus-Christ. LesChevaliers du Saint Sépulcre n’ont jamais déserté. Ils ont tenu pied, pour la défense del’Église, dans des temps de grandes crises.

    Je voudrais supplier tous nos membres de s’accrocher, et plutôt deux fois qu’une. Retournez auxressources divines de la Foi : la prière, la messe, la dévotion eucharistique, la pénitence et le jeûne.

  • Participez aux assemblées de prière, aux activités liturgiques paroissiales et diocésaines organisées en réparation des sacrilèges déplorables commis par des membres des Saints Ordres contre des innocents sans défense. Les trahisons scandaleuses de la confiance placéeen ceux qui étaient tenus d’être d’autres Christs.

  • Soutenez la majorité des bons prêtres de votre entourage – vos prêtres, qui se battent quotidiennement pour être le Christ pour vous. Ils souffrent beaucoup.

  • De mon côté, je me suis associé à la requête de la Conférence Épiscopale des États-Unis pour demander une enquête pontificale, avec des laïcs dotés des compétences adéquates, qui devra déterminer les responsabilités quant aux promotions de Monseigneur McCarrick au sein de la hiérarchie ecclésiastique.

    Dans l’Histoire, Dieu a montré qu’Il pouvait tirer le bien du pire des maux. Il n’y a qu’à regarder laCroix !

180px-Rome_Consistory_Cardinal_O'BrienPrions pour que de ce cauchemar résultent la purification de notre Église, et la restauration de la confiance dans ses dirigeants.

Reconnaissons que Jésus-Christ est le Seigneur de la Résurrection, Lui qui transforma l’horrible moment d’une mort affreuse en un moment de salut.

Et prions ensemble avec notre Saint Père, le Pape François, pour que Notre Dame, qui porta le Corps brisé et crucifié de son Fils en ses bras, le fasse de nouveau. En ces jours, qu’elle porte cecorps souffrant, battu et sanglant, son Corps, l’Église, auprès de son cœur, et dans sa prière pour saguérison.

Merci à vous tous pour votre loyauté sans faille et pour votre fidélité.
Dans le Seigneur,

Edwin, Cardinal O’Brien


Terres de Mission : l’Eglise et la question de la peine de mort

Eglise universelle : L’Eglise catholique interdit la peine de mort !
Le pape François vient d’approuver une modification du § 2267 du Catéchisme de l’Eglise Catholique qui désormais enseigne : “à la lumière de l’Evangile que la peine de mort est inadmissible”. Monsieur l’abbé Garnier, prêtre de la Fraternité Saint Pierre, évoque les difficultés que soulève cette formulation en rupture avec l’enseignement constant de l’Eglise pendant 2000 ans.

Eglise en France- Universelle (2) : Scandales sexuels aux USA : d’après Mgr Vigano beaucoup de monde savait.
Par une lettre du 22 août, l’ancien nonce aux USA, Mgr Vigano dénonçait nommément des évêques et des cardinaux qui auraient été au courant des turpitudes commises par des prêtres, des évêques, voire des cardinaux. Les événements se précipitent avec le refus du pape de répondre aux accusations, les réactions de nombreux évêques américains ou autres. Monsieur l’abbé Barthe fait le point sur cette crise, sans doute une des plus graves qu’ait jamais connue l’Eglise, Mgr Vigano demandant la démission du pape, certains évêques souhaitant le report du synode sur la jeunesse prévu en octobre, etc.

Eglise en Marche : Te Deum solennel pour les 70 ans du cardinal Burke
Alors que l’Eglise américaine est sous les feux de l’actualité de très nombreux amis du cardinal Burke (cardinaux, évêques, prêtres ou simples laïcs) se sont retrouvés au séminaire saint Philippe Néri de l’Institut du Christ-Roi à proximité de Florence le 30 août pour célébrer les 70 ans du cardinal. Monsieur le chanoine Waché de Corbie nous fait partager ce grand moment de catholicité dans l’action de grâces, la bienveillance et la charité chrétienne. Un hommage mérité à un “grand cardinal” qui n’a sans doute pas fini de faire l’histoire.


Le Saint-Siège était au courant des turpitudes de l’archevêque McCarrick depuis 2000

20180907t1513-0578-cns-mccarrick-sandri-ramsey_800Dans son témoignage, Mgr Carlo Maria Viganò écrivait :

« selon ce qu’a écrit le nonce Pietro Sambi, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P., datée du 22 novembre 2000, a été rédigée à la demande du défunt nonce Montalvo. Dans cette lettre, le père Ramsey, professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’à 1996, affirme qu’une rumeur récurrente au séminaire disait que l’archevêque “partageait son lit avec des séminaristes” […] Le bureau que j’occupais à l’époque n’a été informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège après que le nonce Montalvo eut porté ces accusations à la fin de 2000, alors que le cardinal Angelo Sodano était secrétaire d’État […] jusqu’en septembre 2006 : toutes les informations lui ont été communiquées. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui envoya son rapport, lui transmettant la lettre susmentionnée du père Boniface Ramsey dans laquelle celui-ci dénonçait les graves exactions commises par McCarrick ».

Catholic News Service (CNS), agence d’information officielle de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) a confirmé le 7 septembre dernier, cette affirmation de Mgr Viganò en publiant le facsimile de la lettre que l’archevêque Leonardo Sandri, alors substitut de la secrétairerie d’État, a écrite au Père James Ramsey en date du 11 octobre 2006. Le substitut y précise bien la réception de la lettre du Père Ramsey « en novembre 2000 ». La lettre du substitut n’évoque pas McCarrick, mais le Père Ramsey à précisé à CNS : « Ma lettre du 22 novembre 2000, était sur McCarrick et elle n’accusait pas des séminariste de quoi que ce soit : elle accusait McCarrick ».


Rosaire pour la Foi, la Vie et la Paix récité pour la Belgique et le monde, le samedi 13 octobre

Capture d’écran 2018-09-02 à 18.11.31La récitation du Rosaire aux frontières est une initiative de prière de plus en plus internationale, inaugurée en 2017 à la suite du centenaire des apparitions de Marie à Fatima. L’élan est à présent suivi par des catholiques en Belgique, pour demander à Notre Dame la renaissance de la Foi, la protection de la Vie et la Paix du Christ en Belgique et dans le monde entier. Cet évènement aura lieu le 13 Octobre 2018 à 15.00 à travers toute la Belgique.

Le Cardinal Joseph De Kesel, Archevêque de Malines-Bruxelles, porte tous les participants et ce projet dans sa prière. Pour permettre à chacun de se rassembler et de vivre cet évènement concrètement et en nombre, il sera possible de se réunir sur les frontières ou à l’intérieur du pays, dans les églises ou à l’extérieur, en ville ou dans les campagnes. Réciter le Rosaire sur les frontières symbolise l’amour des priants pour leur pays, mais aussi le désir de réaliser un trait d’union entre les pays, par le rayonnement de la prière.

Tous sont invités à y participer soit en créant et en animant un lieu de prière, soit en rejoignant un lieu de prière existant, via l’inscription sur le site internet du projet.

Depuis le Centenaire des apparitions de Notre Dame à Fatima, plusieurs pays à travers le monde ont récité cette prière à leurs frontières, sur leurs côtes ou à l’intérieur de leur pays. Le projet répond ainsi aux appels récurrents et universels de Marie, Notre-Dame au Cœur d’Or qui, à Beauraing, demanda de prier pour «la Paix au cœur de tous les peuples et nations».


Evangile illustré

image from hozana.org

Commentaire du dessin par Olivier de Boisgelin, diacre.

"La lumière jaillit des frondaisons. Une lumière éclatante. Une lumière de transfiguration portée par le bruissement des ramures et les gazouillis des oiseaux. Elle écarte le brouillard cotonneux qui masquait la réalité, sur les bords de l’image. C’est la salive du Verbe qui nettoie la terne brume du silence. C’est elle qui rend la Parole accessible à ceux qui l’écoutent. Jésus nous donne aujourd’hui, à chacun de nous, ce geste de « re-création ». Comme le sourd-muet à l’orée de ce sous-bois, comme la Madeleine au jardin du matin de Pâque ouvrons nos cœurs de ressuscités."


Quel est le scandale : celui des réseaux homosexuels ou celui d’un homme qui a décidé de parler ?

Extrait de l'éditorial de Philippe Maxence sur L'Homme Nouveau :

Capture d’écran 2018-09-08 à 15.03.16"[...] Dans le quotidien La Croix, par exemple, on peut lire ce titre à la fois banal et ahurissant : « Qui est Mgr Vigano, l’ex-nonce par qui le scandale est arrivé ? » (04/09/2018).

Il est normal pour un journal de donner à ses lecteurs à connaître qui est Mgr Vigano dont les fonctions anciennes n’ont pas été mises sur le devant de la scène, au moins de la scène française. Mais ne rajoute-t-on pas un scandale au scandale, en l’accusant d’être à l’origine de celui-ci ? Mais de quel scandale parle-t-on ? Quel est ce scandale qui devrait soulever les cœurs catholiques : celui de la pédophilie et des réseaux homosexuels au sein de l’Église ou celui d’un homme qui a décidé de parler ? En voulant nous remettre de force devant les yeux le panneau « un train peut en cacher un autre », il semblerait que certains ne mesurent pas combien ils se font complice de ce qui relève de l’horreur absolue pour un cœur et une âme catholiques.

S’il y a un scandale, il s’agit des faits révélés par Mgr Vigano et non d’abord parce que pour être en paix avec sa conscience, celui-ci a décidé de les divulguer au grand public. Il est quand même étrange, et donc suspicieux, de constater que les habituels défenseurs auto-proclamés des droits de la conscience, invoquée à tout bout de champ au nom du respect des droits de l’homme, de la liberté religieuse, de la véritable application de Vatican II ou du droit à la miséricorde, s’offusquent aujourd’hui de voir Mgr Vigano réclamait de vivre en paix avec lui-même. Ne nous y trompons pas ! Il ne s’agit pas ici d’une erreur ou d’un jugement hâtif mais de l’habituel procédé qui refuse la liberté aux ennemis (déclarés tels) de la liberté.

Ce faisant, sommes-nous, nous aussi, complices ? Complices, par exemple de Mgr Vigano ? On nous presse, en effet, de prendre parti. Avec cette idée en arrière-fond et son enchaînement pervers : si vous êtes pour Mgr Vigano, vous êtes contre le pape François, donc vous êtes de mauvais catholiques ou, pire, vous n’êtes même plus catholiques.

La preuve se trouverait dans le fait que Mgr Vigano a demandé au terme de son témoignage la démission du pape François.

Et alors ? Mgr Vigano a pris sa responsabilité, au regard d’une situation qu’il connaît et des affirmations qu’il a voulu faire connaître pour le bien de l’Eglise. 

Par la grâce de Dieu et par état de vie, nous sommes des laïcs, par notre baptême, enfants de Dieu et rachetés par le sang du Christ, au service de l’Église et de la cité, dans la perspective du bien commun. Mais, contrairement à la confusion qui s’est établie dans une partie de l’Église, nous ne confondons pas notre rôle avec celui des clercs et nous ne réclamons pas une partie (ni le tout, d’ailleurs) de ce qui leur revient. Nous croyons à la nécessité des distinction et nous croyons même au bienfaits des hiérarchies dès lors qu’elles s’exercent en vue du bien commun. Nous ne croyons pas non plus aux bienfaits supposés de la démocratie dans l’Église et à cette pureté qui s’imposerait comme par magie du fait qu’elle viendrait du bas. Plus encore, nous croyons que le Christ a fondé l’Église et qu’il l’a établie sur Pierre et les Apôtres et leurs légitimes successeurs.

Il ne nous appartient donc pas de demander la démission du Saint-Père, ni même d’œuvrer pour que d’autres la demande. Ce n’est pas notre vocation.

Encore une fois, Mgr Vigano a pris ses responsabilités, nous prenons les nôtres, là où nous sommes, en priant pour ne pas trop nous tromper et en espérant être assez éclairé pour bien servir le Christ et son Église.

Celle-ci dans son enseignement, s’est toujours appuyée sur ce que le pape Jean-Paul II appelait les « deux ailes » pour parvenir à la contemplation de la vérité : la foi et la raison. Non pas la foi isolée, seule, ni  non plus, la raison, également solitaire. Mais l’union féconde de l’une et de l’autre. On ne sépare pas ce que Dieu a uni.

Notre rappel des limites de notre vocation de laïcs, et notre maintien dans ces limites, nous enjoint de croire en la divinité de l’Église, mais ne nous interdit nullement de vouloir comprendre, au mieux, ce qui se passe actuellement au sein de celle-ci. 

Concernant plus précisément les faits révélés par Mgr Vigano dans son texte de témoignage, nous souhaitons, au fond, deux choses :

1°) Que chaque affirmation de Mgr Vigano soit étudiée et jugée selon le droit de l’Eglise. Ses affirmations sont suffisamment graves et précises pour que l’Église ne puisse se contenter de les balayer comme s’il s’agissait d’un simple mouvement d’humeur. Il y va au fond du salut des âmes.

