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Pas de renforts britanniques pour l'Afghanistan

Alors que le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a demandé jeudi aux pays contribuant à la mission en Afghanistan d'envoyer des troupes supplémentaires afin d'accélérer le processus de formation des forces de sécurité afghanes, le nouveau Premier ministre britannique David Cameron a immédiatement répondu que la Grande-Bretagne n'enverra pas de troupes supplémentaires combattre en Afghanistan :

"La question d'un renforcement des troupes n'est absolument pas au programme pour le Royaume Uni (...)

J'ai décrit cette année, et le président [Hamid Karzaï, ndpc] - je le sais - est d'accord, comme une année vitale pour la mission de l'Otan en Afghanistan. Nous devons faire des progrès, des progrès au nom du peuple afghan, mais aussi au nom des personnes qui, chez nous, veulent que cela fonctionne"

Et la France ?


Pour quoi nos soldats meurent-ils en Afghanistan ?

Cette information est tout de même inquiétante :

"L’Europe, la Russie et l’Iran consomment plus de 80% de la drogue provenant de l’Afghanistan, dont la part représente plus de 90% des stupéfiants produits dans le monde entier, a déclaré le directeur du Service russe de contrôle des stupéfiants (FSKN) Viktor Ivanov lors du forum antidrogue à Moscou.

Cette production a explosé depuis l’intervention des forces de la « coalition » dans la région et représente désormais un gigantesque défi pour la communauté européenne.

D’après de récents chiffres, la seule Afghanistan produirait plus de stupéfiants que le monde entier il y a dix ans (...)"


Un soldat français tué en Afghanistan

Un sous-officier appartenant au 2e régiment de parachutistes de la Légion étrangère de Calvi a été tué et 3 de ses camarades ont été blessés. Au total, dix soldats de l'Otan ont été tués dans la seule journée de lundi.

Il a été mortellement blessé par un éclat de roquette antichar tiré par des insurgés, au cours d'une «opération de reconnaissance», menée au sud de Tagab, une ville située à 50km à l'est de Kaboul.

5 autres soldats de nationalité étrangère ont péri dans l'explosion d'une mine artisanale dans l'est de l'Afghanistan. Un autre a été tué par engin explosif dans le sud.

La France compte à ce jour quelque 3.750 soldats sur le théâtre des opérations afghan, dont près de 3.500 en Afghanistan même. Ce décès porte à 43 le nombre de soldats français morts en Afghanistan depuis le déploiement des troupes alliées fin 2001. 245 soldats des forces internationales ont péri en Afghanistan depuis le 1er janvier 2010, dont près des deux tiers étaient américains.

RIP


Afghanistan : la Grande-Bretagne parle de retrait mais sans calendrier

Le nouveau ministre de la Défense britannique Liam Fox était en visite samedi en Afghanistan et a déclaré au quotidien britannique The Times qu'il "aimerait que les forces rentrent le plus vite possible" :

"Nous devons revoir nos ambitions et notre calendrier. Nous ne sommes pas le gendarme du monde. Nous ne sommes pas en Afghanistan pour éduquer un pays dévasté du 13e siècle. Nous sommes là-bas pour nous assurer que le peuple britannique et nos intérêts ne sont pas menacés".

Il est toutefois trop tôt selon lui pour parler d'un calendrier de retrait :

"La question est de savoir comment soutenir les efforts du gouvernement afghan et de nos partenaires de l'Organisation de l'alliance nord-atlantique, et non pas si il faut les soutenir (...)Nous dressons un état des lieux en tant que nouveau gouvernement, nous voulons savoir comment les choses fonctionnent, nous voulons entendre les conseils de l'armée, nous voulons parler au gouvernement afghan, nous voulons discuter des détails avec les Etats-Unis"


Défense, Afghanistan : des sujets électoraux ?

Dans un contexte aujourd'hui encore dramatique avec la mort d'un soldat français et de réflexion sur l'avenir de l'engagement français en Afghanistan (déclaration de Hervé Morin), voici l'opinion du rédacteur du site spécialisé sur la défense Le mammouth :

"La France va commencer son retrait d'Afghanistan avant 2012, et aura du mal à assurer son train de vie en matière de défense, après cette même date. Deux évidences qui peuvent, aujourd'hui, être un sujet de débats et de programmes politiques, pour un scrutin présidentiel qui se déroulera en... 2012.
Le pays vient, ces derniers jours, de comprendre qu'il faudrait se serrer un peu la ceinture. Or, ce n'est pas une grande révélation, l'engagement français suscite peu d'intérêt dans la population, mis à part chez les amoureux de ce pays, et les familles des 4.000 militaires déployés la-bas.

On voit mal, cependant, comment la France pourrait éviter de s'exprimer sur un calendrier de retrait d'Afghanistan, qui arrive dans les discours des responsables américaines et britanniques.
D'ores et déjà, comme nous l'écrivions hier, la décision a été prise de réduire la voilure en Surobi, ce qui ne peut, logiquement, que déboucher sur une réduction assez rapide de notre format en Afghanistan. Le président de la République, alors candidat, l'avait d'ailleurs évoqué dès 2007.

Pour ce qui est de la défense, il apparait que l'après-2012 sera très difficile à financer. La législature actuelle a permis de commencer la modernisation des forces, de colmater les brèches laissées par l'ère précédente : le financement du tout rendait inéductable la mise en place des bases de défense. On voit mal comment, cependant, le système pourrait tourner sans une nouvelle phase de choix dans les programmes d'armement." 


