Humanae Vitae : 50 ans déjà, et toujours d’actualité !

A l'occasion des 50 ans d'Humanae Vitae, le père Bernard Domini, de la Famille Missionnaire Notre-Dame, écrit :

"Nous avons remercié Dieu, le 30 juin 2018, d’avoir inspiré au Pape Paul VI le Credo du Peuple de Dieu et de lui avoir communiquer le don de force du Saint-Esprit pour le promulguer, le 30 juin 1968. Nous voulons, en ce 25 juillet 2018, remercier, une nouvelle fois, Dieu pour avoir donné à ce même Pape, qui va être canonisé le 14 octobre prochain, l’encyclique Humanae VitaeQuel courage héroïque lui a-t-il fallu pour la promulguer ! Il savait qu’il serait contredit, marginalisé, ridiculisé par les médias et qu’il ne serait pas soutenu par un grand nombre d’évêques et de théologiens. Mais, par fidélité à Jésus et à la Tradition de l’Eglise, Paul VI n’a pas reculé. Il a promulgué cette encyclique prophétique, 7 mois après la loi Neuwirth, qui avait légalisé, en France, la contraception. Cette loi avait été votée le 27 décembre 1967, en la Fête des Saints Innocents. 7 mois plus tard, le 25 juillet 1968, devant le très grand danger de l’idéologie contraceptive, Paul VI promulguait l’Encyclique prophétique Humanae Vitae.

IndexPour Pierre Simon, l’auteur du livre De La Vie avant toute chose, Paul VI déclenchait «un combat d’arrière-garde » (p. 167). Mais l’avenir révélera, nous en sommes de plus en plus convaincus, le caractère prophétique d’Humanae Vitae. Paul VI a été inspiré du Saint-Esprit pour comprendre le lien intrinsèque entre union conjugale et procréation : Dissocier volontairement la double fin de la sexualité, c’est contredire le plan de Dieu et sa Volonté de Créateur et contredire la nature de l’homme et de la femme et leur rapport le plus intime (HV 13). A la suite de Paul VI, en ce 25 juillet 2018, nous devons réaffirmer avec courage et énergie que l’homme et la femme ne sont pas les maîtres de la sexualité humaine et des sources de la vie humaine, mais les ministres du dessein établi par Dieu Créateur.

Pierre Simon avait bien compris le changement qu’allait apporter à l’humanité la légalisation de la contraception :

«Je suis alors conscient que le projet qui se prépare à être voté par les élus du peuple français implique, pour l’homme des temps modernes, une nouvelle définition du bien et du mal. Il élabore une nouvelle morale. Sans aller, avec Roger Garaudy, jusqu’à dire que la morale ne doit plus se présenter comme un «code éternel de prescriptions, réduisant la liberté à n’être qu’un choix entre les chemins déjà tracés, mais comme une création libre et responsable», nous pensons que la régulation des naissances, institutionnalisée, aboutit à une mutation de la morale où la vie s’organise rationnellement mais sans manquer de ce que nous pouvons appeler pour satisfaire toutes les conceptions philosophiques, une formation éthique supérieure. » (p. 146)

Pierre Simon, dans De La Vie avant toute chose parlait ensuite de la bataille pour l’avortement, qui pouvait commencer plus aisément après la promulgation de la Loi Neuwirth. Pierre Simon s’y était engagé avec détermination en fondant avec Anne-Marie Dourlen-Rollier et Raoul Palmer, « l’Association nationale pour l’étude de l’avortement » (p.203). La bataille fut gagnée avec la Loi Veil. Pierre Simon était très conscient du très grand changement qu’opérait cette dernière Loi. Pour lui, c’est évident, il ne s’agissait pas d’un moindre mal ou d’un cas de détresse mais d’une étape en vue du droit à l’avortement :

« A changer notre attitude et notre comportement devant la vie — n’y voyant plus un don de Dieu mais un matériau qui se gère —, c’est l’avenir tout entier que nous faisons basculer. Voici qu’il subit une brutale secousse. Des millénaires s’achèvent en notre temps » (p.219).

Pierre Simon, logiquement, était aussi favorable à l’euthanasie :

« Aimer véritablement la vie, la respecter, implique qu’il faut parfois avoir le courage de la refuser. L’euthanasie est souvent l’objet d’une demande très profonde des parents, des mères surtout. Certaines, angoissées devant leur grossesse, n’ont de cesse qu’elles ne nous arrachent cette promesse : ne pas laisser vivre un enfant qui soit anormal sans remède possible. Paradoxe de notre fonction d’obstétricien, dans ce cas précis : laisser mourir n’est-ce pas préserver la vie ? » (p. 234).

Mais comment peut-on préserver la vie en laissant mourir ? N’est-ce pas contradictoire ?

Pierre Simon rêvait probablement de l’instauration du «meilleur des mondes» :

« La réorganisation de la société s’orientant autour de la critique du fétiche-travail, induira nécessairement une diminution massive du temps de travail. La sexualité et l’érotisme exigeant du temps libre, ce temps sera dévolu à chacun. Le bonheur sera sans Marx et sans Jésus ; le mariage deviendra une commodité sociale. Son problème : ne pas empiéter sur la vie sexuelle. Au géniteur succédera l’amant » (p. 243).

Mais notre société sans Marx et sans Jésus est-elle vraiment, en ce 25 juillet 2018, la société du bonheur ? La prophétie de Paul VI, dans Humanae Vitae, n’est-elle pas, au contraire, réalisée sous nos yeux ?

« Quelle voie large et facile on ouvrirait à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité… On peut craindre aussi que l’homme s’habituant à l’usage des pratiques anticonceptionnelles ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l’équilibre physique et psychologique de celle-ci, n’en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée (HV 17). Il est temps de revenir à la Loi de Dieu !