2°) Que l’Eglise profite de cet événement pour se purifier et retrouver toute la fidélité à son fondateur et à sa mission, étant bien entendu que nous parlons ici des hommes d’Eglise et non de l’Eglise en tant qu’elle est le Corps mystique du Christ, sainte et immaculée.

Ici ou là, nous constatons que l’on accuse Mgr Vigano de telle ou telle pensée, de tel calcul, de tel désir plus ou moins caché, plus moins secret. Mais depuis quand dans l’Eglise juge-t-on les intentions et sonde-t-on les reins et les cœurs ? Depuis quand la calomnie est-elle devenue une vertu ? Même au confessionnal, si le confesseur peut prendre en compte les intentions qui lui sont révélées, c’est essentiellement les actes qu’il juge et pour lesquels il demande une réparation proportionnée.

Nous ne sommes ni les juges, ni les défenseurs de Mgr Vigano. Nous essayons, à notre mesure et selon nos capacités, d’être les serviteurs de l’Église. Avec saint Ambroise, nous nous souvenons que l'Église est “ immaculata ex maculatis ", immaculée mais constituée d'hommes tachés par le péché. [...]"


21 septembre à Lyon : Son et lumière pour les chrétiens d'Orient

« Martyre et espérance des Chrétiens d’Orient, de saint Paul à nos jours »

Une seule représentation à Lyon : Vendredi 21 septembre à 20h30 à l'église Saint-Georges, quai Fulchiron 69005 LYON

Texte : Richard MILLET

Voix : Charlotte d’ORNELLAS & P. Benoît JULLIEN de POMMEROL

Au profit de la reconstruction de l’école de la cathédrale de Bagdad

 

Organisé par : SOS Chrétiens d’Orient


5 ans de SOS Chrétiens d'Orient : bilan et avenir

A l'occasion des 5 ans de la dynamique association SOS Chrétiens d'Orient (qui seront fêtés par une messe mercredi 12 septembre), nous avons interrogé son président Benjamin Blanchard :

Quel est le bilan chiffré de ces 5 années : nombre de personnes/pays aidés, nombre de volontaire envoyés et pour quelle durée ?

_MG_3711_11400 volontaires envoyés en continu dans cinq pays : Irak, Syrie, Liban, Jordanie, Egypte. Nous travaillons aussi au Pakistan mais n’envoyons pas de volontaires. Les volontaires partent en mission pour une durée allant de 1 mois à 1 an.  

Voici le tableau des constructions, reconstructions ou créations de commerces par pays depuis cinq ans :

Maj juillet

Quelles sont les ambitions de SOS Chrétiens d'Orient pour les 5 années à venir ?

Photo_2018-06-04_15-22-12Nous souhaitons accentuer sur le développement économique et la reconstruction pour aider les chrétiens à se réenraciner, notamment ans la plaine de Ninive, Alep et Homs.

Nous souhaitons aussi intensifier notre action au Pakistan auprès des chrétiens en situation d’esclavagisme économique, actuellement nous construisons pour eux des colonies (petits villages) afin de leur permettre de retrouver une part de liberté. Nous envisageons aussi de nous rendre dans d’autres pays.

Nous avons senti une certaine fébrilité de la part des milieux officiels catholiques. Avez-vous pu mieux vous faire connaître et accepter ou est-ce encore un défi pour l'avenir ?

3L4A0262Récemment j’ai rencontré Mgr Delannoy, vice-président de la conférence des évêques de France, l’échange était intéressant et très fructueux.

Plusieurs diocèses accueillent à tour de rôle notre spectacle son et lumière : « Martyre et espérance des chrétiens d'Orient de saint Paul à nos jours ». Ceux qui font la démarche de nous rencontrer sont généralement assez enthousiasmés.

Bien sûr nous déplorons les attaques à répétition d’une autre association à notre égard mais préférons éviter d’alimenter une polémique qui n’intéresse qu’une minorité en France au détriment de l’investissement que nous avons auprès des chrétiens d’Orient.


D'un point de vue moral et historique, cette crise est pire que ce que vous croyez

Article paru le 30 août dans le National Catholic Register, traduit et adapté par Jan Laarman :

Wiker-WUERLDepuis la publication de la lettre de l’archevêque italien Vigano accusant le pape d’avoir couvert des crimes sexuels aux Etats-Unis, l’Église catholique est entrée dans une crise comme elle n’en avait pas connu depuis longtemps. La nature de cette crise s’éclaire en prenant un point de vue moral et historique.

L'unique raison pour laquelle la pédophilie est un problème moral pour nos contemporains, est que l’Église catholique en a fait un problème.

Les relations sexuelles avec les garçons et les filles, mais surtout avec les garçons, faisaient partie intégrante de la culture grecque et romaine ancienne, la culture dans laquelle le Christ lui-même, et donc l'Église, étaient nés. Le christianisme a rejeté cette pratique sexuelle païenne répandue car elle est une perversion de la sexualité, et elle a évangélisé en conséquence. Sans le succès des efforts d'évangélisation du Christianisme, les lois contre la pédophilie encore en vigueur n’auraient jamais existé du tout.

Pour affiner cette esquisse historique, il faut rappeler que les hommes en quête de relations sexuelles avec des hommes dans la Grèce et la Rome antiques préféraient ceux entre 12 et 18 ans, lorsque les garçons s'épanouissent pour devenir des hommes. Pour être bref, l'activité homosexuelle était définie principalement par la pédophilie. Il n'y avait pas de distinctions artificielles entre l'homosexualité, la pédophilie, l'éphébophilie (rapports sexuels avec une personne entre 12 et 14 ans) et l'hébéphilie (rapports sexuels avec quelqu'un de 15 à 18 ans). Il y avait tout simplement le désir, commun sur le plan culturel, des hommes d’avoir des relations sexuelles avec des garçons âgés de 12 à 18 ans.

De plus, la pédophilie avec les garçons ne se limitait pas à quelques individus ayant une orientation exclusivement homosexuelle. La grande majorité des hommes s’y livrait, qu’ils soient (comme on les désignerait aujourd'hui) homosexuels ou hétérosexuels. C’était une part acceptée de la culture gréco-romaine. Ainsi, la pédophilie n'était pas une question morale, mais une pratique culturelle de la plupart des hommes. C’est un point important, car il signifie que notre tentative actuelle de fixer un «pourcentage» d'homosexuels défini dans la population, disons 2% ou 10%, ne tient pas compte du fait que l'homosexualité et la pédophilie peuvent s'étendre dans une société humaine quand la culture se déforme.

C'était précisément la situation dans l'ancienne Grèce païenne et à Rome. Puis vint le Christ. Le christianisme a fait de la pédophilie une question morale. Alors que le Christianisme évangélisait lentement l'empire romain païen, l'acceptation sociale des hommes ayant des rapports sexuels avec des garçons a été remplacée par une répulsion morale généralisée (et l'apparition de lois anti-pédophilie qui ont suivi). Il en fut de même pour l'homosexualité, l'esclavage sexuel, l'avortement, l'infanticide et l'euthanasie. Ils sont devenus des questions morales, et plus des pratiques sociales païennes acceptées, uniquement à cause de l'évangélisation chrétienne.

Voici les leçons que nous devons tirer de cette histoire. La seule raison pour laquelle il existe encore des lois civiles qui interdisent et punissent la pédophilie est que le christianisme a dominé la culture occidentale en l'évangélisant. La seule raison pour laquelle nous avons accepté l'homosexualité dans la culture et dans le droit est la déchristianisation croissante de la culture en Occident. Si nous nous repaganisons, la pédophilie sera bientôt acceptée, tout comme l'homosexualité, l'avortement, l'infanticide et l'euthanasie ont déjà été acceptés.

C’est une crise considérable dans l'Église et pour l’Église, car un réseau homosexuel mondial profondément implanté chez nos prêtres, évêques et cardinaux s’emploie activement à réaliser la déchristianisation complète du monde en s’attaquant aux garçons de 12 à 18 ans, recréant littéralement la culture sexuelle gréco-romaine dans nos séminaires et diocèses. Si vous voulez savoir à quoi ressemblait l'ambiance sexuelle sordide de la Grèce antique et de Rome, lisez le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie.

L’ironie est terrible. Les hommes chargés les premiers de l'évangélisation de toutes les nations réalisent à pleine vapeur la désévangélisation des nations. Ce faisant, ces prêtres, évêques et cardinaux, au cœur même de l’Église catholique, agissent comme des agents de repaganisation, détruisant 2000 ans d’histoire de l’Église.

Pour être encore plus précis, ces prêtres, évêques et cardinaux sont les principaux agents de la désévangélisation, de la déchristianisation et de la repaganisation. Car il n’y a rien qui sape plus l’autorité morale et théologique du Magistère plus rapidement et plus profondément que le diabolique mariage du scandale et de l’hypocrisie. Il détruit la capacité d'évangéliser.

Et notez que je dis à la fois "morale et théologique". Car pourquoi devrait-on prendre aujourd’hui au sérieux quoi que ce soit du Magistère, que ce soit les enseignements de l’Eglise sur la pédophilie et l’homosexualité, ou ses enseignements sur la Très Sainte Trinité?

Peut-on imaginer crise plus profonde pour l’Église du Christ ?


Scandales Maciel et McCarrick : suivez l'argent

Extrait de la traduction d'un article d'Aldo Maria Valli par Benoît-et-moi :

"Question : Qu'ont en commun le père Marcial Maciel et l'archevêque Theodore McCarrick ?

Unknown-8Pour ceux qui s'occupent des choses du Vatican, la réponse est facile. Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, et le cardinal McCarrick, archevêque de Washington de 2000 à 2006, ont malheureusement été au centre d'événements graves relatifs à des abus sexuels. En 2006, Marcial Maciel a été sanctionnée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec la peine canonique de renoncer à tout ministère public, pour abus sexuels et délits de pédophilie qui se sont poursuivis pendant des décennies. Quant à McCarrick, nous savons que, reconnu coupable d'abus sur des séminaristes, en juillet de cette année, il a présenté sa démission du Collège des Cardinaux et le Pape François l'a acceptée.

Mais, au-delà des scandales d'abus sexuels, tous deux ont en commun un autre élément: ils étaient tous deux de grands financeurs du Vatican. Quand on dit "grand", il faut penser à d'énormes sommes. Et c'est probablement aussi pour cette raison que, malgré leurs péchés, ils ont bénéficié de plusieurs protections.

Marcial Maciel est mort en 2008. McCarrick, en revanche, est vivant et récemment, avec le mémorandum explosif diffusé par Mgr Carlo Maria Viganò, il est au centre d'un millier de questions. Deux surtout: pourquoi le Pape François, qui a été averti par Viganò des abus de McCarrick en juin 2013, n'est intervenu qu'en juillet de cette année, en acceptant la démission du cardinal? Et pourquoi, bien qu'il semble que tout le monde connaissait la conduite morale du cardinal, l'affaire a-t-elle explosé si tard ?

L'hypothèse est que, plus que par l'Esprit Saint, McCarrick était protégé par les millions de dollars qu'il envoyait régulièrement au Vatican à travers la Papal Foundation, fondée en 1988 précisément par lui, avec le cardinal John Krol et le cardinal John O'Connor. La Papal Foundation fonctionne selon un principe simple: «Les donateurs peuvent être des individus, des fondations ou des groupes fraternels. L'adhésion commence par la promesse de donner 1 million de dollars sur une période maximale de dix ans, avec un don minimum de 100.000 $ par an. Ceux qui choisissent de prendre cet engagement deviennent Stewards of Saint Peter et se joignent à un réseau croissant de catholiques américains dévoués au service du Successeur de Pierre». Sur son site Web, la fondation affirme que depuis 1990, elle a recueilli plus de 215 millions de dollars. Un joli pactole, très important pour les comptes du Saint-Siège.

Lorsque la Papal Foundation a vu le jour, le Vatican sortait, les os brisés, de l'affaire Ior-Marcinkus et du scandale de la Banco Ambrosiano. L'idée était d'impliquer les riches laïcs américains, afin d'assurer au Pape des revenus en éveillant leur générosité. Une excellente idée. Dans le cadre de cette activité, McCarrick s'est avéré être un formidable collecteur de fonds. Comme l'écrit Michelle Boorstein dans le Washington Post, depuis son arrivée à Washington, en provenance de Newark, l'«Oncle Ted» s'est révélé habile à fréquenter des gens qui comptent et peuvent donner de l'argent. Il suffit de dire que le président George W. Bush, au début de son mandat en 2001, s'est rendu pour la première fois à un dîner privé au domicile de l'archevêque, qui venait d'arriver à Washington. [...]

