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Ingérence russe dans l'élection présidentielle US: la paille et la poutre

Selon cette analyse parue initialement sur un site espagnol. Le reste de l'article présente un panorama intéressant des vulnérabilités russes inventoriées par l'auteur.

L’histoire drôle de l’ingérence dans Hillarystán

Dans les années quatre-vingt-dix, l’ingérence de Washington en Russie a été déterminante pour la ruine et la criminalisation de l’économie russe. Beaucoup de décrets de privatisation et d’autres aspects essentiels ont été rédigés directement à Washington. Des gens comme le vice-secrétaire du trésor US Lawrence Summers, donnait directement des instructions en matière de code fiscal, TVA et des concessions d’exploitation de ressources naturelles et les plombiers de l’Harvard Institute for International Development, sous le parrainage de l’USAID, Jeffrey Sachs, Stanley Fisher et Anders Aslund, avaient autant d’influence que les ministres.

Sous la baguette d’Andrei Kózyriev (1992-1996), la politique extérieure russe était aux mains d’une marionnette de Washington qui a été mise comme récompense à la tête de l’entreprise pharmaceutique étasunienne ICN après être révoqué. Le grand projet géopolitique pour la Russie des stratèges de Washington comme de Zbigniew Brzezinski était de dissoudre le pays dans quatre ou cinq républiques géopolitiquement insignifiantes - un scénario que la Russie n’a jamais envisagé pour les Etats-Unis, ni dans les moments les plus forts du pouvoir soviétique et dont le précédent historique le plus proche est le projet de dissolution de l’URSS du Reichsministerium für die besetzten Ostgebiete sous la conduite du nazi Alfred Rosenberg. Lors des présidentielles de juin/juillet 1996, la complicité des États-Unis a été la clef pour faciliter le financement illégal de la campagne de Eltsine et la manipulation de renseignements qui l’a accompagnée, ce qui a empêché une probable victoire communiste …

Que beaucoup de tout cela eut été consenti et même favorisé par la classe politique russe dont le principal souci à cette époque était de se remplir les poches, ne change pas grande chose au sujet : Après, quand avec Poutine la priorité a été la stabilisation de l’acquis et la récupération de la Russie, Washington a promu les révolutions de couleurs dans divers pays de l’environnement russe et a toujours appuyé ce scénario en Russie même, en soutenant d’un point de vue économique et informatif les organisations non gouvernementales et les défenseurs de droits de l’homme - plusieurs d’eux plus qu’honorables - dont l’action était favorable à ses intérêts.

La clé de la récupération russe au début du XXIe siècle a été la soumission du complexe énergétique aux intérêts de l’État. Ce fut alors, qu’on s’est aperçu que Poutine mettait fin la « bananisation » de la Russie, quand Washington avait parié sur le magnat Mijail Jodorkovski.

Propriétaire de Yukos, la plus grande compagnie pétrolière russe, et principal bénéficiaire de la privatisation énergétique des années quatre-vingt-dix, Jodorkovski se préparait à défier électoralement Poutine. En 2003, il se disposait à tracer pour cela des liens économiques stratégiques avec l’Occident comme la vente d’un tiers des actions de Yukos à l’Exxon-Mobil (22.000 millions de dollars), la construction d’un oléoduc vers la Chine et d’un terminal pour l’exportation vers l’occident à Mourmansk avec lequel il cherchait à déterminer l’exportation de brut. Tout cela non seulement cassait le pacte que Poutine avait établi avec les magnats (pour les acquisitions des privatisations en échange de la non ingérence politique et la soumission à l’État), mais privait le Kremlin du principal atout géopolitique pour la récupération de la Russie : l’usage de sa puissance énergétique.