Pierre Simon voyait aussi un autre changement majeur aux conséquences gravissimes : le don de la vie ne devait plus être laissé aux époux mais aux scientifiques et au pouvoir politique. L’Eglise, en 1987, voyait la très grave dérive de ce changement. Par le texte Donum Vitae, le Cardinal Joseph Ratzinger a rappelé la loi naturelle concernant la procréation : le don de la vie humaine ne peut provenir que de l’acte d’amour des époux. Le fondement de cet enseignement donné avec autorité est la loi naturelle et le lien indissociable « union et procréation » qui avait été rappelé par Paul VI dans Humanae Vitae. Le 12 mai 2008, Benoît XVI disait avec fermeté : « En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l’amour et le caractère sacré de la vie ».

Pierre Simon disait encore : « alors que l’on crée, en laboratoire, de la vie à partir de molécules inertes, comment un prêtre ou un juriste pourrait-il imposer sa définition de la vie ? » (p. 254). Beaucoup ne mesurent pas encore la gravité de la menace pour l’humanité que représente la domination du politique et du scientifique sur l’origine de la vie humaine ? Il ne devrait jamais s’agir de « production de la vie », mais, selon l’expression de Jean-Paul II, de « généalogie de la personne humaine ». Les Médias ne cessent de parler de PMA et de GPA. Ne laissons pas l’humanité édifier « le pire des mondes » ! La procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui considèrent l’enfant comme un objet et non plus comme un don de Dieu ! Après le droit à disposer de son corps, le droit à l’avortement, est en train de s’imposer le droit à l’enfant. Il n’existe pas de droit à l’enfant dans la Loi naturelle parce que tout enfant est un don, un don de Dieu ! Pierre Simon a affirmé, dans son livre De La Vie avant toute chose que la vie ne serait plus l’œuvre de Dieu mais plus que jamais une production humaine (p. 255).

« Abandonnons nos schémas du passé, nos tables de la Loi et nos livres rouges, écrivait-il encore, alors seulement, nos actes auront retrouvé leur signification, et l’échange ne sera plus réglé par un code que nous ne maîtrisons plus. Cette aspiration, confusément inscrite dans les profondeurs de notre moi archaïque, est soumise à l’accélération du déterminisme de l’histoire, dont je viens d’assembler les éléments disparates et parfois contradictoires. Prométhée est ainsi revenu, mais il ne s’est plus contenté de nous apporter le feu : c’est de tous ses pouvoirs qu’il a dépossédé Zeus, et fait cadeau aux hommes. Il s’agit donc pour nous d’une liberté à conquérir. La nécessité pour l’homme de véhiculer un matériel héréditaire ne suffit pas à entraver le cours ultérieur de la Vie, et donc la conquête rationnelle de son autonomie» (p. 258).

Cette conclusion de Pierre Simon n’est pas une simple citation de la mythologie. L’auteur du livre De La Vie avant toute chose sait bien qu’il veut se libérer de la Loi naturelle et de Dieu qui en est son fondement.

Le but du plan de Pierre Simon a été clairement décrit dans les pages 221-222 « de la vie avant toute chose » :

« Avec la pilule on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation ; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans activité sexuelle… Il y aura d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme procréatrice et l’homme non géniteur- et de l’autre, la société médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la « banque du sperme ». C’est en ce sens la société tout entière qui féconde le couple…  La sexualité sera dissociée de la procréation et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici. »

Merci à Paul VI d’avoir été si clairvoyant et si courageux. Merci aussi au Salon Beige qui, depuis des semaines, rappelle l’enseignement de Jean-Paul II sur l’évangile de la vie et sur Humanae Vitae. Cette Encyclique n’est pas un non à l’amour conjugal et au bonheur du couple mais un « oui » au dessein de Dieu sur le mariage, l’amour conjugal et la famille. Ceux qui le veulent pourront retrouver sur notre Site internet les vidéos et les enseignements de notre Session de juillet 2008 à Sens et de la dernière Fête de Notre-Dame des Neiges, en décembre 2017, à Saint-Pierre-de-Colombier, où j’ai parlé du Credo du Peuple de Dieu et d’Humanae Vitae. Profitons de cet été pour nous former et pour mener le combat de la Foi et de la morale dans la fidélité à la Tradition de l’Eglise."


N’ayons pas l’âme citadine, celle qui préfère l’efficacité à la pertinence, le progrès à l’enracinement

Voici le sermon prononcé par le chanoine Alban Denis dimanche dernier en la basilique de Saint Laurent-sur-Sèvre à l'occasion de la 27ème université d'été de Renaissance Catholique sur le thème de la Révolution Silencieuse (version enregistrée à la fin de ce post).

62eXFbQp_400x400Frères très aimés,

Chers amis universitaires,

Chers amis des larmes et du fouet,

du silence intérieur et de l’action missionnaire !

Qu’il est bon mes frères de se retrouver ensemble – malgré l’heure matinale – dans cette basilique placée sous le patronage de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, l’apôtre breton du Grand Ouest et le compagnon chantant de Notre-Dame. Oui, cela est bon. Bon, parce que c’est Dimanche. Bon, parce qu’il s’agit du 1erjour de la semaine, le jour du Seigneur. Son jour à Lui.

Quelle grâce aussi, à l’aube de notre 27èmeuniversité d’été, de prier ici en Vendée. Ah… « la Vendée » chers amis. S’il vous plaît, ne me dites pas que vous avez pas le cœur habitué ! S’il vous plaît, dîtes-moi que vous sentez, tout comme je le sens, la puissance évocatrice de ces trois syllabes.