McCarrick a réussi à se mettre au centre d'un réseau de relations et d'amitiés qui lui a permis de continuer sans être dérangé la pratique homosexuelle, avec une préférence marquée pour les séminaristes. La tactique utilisée par McCarrick pour se mettre à l'abri n'est pas nouvelle, mais elle est toujours valide. Lors des auditions des personnes qui ont témoigné contre lui, certains ont dit qu'ils étaient au courant de rumeurs et d'accusations contre l'archevêque, mais l'«oncle Ted» était si populaire que les accusateurs potentiels s'autocensuraient: comment aller contre un homme si admiré? Dans le monde ecclésial, le CV de McCarrick, avec son ascension constante vers des positions toujours plus élevées, bloquait dans l'oeuf toute possible contestation. Comment faire des observations à un tel personnage, ami de tant de gens puissants et auquel on rendait hommage partout? [...] Une personne qui a travaillé longtemps avec le cardinal a dit au Washington Post que McCarrick a tout fait pour s'attirer les bonnes grâces de Jean-Paul II. Partout où le pape Wojtyla est allé, McCarrick était là. A Cuba, au Mexique, partout. «Il cherchait à se faire remarquer». C'est pour cette raison qu'il devint l'ami du secrétaire du pape, Stanislaw Dziwisz. Et c'est pour cette raison que, quand Jean-Paul II s'est rendu aux États-Unis en 1995, la première étape du voyage fut Newark, la ville dont McCarrick était alors évêque et où le pape a été accueilli par le président Clinton. [...]

Une autre de ses forces était qu'il recueillait des fonds pour tout le monde, aidait tout le monde et établissait des relations avec tout le monde, conservateurs et progressistes, pour toutes sortes de causes nobles, y compris les politiques visant à prévenir les abus sexuels du clergé. [...] C'est à la fin du pontificat de Jean-Paul II que les rumeurs sur le comportement sexuel de l'oncle Ted ont commencé à circuler avec plus d'insistance, depuis les séminaires jusqu'aux palais sacrés romains. «Le cardinal met les séminaristes dans son lit», chuchotait-on. Mais dans ces cas, il y avait toujours quelqu'un prêt à le défendre en disant: des voix malveillantes, que font circuler les traditionalistes pour dénigrer un archevêque considéré comme trop libéral. [...]

Alors, pendant toutes ces années, l'oncle Ted s'en est-il tiré grâce à l'argent qu'il a versé dans les coffres du Vatican par l'intermédiaire de la Papal Foundation?

A propos de la Papal Foundation, il est nécessaire de rappeler un événement récent et retentissant: la première querelle entre la fondation et le Pape François. Nous sommes à l'été 2017 quand parvient à la Papal Foundation, venant du Pape, la requête d'allouer une partie des fonds disponibles à la fondation au profit de l'IDI de Rome, l'Istituto Dermopatico dell'Immacolata, propriété du Vatican, pour assainir les caisses dévastés (un crash de 845 millions d'euros, avec vingt-quatre inculpations pour faillite frauduleuse, émission et utilisation de fausses factures, dissimulation d'écritures comptables, détournement de fonds publics et blanchiment d'argent). La requête du Pape est péremptoire: 25 millions de dollars en trois ans. Une somme énorme, si l'on pense que la fondation ne donne généralement jamais plus de 200.000 $ par projet. C'est pourquoi, face à la demande qui vient de Rome, il y a une révolte au sein de la fondation: nous aidons volontiers le pape, disent les riches stewards, pour ses œuvres de charité et d'aide à l'Église, mais il ne semble pas juste de subventionner un hôpital qui, dans le passé, était très mal géré. Cependant, comme c'est le Pape lui-même qui demande l'argent, la fondation finit par payer: 8 millions de dollars immédiatement, puis 5 millions de dollars en janvier de cette année. Le reste, selon le comité, sera envoyé plus tard. Mais le mécontentement est palpable. Le président de la commission qui s'occupe de la révision des comptes prend plume et papier et rédige un rapport dénonçant l'anomalie d'une procédure «négligente», «imparfaite» et «contraire à l'esprit de la fondation». Entre autres choses, ajoute-t-il, les huit premiers millions ont été versés sans même avoir de documentation sur l'utilisation future de l'argent par l'IDI. «Si dans nos carrières personnelles - ajoute-t-il - nous avions consenti une telle imprudence, nous n'aurions jamais atteint les exigences pour faire partie de la Papal Foundation». En somme, la Papal Foundation verse l'argent obtorto collo [contrainte et forcée]. Et qui fait pression pour cela? Le cardinal Donald Wuerl, successeur de McCarrick comme archevêque de Washington, ami de McCarrick et président du conseil d'administration de la fondation. Le réviseur des comptes de la fondation démissionne en signe de protestation, mais les dés sont jetés. Restent pourtant les grognements: donner de l'argent à l'IDI à Rome, rappellent les riches financiers, c'est faire un usage abusif de la fondation, qui s'occupe généralement de causes très différentes et plus nobles, comme la lutte contre la pauvreté et la construction d'écoles, de bibliothèques et de centres médicaux dans les pays qui en ont le plus besoin. De plus, pour la première fois, la Papal Foundation se scinde en deux. D'un côté, les évêques qui étaient membres du conseil d'administration, en faveur de la demande du Pape, et de l'autre, les laïcs, clairement opposés. Et François comment a-t-il réagi? Il a annulé l'audience annuelle accordée aux administrateurs de la fondation.

À ce stade, la question est la suivante: peut-on imaginer que ces tensions ont joué un rôle dans la fin du silence et du soutien dont McCarrick jouit depuis si longtemps?

Le nom du cardinal a évidemment disparu de la liste des membres de la fondation. Mais est-il possible que quelqu'un, en guise de représailles pour l'utilisation abusive des ressources de la Papal Foundation, se soit adressé à Mgr Viganò et lui ait demandé de sortir à découvert avec la nouvelle que le pape, depuis juin 2013, était au courant de la conduite immorale de McCarrick ? Trop tordu, tout cela? C'est possible. Mais la piste mérite d'être explorée. Rod Dreher dans une reconstruction qui a sa propre logique écrit: «L'hypothèse est que Viganò dit la vérité sur le sexe gay, l'implication de la hiérarchie catholique et une dissimulation papale, mais que ses révélations pourraient être liées à une lutte acharnée pour l'argent». Interrogé par nous à ce sujet, Mgr Viganò a déclaré: «Personne de la Papal Foundation ou des cercles qui lui sont proches na m'a jamais contacté». Quoi qu'il en soit, la vieille règle qui recommande, pour atteindre la vérité, "suivez l'argent", reste valide."


Abus sexuels : plusieurs évêques demandent un synode extraordinaire

Plusieurs évêques ont demandé au pape François de convoquer un synode extraordinaire sur le thème des abus sexuels :

  • Unknown-9Mgr Philipp Egan, évêque de Portsmouth (Royaume-Uni), a écrit au pape le 22 août pour lui demander de convoquer un synode extraordinaire sur “la vie et le ministère du clergé”. Le prélat britannique suggérait que la rencontre couvre des sujet tels que “l’identité du prêtre et de l’évêque”, le “mode de vie et les soutiens au célibat”, ou encore “d’éventuelles règles de vie pour les prêtres et les évêques”.
  • Une semaine plus tard, Mgr Edward Burns, évêque de Dallas (Etats-Unis), a transmis au pontife une lettre proposant de centrer les discussions sur la protection des enfants et des personnes vulnérables, ainsi que sur la formation des prêtres et des religieux.
  • Fin août, l’archevêque de Philadelphie (Etats-Unis), Mgr Charles Chaput, annonçait avoir demandé au pape François l’annulation du synode des évêques sur la jeunesse et de “commencer à la place l’organisation d’un synode sur la vie des évêques”.

La Tactique du Diable

Texte reçu d'un prêtre ami :

Face à la « bombe Vigano », qu’il faudrait plutôt appeler la trompette apocalyptique « an-noncia-trice », tant le message fracasse certitudes, positions dominantes et fausses idoles… Elle secoue l’assoupissement de l’Église, en la personne de plusieurs de ses plus éminents responsables. Face à cette interpellation universelle, pour un redressement de la foi et des mœurs, en passant par le creuset de la difficile purification, au-delà même de la personne de l’auteur et des détails de ses accusations, au milieu du chaos et de la panique générale, au lieu d’un élan unanime d’union autour du désir de faire la vérité et de se ressaisir, à l’inverse un vent mauvais se lève… La réaction s’organise, eaux troubles où le démon va pouvoir, comme d’habitude, pêcher librement.

Sa tactique, telle qu’elle commence à se dessiner, porte sur quatre axes, en vertu du vieux principe que les meilleurs mensonges se drapent dans les plis de la vérité :

Images1. Confondre « pédophilie » et homosexualité (ou pédérastie). « Embrouillez-moi la question », disait l’autre. Mettre en avant de façon obsessionnelle une abomination réelle mais marginale, pour masquer la réalité concrète des faits majoritaires graves qui gangrènent le clergé catholique, c’est sa première tactique. C’est cacher la forêt grâce à l’arbre. Même les plus désireux d’aller dans la bonne direction, même ceux qui dénoncent à juste titre les connexions douteuses entre mauvaises mœurs et mauvaise théologie, s’y laissent prendre. Mais qui osera le dire comme le fit, en l’an mil, saint Pierre Damien, dans son Liber Gommorhus, ouvrage tellement explicite sur les mœurs invertis du clergé romain qu’il finira à l’Index ? Le diable aime les faux semblants, des demi vérités et la confusion, c’est son fonds de commerce. Il est le diviseur. Nous devons cesser d’entretenir cette confusion. Cette tactique trouve de nombreux complices chez ceux que terrorise l’idée de s’attaquer à la coterie gay, puissante et agressive. Résultat : double effet de sidération.

2. Donner le change, en prétendant trouver les fondements du mal dénoncé dans le « cléricalisme », en recyclant pour faire bonne mesure les vieux serpents de mer de l’ordination des femmes ou du mariage des prêtres, qui constitueraient des remèdes appropriés. C’est la tactique reprise par le journal La Croix. C’est un leurre plus subtil que le premier. Il relève de la tactique de l’obstruction : dévier le coup ou multiplier les objections secondaires. Un grand classique. Le quotidien est sûr ainsi d’attirer tous les nostalgiques de mai 68. Or, le mal n’est pas le cléricalisme, c’est le relativisme moral, contraire à l’Évangile, ayant entraîné la corruption d’abord des esprits, puis des mœurs, au nom de la tolérance et de la liberté ; c’est l’indulgence coupable vis-à-vis de l’homosexualité (et non des personnes à tendance homosexuelle) par conformisme envers les idées ambiantes.

3. Dénoncer un complot ourdi par les franges les plus réactionnaires du catholicisme, par esprit de vengeance ou d’ambitions déçues. MM. de Plunkett ou Le Morhedec, sont à la manœuvre en France, mais ne trompent personne. Nous n’avons pas encore eu droit à la thèse du complot russe (Poutine ou son complice le patriarche de Moscou), mais on va y venir très vite. La ficelle est grosse, mais efficace, si on y ajoute une bonne poignée de calomnies personnelles sur le « lanceur d’alerte ». En cas de panique, comme actuellement, tous les moyens sont bons. Tapez au plus bas pour déconsidérer moralement l’adversaire. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.

4. En appeler à l’unité, autour du pape (ou des évêques), contre les soi-disant diviseurs, ou laisser la résolution de la question à la « maturité des journalistes », parce que ce chaos blesse l’Église. C’est l’argument universel et perpétuel des autorités lorsque la marée critique commence à déborder. Cela évite de répondre à la question. Il a été servi au moment de la crise liturgique, depuis le début de celle des vocations, à chaque fois que nos pasteurs prenaient des positions contestables ou ne prenaient pas celles qui s’imposaient. C’est l’argument d’autorité : « je ne veux voir qu’une seule tête », qui sacrifie bien aisément la vérité sur l’autel du consensus. La « culture du déni et de l’obstruction », au nom de la désirable unité. Telle est l’ultime tactique du diable.

Pour conclure, la parole est donnée à l’archevêque de San Francisco, Salvatore Cordileone (cela ne s’invente pas : « Sauveur Cœur-de-lion ») :

« Les déclarations [de Mgr Vigano] doivent donc être prises au sérieux. Les rejeter à la légère ce serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction. Bien entendu, pour valider ses déclarations en détail, il faudra mener une enquête formelle, approfondie et objective… je me joins (à l’appel) d’autres évêques pour réclamer une telle enquête et prendre toute mesure corrective nécessaire, à la lumière de ses conclusions. »

Parce que nous aimons l’Eglise plus que jamais, nous ne demandons rien d’autre, Plus de commissions impuissantes, plus de repentances stéréotypées, plus de silence, plus d’obstruction, plus de faux-semblants. La vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Saint Pierre Damien, priez pour l’Église !


En plein scandale homosexuel, le père James Martin s'affiche dans... Têtu

Nous avions évoqué les étranges théories du père James Martin il y a tout juste un an sur ce blog, en relayant la critique qu'en faisait le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin, dans le « Wall Street Journal ». Le père James Martin, plume vedette d’ « America », la revue des jésuites de New-York, également consultant au Secrétariat pour la Communication du Vatican, est l'auteur d’un livre qui bouleverse l’enseignement de l’Eglise en matière d’homosexualité en légitimant les rapports entre personnes de même sexe. Le cardinal Sarah écrivait alors :

6a00d83451619c69e201b7c91c2283970b-200wi"L’Eglise catholique a souvent été critiquée, y compris par certains de ses propres membres, pour sa réponse pastorale à la communauté LGBT. […] Parmi les prêtres catholiques, le Père James Martin, un jésuite américain, est l’un des critiques les plus explicites du message de l’Eglise sur la sexualité. Dans son livre « Building a Bridge » publié au début de cette année, il répète la sempiternelle critique selon laquelle les catholiques auraient été très critiques envers l’homosexualité tout en négligeant l’importance de l’intégrité sexuelle dans ses propres rangs.