Un officier français tué en Afghanistan

Lu sur Secret Défense :

Bareck "Un capitaine du 3ème régiment de génie a été tué aujourd’hui dans la province de l’Oruzgan à proximité de Deh Rawod, dans le le sud de l'Afghanistan. Il a été mortellement blessé par un engin explosif improvisé (EEI). Cet officier servait au sein d'une Equipe de liaison et de mentorat opérationnel (OMLT, en anglais). (...)

Lors d'une patrouille, des militaires français et afghans ont détectés un EEI. Ils font appel aux demineurs de l'EOD pour la neutraliser. Le capitaine faisait partie de cette équipe. On ignore encore les circonstances exactes de sa mort, mais il est possible qu'un second EEI ait explosé alors qu'il s'approchait de l'engin repéré.

Il s’agit du 42ème soldat français tombé en Afghanistan depuis 2001 et du sixième depuis le début de l'année. Huit d'entre eux ont été tués par des EEI. Il s'agit également du troisième officier tué. "

RIP

Addendum (23/05) : il s'agit du capitaine Barek-Deligny (sur la photo en train de rendre son fanion de commandement en avril 2010)


Afghanistan : vers le début d'un commencement de retrait pour la France ?

C'est que laisse entendre Hervé Morin dans un entretien accordé à France Soir :

"(...) Nos compatriotes n’entendent malheureusement parler de l’Afghanistan que lorsqu’un de nos soldats y est tué. En vérité, quand on regarde les deux zones dont nous avons la responsabilité militaire, la situation progresse. La montée en puissance de l’armée nationale afghane que nous formons est significative. Notre objectif principal est de commencer, dès la fin de l’année, à transférer aux Afghans certaines zones, comme nous l’avons déjà fait à Kaboul. C’est seulement si nous ne parvenions pas atteindre cet objectif que nous aurions des questions à nous poser !

Barack Obama a annoncé un début de désengagement militaire mi-2011. La France a-t-elle le même calendrier ?

Nous constatons, dans la région de Surobi où nos soldats sont déployés depuis deux ans, que le niveau de sécurité est sensiblement plus élevé. Oui, nous pouvons espérer être en mesure, pour l’année 2011, de transférer des zones à l’armée et à la police afghane."

Et des soldats français tués en Afghanistan à l'approche des élections présidentielles et législatives de 2012, cela serait également fâcheux...


"Supplique à un ami journaliste" pour honorer la mort d'un légionnaire

Lettre du Fils de Jean de COINTET, capitaine commandant une compagnie du 2ème REP en Afghanistan, à l'occasion du légionnaire tué cette semaine.

Supplique à un ami journaliste

Cher ami,

La nouvelle tombe dans les media aussi vite qu’Hutnik est lui-même tombé. C’est le droit à l’information. La France doit savoir que meurent ses enfants, même s’ils le sont d’adoption, comme lui, Slovaque.
Tu le sais, je ne suis pas journaliste mais soldat. Je ne suis pas un professionnel de la communication comme toi. J’ai peu appris à relayer des informations d’une telle portée. C’est pourquoi il faut que tu m’aides. Il faut que tu m’aides, car j’ai le sentiment que dans la précipitation du spectaculaire, on le tue une deuxième fois. J’ai l’impression qu’on bafoue son patient travail avec son bataillon depuis trois mois – et pour lequel il est mort.
J’ai besoin que tu m’aides à faire sentir ce qui se passe réellement ici, à faire comprendre ce qui justifie que je laisse ma femme et mes enfants le long temps de cette mission. Que tu m’aides à proclamer que malgré sa mort ce n’est pas un échec. Que tu m’aides… plutôt que tu l’aides…

Lire la suite ""Supplique à un ami journaliste" pour honorer la mort d'un légionnaire" »


Afghanistan : comment convaincre les Français d'accroître l'effort de guerre

Dans une note préparée par sa « cellule rouge », chargée des propositions et analyses novatrices, la CIA propose de manipuler l’opinion publique française afin de la rendre plus favorable à l’intervention en Afghanistan, et ainsi faciliter l’envoi de renforts français sur le théâtre d’opérations.

Selon ce document, plusieurs axes sont proposés par les agents américains :

  • La question des réfugiés. L’importance accordée en France à la question des réfugiés, soulignée par la vague de protestation qui a accompagné la récente expulsion de douze afghans, offrant un premier axe de propagande consistant à persuader les français que l’OTAN vient en aide aux civils.
  • Le Féminisme et la condition des femmes. Le document propose ainsi d’insister sur les progrès réalisés dans l’éducation des femmes, qui seraient compromis par un retour des talibans. La CIA recommande d’ailleurs de faire délivrer les messages favorables à l’intervention occidentale par des femmes afghanes.
  • L’Obamania. Le crédit dont jouit le président Obama en Europe pourrait également être mis à profit, son implication plus directe permettant sans doute de renforcer le soutien à l’intervention.

L'Afghanistan fait tomber le gouvernement néerlandais

Lu sur YD :

"L'Otan avait demandé aux Pays-Bas de maintenir leurs troupes en Afghanistan. Les chrétiens-démocrates proposaient une prolongation de leur mission jusqu'en août 2011. Mais le vice-Premier ministre travailliste exigeait que leur mission prenne fin cette année comme prévu, et que la décision soit prise immédiatement."


Afghanistan : qu'en pensent les ex-soviétiques ?