Attention, je n’ai pas dit « la charge émotionnelle » de ces trois syllabes. Une « charge » a pour vocation de dynamiter, ou de faire sentir son poids. Et ce sont là, entre nous soit dit, les fruits amers et fréquents du sentimentalisme. Au contraire, loin de nous écraser, l’histoire tragique de la Vendée nous rappelle non seulement que des géants nous précèdent, mais encore que « rien n’est plus invincible qu’un sentiment généreux dans le cœur de l’homme » [1]. Cette terre de martyrs nous invite à sortir de nous-mêmes et à nous mettre à leur suite, comme pour attester à ces héros anonymes que leur sacrifice n’a pas été vain. Et prions fort mes frères, pour que ce soit véritablement notre état d’esprit au sortir de cette université.

Après la bonté  et la grâce,quel bonheur enfin ! Oui chers amis, quel bonheur d’être en vacances. De nous extraire de nos obligations quotidiennes. De goûter l’air de la vie. Quel bonheur, entendez-bien, de ne pas presser le pas pour aller plus vite et « gagner du temps ». Car pour gagner quoi au juste ? La dictature de l’optimisation à tout crin, bien au contraire de nous faire gagner quoique ce soit, nous fait souvent perdre le sens du réel, pour ne pas dire celui de l’essentiel. C’est-à-dire le sens de Dieu. La sainteté n’est pas affaire de calculs de fonctionnaire. Pour avancer dans la vie spirituelle vous le savez, plus que de gagner du temps, il s’agit de savoir le prendre, et même parfois d’accepter d’en perdre.

Unknown-14Chers amis, n’ayons pas l’âme citadine, celle qui préfère l’efficacité à la pertinence, le progrès à l’enracinement. « Toute sagesse commence dans l’émerveillement » notait Socrate. Avancer tête baissée pour réussir au lieu d’ouvrir les yeux pour découvrir, voilà le danger qui guette l’homme de ce siècle. A nous de prendre le temps durant nos vacances de contempler la beauté du monde qui nous entoure. De retirer, des joies qui jalonnent notre existence, et des peines aussi, tous les trésors de vie qui y résident.Gagner du temps reste probablement le plus subtil des artifices pour tenter de lui échapper et de fuir les réalités qui lui sont attachées. Le grand drame de l’empressement, c’est de nous contraindre à ne pas considérer ce à côté de quoi l’on passe. Et cette négligence a valeur de poison pour l’âme.

Alors oui, quel bonheur de partager ensemble cette petite parenthèse de chrétienté ! De savourer les conférences qui nous sont offertes, de nous imprégner des vérités qui s’en dégagent. Et, parce que cela n’est pas interdit, quel bonheur grâce à la pédagogie de ceux qui nous instruisent de nous sentir quelques instants intelligents. (Ou moins bête qu’à l’accoutumé – c’est une question de point de vue je vous l’accorde !).

Mais surtout, il faut nous arrêter là-dessus, quelle délicatesse. Oui mes frères, quelle délicatesse de la part de la Sainte Liturgie de nous transporter aux portes de Jérusalem. Quelle délicatesse de l’Eglise en ce petit matin de juillet de nous offrir les textes de ce 9èmedimanche après la Pentecôte qui sont en mesure, me semble-t-il, d’apporter un éclairage au thème de notre université : « La révolution silencieuse ».

 Replantons le décor. Un décor grave mes frères. Notre Seigneur s’approche de Jérusalem. Saville. Sa ville qu’il aime tant. La foule a beau crié, des palmes à la main : « Hosanna Fils de David », « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Lc 19, 38)… Il sait Lui, Il sait que le triomphe des Rameaux n’est que le négatif photographique de cette même foule qui l’insultera et lui crachera au visage sur le chemin du Calvaire à l’heure du Vendredi Saint. Et dans cette masse humaine, quelques Pharisiens maugréent et l’enjoignent de faire taire toutes ces personnes qui l’acclament comme un Dieu… « En vérité, en vérité je vous le dis, si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. » (Lc 19, 40) Quelle puissance dans cette réponse du Divin Maître ! « Les pierres crieront ! »

Mais attendez ! Attendez, ce n’est pas fini. Ce qui est tout à fait saisissant, et c’est là où je veux en venir, c’est l’attitude du Christ lorsqu’il aperçoit au loin la façade ouest du temple de Jérusalem, majestueuse ! Malgré la clameur de la foule, Notre Seigneur habité d’un silence intérieur CONTEMPLE la cité sainte. IL PREND LE TEMPS de contempler Jérusalem.

Dom Delatte dans son commentaire débordant de Sagesse sur la Règle de Saint Benoît nous avertit : « S’il y a trop de bruits dans l’âme, quelque chose qui ressemble à une dispersion de l’attention, la voix de Dieu, ordinairement « douce comme un souffle de bise » (III Re 19, 12) n’est pas entendue. Il faut écouter ajoute-t-il. Prêter l’oreille ne serait pas assez. Saint Benoît nous invite très joliment à « incliner l’oreille de notre cœur »[2].

Ah mes frères ! Il me plaît d’imaginer notre Bon Seigneur à cet instant même qui a dû magnifiquement incliner l’oreille de son Cœur vers son Père. Et de ce dialogue silencieux, intense, profond, poignant et mystérieux va naître des larmes. Il pleure sur sa ville. Cependant les larmes du Fils de Dieu ne sont pas « tétanisantes » et submergées d’émotion, non ! Elles sont, comme toujours chez lui, compatissantes et principes d’action.