Jodorkovski, « a adopté des décisions qui affectaient le destin et la souveraineté de l’État et qu’on ne pouvait pas laisser dans les mains d’un seul homme guidé par ses propres intérêts », a expliqué Poutine en son temps. Jodorkovski a été emprisonné et immédiatement soutenu par l’Occident jusqu’à sa remise en liberté…

Ce type d’ingérence dans les affaires de la Russie fut une constante - tout russe le sait - et remet à sa place le présumé scandale des hackers russes dans la campagne électorale étasunienne. La réalité simple est que, dans l’hypothèse la plus extrême et indémontrable - avec Poutine pilotant personnellement l’opération - toute cette affaire est assez innocente. Plus encore : à côté de ce que le valeureux dissident Eduard Snowden a révélé après avoir démontré sur pièces, l’existence du Big Brother et son contrôle mondial total des communications par les États-Unis à travers la NSA, cet épisode des courriels de Madame Hillary ressemble beaucoup à une mascarade


Conférence de géopolitique : bilan de l'année 2016, la video

Nous avions annoncé cette conférence, qui a eu lieu en décembre à l'institut de la démocratie et de la coopération. En voici la video.

En prime, nous vous proposons cet aperçu de l'année à venir, intitulé "le retour du politique et des peuples souverains contre le néo-bolchevisme mondialiste"


Pas d'avortement le jour des Saints Innocents

MapyaroslavlperpectiveLes avortements ont été interdits pour une journée dans toutes les institutions médicales publiques d'une ville centrale russe, Yaroslavl, à la mémoire  du Massacre des Saints Innocents». Cette démarche a été prise à l'initiative du diocèse local et des autorités sanitaires régionales. Le service de presse de l'archidiocèse a expliqué :

"En ce jour tous les établissements de santé publique de la région de Yaroslavl ne doivent pas effectuer des avortements. Certains événements ont été programmés visant à combattre le meurtre de bébés dans l'utérus et à protéger la valeur inestimable de la maternité ".

Une pétition contre l'avortement, lancée par le mouvement « Pour la Vie » et les « Volontaires orthodoxes », a recueilli plus de 300 000 signatures. Le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Cyrille a signé en septembre 2016 cette pétition.


Situation en Syrie, suite (7)

La situation générale en Syrie est présentée dans la vidéo suivante.

Exploitant l’effet d’annonce du cessez-le-feu obtenu conjointement par la Russie, la Turquie, l’Iran et la Syrie, la Russie réarticule son dispositif, notamment en consolidant la défense sol-air, et en retirant le groupe aéronaval du porte-aéronefs Kuznetsov.

 

En parallèle, outre la participation à l’ordre public à Alep, avec le déploiement d’un bataillon de police militaire que nous avons déjà évoqué, la Russie poursuit le travail de bénédictins du déminage, les sapeurs mettant notamment en œuvre leur robot de déminage.

Thierry Mariani, en visite avec un petit groupe de français à Alep où il a assisté au Noël orthodoxe, a salué l’action salutaire des forces russes.

Face à la détérioration globale de leurs positions, et aux perspectives encore plus négatives liées à la prise de pouvoir de l’administration Trump aux Etats-Unis, les bandes terroristes n’hésiteraient plus à recourir à des tentatives de destruction massive contre la population syrienne. C’est ainsi le cas à Damas où les principales sources d’approvisionnement en eau potable auraient été empoisonnées. Il n’en est guère question chez les medias des régimes d’occupation de nos pays occidentaux, et pourtant l’ONU a du mettre en place des moyens sur place, et évoque le qualificatif de crime de guerre, comme l’expliquent cette video (penser à activer les sous-titres en anglais) et les notes de cet article.

Une telle désinformation ne nous surprend naturellement pas. A ceux qui seraient malgré tout encore surpris d’un tel déni sélectif du réel, nous recommandons chaudement la lecture de cet article : « Goebbels peut aller se coucher ».

Enfin, sur l'action de la Russie et sur ses succès tout au long de 2016, et sur les perspectives à venir, nous vous invitons chaleureusement à prendre connaissance de l'excellente synthèse de Bernard Lugan, que nous ne pouvons hélas mettre à votre disposition.


Accord de cessez-le-feu en Syrie, sans intervention de l'Occident

Sous l’égide de la Russie et de la Turquie, jeudi 29 décembre, un accord de cessez-le-feu a été signé entre le président syrien Assad et sept groupes rebelles. Benjamin Blanchard, cofondateur de SOS Chrétiens d’Orient, actuellement à Alep, donne au micro de Boulevard Voltaire son analyse de la situation.

Ecouter aussi l'analyse du colonel Jacques Hogard.