Le Père Martin a raison d’affirmer qu’il ne devrait pas il y avoir deux poids deux mesures concernant la vertu de chasteté qui, bien qu’exigeante, fait partie intégrante de la bonne nouvelle de Jésus pour tous les chrétiens. Pour les célibataires – quelles que soient leurs attirances – la chasteté fidèle demande l’abstention de sexe.

Cela pourrait sembler une exigence trop élevée, surtout à l’heure actuelle. Cependant, il serait contraire à la sagesse et à la bonté du Christ d’exiger quelque chose qui ne puisse être réalisé.  Jésus nous appelle à cette vertu parce qu’il a fait nos cœurs pour la pureté, tout comme il a fait nos esprits pour la vérité. Avec la grâce de Dieu et avec notre persévérance, la chasteté est non seulement possible mais elle deviendra également la source de la véritable liberté.

Il ne faut pas regarder bien loin pour constater les conséquences malheureuses du rejet du plan de Dieu pour l’intimité et l’amour humain. La libération sexuelle que le monde promeut ne tient pas ses promesses. Au contraire, la promiscuité est la cause de tant de souffrances inutiles, de cœurs brisés, de solitudes et du fait de considérer les autres comme des moyens de satisfaction sexuelle.  En tant que mère, l’Eglise cherche à protéger ses enfants du mal du péché, comme expression de sa charité pastorale.

Dans son enseignement sur l’homosexualité, l’Eglise guide ceux qui la vivent en distinguant leurs identités de leurs attirances et de leurs actions. Tout d’abord il y a les personnes elles-mêmes qui sont bonnes en soi puisqu’elles sont enfants de Dieu. Ensuite, il y a les attractions vers le même sexe, qui ne sont pas peccamineuses si elles ne sont pas voulues ni suivies mais qui contrastent toutefois avec la nature humaine. Enfin, il y a les rapports de même sexe qui sont des péchés graves et qui nuisent au bien-être de ceux qui y prennent part. Ceux qui s’identifient comme membres de la communauté LGBT méritent qu’on leur dise cette vérité dans la charité, tout particulièrement de la part des prêtres qui parlent au nom de l’Eglise sur un sujet aussi complexe et délicat.

Je prie pour que ce monde entende enfin la voix de ces chrétiens qui éprouvent des attirances vers le même sexe et qui ont découvert la paix et la joie en vivant la vérité de l’Evangile. Mes rencontres avec elles ont été pour moi une bénédiction et leur témoignage me touche profondément. J’ai rédigé la préface de l’un de ces témoignages dans le livre de Daniel Mattson intitulé « Why I Don’t Call Myself Gay : How I Reclaimed My Sexual Reality and Found Peace » (Pourquoi je ne me qualifie pas de gay.  Comment j’ai reconquis ma réalité sexuelle et trouvé la paix) avec l’espoir que sa voix et d’autres comme la sienne soient mieux entendues. [...]"

Malheureusement, la voix de ces chrétiens qui refusent d'être associés aux militants LGBT est rendue inaudible par les prises de position d'un prêtre comme le père James Martin. Alors que l'Eglise est actuellement en proie à un vaste scandale suite à l'homosexualité active de certains de ses membres, et non des moindres puisqu'il s'agit d'évêques et de cardinaux, le père James Martin, qui était invité par le Vatican à Dublin pour intervenir lors la Rencontre Mondiale des Familles, où il a livré un plaidoyer en faveur des militants LGBT, se répand dans le journal homosexualité Têtu sans jamais rappeler l'enseignement de l'Eglise sur les actes homosexuels. Il y déclare :

"Mon but est de construire des ponts, de parler avec les paroissiens LGBT+ pour in fine amener l’Église à les écouter."

Et non pas l'inverse...


Ceux qui fustigent l'ancien nonce à Washington ne s'intéressent pas aux faits

Un lecteur du Salon beige, excellent connaisseur des milieux épiscopaux français et des cercles romains, nous adresse ce petit commentaire sur l'actualité récente :

Vigano2"Les réactions d'un certain nombre, de journalistes (Isabelle de Gaulmyn écrira-t-elle un livre sur le sujet comme elle l'a fait au sujet des affaires lyonnaises ?) dit catholiques, de certains des cardinaux dont il est question dans le courrier de Mgr Vigano, et bien ces réactions laissent pantois celui qui essaie de comprendre les récents événements...

Revenons quelques mois en arrière : en de larges colonnes, ils se targuaient de choisir d'abord la pastorale... en relativisant le doctrinal. L'homme d'abord, le dogme ensuite - et encore, pas tous.

Eh bien aujourd'hui, je m'interroge : Où sont-ils ces bons samaritains ? Où sont-ils ces défenseurs des pauvres, des exclus ?

A bien regarder, on les trouve vite : je les reconnais en ceux qui, à l'instar de Mgr Vigano, cherchent à défendre les victimes des pervers sexuels, pédophiles, pédérastes... Je les reconnais dans ces partisans de la doctrine de l'Evangile, le dogme catholique, la Parole de Dieu. Jetés en pâture à l'opinion publique mondiale pendant les débats du dernier synode sur la Famille, les voilà, fidèles au poste, véritables bons samaritains nommant le mal, les faits condamnables avérés... On les présente comme les ennemis du Pape François, mais c'est tout le contraire. Ce sont ses véritables amis, ses seuls amis. Ceux qui, par amitié, préfèrent la vérité au mensonge, la protection des plus humbles, à la logique clanique des groupuscules obscurs. Oui, les dogmes moraux sont les pare feux du monde; non seulement ils repoussent les flammes de l'enfer, mais ils mettent en lumière la beauté, la bonté et la justice du plan de Dieu pour l'homme.

Pour en revenir au texte de Mgr Vigano, et à sa note du bas de la dernière page - ô les notes de bas de pages ! -, il est intéressant de noter que ceux qui fustigent l'ancien nonce à Washington, ne s'intéressent pas aux faits qu'il présente, au nombre de victimes qu'il déplore. Ils ont choisi comme en un vulgaire débat politique, de contre-attaquer ad hominem. De s'attaquer à Mgr Vigano. C'est comme si la famille d'un malade atteint gravement reprochait au médecin le diagnostic posé. "C'est de la faute du médecin si mon enfant est malade !"

Oui, tous les faits sont établis. Et sont vérifiables. Mais attention : si enquête il y a, que les investigateurs ne soient pas à double visage... Enfin, espérons que tous les noms des cardinaux - Farell, Wuerl, Parolin, Maradiaga...- qui ont d'une manière ou d'une autre trempé dans cette conspiration du mal décrite par Mgr Vigano, seront à tout jamais marqués au fer rouge en la mémoire des hommes d'Eglise. Oui au pardon, non à l'oubli. Un conclave est si vite arrivé... Et rappelons-nous dans nos prières des victimes.

Et remercions Dieu pour les évêques, et cardinaux - Burke, Sarah, Muller... et tous les silencieux qui tiennent la barque de leur diocèse avec au cœur la Foi Catholique ... - qui savent douter de la mauvaise pastorale, qui est en réalité une pastorale inversée. Oui à la pastorale qui s'appuient sur le dogme, sans elle il n'y a ni charité, ni vérité. Seulement la barbarie."

 

Le témoignage de Mgr Vigano : un message important sur les risques d’une infiltration homosexuelle

Aline Lizotte fait son travail de journaliste et, à partir des faits, interroge :

Images"[...] comment des dispositions aussi claires et obligatoires n’ont-elles pas été suivies d’actes ? Monseigneur Viganò prend son poste de nonce le 19 octobre 2011 et, lors du premier entretien qu’il a avec le cardinal Theodore McCarrick, il lui répète les dispositions auxquelles Benoît XVI lui aurait demandé d’obéir. Le cardinal s’en étonne, admet qu’il a peut-être dormi dans le même lit de quelques séminaristes et que, de toute façon, cela n’a aucune importance. Ce qui signifie en clair : pourquoi et comment a-t-il pu passer outre aux demandes de Benoît XVI ? C’est la deuxième révélation du témoignage de Carlo Maria Viganò, et elle porte sur un certain fonctionnement de la Curie.

En 2000, le nonce Montarlo envoie un rapport au secrétaire d’État, qui est alors Angelo Sodano, et qui le sera jusqu’en 2006. Ce rapport est appuyé, comme on l’a vu, par le Père Ramsey. Or rien ne bouge, et ce qui fait bouger Benoît XVI, c’est la supplique de Richard Sipe. Ce qui signifie que, probablement, la secrétairerie d’État n’a rien transmis au pape. On sait plus ou moins clairement aujourd’hui que Sodano aurait essayé de protéger Maciel, lequel – comme que le révéla à l’époque le National Catholic Reporter – l’aurait pourvu d’aide financière… Pourquoi n’en aurait-il pas fait autant pour Theodore McCarrick et pour la même raison ? Il suffit qu’un maillon soit inopérant pour que toute la chaîne se brouille. Il est toujours possible de dire que l’on ne sait pas, que l’on n’a jamais su, que l’on ne voit pas, quand aucune information n’est formellement transmise. C’est plausible, mais impossible à prouver.

C’est là où les arguments de Carlo Maria Viganò faiblissent, non parce qu’ils sont faux, mais parce qu’ils ne sont que vraisemblables et que, comme tels, ils ne sont que des présomptions. Il faudrait un véritable procès que l’on sait si bien faire dans le civil, mais qu’il est impossible de réaliser dans l’Église sans l’accord explicite du pape, qui est l’unique sujet absolu et suprême des trois pouvoirs de gouvernement : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Encore faut-il que le pape soit informé et que, même informé, on lui obéisse !

La troisième chose dont Carlo Maria Viganò veut nous faire prendre conscience concerne l’attitude du pape lui-même. Il y a traditionnellement à Rome une réunion des nonces. Le 21 juin 2013, le pape François reçoit tous les nonces, en la première année de son pontificat. Le nonce de Washington s’y rend, comme il convient, et découvre une longue amitié de Theodore McCarrick avec Jorge Bergoglio. Au début de la rencontre, l’archevêque de Washington rencontre, au tournant d’un couloir, Theodore McCarrick, qui lui annonce fièrement qu’il est envoyé par le pape en Chine. La phrase est provocante ; elle signifie que François ne tient aucun compte des dispositions de Benoît XVI le concernant. Il a la confiance du pape ; la preuve, il l’envoie en Chine ! Or Theodore McCarrick ne devrait pas voyager ! Après l’entretien officiel, chaque nonce se présente au pape. Carlo Maria Viganò est le dernier et se présente comme nonce à Washington. Il s’entend dire par François : «Les évêques des États-Unis doivent être des pasteurs et non des idéologues.» Phrase surprenante, pour laquelle le nonce demandera des explications au pape dans un entretien personnel accordé plus tard.

Le pape reprend : «Oui, les évêques aux États-Unis ne doivent pas être des idéologues, il ne doivent pas être de “droite” comme l’est l’évêque de Philadelphie ; ni de gauche, et quand je dis de “gauche”, je veux dire homosexuels.» Devant cette phrase sibylline, le nonce se tait, mais en profite pour dire qu’il ne savait pas quelle était l’amitié qui unissait Bergolio et McCarrick, mais qu’il y avait un dossier lourd décrivant son activité de corruption de la jeunesse. François ne bouge pas et ne fait aucun commentaire et n’interroge pas sur le contenu du dossier. Pour lui, était-ce une révélation ou connaissait-il bien la situation ? Nul ne le sait et nul ne peut le dire. Mais ce que comprendra plus tard le nonce apostolique, c’est que les mots qu’il s’était entendu dire sur les évêques américains «qui doivent être des pasteurs et non des idéologues» venaient en fait de Theodore McCarrick et manifestaient son opposition aux nominations par Benoît XVI de certain sièges épiscopaux tels que Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco. Si l’on est attentif aux faits, on peut voir aujourd’hui d’où viennent les soutiens et les critiques qui émergent comme une marée contre Viganò et ses révélations.

Que valent donc les révélations de Carlo Maria Viganò ? Les premières sont des faits incontestables : Benoît XVI a fini par apprendre la nature des actes de Theodore McCarrick et, sans tergiverser, il a fait ce qu’il fallait faire : lui ordonner de quitter toute tâche apostolique et de se retirer dans un monastère pour prier et faire pénitence. C’est aujourd’hui ce que l’on impose à tout jeune prêtre pour lequel il n’y a qu’un soupçon vraisemblable d’actes inappropriés. Or pour l’ex-cardinal Theodore McCarrick, il y avait plus que des soupçons d’actes inappropriés, il y avait de véritables accusations, plusieurs, et de plusieurs sources. Cependant, Theodore McCarrick n’est pas le petit prêtre d’un village obscur qui n’a pour se défendre que sa bonne foi. Il est un homme riche et très influent, et son influence, il l’a longuement cultivée. Comment a-t-il pu soumettre tant de personnes à son jeu ? Et quels ont été les motifs pour lesquels ces personnes ont accepté de couvrir ses actes ? Nous ne le saurons sans doute jamais, car pour le savoir, il faudrait un vrai procès canonique, lequel n’aura sans doute jamais lieu étant donné l’âge du suspect. De plus, s’il avait lieu, ces procès sont secrets. Mais avons-nous besoin de le savoir ?