Voyez-vous pour une très large partie aujourd’hui, le BRUIT représente un univers dont ils ne savent se défaire. A l’inverse, l’âme de tout apostolat fécond se nourrit du silence. Pour nos contemporains, le passage du vacarme au silence s’apparente bien souvent à un dépaysement quand le passage de la contemplation à l’action missionnaire relève pour le chrétien d’un esprit de conquête.

Dépaysement / Esprit de conquête : nous sommes dans une posture d’âme bien différente.

L’homme moderne est angoissé par le SILENCE. Le disciple du Christ y puise de l’énergie pour mener droitement son combat afin de gagner son Ciel. Le chrétien contemple pour transmettre. Les démons hurlent pour nous réduire au silence. Le bruit nous rend barbare. / Le silence nous élève.

Ah chers amis, comme Pascal avait vu juste en affirmant que « tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre [3] ». Rien ne vaut en effet de passer un bon moment avec soi-même à parcourir les rayonnages de sa bibliothèque intérieur en tenant la main de Dieu.

Or depuis 50 ans, depuis 50 ans mes frères, à quel grand vacarme assistons-nous pour mieux nous endormir !

Si l’on peut définir l’Histoire comme la somme des tragédies qui auraient pu être évitées, au bout d’un demi-siècle l’Histoire est en mesure de livrer ses leçons sur les acteurs de Mai 68. Leçons parfois impitoyables. Souvent pleines d’ironie. Car en fin de compte que reste-t-il de leurs promesses ? Le monde qu’ils avaient souhaité sans barrière réclame aujourd’hui davantage de frontières. Leur rêve d’univers sans classe avait pour modèle Mao Zedong dont ils portaient l’effigie en larges pancartes avant que la vérité historique révèle qu’il est l’homme aux 80 millions de morts, le dictateur le plus sanguinaire de l’Histoire vous le savez. La jouissance sans entrave année après année se heurte dans nos sociétés modernes à une réalité statistique de suicides et de dépressions inconnue jusqu’alors. En réalité, ils voulaient davantage défaire le monde ancien qu’en construire un nouveau.

Alors que la pensée moderne, de Descartes au XVIIIème siècle, se proposait de reléguer Dieu à la sphère privée, le monde post-moderne, celui dans lequel nous vivons chers amis, a pour ambition d’arracher aux hommes le désir même de Dieu ! « Le vacarme » A faire en sorte comme l’explique très bien Saint Paul dans l’épitre de ce jour : « Que le peuple s’assoit pour manger et pour boire, puis qu’il se lève pour se divertir » (I Co 10, 7)

Et Bernanos d’insister, vous connaissez la citation :

« On ne comprend absolument rien à la civilisation d’aujourd’hui si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. [4] »

Ce qui a déclenché la grande civilisation chrétienne, avec toutes ces œuvres de charité extraordinaires, c'est la contemplation de quelques grands saints qui les ont inspirées comme saint Bernard, saint Vincent de Paul, notre bon Saint Louis-Marie et tant d’autres. La vie secrète qui se nourrit de contemplation, de prière mes frères, a son rayonnement jusque dans l'action, jusque dans l'action apostolique… et jusque dans l'action temporelle. La vie intérieure n'est donc pas un abri, ou un refuge, mais pour reprendre la formule plaisante de Dom Gérard, elle est plutôt une « rampe de lancement ». Et c’est justement cette vie intérieure ineffable du Verbe Incarné qui Le pousse à s’armer d’un fouet et à entrer dans le Temple pour en chasser ses profanateurs. A ce propos, Léon Bloy fait très bien d’interroger :

« Que penseriez-vous de la charité d’un homme qui laisserait empoisonner ses frères, de peur de ruiner, en les avertissant, la considération de l’empoisonneur ? [5] »

Alors oui mes frères, si nous savons faire silence et ployer les genoux, nous aussi nous avons le droit à nos « Saintes Colères » [6].

Colère lucide parce que depuis 50 ans le Grand Printempsque l’on nous avait promis se fait attendre… (et je vous laisse imaginer du reste si l’on nous avait annoncé l’hiver…).

Sainte colère, parce que notre colère, comme celle de Notre Bon Seigneur chassant les marchands du Temple, est liée à l’espoir. Sainte colère parce que « si les choses vont certainement plus mal qu’on ne le croit, elles peuvent aussi aller mieux qu’on ne l’espère. [7] »

A nous donc d’écarquiller nos yeux, d’ouvrir nos intelligences, d’être des assoiffés du Ciel.

« On ne comprend rien si l’on ne cherche pas à comprendre tout [8] » enseignait Jacqueline de Romilly.

C’est pourquoi : il nous appartient, si nous persévérons à devenir des âmes intérieures, à tirer de notre vie quotidienne ces je ne sais quoi d’éclat et de sublime. Tout cela nous est possible. Possible, pourvu que notre que l’on regarde avec son cœur, et que notre cœur soit lumineux ! Les regards noirs et les idées sombres font malheureusement obstacles à notre appétit de lumière. Alors, à nous de lutter contre les uns et les autres afin d’être en mesure, soutenu par la grâce, de contempler un jour les richesses de Dieu.

C’est ce que je nous souhaite à tous,      Ainsi soit-il !

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Terres de Mission : Immigration et droit des peuples

Eglise universelle : Les 50 ans d’Humanae Vitae

Après plusieurs années de réflexions et de consultations le pape Paul VI promulguait le 25 juillet 1968 l’encyclique Humanae Vitae sur ” Le mariage et la régulation des naissances”. A rebours de ses conseillers et de la pensée dominante il rappelait qu’il n’est jamais licite, dans l’acte conjugal, de volontairement dissocier union et procréation. Monsieur l’abbé Barthe explicite les raisons de cette condamnation, précise le degré d’autorité de ce document et rappelle les raisons pour lesquelles ce texte fut mal accueilli par une grande partie de l’épiscopat mondial.