Il semblerait que l'on commence à s'intéresser à ce que pensent les Russes du conflit afghan, eux qui ont indéniablement à la fois l'expérience de l'enlisement et de la sortie de crise. Jean-Dominique Merchet montre que les Soviétiques ont réussi à l'époque une sortie de crise que les Américains pourraient être amenés à envier :

Russes afghanistan "Tant décriés aujourd'hui, les Soviétiques ont pourtant réussi en Afghanistan ce que la coalition occidentale cherche à faire sous le nom d'"afghanisation", c'est-à-dire partir sans débandade en laissant derrière soi un gouvernement et une armée alliés, qui ont tenu plus de trois ans... jusqu'à la disparition de l' Union soviétique (...) Dans l’imaginaire collectif, hérité des dernières années de la guerre froide, l’armée soviétique a été chassée militairement d’Afghanistan par les moudjahidin soutenus par l’Occident. La réalité est un plus nuancée que cela (...)" (La suite ici)

D'anciens vétérans de l'Armée rouge en Afghanistan estiment d'ailleurs impossible de gagner la guerre dans ce pays et conseillent à la coalition internationale de changer de stratégie en mettant l'accent sur la reconstruction. Rouslan Aouchev, qui fut commandant d'un régiment soviétique en Afghanistan précise :

"Voilà neuf ans que la coalition est entrée en Afghanistan et rien n'a changé. Aujourd'hui, la situation est plus difficile. Les moudjahidine étaient plus modérés que les talibans, qui sont radicaux. Et à notre époque, il n'y avait pas de kamikazes (...)"

Le général Makhmout Gareev, ancien membre de l'état-major des forces armées de l'URSS déclare quant à lui :

Russes afgha "les Etats-Unis et l'Otan ne gagneront jamais car il est impossible de gagner la guerre contre un peuple (...) il faut changer de politique, trouver d'autres solutions, aider à la reconstruction du pays, accorder un soutien économique, financier et humanitaire"

C'est sans doute pourquoi, la Russie a annoncé vouloir participer davantage au développement de l'Afghanistan en reconstruisant ou rénovant des infrastructures datant de l'ère soviétique. Cette proposition pourrait être soumise aujourd'hui par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la conférence internationale de Londres sur l'Afghanistan. La Russie pourrait ainsi apporter sa contribution sur 140 installations ou projets.


Afghanistan : nouvelles d'Allemagne

Alors que l'Allemagne vient d'annoncer à la fois l'augmentation des ses effectifs déployés en Afghanistan (passant de 4500 à 5000) et son souhait de commencer son retrait en 2011, des voix s'élèvent contre la poursuite de sa présence.

Ainsi la nouvelle responsable de l’Église protestante, Margot Kässmann a déclaré lors de son message de nouvelle année qu'il ne pouvait y avoir de guerre juste en Afghanistan :

"Même selon les critères les plus larges de l'Eglise évangélique d'Allemagne, cette guerre ne peut pas être justifiée. C'est pourquoi il faut mettre un terme au conflit armé dès que possible"

De son côté, l'archevêque catholique de Munich et Freising, Reinhard Marx, vient de déclarer :

"Peut-être que la mission militaire en Afghanistan ne se trouve plus là où nous voulions à l'origine qu'elle se trouve." 



Impasse à Kaboul ?

Publié par La Nef, l'article d'Hervé Coutau-Bégarie est d'autant plus intéressant à lire que ce dernier est directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense (CID) et professeur au Cours Supérieur d'Etat-major (CSEM) :

Couteau begarie "Le secrétaire général de l’OTAN ne peut plus, comme il y a 18 mois, proclamer : « Nous sommes en train de gagner en Afghanistan ». L’agressivité croissante des talibans n’est pas niable et la pacification est plus que jamais aléatoire. Des provinces entières sont gagnées par l’insécurité et la légitimité du gouvernement d’Ahmid Karzaï est plus que jamais douteuse après le simulacre des élections présidentielles.. Mais tout le monde sait que son administration est corrompue, son frère gouverneur de province est ouvertement désigné comme l’un des barons de l’opium et l’armée afghane n’a aucune consistance, avec un taux de désertion parmi les soldats qui approche 30 % (...)

Afghanistan On a du mal à concevoir que des sociétés occidentales profondément démilitarisées, hypersensibles aux pertes, puissent réussir, là où tous leurs prédécesseurs ont échoué. Certes, l’armée de la coalition dispose d’une panoplie formidable de moyens, notamment d’un appui aérien impressionnant, mais cette panoplie n’est guère adaptée à la traque de combattants très rustiques, très mobiles, très endurants, qui se fondent dans le paysage et qui n’ont pas peur de la mort. Surtout cette supériorité technique se double d’une méconnaissance absolue de l’environnement. Pratiquement personne ne parle pachtoun ou ouzbek. Comment dès lors établir le moindre contact avec la population, alors que c’est le préalable à toute pacification ? (...)

Le colonel Michel Goya, chercheur à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École militaire, a dressé un constat semblable (...) : l’armée afghane est incapable de prendre en charge le pays, il n’y a ni vision militaire, ni réel projet politique de la coalition (...) La sagesse eût probablement été de ne pas s’engager dans une telle entreprise, manifestement au-delà de la volonté des pays occidentaux, dont l’opinion n’accepte plus de mourir pour Kaboul (...)  
Mal conçue, mal conduite, cette guerre aura apporté à l’alliance occidentale une humiliation supplémentaire, aura fourni aux islamistes un nouveau terrain d’entraînement et un formidable argument de propagande et aura permis aux trafiquants d’opium de recommencer à inonder l’Amérique et l’Europe (...) Les moyens pour prévenir ce désastre annoncé sont maintenant difficiles à trouver et à mettre en œuvre. Ils passent, au moins, par une remise à plat de tout un système de décision dominé par les Américains, qui n’a que trop fait la preuve de son inefficacité."