Pour le moment nous pouvons accepter de penser que Carlo Maria Viganò est un homme intègre, loyal, courageux et compétent. Telle est l’opinion que ceux qui le connaissent bien ont de lui. Nous pensons que ce qu’il dit est vrai. Et nous le pensons en raison de son intégrité. C’est cette intégrité que l’on attaque actuellement, et on l’attaque à coup de boutoir de haine et de violence. Il est devenu dans la Presse (voir notre Revue de presse) le «salaud» qu’il faut descendre à tout prix. Il faut le discréditer radicalement, qu’il ne puisse plus dire un mot, qu’il soit interdit de parole à tout jamais. C’est peut-être une preuve que ce qu’il dit pourrait être vrai et que cela fait mal.

Pourquoi Carlo Maria Viganò a-t-il écrit ce qu’il a écrit ? Après tout, homme cultivé, ayant terminé sa carrière, à l’aise matériellement, il pourrait bien se retirer quelque part en Italie, où il fait si bon vivre. Mais Viganò ne pense pas comme cela. Il veut nous faire entendre un message et un message urgent : l’Église catholique est menacée par le mouvement homosexuel et non par la pédophilie. Car, contrairement à ce que l’on répand, Carlo Maria Viganò ne confond pas pédophilie et homosexualité, loin de là. Les agressions sexuelles dont il parle et qu’il reproche à Theodore McCarrick de les avoir commises sont des actes homosexuels – à notre connaissance les séminaristes ne sont pas des enfants dépourvus des signes de la puberté –, des actes qui, pour lui, n’ont pas d’importance ! À l’heure actuelle, dans l’Église, ne cherche-t-on pas a faire admettre l’opinion que l’homosexualité est de même nature que l’hétérosexualité, car ces tendances auraient les mêmes sources : la recherche de la tendresse et une satisfaction modérée de la sensualité. Alors que la pédophilie se rapprocherait de l’abus d’autorité !

Le cardinal Cupich se bat pour dire que le vrai problème, c’est le cléricalisme défini comme un abus d’autorité et portant en lui-même la tendance pédophilienne. Car, pour lui, ce qui définit le pédophile, c’est le besoin de dominer, c’est le fort contre le faible ! Au contraire, ce qui définit l’homosexualité, c’est la recherche naturelle égale et non dominatrice de la la tendresse, et le réconfort d’une amitié avec son semblable (same sex). Il faudrait réhabiliter l’homosexualité ! Rien que cela ! Sous l’influence du Père James Martin, s. j., qui vient d’être nommé consultant au Service de la Communication, faudra-t-il changer le texte du Catéchisme et, au lieu d’appeler l’acte homosexuel un «grave désordre», l’appeler maintenant, un «ordre différent» ?

Certes, Carlo Maria Viganò a renoncé à tout retranchement en désignant trop de personnes connues à la Curie et dans l’entourage du pape, comme emprisonnées sous l’influence des réseaux homosexuels. Parle-t-il dans le vent, sans connaissance de cause ? Il ne faut pas oublier qu’il a été gouverneur de la Cité du Vatican et qu’il connaît plus de personnes que nous ne pouvons le penser et vu plus de situations délictueuses que nous ne pouvons l’imaginer. Seulement, comme il n’apporte pas de «preuves» – et, pour qu’il y en ait, il faudrait une enquête ou des enquêtes canoniques serrées et un vrai procès ecclésiastique –, il prête le flanc à la démolition haineuse et violente. Mais si personne ne fait attention à l’alerte qu’il donne, où irons-nous ? Jusqu’à hisser un jour le drapeau du LGBT aux mâts du Vatican ?

Prendre connaissance de ces nouveaux faits, ce n’est pas percevoir un nouvelle réalité, un nouveau problème. Il y a, surtout dans la littérature américaine catholique, de nombreux auteurs qui multiplient les mises en garde contre l’infiltration de l’homosexualité dans l’Église et ailleurs, que l’on pense à Janet Smith, à Judith Reisman, à Richard Spite, au Père Enrique T. Rueda (The Homosexual Network, The devin Adair Compagny, Connecticut, 1982). [...]"

En attendant, le déballage se poursuit. Selon le vaticaniste Sandro Magister, le Pape aurait également couvert Mgr Ricca, en le promouvant à la direction de l’IOR (la “banque vaticane”) qui, lui aussi, est connu pour être un membre de la mafia LGBT. Plusieurs personnes auraient alors alerté le Pape sur les antécédents du sulfureux personnage, mais en vain (Sandro Magister lui-même avait déjà écrit un article sur lui, dès juillet 2013, intitulé sans ambiguïté: “Le prélat du lobby gay“).


Mgr Chaput demande un synode sur l’épiscopat

Lu ici :

Unknown-18Dans le contexte de la gravissime crise des prédateurs sexuels cléricaux, Mgr Chaput, archevêque de Philadelphie, a demandé publiquement au Pape un report du synode sur la jeunesse, au motif que, dans le contexte de la crise actuelle, les évêques ne seraient absolument pas crédibles pour s’adresser à la jeunesse. A la place, il demande un synode sur l’épiscopat – ce qui ne pourrait certes pas nuire à la qualité du gouvernement de l’Eglise!


Evangile illustré

image from www.sfrcloud.sfr.fr

Commentaire d'Elodie P., rédactrice en galerie d'art :

"L'homme qui détourne la tête, qui détourne le regard. Celui qui ne veut pas voir en face. Que fuient ses yeux ? Ne serait-ce pas Dieu ? Il porte le regard sur ses mains, où subsistent les traces de la poussière dont il fut issu, afin de cacher au Créateur ses yeux, porte d'entrée vers son âme. Il porte son regard vers des taches, innocentes et futiles, nées de ses activités quotidiennes. La vision, de biais, attentive à la surface facile à faire reluire.

Fuit-il seulement Dieu ? Attaché à laver ce qui ne dépend pas de lui, s'affairant aux vanités, l'homme détourne son regard de son cœur, du seul point qui dépend de lui. Espère-t-il ainsi imprimer le même mouvement aux yeux du Seigneur ? Les empêcher de voir ce qu'il cache sous de multiples ablutions ? Les perversions sises au centre de son être qui le tourmentent et auxquelles il acquiesce. Il feint de ne pas voir, imitant ses frères qui ne peuvent voir son cœur. Il ne veut pas savoir que les commandements résident dans son giron. Comme leur transgression."


Un ancien conseiller à la nonciature de Washington soutient Mgr Vigano

Capture d’écran 2018-08-31 à 07.50.17L’abbé Jean-François Lantheaume, conseiller à la nonciature de Washington avant l’arrivée de Mgr Viganò en 2011, a apporté son soutien public à Mgr Viganò en mettant l’image de ce dernier en bandeau de sa page Facebook et en le qualifiant d’» homme le plus intègre du Vatican ». Dans son fil de publication, l’abbé Lantheaume précise :

« Il doit y en avoir d’autres, mais c’est le seul avec qui j’ai travaillé qui le fût authentiquement et véritablement… j’ai été son conseiller à Washington, je l’ai vu réfléchir et agir dans des situations très délicates, et c’est un homme de Dieu, qui prie et qui jeûne, un homme authentiquement donné à Dieu ; un homme de prière sans ambages, un homme intègre et tout donné au Service du Saint Siège dont il n’a reçu qu’ingratitude et médisances ! »

Le 26 août, jour où la lettre de Mgr Viganò sur l’occultation des prédations homosexuelles du cardinal McCarrick était publiée, il réagissait (en anglais) à propos de Viganò :

« Il est le meilleur chef que j’ai jamais eu. Oui, je le soutiens. Oui, il dit la vérité… » Et il réitérait en français : « Il dit toute la Vérité. Je suis témoin. Le nonce Vigano est le Prélat le plus intègre que je connaisse au Vatican. »

Echange entre l'abbé et un internaute :

— Terrible alors, prions l’orage va être terrible

— (J.-F. L.) : Pire que ce tu penses (…). Prépare-toi…

— Vous nous rassurez pas cher père !

— (J.-F. L.) Mon but n’est pas de vous rassurer, mais de dire la vérité ! Les évêques ne sont pas indemnes ni intouchables : ils sont tout autant pécheurs que les autres !!! Qu’on se le dise une fois pour toutes… Ils ne jouissent pas de l’infaillibilité pontificale… ! Mais bien évidemment dès qu’on essaie de dire la vérité, on se fait couper la tête ou bien l’on fait du “mauvais esprit” : ça fait plus de vingt ans que j’ai dit ce que j’avais à dire…. maintenant vous croyez qui vous voulez, mais je puis vous dire pour en avoir été le témoin direct que Vigano dit la vérité : j’en ai été le témoin direct ! ce sont peut-être les dernières lignes que j’écris… si l’on me retrouve découpé à la tronçonneuse et mon corps coulé dans le béton, la police et les journaleux diront que l’on doit envisager l’hypothèse du suicide !!!"


Contre les faits apportés par Mgr Vigano, ils sortent la théorie du complot

Ce n'est pas avec cela que nous lutterons contre l'omerta sur les abus sexuels au sein de l'Eglise :

Maxresdefault"L’inénarrable Nicolas Senèze, correspondant de « La Croix » à Rome, dont on connaît le souverain mépris pour les cardinaux qui ont eu le front d’interroger le Pape à propos d’Amoris Laetitia, se préoccupe désormais d’un gigantesque complot « ultra-conservateur » contre le Pape François. Je trouve admirable ce conspirationnisme des anti-complotistes !

Le plus amusant, c’est que Senèze s’est bien gardé d’exposer cette thèse aventurée dans le quotidien officieux de l’épiscopat – où il s’est « contenté » de relayer toutes sortes de calomnies sur Mgr Vigano, ainsi que plusieurs demi-vérités sur les réactions de l’Eglise américaine et de Rome à propos de la crise des prédateurs sexuels cléricaux, mêlées de vérités certaines sans rapport avec la question. Non, pour l’occasion, il s’est épanché dans pour l’AFP, organisme remarquablement compétent, comme chacun sait, sur les questions religieuses ! La dépêche en question, que l’on trouve sur les sites de tous les médias « mainstream » (voir, par exemple, ici ou ), cite Nicolas Senèze, parmi d’autres vaticanistes dits « progressistes ».

La tonalité est simple : Mgr Vigano est un archevêque conservateur ; le Pape est victime d’une cabale ultra-conservatrice ; cette cabale menace d’aller jusqu’à un schisme aux Etats-Unis ; toutes les personnes de bonne volonté sont donc invitées à ignorer le témoignage de Mgr Vigano. Fermez le ban ! M. Senèze est, comme il se doit pour un rédacteur aussi en vue, l’un des plus « modérés ». Il n’en dénonce pas moins l’« évidente volonté d’attaquer François ». Cette volonté est tellement « évidente » dans le document de Vigano que les échanges avec le pontife actuel occupent moins de 10% dudit document.

Mais, surtout, M. Senèze ne semble même pas se rendre compte, en disant cette absurdité, que même les cardinaux les plus progressistes commencent à s’indigner du fait que les réformes morales et financières pour lesquelles le Pape François a été élu ne sont pas menées à bien. Que, trop souvent, au contraire, les mesures de bon sens prises par Benoît XVI ont été révoquées. Que le lobby gay, en particulier, semble n’avoir jamais été aussi puissant. Au point qu’une orgie, mêlant débauche homosexuelle et drogue à gogo, a pu avoir lieu dans le palais même du Saint-Office, où elle fut interrompue par la gendarmerie vaticane – et l’on apprend ces jours-ci que c’est pour loger le satrape en question, Mgr Capozzi, que le Pape avait refusé au cardinal Müller d’y loger l’un de ses collaborateurs qui y avait pourtant, semble-t-il, plus de titres et qui, du moins, aurait évité ce genre « d’incidents » qui fait légèrement désordre à quelques mètres de Saint-Pierre !

Ceux qui veulent en savoir davantage sur la réforme purement verbale du Pape François et de la déception générale que cause (« à droite comme à gauche », peut-on dire, si, comme M. Senèze ou comme l’AFP, on tient absolument aux étiquettes politiques), peuvent se reporter au livre passionnant d’Henry Sire, ancien historiographe de l’ordre de Malte à Rome : « Le Pape dictateur ».

Le chroniqueur religieux de « La Croix » ajoute : « On est passé à un stade supérieur : les gens qui pensent que François est dangereux pour l’Eglise n’ont plus de limites. » J’avoue que cette déclaration m’est incompréhensible. Un stade supérieur à quoi ? Quel était le stade inférieur ? Qui sont ces gens dont il est question ? Que veut dire qu’ils n’aient plus de limites ? Il n’est pas certain, d’ailleurs, que cette phrase soit réellement destinée à signifier quoi que soit de concret. En tout cas, dans le contexte de la dépêche, on comprend que tous les « progressistes » – et, plus généralement, tous ceux qui ne sont pas « ultra-conservateurs », puisque tous les évêques américains sont sommés de défendre en bloc le Saint-Père – doivent d’urgence se porter au secours du Pape François menacé par des « ultra-conservateurs » sans scrupule, dont la haine pourrait les conduire au schisme.