Eglise en France : Immigration et droit des peuples

Délégué général d’ICHTUS, Guillaume de Prémare, présente le numéro d’été de la revue Permanences consacré à Immigration et droit des peuples. L’approche est inhabituelle puisqu’elle ne s’intéresse pas qu’aux droits des personnes mais aussi à ceux des peuples à, par exemple, défendre leur identité. Avec la collaboration de Alexandre Devecchio, Philippe Pichot-Bravard, Jean-Paul Bolufer, etc.

Eglise en Marche : Restauration de la chapelle Saint Pierre-aux-Liens

Président de l’association mémoire du Futur, Reynald Secher oeuvre depuis 1993 à la restauration de la chapelle de Saint Pierre aux-Liens dans la commune de La chapelle-Basse-Mer entièrement détruite par les colonnes infernales lors des guerres de Vendée. Chaque été des équipes de jeunes se relaient, à l’occasion d’un camp-chantier, afin de mener à bien cette restauration.


Mgr Bernard Fellay et l'abbé Franz Schmidberger deviennent conseiller à la FSSPX

Communiqué de la Maison générale de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X

Mgr_bernard_fellay_franz_schmidberger_fsspx"Le Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X a élu deux Conseillers généraux pour faire partie du Conseil de Monsieur le Supérieur général, l'abbé Davide Pagliarani, conformément au droit commun de l'Eglise.

Il s'agit de Mgr Bernard Fellay, ancien Supérieur général (1994-2018) et de Monsieur l'abbé Franz Schmidberger, ancien Supérieur général (1982-1994) et actuel directeur du séminaire Herz Jesu de Zaitzkofen (Allemagne)."


La genèse de la rédaction d'Humanae Vitae montre que Paul VI n'a pas été dubitatif

Le travail en cours pour démolir « Humanae vitae » – l’encyclique de Paul VI de 1968 qui a dit non à la contraception vient de buter ces derniers jours sur un livre qui reconstruit la genèse de ce texte, grâce à l’accès, pour la première fois, aux documents secrets qui la concernent, autorisé par le Pape François en personne :

Maringo-207x300"Par exemple, il est vrai que Paul VI a fait réécrire par les futurs cardinaux Jacques-Paul Martin et Paul Poupard, qui étaient à l’époque fonctionnaires de la Secrétairerie d’État, la première mouture de l’encyclique qui avait été rédigée par le théologien de la maison pontificale de l’époque et lui aussi cardinal Mario Luigi Ciappi. Mais le contenu doctrinal des deux versions est le même, même s’il est formulé différemment. Et même la seconde version n’avait pas satisfait Paul VI, tant et si bien qu’il l’a retravaillée pour enlever ce qui lui semblait être des ambiguïtés, avec des réécritures de sa propre main ou de celle de son théologien de confiance, le milanais Carlo Colombo.

Les fait eux-mêmes démentent donc l’hypothèse selon laquelle Paul VI aurait négligé, dans la préparation de l’encyclique, les exigences de la synodalité et de la collégialité, aujourd’hui tant exaltées – paradoxalement – alors que nous connaissons l’un des pontificats les plus monocratiques de toute l’histoire.

En 1967, l’année précédant sa publication, Paul VI avait demandé aux près de deux cent Pères synodaux rassemblés à Rome pour la première assemblée ordinaire du synode des évêques de lui faire parvenir leurs opinions en privé. Ils furent 26 à lui répondre et leurs avis se trouvent dans le livre. Parmi ceux qui se sont exprimés en faveur du non aux contraceptifs artificiels, on retrouve un futur pape et saint, Karol Wojtyla, et l’alors très populaire archevêque américain Fulton Sheen, grand prédicateur en son temps, lui aussi en route vers la canonisation. Wojtyla, à l’époque archevêque de Cracovie, anticipait dans sa réponse à Paul VI les approfondissements de l’enseignement de « Humanae vitae » qu’il aurait ensuite publiés en tant que pape.

Parmi ceux qui étaient favorable à admettre les contraceptifs, on retrouve certains cardinaux et évêques figures de proue du camp progressiste, de Suenens à Döpfner en passant par Léger. Et même au sein de l’importante commission d’étude constituée par Jean XXIII et ensuite renforcée par son successeur, il se trouvait plus de partisans que d’opposants.  Mais il ressort du livre de Marengo que Paul VI « a soupesé très attentivement » leurs positions également et qu’il les a rejetées – uniquement parce qu’il avait trouvé en elles « certains critères de solutions qui se distançaient de la doctrine morale sur le mariage proposée avec une fermeté constante par le Magistère de l’Église ».

En d’autres mots, il ressort du livre que Paul VI, bien loin d’avoir été hésitant et dubitatif jusqu’au bout, a exercé « en vertu du mandat du Christ qui nous est confié » précisément ce « discernement » qu’on met tellement en avant aujourd’hui et qui, cette même année 1968, l’avait mené à reconfirmer solennellement les vérités fondamentales de la foi catholique contre les doutes qui se répandaient, avec la proclamation publique de ce qu’il a défini comme le « Credo du Peuple de Dieu ».

Comme on le sait, « Humanae vitae » a fait l’objet d’une vague de protestations massive, même de la part de pans importants de la hiérarchie. Mais Paul VI ne fit jamais marche arrière. Au contraire, il l’a toujours considérée comme étant l’une des réalisations les plus importantes de sa mission de successeur de Pierre.  Dans sa dernière homélie publique, le jour de la fête des saints Pierre et Paul de 1978, en faisant le bilan de son pontificat, il a d’ailleurs précisé que ses actes les plus importants avaient justement été « Humanae vitae » et le « Credo du Peuple de Dieu »."