Obama accepte son prix Nobel et défend les "guerres justes"

Dans son discours d'acceptation du prix Nobel de la paix, Barack Obama a estimé que les Etats-Unis devaient veiller au respect des normes morales lorsqu'ils menaient des guerres qu'ils estimaient nécessaires et justifiées :

Obama "Lorsque la force est nécessaire, nous devons, sur un plan moral et stratégique, nous contraindre à respecter certaines règles de conduite. Et même si nous nous retrouvons face à un adversaire brutal qui ne respecte rien, je pense que les Etats-Unis d'Amérique doivent continuer à montrer ce qui doit être la norme dans la conduite de la guerre. C'est là l'une des origines de notre force. C'est pourquoi j'ai interdit la torture. C'est pourquoi j'ai ordonné la fermeture de la prison de Guantanamo. Et c'est pourquoi j'ai réaffirmé l'engagement de l'Amérique à respecter les conventions de Genève. Nous nous perdons nous-mêmes lorsque nous passons des compromis avec les idéaux mêmes pour lesquels nous nous battons (...)

Aussi, oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la préservation de la paix. Et pourtant, cette vérité-là doit coexister avec une autre, à savoir que la guerre, qu'elle soit justifiée ou non, appelle la tragédie humaine."

StThomasAquin Saint Thomas d'Aquin définissait la guerre juste par trois critères :

  1. auctoritas principis : la guerre ne peut relever que de la puissance publique sinon elle est un crime.
  2. causa justa : la cause juste
  3. intentio recta : l'intention ne doit pas être entachée de causes cachées mais uniquement dans le but de faire triompher le bien commun.

Plus récemmentMichael Walzer a synthétisé plusieurs critères proches de ceux de Saint thomas d'Aquin pour savoir si un conflit est juste :

"La guerre pour être juste, doit être engagée en dernier ressort. Toutes les possibilités non violentes doivent au préalable avoir été examinées. La question de l'autorité légitime se pose lorsque le Conseil de sécurité des Nations unies est bloqué par la volonté d'une partie d'exercer son droit de veto. La probabilité de succès doit être plus forte que les dommages imposés. Ce point est certainement l'un des plus difficiles à évaluer puisqu'entrant dans le cadre du calcul des probabilités.

La violence engagée dans le conflit doit être proportionnelle au dommage infligé et les populations civiles doivent être autant que possible distinguées des agresseurs militaires. Là encore, se présente une nouvelle difficulté avec les interventions de type guérillas où il est difficile de faire la distinction entre civils et militaires.

Le but ultime de l'intervention armée doit être de rétablir la paix."

Très proche des critères précédents, la Doctrine Sociale de l'Eglise précise :

"Une guerre d'agression est intrinsèquement immorale. Dans le cas tragique où elle éclate, les responsables d'un État agressé ont le droit et le devoir d'organiser leur défense en utilisant notamment la force des armes. Pour être licite, l'usage de la force doit répondre à certaines conditions rigoureuses:

  • que le dommage infligé par l'agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain
  • que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces
  • que soient réunies les conditions sérieuses de succès
  • que l'emploi des armes n'entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. La puissance des moyens modernes de destruction pèse très lourdement dans l'appréciation de cette condition.

Ce sont les éléments traditionnels énumérés dans la doctrine dite de la “guerre juste”. L'appréciation de ces conditions de légitimité morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun.

Si cette responsabilité justifie la possession de moyens suffisants pour exercer le droit à la défense, il reste pour les États l'obligation de faire tout leur possible pour garantir les conditions de la paix, non seulement sur [leur] propre territoire mais partout dans le monde. Il ne faut pas oublier que « faire la guerre pour la juste défense des peuples est une chose, vouloir imposer son empire à d'autres nations en est une autre. La puissance des armes ne légitime pas tout usage de cette force à des fins politiques ou militaires. Et ce n'est pas parce que la guerre est malheureusement engagée que tout devient, par le fait même, licite entre parties adverses (DSE 500)

Pour ce qui est d'une guerre préventive, déclenchée sans preuves évidentes qu'une agression est sur le point d'être lancée, elle ne peut pas ne pas soulever de graves interrogations du point de vue moral et juridique. Par conséquent, seule une décision des organismes compétents, sur la base de vérifications rigoureuses et de motivations fondées, peut donner une légitimation internationale à l'usage de la force armée, en identifiant des situations déterminées comme une menace contre la paix et en autorisant une ingérence dans la sphère réservée d'un État (DSE 501)"

Il suffit désormais de passer le conflit afghan au crible de tous ces critères pour savoir si l'OTAN et les Etats-Unis y mènent une guerre juste. Le conflit irakien n'a pas réussi l'examen....


2010 sera une année de violence

Ce sont les propos tenus par le général Mike Mullen, chef d'état-major des armées des États-Unis, à propos de l'Afghanistan :

Mike mullen "Nous ne gagnons pas, ce qui signifie que nous perdons, et, plus nous perdons, plus les insurgés recrutent facilement. 2010 sera une année de violence. C'est la période la plus dangereuse que j'ai eu à voir en quarante ans de métier. Il est certain que nous allons essuyer un nombre de victimes plus important. C'est ce qui s'est passé lors de l'envoi de renforts an Irak, c'est ce qui va se passer avec les renforts que l'on va envoyer en Afghanistan."

Qu'en pense le tout nouveau lauréat du prix Nobel de la paix ?


Qui a dit?