Manque de chance pour M. Senèze et ses éminents confrères, le Pape lui-même nous demande avec insistance de rechercher, en particulier dans ce dossier sordide, la vérité, sans égard pour les fonctions les plus prestigieuses qui pourraient se trouver éclaboussées. D’ailleurs, je ne comprends pas non plus ce que veut dire « défendre le Saint-Père » dans ce contexte. De deux choses, l’une. Soit le témoignage de Mgr Vigano est faux, au moins sur la partie qui concerne le Pape François, auquel cas celui-ci n’a besoin de personne. Il suffit qu’il produise les éléments qui improuvent le témoignage de l’ancien nonce. Mais si ce dernier est véridique, doit-on en déduire que Sénèze et ses petits camarades nous invitent à mentir ou à occulter la vérité – et en une matière aussi grave ?

On ne demande certes à personne d’apprécier la personne de Mgr Vigano, mais il n’est peut-être pas déraisonnable d’exiger des journalistes qu’ils fassent leur travail et regardent si les éléments donnés dans le témoignage circonstancié de l’ancien nonce à Washington sont vrais. Il ne sert à rien de se draper dans la dignité d’une vertu outragée, de dénoncer un hypothétique « complot ultra-conservateur », ou de dire, comme le cardinal Cupich, que le réchauffement de la planète est une question plus importante.

La réalité, c’est que cette crise des prédateurs sexuels cléricaux est gravissime. Non seulement en soi, non seulement par ce qu’elle révèle sur les forces des ténèbres (notamment ici le lobby gay) agissant au sein même de l’Eglise, et au plus haut niveau, mais aussi parce qu’elle entache la crédibilité de l’Eglise et rend le message du Ressuscité inaudible. Nous avons, collectivement, le devoir de mettre les prédateurs hors d’état de nuire, de prendre soin des victimes, de leur rendre justice, d’éviter que de tels crimes se reproduisent et, pour cela, d’en finir avec la conspiration du silence. C’est à cela que nous invite Mgr Vigano – et cette invitation est, en particulier, un pressant devoir pour les journalistes."

Il circule sur internet quelques intox visant à décrédibiliser le témoignage de Mgr Vigano. Etrangement, on trouve parmi les colporteurs de ces intox des journalistes catholiques et des journalistes de la presse mainstream, comme Le Point. Surtout, aucun élément n'est apporté sur les révélations de l'ancien nonce. C'est sur sa personne que se concentrent les attaques. Il aurait ainsi tous les défauts : carriériste aimant l'argent, frustré de n'avoir pas été élevé à la pourpre cardinalice, le texte ne serait même pas de lui, etc. Aldo-Maria Valli a pulvérisé quelques unes des rumeurs tendant à “prouver” que Mgr Vigano a menti. C'est à lire ici.


L’Église n’est pas une caserne et l’obéissance n’y est pas celle qui prévaut dans une armée

Dans La Nef, Christophe Geoffroy évoque l'attitude du fidèle catholique envers le Saint-Père :

Couverture306"[...] l’Église n’est pas une caserne et l’obéissance n’y est pas celle, inconditionnelle, qui prévaut dans une armée. L’Évangile forme des personnes libres qui, si elles ont le devoir de former leur intelligence et leur conscience, n’ont pas à être enrégimentées ni à se tenir au garde à vous. Si un problème sérieux se pose en conscience à l’égard d’un supérieur ou d’un enseignement, il est légitime de le faire connaître (cf. Can. 212 § 3). Mais pas n’importe comment ni à n’importe qui, la principale condition étant de ne jamais remettre en cause l’unité de l’Église ni le principe de l’autorité et le respect qui lui est dû.

Face à des problèmes doctrinaux (dogme, morale) engageant le Magistère, comme les objections soulevées sur l’exhortation Amoris laetitia, il est juste et même nécessaire d’expliquer son incompréhension, mais on ne peut alors procéder que par questions en demandant à l’autorité compétente un éclaircissement, et non accuser le pape d’hérésie par voie de presse comme cela s’est malheureusement vu. Quand le pape émet un conseil ou un avis plus qu’un enseignement magistériel sur des sujets contingents (les questions qui n’engagent pas le salut, « politiques » le plus souvent), une réelle liberté d’appréciation est laissée aux fidèles, qui doivent néanmoins le recevoir avec respect et bienveillance. [...]"


Mgr Cordileone : rejeter les déclarations de Mgr Vigano serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction

Parmi les nombreuses réactions épiscopales, recensées et traduites par Yves Daoudal, voici celle de Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco :

4226258936"Dimanche dernier a vu ce que beaucoup appellent une "bombe" dans l'Église : la publication du "témoignage" de l'archevêque Carlo Maria Viganò alléguant la corruption et la dissimulation à tous les niveaux de l'Église.

J'ai bien connu Mgr Viganò pendant les années où il a été nonce apostolique ici aux États-Unis. Je peux attester qu'il est un homme qui a accompli sa mission avec un dévouement désintéressé, qui a bien rempli la mission pétrinienne qui lui a été confiée par le Saint-Père pour « renforcer ses frères dans la foi » et le faisait par un grand sacrifice personnel et absolument sans aucune considération de faire avancer sa « carrière » - tout cela dit son intégrité et de son amour sincère de l'Église. De plus, tout en n’ayant pas d’informations privilégiées sur la situation de l’archevêque McCarrick, je peux confirmer, d’après les informations que j’ai à propos de quelques autres déclarations faites par l’archevêque Viganò, qu’elles sont vraies. Ses déclarations doivent donc être prises au sérieux. Les rejeter à la légère ce serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction. Bien entendu, pour valider ses déclarations en détail, il faudra mener une enquête formelle, approfondie et objective. Je suis donc reconnaissant au cardinal DiNardo [président de la Conférence des évêques des Etats-Unis] d'avoir reconnu que cela méritait de trouver des réponses « concluantes et fondées sur des preuves » et je me joins à celui d’autres évêques pour réclamer une telle enquête et prendre toute mesure corrective nécessaire, à la lumière de ses conclusions.

J'ai été nommé évêque le 5 juillet 2002, trois semaines après la réunion de l'USCCB à Dallas qui a approuvé la Charte pour la protection des enfants et des jeunes ; nous étions alors au comble des révélations d'abus sexuels commis par des membres du clergé.

À cette époque, on m'a demandé de diriger une prière à la fin d'une conférence sur la vie familiale organisée par le diocèse, qui avait attiré des participants du monde entier. J'y ai rencontré un prêtre australien que je connaissais depuis nos années d'études à Rome et il m'a félicité pour ma nomination. J'ai répondu : « Merci, mais ce n'est pas le bon moment pour devenir évêque. » Je n'oublierai jamais sa réponse : « Mais c'est un bon moment pour être un grand évêque. »

Ce qu'il m'a dit alors peut être dit à tous les catholiques aujourd’hui. L'Eglise a besoin de purification. La purification est toujours douloureuse. Chères victimes, vous le savez plus que quiconque ; sachez nos prières et notre amour pour vous, et que nous continuons à être là pour vous, pour vous soutenir et vous aider à guérir avec les ressources dont nous disposons.

Je crois que Dieu commence ce douloureux processus de purification pour nous maintenant, mais pour que cela fonctionne, nous devons coopérer. Dieu a toujours suscité de grands saints dans les mêmes moments de tourmente dans l'Église. Je demande à tous de se consacrer de nouveau à la prière, à la pénitence et à l’adoration du Saint-Sacrement, afin que Dieu nous bénisse de cette grâce.

S'il vous plaît, sachez ma gratitude à vous tous : à vous, nos prêtres, qui restez proches de votre peuple, en leur prêtant soutien et soin pastoral en ces temps de crise ; à vous nos diacres, qui assistez les prêtres dans cette responsabilité et apportez l'Evangile à ceux pour qui il serait autrement inaccessible ; à vous nos coordonnateurs d'assistance aux victimes et à tous ceux qui soutiennent les victimes sur le chemin douloureux vers la guérison ; à la faculté et à l'administration du Séminaire Saint-Patrick pour votre travail acharné en vue de former en profondeur et sainement nos futurs prêtres pour le renouveau de l'Église dans notre coin de la vigne du Seigneur, et à nos séminaristes pour votre ferveur et votre générosité dans votre réponse à l'appel du Seigneur au service sacerdotal ; et last but not least, à vous, notre peuple, pour votre prière, pour votre amour et votre souci de l’Eglise, qui vous amènent maintenant à exiger des changements efficaces et décisifs, et pour votre soutien à nos prêtres.

Que Dieu nous accorde toute la grâce d'être les agents du changement et de la purification qu'Il nous appelle à être en ce moment.


Les demandes de tolérance zéro et de pardon ne seront dignes de crédit que si les autorités de la Curie mettent les cartes sur table

Mgr Athanasius Schneider, de Astana (Khazakstan), a écrit un document en réponse au témoignage de l’archevêque Carlo Maria Viganò. Extrait de la traduction par Benoît-et-moi :

Unknown-7"[...] Il est totalement insuffisant et peu convaincant, que les autorités ecclésiastiques continuent à faire des appels pour que l’on ne tolère aucun cas d’abus sexuels de la part des prêtres et que l’on cesse de couvrir ces situations. Egalement totalement insuffisantes sont les demandes de pardon stéréotypées de la part des autorités de l’Église. Les dites demandes de tolérance zéro et de pardon ne seront dignes de crédit que si les autorités de la Curie mettent les cartes sur table en faisant connaître les noms et prénoms de tout membre de la Curie, quels que soient sa charge et son titre, ayant couvert des abus de mineurs et de subordonnés.

Du document de Mgr Viganò nous pouvons tirer les conclusions suivantes:

  • Que le Saint Siège et le Pape lui-même entreprennent un nettoyage inflexible des « cliques » et des réseaux homosexuels au sein de la Curie Romaine et de l’épiscopat.
  • Que le Souverain Pontife proclame de façon claire et catégorique la doctrine de Dieu sur le caractère peccamineux des actes homosexuels.
  • Que soient proclamées des normes inéluctables et détaillées qui empêchent l’ordination des hommes avec des tendances homosexuelles.
  • Que le Saint Père rétablisse la pureté et la clarté de la doctrine catholique dans sa totalité, tant en matière d’enseignement que de prédication.
  • Que par l’intermédiaire des enseignements du Pape et des évêques et des normes pratiques soit restaurée l’ascèse chrétienne éternellement valide: l’exercice du jeûne, la pénitence corporelle et l’abnégation.
  • Que soient récupérés au sein de l’Église l’esprit et la pratique de la réparation et l’expiation des péchés commis.
  • Que commence au sein de l’Église un processus de sélection garanti des candidats à l’épiscopat, des hommes de Dieu à la conduite éprouvée; et il serait préférable de laisser un diocèse vacant pendant plusieurs années que de nommer un candidat qui ne soit pas un véritable homme de Dieu en ce qui concerne la prière, la doctrine et la vie morale.
  • Que soit initié un mouvement dans l’Église, surtout parmi les cardinaux, évêques et prêtres, pour un renoncement à tout compromis et flirt avec le monde.

Nous ne devrions pas être surpris que les médias oligargiques internationaux mainstream, qui font la promotion de l’homosexualité et de la dépravation morale, commencent à diffamer l’archevêque Viganò, faisant disparître le coeur de ce qu’il exprime dans son document dans un sac sans fond.

En 1522, alors que se diffusait l’hérésie luthérienne et qu’une profonde crise morale affectait une bonne partie du clergé et en particulier la Curie, Adrien VI a écrit les mots suivants, d’une franchise saisissante, à la Diète impériale de Nuremberg:

« Nous savons que depuis quelque temps ont lieu au Saint Siège de nombreuses abominations, des abus sur des questions ecclésiastiques et des usurpations de droits, et que tout cela a été corrompu en mal. La pourriture est passée de la tête aux membres, du Pape aux prélats : tous nous avons été pervertis ; il n’y a personne qui fasse le bien, pas un seul ».

L’inflexibilité et la transparente permettront de découvrir et de confesser les maux qui affligent la vie de l’Église et d’initier un processus efficace de purification et rénovation, morales et spirituelles. Avant de condamner les autres, chacun exerçant une charge presbytérale dans l’Église, quelle que soit sa charge ou son titre, devra se demander devant Dieu s’il a couvert de quelque manière que ce soit, des abus sexuels. Dans le cas où il se trouverait coupable, il devra le confesser publiquement, car la Parole de Dieu dit : « N’aie pas honte de confesser tes péchés » [livre de Sirac, chapitre 4-26]. Car, comme l’a écrit Saint Pierre, le premier des souverains pontifes, « c'est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu» (1 Pierre, 4,17)."