Petite provocation américaine à l'encontre de la Russie

Unknown-26Le président américain Barack Obama a décidé l'expulsion de 35 Russes considérés comme des membres des services de renseignement russe, ainsi que la fermeture de deux sites russes à New York et dans l'Etat du Maryland, près de Washington, considérés comme des bases utilisées par des agents russes. Les mesures annoncées visent également le «niveau inacceptable de harcèlement» subi depuis un an par les diplomates américains à Moscou, de la part de la police ou des services de sécurité russes. Dans sa déclaration, Barack Obama a aussi lancé un appel à une sorte d'union sacrée internationale pour faire revenir Moscou dans le droit chemin et l'empêcher de mener des actions de déstabilisation dans des pays étrangers.

En réponse, Vladimir Poutine a déclaré :

« Nous considérons les nouvelles actions inamicales de l’administration américaine sortante comme provocatrices, visant à saper les relations russo-américaines. Elles sont manifestement contraires aux intérêts fondamentaux des peuples russe et américain. Elles portent également préjudice à l’ensemble des relations internationales compte tenu de la responsabilité que la Russie et les États-Unis assument en matière de sécurité globale. Selon la pratique internationale actuelle, la partie russe a toutes les raisons de donner une réponse appropriée à ces actions. Nous nous réservons le droit de réagir, mais nous ne nous abaisserons pas à la "diplomatie de cuisine" irresponsable et tiendrons compte de la politique de l'administration de Donald Trump pour décider des actions à entreprendre en vue du rétablissement des relations russo-américaines. Les diplomates russes, qui rentrent en Russie, passeront les fêtes de fin d’année chez eux, entourés de leurs familles et de leurs proches. Nous ne créerons pas de problèmes pour les diplomates américains. Nous n’expulserons personne. Nous n’interdirons pas à leurs familles et à leurs enfants de se rendre sur leurs lieux de repos préférés pendant les fêtes de fin d’année. D’ailleurs, j’invite tous les enfants de diplomates américains accrédités en Russie à participer à la fête organisée au Kremlin à l’occasion du Nouvel An et de Noël. Il est dommage que l’administration du président Barack Obama finisse son travail de cette manière mais je lui souhaite quand-même une bonne année, à lui et aux membres de sa familleJe souhaite également une bonne année au président Donald Trump et à tout le peuple américain ! Je souhaite à tout le monde bonheur et prospérité ! »

Voici la réponse du mauvais joueur Obama - après qu’il eût perdu aux échecs face à Poutine :

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Situation en Syrie, suite (6)

Un cessez le feu général sera appliqué à compter du 30 décembre sur l'ensemble du territoire syrien, entre les forces syriennes et leurs alliés d’une part, et les forces rebelles d’autre part, à l’exception des groupes terroristes comme Jabhat Fatah al-Sham (ex al Nosrah, les amis de Fabius) et Etat islamique. La situation générale est décrite par la carte suivante.

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Les forces russes poursuivent le déminage d’Alep. Au 29 décembre, elles avaient neutralisé 14000 engins. De belles photos peuvent être vues ici. En parallèle, la Russie a déployé pour la première fois à l’étranger un bataillon de sa police militaire récemment créée.

Les combats les plus intenses ont lieu ces derniers jours dans la région de la base aérienne Tiyas, à l’Ouest de Palmyre, où les forces gouvernementales renforcent leur dispositif en vue de déclencher ultérieurement une contre-offensive en direction de Palmyre.

La vidéo suivante fait le point sur la situation à Palmyre, Deir-es Zor et à l’Ouest de Raqqa. Elle pose aussi quelques bonnes questions sur le jeu de rôles des Etats-Unis et de la Turquie dans la lutte contre l’Etat islamique.

 

Le site de réinformation freewestmedia a obtenu un entretien avec le premier ministre (en anglais) syrien, qui stigmatise la livraison de matériel originaire de pays de l’OTAN aux terroristes syriens, dont des stocks auraient été découverts dans Alep Est libérée.

L’aviation russe interviendrait en appui des troupes turques qui connaissent des difficultés persistantes dans leur tentative de conquérir Al Bab, une importante localité à 35 kms au Nord d’Alep, où elles ont perdu hommes et matériel, dont une partie est tombée dans les mains de l’Etat islamique.