"Nous combattons en Afghanistan depuis déjà six ans. Si notre approche ne change pas, nous continuerons à combattre encore 20 ou 30 ans. Quoi ! Allons nous combattre sans fin en montrant que nos troupes ne sont pas capables de gérer la situation ? Il nous faut sortir de ce ce processus aussi vite que possible".

C'est bien Gorbatchev en 1986. Félicitations à  Gédéon pour sa rapidité et à HB pour sa perspicacité : la réponse a été donnée par Philippe Carhon mardi dernier. Il y en a au moins un qui suit... ;-)


Renforts pour l'Afghanistan : la France va-t-elle avoir le choix ?

Nicolas_sarkozy_troupes_fran-aises_kaboul_22dec2007_afp Après l'annonce faite par Obama d'envoyer 30 000 soldats supplémentaires pour se battre en Afghanistan (pas mal au passage pour un Nobel de la paix...), la France va-t-elle aussi envoyer des renforts ?

Officiellement, la France réserve sa réponse mais les mots employés par les autorités montrent la gêne et le malaise qui règnent au sommet de l'Etat : "Pour le moment, il n'y a aucune nécessité à augmenter les troupes" (Bernard Kouchner), "Pour l'instant, aucune décision n'a été prise, ni dans un sens ni dans l'autre" (Henri Guaino), "la France n'exclut pas d'ajuster à nouveau son contingent par l'éventuel envoi de civils, gendarmes et techniciens", "Rien ne dit qu'il ne faudra pas ajuster à nouveau" (Bernard Kouchner)...

Or, la situation de la France est délicate. Tout d'abord, la France vient tout juste de réintégrer le commandement intégré de l'OTAN et peine à mettre en place les centaines d'officiers et de sous-officiers dans les états-majors de l'OTAN à l'étranger entamant ainsi déjà sa crédibilité. Ensuite, la plupart des pays de l'OTAN se sont déjà engagés à augmenter leurs effectifs : Pologne (+ 600), Espagne (+ 200), Grande-Bretagne (+ 500), Italie (c'est oui), Slovaquie (+ 250), Macédoine (+ 100), Géorgie et Corée du Sud (+ 1500, non membres de l'OTAN)...

Déjà 4ème contribueur en forces en Afghanistan, la France se voit mettre la pression par  le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen qui a lancé mercredi un avertissement aux pays alliés réticents à envoyer des renforts de soldats en Afghanistan :

Rasmussen "Les Américains ont opté pour une approche multilatérale et je crois que les Etats-Unis commenceront à mettre en doute cette approche si les autres alliés ne prennent pas leur part du fardeau. Le président Obama a annoncé une augmentation significative du nombre de troupes en Afghanistan, dans cette situation il est crucial que les autres alliés suivent. L'équilibre de l'Otan est en jeu, il est important que l'opération en Afghanistan ne soit pas perçue comme une opération américaine pure et simple. Donc, j'appelle tous les alliés à augmenter leur contribution en Afghanistan."

La France semble donc coincée. C'est l'analyse de Jean-Pierre Chevènement qui déclare :

Chevenement "La France est coincée par la réintégration de l'organisation militaire de l'Otan décidée par Nicolas Sarkozy. A partir du moment où Obama met 30.000 hommes de plus, en demande 10.000 aux alliés de l'Otan, où les Allemands malgré leurs réticences vont envoyer des renforts, où les Britanniques ont déjà annoncé qu'ils allaient en envoyer, la France est prise dans le sifflet. Je pense que le gouvernement ne tiendra pas, que le président de la République, vraisemblablement à la Conférence de Londres le 28 janvier"

Rendez-vous l'année prochaine.... 


Nous combattons en Afghanistan depuis déjà six ans...

Qui a dit ?

"Nous combattons en Afghanistan depuis déjà six ans. Si notre approche ne change pas, nous continuerons à combattre encore 20 ou 30 ans. Quoi ! Allons nous combattre sans fin en montrant que nos troupes ne sont pas capables de gérer la situation ? Il nous faut sortir de ce ce processus aussi vite que possible"

Addendum (23h50) : Il s'agit effectivement de Mikhaïl Gorbatchev le 13 novembre 1986 devant le Politburo du parti communiste de l'Union soviétique (bravo à Duchmoul)


Afghanistan : Les Etats-Unis décident

Barack Obama prononcera demain un discours à la nation, même s'il n'a pas attendu ce moment solennisé pour lancer sa nouvelle stratégie pour l'Afghanistan. Il devrait évoquer le calendrier de retrait de ses troupes d'ici 2013.

Pour ce faire, il veut impliquer davantage l'armée afghane dans la résolution de la crise et augmenter encore les contingents occidentaux sur place, les Etats-Unis devant engager 30 000 soldats supplémentaires. La Grande-Bretagne a déjà promis l'envoi de 500 militaires supplémentaires. Quant à la France, c'est Bernard Kouchner qui aurait reçu "l'ordre" de Hillary Clinton de renforcer la présence de l'armée française de 1500 soldats, alors qu'elle en compte aujourd'hui à peine plus de 3000.

Le moment de vérité approche : le président Sarkozy a toujours soutenu qu'il n'enverra pas un homme supplémentaire en Afghanistan. Barack Obama a décidé de la politique des Etats-Unis en Afghanistan. La décision américaine se transformera t-elle en action de l'OTAN? Si oui, la France désormais membre de cette alliance, pourra t-elle, au nom d'une souveraineté et d'une indépendance dûment préservées, adopter une attitude différente? Nicolas Sarkozy devra t-il obtempérer aux injonctions américaines - si toutefois la France en a les moyens - quitte à revenir sur ses engagements vis-à-vis des Français? "Wait and see" dirait-on chez l'Oncle Sam...