Quel avenir pour la Fraternité Saint-Pie X ?

Extrait d'une analyse parue sur Riposte catholique :

Img_6850"Pendant cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X n’a quasiment connu que deux noms : Lefebvre et Fellay. Les deux évêques ont administré pendant cinq décennies cette œuvre sacerdotale fondée en Suisse en 1970. Certes, l’allemand Franz Schmidberger a bien assuré un mandat de supérieur, mais c’était essentiellement du vivant du fondateur et sous son œil avisé. Aujourd’hui il faut se familiariser à un nouveau nom : celui de l’abbé Davide Pagliarani. Lourde tâche pour cet italien presque cinquantenaire, peu connu, simple prêtre, n’ayant plus d’évêque ou de fondateur au-dessus de lui. Compliqué de se faire une place entre deux géants… Géant Mgr Fellay ? L’histoire le dira progressivement. Mais le Suisse mesuré et mitré qui a gouverné la Fraternité pendant la moitié de son histoire a obtenu que Rome donne la messe traditionnelle au monde entier. Il a permis que les excommunications ne soient plus qu’un vieux souvenir. Et désormais, il a fait en sorte que les confessions et mariages administrés dans la FSSPX soient reconnus. Les mois vont passer. Son bilan va être évalué. Et son poids dans la communauté va de plus en plus peser. [...]"


Terres de Mission : Ordinations en France, bilan sans concession

Eglise universelle : Un roman historique à propos de la conjuration bretonne

Les éditions du Rocher viennent de publier un passionnant roman historique de Reynald Secher : Le miroir sans retour. L’auteur y décrit, d’une plume alerte, le destin hors du commun de Valentin Chévetel, médecin du marquis Armand de La Rouérie, qu’il espionna pendant des années pour le compte de la Convention avant de le livrer à la mort en 1793. Avouons que la réalité dépasse ici la fiction et que c’est faire oeuvre salutaire que de rappeler que derrière les déclarations généreuses des “grands ancêtres” se cachaient, mal, de tristes individus dévorés d’envie, surtout animés par l’esprit de lucre et le goût du pouvoir.

Eglise en France : le bilan des ordinations sacerdotales en France

Alors que s’achève la période annuelle des ordinations sacerdotales, aux environs du 29 juin, fête de saint Pierre et saint Paul monsieur l’abbé Barthe dresse le bilan de ces ordinations et fournit diverses informations chiffrées sur l’état du clergé en France. Il y a eu entre 67 et 82 ordinations ( selon les sources) au titre des diocèses et communautés assimilées. Dans le même temps 800 prêtres décèdent par an. 58 diocèses n’ont eu aucune ordination cette année. Il ne reste plus que 17 séminaires actifs en France. Les ordinations selon la forme extraordinaire du rite romain représentent 20 % de ces ordinations, etc. Un bilan sans concession.

Eglise en Marche : Chroniques chrétiennes sociales et sociétales

Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, vient de publier le recueil des chroniques qu’il a tenues, pendant 10 années, sur radio Notre -Dame : Chroniques chrétiennes sociales et sociétales. Sans concession aux vents dominants de la pensée unique l’auteur livre ici le témoignage roboratif d’un chrétien libre et engagé.


On votait encore à la Fraternité Saint-Pierre

MG_8768bisLe Chapitre Général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), réuni du 3 au 18 juillet au Séminaire International Notre-Dame de Guadalupe, Denton, USA, a élu en session plénière les Assistants et Conseillers du nouveau Supérieur Général l’abbé Andrzej Komorowski :

  • Assistants : les abbés Daniel Geddes, Arnaud Evrat et Stefan Reiner,
  • Conseillers : les abbés Paul Giard et William Lawrence.

L'abbé Pagliarani nouveau supérieur de la Fraternité Saint Pie X

Fsspx_davide_pagliarani_chapitre_generalLe 4e chapitre général de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X qui se tient jusqu’au 21 juillet au Séminaire Saint-Pie X d’Ecône (Suisse), a élu l’abbé Davide Pagliarani Supérieur général pour 12 ans.

De nationalité italienne, le nouveau Supérieur général est âgé de 47 ans. Il a reçu le sacrement de l’Ordre des mains de Mgr Bernard Fellay, en 1996. Il a exercé son apostolat à Rimini (Italie), puis à Singapour, avant d’être nommé supérieur du district d’Italie.

Depuis 2012, il était directeur du Séminaire Notre-Dame Co-rédemptrice de La Reja (Argentine).

Mgr de Galarreta a été élu 1er assistant général pour un même mandat de 12 ans. Et l'abbé Bouchacourt a été élu  2e assistant. 

Cette élection ne va pas accélérer le rapprochement avec Rome. La tendance n'est pas dans l'éloignement de Rome mais dans une problématique de lent rapprochement. Les divergences ne portent pas sur le principe, mais sur la méthode, les conditions, et le calendrier.


Aimer en grand ne devrait pas faire peur, mais au contraire attirer

Homélie de Dom Courau, père abbé de Notre-Dame de Triors, en cette Solennité de La Translation des reliques de saint Benoît à l’abbaye de Fleury (Saint-Benoît sur Loire) :

Ob_984fdc_saint-benoit-de-nursie-patron-de-l-e"S. Pierre interroge le Seigneur sans arrière pensée ni inquiétude. Il souhaite plutôt donner un sens au bel effort moral qu’il s’est joyeusement proposé en suivant Jésus (Mt. 19,27s) : son tempérament est ardent, on ne trouve chez lui aucune trace de l’indolence plaintive du jeune homme riche trop enraciné dans le matériel : ce dernier venait de quitter Jésus tout triste (Mt 19,22). De son côté, Pierre avait sûrement été heureux d’entendre le Seigneur dire naguère de ne pas regarder en arrière une fois qu’on a mis la main à la charrue (Luc 9,62). Aller de l’avant est un signe de bonne santé morale, même si, dans un second temps, la crainte de la désillusion peut menacer la persévérance. Il en va ainsi en tout projet un peu conséquent, a fortiori en tout ce qui engage la vie entière.