Mgr Vigano répond à ses détracteurs

La meilleure des défenses étant l’attaque, des médias et des responsables ecclésiastiques, douchés par le témoignage de l’archevêque Carlo Maria Viganò, n’ont pas craint, toute honte bue, de reprendre à leur compte des calomnies remontant à 2016 visant à incriminer l’ancien nonce apostolique à Washington D.C. pour avoir tenté de bloquer une enquête sur l’archevêque Nienstedt, alors ordinaire de l’archidiocèse de St. Paul et Minneapolis, et ordonné la destruction de preuves impliquant des inconduites sexuelles de Mgr Nienstiedt. Rien que ça… Des preuves existent en effet… mais elle démontrent tout le contraire et font litière des médiocres manœuvres des calomniateurs professionnels ou occasionnels. L’archevêque Vigano, dans une nouvelle mise au point du 26 août, leur répond et les anéantit. Voici la traduction de sa mise au point par Riposte catholique :

Vigano2"Des accusations contre moi ont paru dans les médias – en juillet 2016, alors que j’avais déjà quitté mon poste à Washington D.C. –, à la suite de la publication d’un mémorandum rédigé par le Père Dan Griffith qui était alors délégué à la protection des mineurs dans l’archidiocèse. Ces accusations – alléguant que j’avais ordonné aux deux évêques auxiliaires de Minneapolis de clore l’enquête sur la vie de l’archevêque John C. Nienstedt – sont fausses. Le Père Griffith n’était pas présent lors de la réunion que j’ai eue à la nonciature avec l’archevêque et les deux auxiliaires le 12 avril 2014, et au cours de laquelle plusieurs déclarations sous serment contenant des accusations contre l’archevêque Nienstedt me furent données.

Ces attestations sous serment avaient été obtenues par la société Greene Espel qui avait été engagée par le Père Griffith, au nom de l’archidiocèse, pour enquêter sur l’archevêque Nienstedt. Cette société appartient au groupe Lawyers for All Families [avocats pour toutes les familles] qui combattait l’archevêque Nienstedt sur l’affaire de l’approbation des mariages entre personnes de même sexe dans l’État du Minnesota.

Dans certains de ces attestations sous serment, il était prétendu que l’archevêque Nienstedt avait eu une liaison avec un Garde suisse lorsqu’il travaillait au Vatican quelque vingt ans auparavant. Des détectives privés de la société Greene Espel avaient mené leur enquête d’une manière partiale et à charge, et voulaient désormais étendre immédiatement leur enquête à la Garde suisse pontificale sans avoir d’abord entendu l’archevêque Nienstedt. J’avais suggéré aux évêques qui étaient venus me voir à la nonciature le 12 avril 2014, de dire aux avocats de Greene Espel qu’il me semblait convenable que l’archevêque Nienstedt soit entendu avants de prendre ces mesures – audiatur et altera pars [entendre la partie adverse] – ce qu’ils n’avaient toujours pas fait. Les évêques acceptèrent ma suggestion.

Mais le jour suivant, je reçus une lettre signée par les deux auxiliaires affirmant faussement que j’avais suggéré que l’enquête soit arrêtée. Je n’ai jamais demandé à quiconque que Greene Espel devait arrêter l’enquête, et je n’ai jamais ordonné qu’un quelconque document soit détruit. Toute déclaration contraire est mensongère. J’ai toutefois donné des instructions à l’un des évêques auxiliaires, Lee A. Piché, de supprimer de l’ordinateur des archives de l’archidiocèse la lettre affirmant mensongèrement que j’avais suggéré que l’enquête soit suspendue. J’insiste sur le fait que ce n’est pas que pour laver mon honneur mais aussi ceux de la nonciature et du Saint-Père qui pourraient être inutilement blessés du fait d’une fausse déclaration utilisable contre l’Église.

Le jour même où l’information parut dans le New York Times, le 21 juillet 2016, le Saint-Père demanda au cardinal Parolin [secrétaire d’État] d’appeler le nonce à Washington D.C. (Christophe Pierre) et de lui ordonner qu’une enquête sur ma conduite soit immédiatement menée de telle sorte que je sois signalé au tribunal chargé de juger les dissimulations d’abus commis par des évêques. J’ai informé le Bureau de presse du Vatican, nommément le Père Lombardi et M. Greg Burke. Sur autorisation du substitut du secrétaire d’État – à l’époque l’archevêque Becciu –, M. Jeffrey Lena, un avocat américain travaillant pour le Saint-Siège, s’est rendu à la Congrégation pour les évêques, où il a pu découvrir des documents prouvant que ma conduite avait été absolument correcte.

M. Lena a transmis au Saint-Père un rapport écrit m’exonérant. Malgré cela, le Bureau de presse du Vatican n’a pas jugé nécessaire de publier une déclaration réfutant l’article du New York TimesLa nonciature a également répondu au cardinal Parolin par un rapport détaillé qui restaurait la vérité et démontrait que ma conduite avait été absolument correcte. On pourra trouver ce rapport au secrétariat d’État du Vatican et à la nonciature de Washington D.C.

Le 28 juillet 2017, j’ai écris à la fois à l’archevêque Pierre et à l’archevêque Hebda (qui a succédé à Nienstedt) pour leur demander de corriger publiquement le mémorandum de Griffith. Malgré de nombreux courriels et appels téléphoniques, je n’ai eu aucun retour d’eux."

Par ailleurs, le vaticaniste Edward Pentin explique dans ce reportage d'EWTN (en anglais, à partir de 6:25) que Mgr Viganò craint pour sa vie et qu'il est donc caché dans un endroit qui n'est connu de personne.


Le vent « populiste » qui souffle un peu partout sur l’Occident semble toucher aussi l’Église

Réflexion de Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités après les révélations de Mgr Vigano sur la maffia LGBT au sein de l'Eglise :

Images"[...] Avec ce témoignage (qui en appellera sans doute d’autres),pour la première fois, la maffia qui a pris le contrôle de secteurs importants de l’Église en Occident, et qui profite de sa position pour tenter de faire évoluer la doctrine et la morale catholiques, se trouve en pleine lumière. C’est un événement d’une importance considérable, même s’il est probable qu’il contribue à « remuer la boue ».

Il est assez remarquable que, dans cette nouvelle crise, à l’inverse de celle de 2002 [...], les révélations ne sont plus le fait d’anti-catholiques fanatiques. Au contraire, elles sont le fait des catholiques américains les plus conservateurs. Ce n’est pas un hasard, par exemple, si le témoignage de Mgr Vigano a été publié en premier sur le site pro-vie LifeSiteNews. Le vent « populiste » qui souffle un peu partout sur l’Occident semble toucher aussi l’Église et les fidèles se saisissent enfin d’une question qui les regarde de près, mais que le cléricalisme aurait bien aimé garder dans des cénacles discrets.

En tout cas, cette affaire terrifiante, aux ramifications nombreuses, est aussi la preuve que la meilleure façon de résister à un système d’oppression de type mafieux ou totalitaire est encore la Vérité !"


Face aux révélations de Mgr Vigano, le silence ne peut être une réponse

Réaction de Christophe Geffroy, directeur de La Nef, sur le scandale révélé par Mgr Vigano :

"[...] Certes, on peut toujours s’interroger sur la méthode de l’ancien nonce de dévoiler publiquement ce qu’il sait – ce qu’il justifie par le fait que toutes ses mises en garde sont demeurées sans réaction de ses supérieurs –, on peut aussi penser qu’il eût mieux fait de s’en tenir aux faits sans aller jusqu’à demander la démission du pape, mais vu l’ampleur du désastre, cela n’est plus le problème, car le texte de Mgr Vigano est en effet une bombe, l’expression n’est, pour une fois, pas exagérée. Et face à de telles révélations qui secouent profondément et écœurent le peuple de Dieu, le silence ne peut être une réponse. Car de deux choses l’une. Ou Mgr Vigano n’est qu’un affabulateur qui ment effrontément et alors le minimum à attendre de l’Autorité, c’est qu’il soit dénoncé, qu’une enquête canonique rétablisse la vérité et sanctionne de façon exemplaire le menteur. Ou Mgr Vigano dit la vérité et nous avons là une affaire explosive qui ne pourra être traitée par la politique de l’autruche, pas plus qu’en essayant de le discréditer au prétexte qu’il serait « proche des milieux intégristes ». Toute théorie du complot n’a ici plus cours. Toutes les personnes incriminées et gravement fautives d’une façon ou d’une autre peuvent théoriquement être facilement démises de leurs fonctions, mais le pape ?

Lui seul a les grâces d’état pour juger ce qu’il a à faire et ce n’est pas aux chrétiens de pétitionner pour exiger ceci ou cela, y compris sa démission. Il y a une chose, en revanche, que nous sommes en droit d’exiger : c’est la VÉRITÉ et que justice soit faite, ne serait-ce que par respect de toutes les victimes innocentes de tant d’horreurs commises par des hommes consacrés."


Lobby LGBT dans l'Eglise : les faits parlent d'eux-mêmes

Pendant que la plupart des "journalistes" commentent un mot prononcé par le pape dans l'avion de retour d'Irlande, Jean-Marie Guénois fait du journalisme :

Images"Pour l'heure, François a choisi la stratégie du silence. «Je ne dirai pas un mot à ce sujet», a-t-il rétorqué, dimanche 26 août, lors de la conférence de presse qu'il a donnée en soirée dans l'avion, de retour d'Irlande. Ce «sujet» est la lettre ouverte - et explosive - publiée, samedi, par Mgr Carlo Maria Vigano, ancien nonce apostolique aux États-Unis. Le Pape a reconnu l'avoir lue, mais il se tient à distance, et pour cause. [...]

Il convient d'être prudent sur ce genre d'affaires mais l'enquête menée, dès sa parution, par Le Figaro auprès de quatre sources très informées, très différentes et internes du Vatican, conduisent à une même conclusion: les leçons tirées de l'affaire par Mgr Vigano sont de sa responsabilité, mais il sera difficile de contrer l'exactitude des faits décrits. L'ancien représentant du Pape aux États-Unis développe quatre thèses: la première est que le pape François a choisi, dès son élection en 2013, comme conseiller personnel pour les États-Unis, l'ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick - qui avait joué un rôle décisif dans son élection - alors qu'il savait, affirme Vigano, la pratique homosexuelle de ce prélat avec ses séminaristes.

La deuxième thèse est que le pape Benoît XVI, en 2009, informé par une enquête interne des mœurs de ce prélat - très connues aux États-Unis -, avait pourtant et aussitôt déposé cet archevêque. Mais ce dernier - de rang cardinalice et très puissant sur le plan financier - avait toujours refusé d'obéir et d'obtempérer. C'est finalement sous la pression médiatique du scandale qui a explosé aux États-Unis - car les faits sont exacts - que François a fini par faire appliquer la mesure, le 28 juillet 2018, retirant à McCarrick son titre de cardinal et lui imposant une vie de pénitence.

La troisième thèse de Mgr Vigano revient à dénoncer l'existence d'un «réseau homosexuel» dans le clergé catholique, dont certains prêtres et prélats seraient «actifs», soutenus par d'autres prélats «progays» qui travaillent à «subvertir la doctrine catholique» en ce domaine.

Quatrième thèse, l'ancien nonce assure que la politique de nominations des évêques aux États-Unis est dictée, selon lui, par McCarrick selon un critère simple. Vigano l'aurait aussi entendu de la bouche du Pape: «pas d'évêque de droite» car ils seraient «idéologisés», mais plutôt «des pasteurs». Vigano rapporte aussi cette étrange consigne (p. 6 du document, dernier paragraphe) ajoutée par François: «pas d'évêque de gauche», précisant «quand je dis de gauche, je veux dire homosexuel». Selon Vigano, ce propos a été tenu le 23 juin 2013, lors d'un tête-à-tête dans l'appartement du Pape à Sainte-Marthe, où le nonce l'informait de la gravité de l'épaisseur du dossier McCarrick.

Par la stratégie du silence - grand classique de défense au Vatican -, le Pape entend ne pas donner d'importance à ce document. Au silence qui devrait durer, il a ajouté un subtil dénigrement en suggérant que ce texte «parle de lui-même», ce qui le dévalorise a priori. Le Pape a aussi utilisé une méthode psychologique de retournement pour calmer les journalistes. Il les a pris à témoin, leur demandant de lire le texte pour se faire une opinion et de lui en faire part! Leur assurant d'ailleurs que «cela leur ferait du bien» en pariant sur leur«maturité» professionnelle… Deux contre-feux classiques ont été aussi allumés dans les milieux du Saint-Siège, cette fois contre la personne de Mgr Vigano: sa sensibilité «conservatrice» opposée à la ligne du pape François, son arrogance personnelle et sa morgue."

Mgr Vigano a répondu rapidement aux accusations contre sa personne.