 


La France ne peut se faire complice des déserteurs Afghans

La polémique sur l'expulsion du territoire national de trois Afghans en situation irrégulière fait réagir, au nom de l'association de soutien à l'armée française (ASAF), le général Claude Le Borgne :

"Alors que nos soldats risquent leur peau en Afghanistan, non pas, comme on le répète bêtement, pour notre propre défense, mais pour aider les Afghans à mettre leurs trublions à la raison et à construire un État qui se tienne, nous devrions ouvrir nos portes à ceux d’entre eux qui refusent les risques d’une guerre autochtone. Nous voici complices de leur désertion. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : ceux qui se réfugient chez nous désertent le combat qu’il leur faudrait mener."


Vérités sur les "réfugiés" Afghans

Du général Salvan :

"Ces Afghans de Calais sont-ils d’infortunés migrants ? Quiconque souhaite s’informer sait que le voyage de Kaboul à Calais est facturé de dix à quinze mille euros. Les «infortunés migrants» sont en fait des fils de famille qui se sont «planqués». Oui, la peur est omniprésente en Afghanistan, comme elle le fut chez nous de 1940 à 1945 : je connais peu de soldats ou de civils pris sous les bombes ou entre deux feux qui ne l’aient éprouvée. Est-ce une raison pour que des sophistes approuvent les lâches ? [...]

Je maintiens que ces jeunes gens sont venus chez nous pour sauver leur peau, et bénéficier de conditions de vie avantageuses, plutôt que de mener à nos côtés avec les leurs un combat qui a un sens. Ce n’est pas par goût de la provocation que je les appelle insoumis et déserteurs. Car la défense des droits de l’homme et de la femme, cela suppose la participation de tous. Cela ne peut être mené par les seuls Occidentaux, par délégation de ceux qui refusent de prendre leur part du développement de leur pays et de la lutte contre la dictature des talibans.

Je souhaite donc que les Afghans adultes qui ont immigré clandestinement chez nous soient renvoyés dans leur pays et confiés aux centres de formation de la police et des armées afghanes, pour qu’ils prennent leur part du combat contre la dictature des talibans. Quant aux mineurs arrivés chez nous, je pense que la meilleure solution serait que nous ouvrions à Kaboul une école d’enfants de troupe ou un lycée militaire, pour lesquels nous avons une sérieuse expérience, et que nous leur donnions une éducation qui les rendra utiles à leur pays…"


Un "charter" pour Kaboul avec 3 Afghans

Trois immigrés clandestins afghans ont été expulsés hier vers Kaboul. A ceux qui s'indignent, Eric Besson précise que les expulsés seront hébergés pendant quinze jours dans un hôtel et bénéficieront de bourses de 2 000 euros en vue de leur réinsertion :

"La France a préparé les conditions de leur réinstallation. C’est un agent français qui les a accueillis à Kaboul, l’Etat français qui paye l’hôtel et l’Etat français qui paye l’aide à la réinstallation. Venir d’un pays en guerre ne vaut pas titre de séjour. […] Un pays qui renonce aux mesures de retours contraints est un pays qui devient la cible des filières d’immigration clandestine."

La facture est pour bibi.


Nouveau décès d'un soldat français

Un soldat français blessé le 4 septembre en Afghanistan dans l'explosion d'une bombe artisanale sur le passage de son blindé est décédé jeudi des suites de ses blessures à l'hôpital militaire Percy de Clamart. Ce décès porte à 36 le nombre de soldats français ayant perdu la vie en Afghanistan depuis l'arrivée des premiers éléments français dans ce pays en décembre 2001. Il s'agissait du sergent Johann Hivin-Gérard, membre du 3e Régiment d'infanterie de marine (3eRIMa) de Vannes. Marié, il était père d'un enfant et son épouse est enceinte de six mois.

RIP


Le coup du coran "profané" : deuxième épisode

Quand la recette est bonne, on l'utilise à l'envi :

Sous ce faux prétexte de coran "profané", des musulmans avaient mis un village chrétien et son église à feu et à sang au Pakistan et avaient tué 7 innocents dans les pires souffrances.

Des talibans (taleb signifie élève d'une école coranique) ont pris cette recette, mais cette fois dans l'Afghanistan voisin et contre les forces américaines : l'incident a duré plusieurs heures et mobilisé des milliers de personnes. Pas un coup de feu, pas un blessé et c'est l'armée afghane qui a dispersé les manifestants.

Addendum 22h40 : il semblerait qu'il y ait des victimes d'après cette source.


Peut-on comprendre la situation de la guerre en Afghanistan sans parler de l'opium?

Pour nous aider à répondre, les Manants du roi nous gratifient de trois articles intéressants et écrits par des hommes de terrain :

Un article de mai 2007 de René Cagnat qui peut faire aujourd'hui état de sa clairvoyance : "Oui, on peut gagner la guerre contre les Taleban… mais qui le souhaite vraiment ?" Et le peut-on :

" De toute façon, comment un soldat casqué, engoncé dans un gilet pare-balle, surchargé d’un invraisemblable bric-à-brac et qui emporte boisson et nourriture, peut-il rivaliser en montagne avec un guerrier équipé d’une seule kalachnikov, de quelques chargeurs, qui connaît le terrain et vit sur le pays? Le contrôle du ciel dont disposent encore les Occidentaux n’est pas suffisant pour compenser ce désavantage terrestre".


Cet entretien de Rory Stewart, officier écossais dans les traces de Lawrence d'Arabie, tend à démontrer que faire moins en Afghanistan, c'est faire mieux. En effet, "on ne peut pas vaincre les talibans". Il conviendrait donc de faire moins d'actions militaires et de les aider selon leur culture "dans une société qui repose sur la confiance et la loyauté". Les chances de réussite s'amoindrissent...