Par sa Vie comme dans sa Règle, S. Benoît a connu cela : constatant comment les étudiants de son âge s’éparpillaient dans des mœurs marécageuses, il a pris ses distances à leur égard, pour vivre en vérité devant Dieu et devant lui-même (Vita introd.1 & 3,5). Puis il engage ceux qui viennent à lui à aimer la vie : Beaucoup, attirés par lui, se rassemblèrent en ce lieu en vue de servir le Dieu Tout-puissant (id° 3,13). Dans sa Règle (Prologue), S. Benoît leur pose la question naïve du psalmiste : Quel est l'homme qui veut vraiment la vie et désire voir des jours heureux ? (Ps 33,13)Bien sûr, répondre affirmativement va de soi. Par le psalmiste Dieu alors donne le mode d’emploi de cette belle vie : Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, interdis le mal à ta langue et à tes lèvres toute duplicité ; détourne-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la (Ps 33,14-15). Non pas Dom Quichote et ses hauts faits vaniteux, mais une fidélité simple dans le quotidien, obscur ou non. Pour un moderne, ces conseils semblent dérisoires. Le respect dû au psalmiste oblige d’y regarder de plus près, afin d’être simplement conséquent dans notre démarche morale et recevoir la vraie joie.

Tout grand projet humain garde ce caractère contrasté d’être à la fois attirant et inquiétant : l’amour qui le sous-tend veut tout prendre, et on hésite à faire le 1er pas avant de se jeter à l’eau. Une grande décision nous trouve bien souvent comme l’âne de Buridan, épuisé et indécis à la fois entre le seau d’eau et le sac d’avoine. Il en va ainsi pour la vocation sacerdotale ou religieuse derrière Pierre et Benoît, comme aussi pour le mariage humain avec toutes ses belles conséquences. Aimer en grand ne devrait pas faire peur, mais au contraire attirer. Pourtant on a peur de se donner, on a peur d’aimer. Le provisoire un peu valorisant et le court terme : cela paraît plus prudent à la foule grossissante des jeunes hommes riches.

Ces réticences de toujours prennent sous nos yeux une ampleur inquiétante qui oblige à réfléchir. Prisonnière de ses succès techniques enivrants, l’humanité y cherche son confort à court terme, mais refuse pratiquement l’effort moral concomitant qui approfondit ses découvertes en faisant grandir l’âme. Puisse l’exemple de S. Pierre, celui de S. Benoît et de tant de saints la pousser à courir dans la voie du commandement de l’amour et faire passer la fécondité du plan de Dieu en elle, pauvre humanité. La fécondité spirituelle, la fécondité naturelle elle-même a son beau prix et sa grande noblesse derrière le terrible quotidien (Pie XI). Un exemple : avoir vaincu la mortalité infantile est un vrai progrès, un indéniable succès de la vie ; il faut ensuite accepter qu’il ouvre sur un nouveau progrès, celui de conduire de façon plus concrète l’ouverture des conjoints l’un vers l’autre à une responsabilité plus merveilleuse concernant leur intimité : l’ouverture à l’autre devient de façon la plus évidente le B-A-BA du bonheur mutuel.

Voilà presque 50 ans jour pour jour le 25 juillet, à l’occasion de la fête de S. Jacques, le 1er apôtre qui a répandu son sang pour Jésus, le Bx Paul VI a signé l’encyclique Humanae Vitae. La date en fut choisie à bon escient, pour confier au jeune apôtre et 1er martyr le mariage humain qui veut chercher la vie et trouver des jours heureux, au-delà de l’effort qui rebute le jeune homme riche et lui fait rebrousser chemin.

Après Paul VI, le saint Pape Jean-Paul II a consacré à la beauté du mariage une grande partie de son enseignement. L’encyclique de Paul VI si belle, mais mal reçue en son temps, fut le point de départ de ses réflexions fortes, capables d’abattre les murs de Berlin qui emprisonnent la vie morale de tant de nos contemporains. Alors que les esprits timorés dénonçaient l’encyclique comme inopportune et inadaptée, le pape polonais disait au contraire : Le mariage et la famille doivent constituer un milieu d’amour responsable, car précisément l’amour conjugal est orienté vers la vie. C’est ce que soulignait le Pape Paul VI dans son encyclique Humanæ vitæ, poursuivait Jean-Paul II, un texte qui, au fur et à mesure que passent les années, s’avère toujours davantage comme une intervention prophétique et providentielle (22 décembre 1994, discours à la Curie).

Ce caractère prophétique du Magistère de Paul VI sur la responsabilité conjugale éclate partout dans l’encyclique pour qui la lit posément : faisons-le ces jours-ci. Elle entend bien promouvoir le progrès humain, en acceptant de bon gré et même avec joie et admiration toutes les conséquences du mariage. Paul VI dénonce la grave injustice qui consiste à rendre la divine Providence responsable ici d'un défaut de sagesse de gouvernement. Ce qui manque, n’est-ce pas plutôt un sens insuffisant de la justice sociale, l’accaparement égoïste, ou encore cette blâmable indolence à affronter les efforts et les sacrifices nécessaires pour assurer l'élévation d'un peuple et de tous ses enfants ? (HN 23 citant Encycl. Pop. progressio n. 48s).