Yves Daoudal rappelle quelques pièces du puzzle LGBT :

  • Lorsque François tout juste élu paraît sur le balcon, c’est en compagnie du cardinal Danneels, naufrageur de l’Eglise en Belgique, membre éminent de la mafia de Saint-Gall et complètement déconsidéré comme protecteur d’un évêque coupable d’abus sexuels. (La mafia de Saint-Gall est formée de progressistes et elle est liée à la mafia des invertis, le désormais célèbre McCarrick étant membre des deux, les deux ayant fait élire François.)
  • François décide d’habiter la maison Sainte-Marthe, qui est dirigée par Mgr Battista Ricca. L’homme est un inverti notoire qui a fait scandale dans deux nonciatures, particulièrement celle de Montevideo, où son amant faisait les quatre cents coups. C’était quasiment sous les fenêtres d’un certain Bergoglio archevêque de Buenos Aires (de l’autre côté du Rio de la Plata). Deux mois après son élection, François nomme Ricca prélat de l’IOR, la banque du Vatican. Le mois suivant, interrogé sur le personnage, il répond : « Qui suis-je pour juger ? », propos érigé en axe du pontificat de miséricorde.
  • Lors du premier synode sur la famille, François nomme les membres de la commission chargée de rédiger les rapports. Le rapport de mi-synode, écrit à l’avance, dit que l’Eglise « reconnaît que les homosexuels ont des dons à offrir à la communauté chrétienne ». Les deux synodes devaient produire des « avancées » sur ce thème et celui de l’accès des adultères à la communion. Echec sur le premier, demi-victoire sur le second.
  • François a détruit l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, et l’a remplacé par un Institut théologique pour les sciences de la famille et du mariage, et il a viré tous les membres de l’Académie pontificale pour la vie, afin de les remplacer par des hommes à sa botte. Et il a nommé président des deux institutions Mgr Vincenzo Paglia, connu notamment pour avoir décoré sa cathédrale de Terni d’une immonde fresque « homoérotique » où il est lui-même figuré nu enlaçant un homme nu. Et aussi (entre autres) pour avoir demandé ouvertement la reconnaissance légale des « couples homosexuels ».
  • François a nommé Mgr Kevin Farrell préfet du nouveau grand dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et l’a fait cardinal. Farrell était premier vicaire général de Washington quand le cardinal McCarrick était l’archevêque. C’est McCarrick qui l’a fait évêque, et ils ont vécu pendant six ans dans le même appartement. Farrell prétend qu’il est tombé des nues en apprenant les activités sexuelles de McCarrick, ce qui est tout bonnement impossible, car dans son entourage tout le monde savait que McCarrick, dit « Tonton Ted », avait pour spécialité de mettre de façon habituelle des séminaristes dans son lit.
  • François a nommé le jésuite James Martin consulteur des services de communication du Vatican. Le P. James Martin, également invité à la Rencontre mondiale des familles de Dublin, est mondialement célèbre comme militant LGBT, et son livre de plaidoyer pour les invertis a reçu le soutien enthousiaste… du cardinal Farrell (ainsi que de Joseph Tobin, que François a fait cardinal et archevêque de Newark).
  • François a nié aussi longtemps qu'il a pu le scandale chilien, traitant de menteurs ceux qui accusaient son protégé l'évêque Barros: "Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair ?" Jusqu'à ce que soit diffusée la preuve qu'il savait...

Alors, stop ou encore ?


Le cardinal Wilfrid Napier accuse l’« activité homosexuelle » au sein de l’Eglise

De Jeanne Smits sur RITV :

Unknown"Dans un tweet publié mardi, le cardinal sud-africain Wilfrid Napier accuse clairement l’« activité homosexuelle » au sein de l’Eglise, parmi ses clercs, de constituer le scandale qui la secoue actuellement, ce qui revient à dire que le problème n’est pas fondamentalement celui de la pédophilie, mais celui d’une attraction désordonnée à l’égard des garçons adolescents qui a pu s’exprimer de manière aussi odieuse en raison de la tolérance à l’égard des homosexuels qui ont pu devenir prêtres.

Le cardinal Napier réagissait à une information récente selon laquelle une haute cour d’Afrique du Sud pourrait prochainement obliger toutes les Eglises du pays – c’est-à-dire toutes les dénominations chrétiennes – à autoriser les unions de couples de même sexe.

« Le gros titre d’un journal de ce matin : “Les Eglises pourraient devoir autoriser les unions de même sexe”, passe clairement à côté du fait que c’est précisément l’activité homosexuelle qui constitue le scandale qui secoue l’Eglise catholique jusqu’en ses racines. S’écarter de la loi de Dieu amène toujours le malheur. Que le Seigneur nous pardonne, à nous autres pêcheurs », écrivait le cardinal sur Twitter.

C’est un autre ton que celui employé la veille par le pape François qui a dénoncé le « cléricalisme » comme étant responsable des abus « pédophiles » actuellement mis au jour. La réaction du cardinal Napier est davantage en phase avec ce que l’on sait réellement des abominations constatées parmi des clercs – depuis de simples prêtres jusqu’au cardinal McCarrick – et souvent dissimulées par leurs responsables hiérarchiques, évêques ou cardinaux, que celle du pape François qui reste mystérieuse, car on ne comprend bien pas bien ce que vient faire le cléricalisme, même selon sa définition personnelle de la chose, dans cette histoire.

[...] LifeSiteNews rappelle que les enquêtes menées par l’Eglise sont confirmées par les conclusions du rapport du Grand jury de Pennsylvanie publié la semaine dernière sur sept décennies de méfaits commis par quelque 300 prêtres dans six diocèses sur huit que compte cet Etat américain : l’écrasante majorité des victimes étaient des garçons dont l’âge dépassait celui des critères retenus pour qualifier un crime de pédophilie. Un fait qui s’est accompagné à l’occasion d’une maltraitance supplémentaire, des responsables religieux ayant balayé les plaintes des parents au motif que leur fils portait sa part de culpabilité, ayant dépassé l’âge de raison. [...]"


McCarrick protégé par les millions levés par la Papal Foundation ?

Intéressante analyse de Guillaume Luyt sur Infovaticana :

"Pour notre part, nous souhaitons aujourd’hui soulever une seule question relative à l’impunité et aux promotions dont McCarrick a bénéficié sous le pontificat de Jean-Paul II, et à son retour en grâces sous François :
– se peut-il que, à l’instar du P. Maciel, le cardinal McCarrick ait pu être protégé par les millions qu’il adressait chaque année au Saint-Siège par le biais de la Papal Foundation dont il a été, aux côtés des cardinaux Krol et O’Connor l’un des fondateurs, et dont il était encore membre du conseil d’administration jusqu’à sa démission en juin dernier ?

McCarrick protégé par les millions levés par la Papal Foundation ?

« La nomination à Washington et au cardinalat de McCarrick a-t-elle été le fait de Sodano, alors que Jean-Paul II était déjà bien malade ? Je ne le sais pas mais il semble légitime de le penser. Je ne crois pas toutefois qu’il soit le seul responsable : McCarrick se rendait fréquemment à Rome et se faisait des amis partout, à tous les niveaux de la curie. Si Sodano a protégé Maciel, comme cela semble établi, on ne voit pas pourquoi il n’aurait pas protégé McCarrick qui, selon beaucoup, avait les moyens financiers d’influencer bien des décisions. »

Cette réflexion de Mgr Viganò, en page 4 de son témoignage, doit être complété par les informations livrées par Michelle Boorstein, reporter au Washington Post, dans un article publié le 31 juillet 2018 et intitulé « Alors que les rumeurs de méfaits sexuels couraient, le cardinal McCarrick devenait un puissant leveur de fonds pour le Vatican ».

Dans ce long papier, Boorstein rappelle que McCarrick, alors qu’il était archevêque de Newark, a participé à la création de la Papal Foundation en 1988. Le principe de cette fondation est simple : recruter des donateurs s’engageant à verser au minimum 1 million de dollars sur 10 ans (100 000 dollars par an) au profit des œuvres du Saint-Père. Sur son site, la fondation indique avoir déjà levé plus de 215 millions de dollars depuis sa création. Créée pour réveiller la générosité des bienfaiteurs catholiques américains, profondément ébranlée par l’affaire Marcinkus et le scandale de la banque Ambrosiano, la Papal Foundation est devenue l’une des principales sources de financement à disposition directe du Saint-Siège. Et le zèle de McCarrick n’y est pas pour rien : « La Papal Foundation était un formidable instrument pour lui pour se rendre à Rome », explique Steve Schneck à Boorstein. En tant que responsable de l’Institute for Policy Research and Catholic Studies à l’Université catholique d’Amérique de Washington. Schneck a souvent collaboré avec McCarrick : « Il n’y a pas une seule organisation catholique des États-Unis pour laquelle il n’ait pas levé de fonds. »"


Affaire McCarrick : la bombe de l'ancien nonce apostolique à Washington, monseigneur Vigano

Un texte qui fera date dans le scandale qui secoue actuellement l'Eglise catholique aux Etats-Unis : 

Carlo-maria-vigano-x750"Témoignage,

par Son Excellence Carlo Maria Viganò, archevêque titulaire d’Ulpiana, nonce apostolique.

En ce moment tragique pour l’Église dans diverses parties du monde – États-Unis, Chili, Honduras, Australie, etc. – les évêques ont une très grave responsabilité. Je pense en particulier aux États-Unis d’Amérique, où j’ai été envoyé comme nonce apostolique par le pape Benoît XVI le 19 octobre 2011, fête commémorative des premiers martyrs d’Amérique du Nord. Les évêques des États-Unis sont appelés, et moi avec eux, à suivre l’exemple de ces premiers martyrs qui ont apporté l’Évangile sur les terres d’Amérique, à être des témoins crédibles de l’amour incommensurable du Christ, qui est le chemin, la vérité et la vie.
Certains prêtres et évêques, abusant de leur autorité, ont commis des crimes horribles au détriment de leurs fidèles, mineurs, victimes innocents, et jeunes gens désireux d’offrir leur vie à l’Église. Ou bien par leur silence, ils n’ont pas empêché que de tels crimes continuent d’être perpétrés.
Pour restaurer la beauté de la sainteté du visage de l’Épouse du Christ, qui est terriblement défigurée par tant de crimes abominables, et si nous voulons vraiment libérer l’Église du marais fétide dans lequel elle est tombée, nous devons avoir le courage d’abattre la culture du secret et de confesser publiquement les vérités que nous avons gardées cachées. Nous devons abattre la conspiration du silence par laquelle prêtres et évêques se sont protégés aux dépens de leurs fidèles, une conspiration du silence qui risque, aux yeux du monde, de faire paraître l’Église comme une secte, une conspiration du silence semblable à qui prévaut dans la mafia. « Tout ce que vous avez dit dans l’obscurité sera proclamé sur les toits. » (Luc 12: 3)

J’ai toujours cru et espéré que la hiérarchie de l’Église puisse trouver en elle-même les ressources spirituelles et la force de dire toute la vérité, de se corriger et de se renouveler. C’est pourquoi, même si on me l’a demandé à plusieurs reprises, j’ai toujours évité de faire des déclarations aux médias, même si c’était mon droit de le faire, afin de me défendre contre les calomnies publiées à mon sujet, y compris par des prélats de haut rang de la curie romaine. Mais maintenant que la corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l’Église, ma conscience m’impose de révéler ces vérités concernant l’affaire déchirante de l’archevêque émérite de Washington, Théodore McCarrick, dont j’ai eu à connaître au cours de la mission qui m’a été confiée par saint Jean-Paul II, comme délégué aux représentations pontificales de 1998 à 2009, puis par le pape Benoît XVI, comme nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique, du 19 octobre 2011 à fin mai 2016.

En tant que délégué aux représentations pontificales auprès de la Secrétairerie d’État, mes responsabilités ne se limitaient pas aux nonciatures apostoliques, mais incluaient également le personnel de la Curie romaine (embauches, promotions, processus d’information sur les candidats à l’épiscopat, etc.) et l’examen des cas délicats, y compris ceux concernant les cardinaux et les évêques, confiés au délégué par le cardinal secrétaire d’État ou par le substitut de la Secrétairerie d’État.
Pour dissiper les soupçons insinués dans plusieurs articles récents, je dirai immédiatement que les nonces apostoliques aux États-Unis, Gabriel Montalvo et Pietro Sambi, tous deux prématurément décédés, n’ont pas manqué d’informer immédiatement le Saint-Siège dès qu’ils ont appris le comportement gravement immoral de l’archevêque McCarrick avec des séminaristes et des prêtres. En effet, selon ce qu’a écrit le nonce Pietro Sambi, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P., datée du 22 novembre 2000, a été rédigée à la demande du défunt nonce Montalvo. Dans cette lettre, le père Ramsey, professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’à 1996, affirme qu’une rumeur récurrente au séminaire disait que l’archevêque « partageait son lit avec des séminaristes », en invitant cinq à la fois pour passer le week-end avec lui dans sa maison près de la plage. Et il a ajouté qu’il connaissait un certain nombre de séminaristes, dont certains ont été plus tard ordonnés prêtres pour l’archidiocèse de Newark, qui avaient été invités dans cette maison et avaient partagé le lit de l’archevêque.

Le bureau que j’occupais à l’époque n’a été informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège après que le nonce Montalvo eut porté ces accusations à la fin de 2000, alors que le cardinal Angelo Sodano était secrétaire d’État.

De la même manière, le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État Tarcisio Bertone un mémorandum d’accusation contre McCarrick par le prêtre Gregory Littleton du diocèse de Charlotte, réduit à la laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lequel celui-ci racontait l’histoire tragique des abus sexuels commis à l’époque par l’archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce a ajouté que Littleton avait déjà transmis son mémorandum à une vingtaine de personnes, y compris les autorités judiciaires civiles et ecclésiastiques, la police et les avocats, en juin 2006, et qu’il était donc très probable que l’information serait bientôt rendue publique. Il a donc appelé à une intervention rapide du Saint-Siège" (suite et téléchargement ci-dessous).