Enfin, Pierre-Arnaud Chouvy lève tout le paradoxe du rôle de l'opium dans le pays, étrangement épargné depuis 2001 par l'OTAN alors que l'Afghanistan fournit plus de 90% de l'opium mondial et désormais sous forme d'héroïne :

"il y a peu de doute que les talibans et même Al-Qaida bénéficient au moins un minimum des revenus de l’économie de l’opium dans un pays dans lequel les relations entre économie de guerre et économie de la drogue ont existé de façon durable et dans lequel une grande partie de la population participe à cette économie et en bénéficie (…)
 si l’économie de l’opium permet certes d’alimenter la corruption et de procurer des ressources à des acteurs opposés à la construction étatique actuelle, elle paraît avant tout alimenter la corruption de l’Etat central et des autorités provinciales".

La boucle semblerait bouclée quand on se souvient que René Cagnat soulignait dans le premier article que les bénéficiaires de ce trafic étaient aux quatre coins du monde :

" A Istanboul, Londres, Rome ou Paris, sur la Côte d’azur ou la Costa brava, des institutions influentes, financières ou commerciales,  ont pris l’habitude de fonctionner avec un argent douteux et n’entendent pas voir disparaître ce revenu".


Un 4ème soldat français est mort aujourd'hui en Afghanistan

Après les trois soldats tués accidentellement pour des raisons liées à la météo, on apprend qu'un 4ème soldat français est mort en Afghanistan.

Un légionnaire du 2ème Régiment Etranger d'infanterie (2ème REI) a été tué et cinq autres blessés, lorsque leur Véhicule de l'avant blindé (VAB) est tombé de quatre à cinq mètres sur le bas côté de la route. Il s'agit d'un accident et non d'une attaque.

Le bilan se porte désormais à 35 tués en Afghanistan.

RIP


Vers un échec en Afghanistan

S

Un document confidentiel, dévoilé lundi par le Washington Post, révèle que le commandant des forces internationales en Afghanistan, le général américain Stanley McChrystal, s'inquiète de la situation :

"Echouer à reprendre l'initiative et à mettre un terme à l'actuelle offensive des insurgés à court terme (dans les douze prochains mois) - en attendant que les capacités de sécurité afghanes murissent - risque de nous amener à une situation où il ne serait plus possible de vaincre les insurgés.

Le rapport, qui se veut une évaluation stratégique du conflit afghan, a été présenté au secrétaire américain à la Défense Robert Gates le 30 août et transmis à la Maison Blanche. Dans ce document de 66 pages, le général américain procède à sa première évaluation stratégique depuis son entrée en fonction, le 15 juin, à la tête de la Force internationale. Il note que la mission afghane a «manqué de ressources dès le départ» et «continue d'en manquer». Faute de moyens supplémentaires, la coalition risque

"un conflit plus long, plus de victimes, des coûts plus élevés et, au final, une érosion cruciale de soutien politique. Chacun de ces risques (...) peut entraîner un échec probable de la mission".

Il dénonce aussi «la faiblesse des institutions afghanes», «une corruption rampante et des abus de pouvoir de responsables divers», ainsi «que nos propres erreurs (...) qui ont donné très peu de raisons aux Afghans de soutenir leur gouvernement». Il ajoute que les forces internationales «ont agi d'une manière qui nous a éloignés - physiquement et psychologiquement - des gens que nous cherchons à protéger».


Vannes : hommage solennel aux morts du 3ème RIMa

VANNES1109090007 Un hommage solennel a été rendu vendredi à Vannes aux deux Marsouins du 3ème RIMa, le caporal-chef Thomas Rousselle, 30 ans, et le caporal Johan Naguin, 24 ans, tous deux pères de famille, qui avaient été tués le 4 septembre en Afghanistan. Le président de la République a présidé cette cérémonie (vidéo et diaporama ici).

Extrait du discours de Nicolas Sarkozy :

"La France n’a pas vocation à rester indéfiniment en Afghanistan.Mais nous resterons le temps nécessaire à l’avènement d’un Etat Afghan souverain, librement choisi par les Afghans respectueux des droits fondamentaux des personnes, capable de prendre en main son destin sans être une menace pour le reste du monde."


Afghanistan : l'un des soldats blessés décède

L'un des soldats français blessés en Afghanistan par l'explosion d'une bombe qui a fait un mort et huit autres blessés parmi ses camarades, est décédé dimanche à Ramstein (centre de l'Allemagne) des suites de ses blessures.

Ce soldat du 3e Régiment d'infanterie de marine, le caporal Thomas Rousselle âgé de 30 ans, avait été rapatrié en Allemagne dans la nuit de vendredi à samedi par un avion militaire américain et hospitalisé sur la base américaine de Ramstein. Trois autres blessés, les plus grièvement touchés par l'explosion, avaient été rapatriés de la même manière et cinq sont toujours hospitalisés à Kaboul.

RIP


La situation afghane ne s'améliore pas

Alors qu'à Castres et sur la base afghane de Deh Rahwood, un hommage a été rendu aux 10 soldats français tués dans l'embuscade d'Uzbeen il y a tout juste un an, des nouvelles peu encourageantes nous parviennent d'Afghanistan.