La salutaire doctrine du Christ sur le mariage est une forme éminente de charité envers les âmes, écrit encore Paul VI (HV 29). La Mère de l’Église la veut, surtout ici, accompagnée de patience et de bonté : le jeune homme riche peut alors revenir sur ses pas et goûter la joie, Gaude Maria, gratia plena, amen.


Terres de Mission : La « Rébellion cachée » à travers la France

Le 8 juillet, Terre de missions recevait Daniel Rabourdin, le réalisateur du docu-film sur les guerres de Vendée : « La Rébellion cachée ». Il présente, en particulier, la tournée de projections privées et paroissiales qui reprend depuis quelques semaines : déjà plus de 130 projections en moins de deux ans ! Un succès qui ne se dément pas !

Puis Jeanne Smits, journaliste, présente la traduction qu’elle vient de faire pour les Presses de la Délivrance du livre d’Henry Sire : “The Dictator Pope” (Le Pape dictateur). Ce livre détruit la légende dorée d’un Pape réformateur aux prises avec des cardinaux conservateurs. En réalité, la plupart des réformes engagées par Benoît XVI, notamment en matière financière et en matière morale, marquent le pas et plusieurs prélats notoirement corrompus ont été récemment promus dans l’entourage immédiat du Pape François.


Carlo Acutis, mort à 15 ans, déclaré vénérable

BAT_COUV_rosaire_13x20_V3Le Pape François a signé le décret sur l'héroïcité des vertus de Carlo Acutis jeudi 5 juillet. Ainsi la route vers la Béatification de ce jeune italien mort à 15 ans le 12 octobre 2006 est ouverte.

Carlo Acutis est un jeune de notre temps. A 14 ans il lance un site internet sur les miracles eucharistiques à travers le monde. Il lancera d'autres sites internet et aidera à la création de plusieurs pour sa paroisse et ses amis. Chaque jour, il va à la Messe. Pour lui, "l'Eucharistie est l'autoroute du Ciel". Il prie chaque jour son chapelet et vit une fois par semaine l'Adoration eucharistique. Aimé de tous, il devient le confident de beaucoup d'adolescents. Il les invite à suivre le chemin de leur Baptême, celui de l'Evangile de la sainteté, devenant amis de Jésus.

Avec ses parents, il se rend dans les sanctuaires comme ND du Laus, Lourdes, L'Ile Bouchard... Mort le 12 octobre 2006 d'une leucémie foudroyante, il repose dans la terre du cimetière d'Assise. Fin 2016, le procès diocésain vers la Béatification de Carlo était terminé dans son diocèse de Milan. Maintenant, c'est la Congrégation pour la Cause des Saints, au Vatican qui suit le dossier.

Ouvrage à commander ici.


Les enfants des rues de Manille ont besoin de votre soutien

Thumbnail-2La fondation ANAK-Tnk du Père Matthieu Dauchez œuvre depuis 20 ans au service des plus pauvres de Manille. Cette année son projet est de soutenir l'un de ses 21 foyers d'accueil pour les enfants des rues. Plus que du matériel ou un lieu, la mission est de réapprendre aux enfants des rues qu'ils sont dignes d'aimer et d'être aimés.

Une mission soulignée par le Pape François lors d'une visite surprise dans l'un des foyers ANAK-Tnk le 15 janvier 2015 à Manille : Le Pape François disant à l'Abbé Matthieu Dauchez: "Merci, Continuez de bien prendre soin de ses enfants, ils sont la chair du Christ".

Thumbnail-3Deux jours plus tard, le 17 janvier 2015 : 2 enfants de ANAK-Tnk témoignent de leur vie dans la rue devant le Pape François et des milliers de philippins lors de la rencontre avec la jeunesse philippine. Après ce témoignage fort le Pape François prend dans ses bras les 2 jeunes, signe fort de compassion et d'espérance.

Il ne nous reste plus que quelques jours pour nous aider à relever le défi, nous comptons sur vous! c'est par ici: https://www.credofunding.fr/fr/maison-anak 


Guerres de Vendée et pape François au menu de Terres de mission

Le 8 juillet, Terre de missions reçoit Daniel Rabourdin, réalisateur du docufilm sur les guerres de Vendée: "La Rébellion cachée". Il présente, en particulier, la tournée de projections privées et paroissiales qui reprend depuis quelques semaines: déjà plus de 130 projections en moins de deux ans!

Puis Jeanne Smits, journaliste, présente la traduction qu'elle vient de faire pour les Presses de la Délivrance du livre d'Henry Sire: "The Dictator Pope" (Le Pape dictateur). Ce livre détruit la légende dorée d'un Pape réformateur aux prises avec des cardinaux conservateurs. En réalité, la plupart des réformes engagées par Benoît XVI, notamment en matière financière et en matière morale, marquent le pas et plusieurs prélats notoirement corrompus ont été récemment promus dans l'entourage immédiat du Pape.

Diffusion dimanche midi sur TV Libertés.


Terres de mission : « Superbook », le dessin animé avec la Bible en héroïne

Dans ce nouveau Terres de Mission, Guillaume de Thieulloy retrouve l’abbé Cyrille Debris qui a été le postulateur de la cause de béatification de l’Impératrice Zita d’Autriche. Il évoque la dynastie des Habsbourg, thème de sa thèse et de son doctorat.

Guillaume de Thieulloy retrouve aussi l’écrivain Philippe Bornet venu parler de Notre-Dame de Gadalupe.

Enfin, Hubert de Kerangat vient présenter un nouveau produit de SAJE distribution : « Superbook » . Derrière ce titre se cache un dessin animé américain ou la super-héroïne est… La Bible. Un DVD à placer sous le regard des enfants.