Selon Jean-Dominique Merchet, la situation afghane ne s'améliore pas. Il s'appuie tout d'abord sur les statistiques qui montrent que les forces de l'OTAN subissent désormais un mort toutes les vingt heures contre un toutes les vingt-six en 2008. Par ailleurs, les témoignages des soldats français engagés sur place montrent que la situation n'est pas prête d'être réglée. Ainsi le colonel Chanson, qui commande le GTIA Kapissa constitué à partir du 3ème Régiment d'Infanterie de Marine, déclare  :

"La situation se détériore : nous avons davantage d’IED [bombes artisanales] et de contacts avec les insurgés qu’avant. On ne peut pas dire qu’on est plus aimés que les Américains quand on essuie des tirs tous les deux jours. Je ne conçois pas de quitter l’Afghanistan sans une amélioration pour la population. Mais il faudra encore quelques années avant de pouvoir enlever casque et gilet pare-balles et de s’asseoir avec les locaux (..) La population ne nous aime pas. Dans certains villages, nous sommes même haïs "

Un reportage de Libération montre toute la difficulté dans l'accomplissement de cette mission au quotidien et la difficile porte de sortie :

"La porte de sortie de l’armée française passe par la formation de l’armée afghane. A terme, c’est elle qui devra sécuriser les vallées de Kapisa. Il faudra plusieurs années. Les trois quarts des soldats sont illettrés et le chef des opérations sait à peine lire une carte"     


Des nouvelles d'Afghanistan

Lu dans Le Figaro ici et ici :

"Le commandant des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, en poste depuis le mois de juin, estime que les talibans ont pris le dessus dans le pays, contraignant les Etats-Unis à revoir leur stratégie sur le terrain."

"L'engagement de la Grande-Bretagne en Afghanistan pourrait se poursuivre 30 à 40 ans, a estimé le futur commandant en chef de l'armée britannique, le général David Richards, dans une interview publiée samedi par le Times. "Le rôle de l'armée (britannique) évoluera, mais le processus complet pourrait prendre entre 30 et 40 ans", a déclaré le général Richards, qui prendra ses fonctions fin août."


De la démocratie en Afghanistan

A Une loi sur les droits des femmes, "pire qu'à l'époque des talibans", selon la sénatrice afghane Humeira Namati, a été signée par le président Hamid Karzaï. Ce texte légalise le viol sur sa conjointe et interdit aux femmes de sortir, de travailler ou d'aller chez le médecin sans la permission de leur mari. La loi n'accorde la garde des enfants qu'aux pères et aux grands-pères.

Michel Janva


Afghanistan : nouveaux renforts français ou non ?

Nicolas Sarkozy a déclaré ce matin :

"nous ne sommes pas une force d'occupation d'Afghanistan. Il faut donc afghaniser. C'est la raison pour laquelle nous aiderons à la construction d'une gendarmerie afghane, mais s'agissant des renforts militaires, la France a fait son devoir, nous n'enverrons pas d'autres renforts".

La France devrait envoyer 150 gendarmes français en Afghanistan. Ce qui constitue bien un renfort militaire.

Michel Janva


Un soldat français tué en Afghanistan

27 Un caporal du 27e bataillon de chasseurs alpins a été tué aujourd'hui par un tir de roquette contre le blindé qu'il conduisait lors d'un accrochage. Le soldat a été tué au cours d'une opération conduite par un bataillon de l'Armée nationale afghane (ANA) et 400 militaires français dans la vallée d'Alasay, au nord-est de Kaboul. Une demi-douzaine de soldats afghans ont également été blessés dans les accrochages qui se sont prolongés tout au long de la journée et un autre soldat français a été très légèrement blessé.

RIP

Michel Janva


Le Canada pessimiste sur l'Afghanistan

Le Canada paie un lourd tribut à la guerre en Afghanistan avec 108 soldats tués. Stephen Harper, le Premier ministre canadien, a déclaré hier sur CNN :

"Nous n'allons pas gagner cette guerre seulement en y restant. Très franchement, nous n'arriverons jamais à battre l'insurrection. A mon avis, l'Afghanistan a toujours eu dans son histoire une insurrection d'une forme ou d'une autre. Alors ce qu'il nous faut en Afghanistan, c'est un gouvernement qui soit capable de gérer cette insurrection."

Lahire


Obama va-t-en guerre

Le président américain Barack Obama a annoncé mardi l'envoi d'environ 17.000 hommes supplémentaires en Afghanistan d'ici à l'été.

"Pour faire face à d'urgents besoins en matière de sécurité, j'ai accédé à la requête du secrétaire (à la Défense Robert) Gates [le même que sous le président Bush] qui demandait le déploiement d'une brigade expéditionnaire de Marines au printemps et d'une brigade Stryker (blindée) de l'Armée de Terre et des forces de soutien nécessaires cet été".

Une brigade de Marines compte environ 8.000 hommes, une brigade de l'Armée de Terre de 3.500 à 4.000 hommes. Les effectifs de la force de soutien se chiffreront à environ 5.000 hommes.Les Etats-Unis ont déjà 38.000 soldats en Afghanistan, sur les 70.000 au total de la force internationale. Le commandement américain en Afghanistan a demandé jusqu'à 30.000 hommes supplémentaires.

Michel Janva


Nouveaux renforts en Afghanistan

L'Allemagne a annoncé hier son intention d'envoyer 600 hommes supplémentaires à la mi-juillet, portant à 4100 le nombre de soldats allemands en Afghanistan. D'autres pays devraient prochainement annoncer l'envoi de renforts, comme la Finlande, la Norvège ou la Hongrie.

Pour la France, il n'en est, pour le moment, pas question. En attendant les suites du retour dans le commandement intégré de l'OTAN, qui devrait être officialisé début avril lors du sommet à Strasbourg.

Michel Janva