Du côté ennemi, il semble qu’il y ait du rififi entre chefs rebelles, avec des actions fratricides dans la région d’Idlib (la grande ville au Sud Ouest d’Alep, prochain objectif essentiel de la campagne de reconquête de sa souveraineté par le gouvernement syrien).


Echanges de voeux entre Vladimir Poutine et Donald Trump

Quand les deux grandes puissances mondiales en viennent à s'entendre ainsi, c'est un peu le miracle de Noël avant l'heure :

Lettre de Vladimir Poutine à Donald Trump :

Cher M. Trump,

Veuillez recevoir mes vœux les plus chaleureux pour Noël et la nouvelle année.

Les graves défis mondiaux et régionaux que nos pays ont eu à affronter ces dernières années, montrent que les relations entre la Russie et les USA demeurent un important facteur pour assurer la stabilité et la sécurité du monde moderne.

J’espère qu’après votre entrée en fonction en tant que président des Etats-Unis d’Amérique, nous serons en mesure – en agissant de manière constructive et pragmatique – de rétablir un cadre propice à une coopération bilatérale dans différents domaines et d’amener notre niveau de collaboration sur la scène internationale à un nouveau niveau de qualité.

Veuillez recevoir mes vœux sincères pour vous et votre famille de bonne santé, bonheur, bien-être, succès et tout le meilleur.

Publiant cette lettre, Donald Trump a commenté :

Une très belle lettre de Vladimir Poutine ; ses pensées sont si pertinentes. J’espère que des deux côtés nous serons capables d’être à la hauteur de ces pensées, et nous ne devons pas prendre un autre chemin.

Via YD


La mort de l’ambassadeur russe, acte de naissance d’un nouvel empire

Selon Thomas Flichy sur Aleteia :

"Il ne se passe pas une semaine sans que la Russie ne vienne nous donner une leçon d’intelligence politique. Celle d’aujourd’hui est absolument magistrale. Au lieu de céder à ce qu’il aurait pu aisément concevoir comme une provocation, Vladimir Poutine prend immédiatement appui sur l’assassinat de son ambassadeur en Turquie pour officialiser une collaboration — tenue jusqu’à présent discrète — entre trois puissances majeures d’Asie centrale : la Russie, la Turquie et l’Iran. L’assassin d’Andreï Karlov, souhaitait, tel une guêpe, piquer au vif l’ours Russe, or la guêpe est morte sans que rien de tel ne se produise.

Siégeant au centre, encadré par l’Iran et la Turquie, la Russie peut aujourd’hui proposer un plan de paix au Levant avec d’autant plus de facilité qu’elle est devenue l’arbitre de toute la zone. Andreï Karlov sera donc mort pour permettre le triomphe diplomatique des intérêts qu’il défendait si âprement. Tout se passe finalement comme si la pression financière et géopolitique exercée à l’encontre de la Russie l’amenait à se renforcer. Ceci ne concerne d’ailleurs pas exclusivement le domaine diplomatique. Hier, la France décidait de suspendre certaines exportations agricoles vers la Russie. Aujourd’hui la Russie, fortifiée par ce jeûne forcé, est en passe de redevenir la grande puissance agricole qu’elle avait été avant 1917 : ses exportations agricoles lui rapportent davantage que les ventes d’armes. Pour M. Obama, qui a soutenu avec une grande constance les groupes jihadistes du Moyen-Orient à l’encontre de la Russie, le bilan de la fin de règne est pour le moins amer : non seulement les États-Unis ont échoué à se rapprocher efficacement de l’Iran, mais encore, ils ont perdu leur seule carte maîtresse dans la région : la Turquie. Plus rien ne s’oppose donc à l’unification d’une Eurasie sous contrôle russe et chinois.

Un diplomate a été assassiné hier. Sa mort sera l’acte de naissance du nouvel empire mongol."


L'assassinat de l’ambassadeur russe revendiqué par le Front al-Nosra [Erratum]

Comme l'aime à le dire Laurent Fabius : "Du bon boulot !"

Le groupe terroriste Front al-Nosra, récemment rebaptisé Front Fatah al-Cham, a revendiqué l'assassinat de l’ambassadeur russe survenu le 19 décembre à Ankara.

Addendum : Cette revendication serait une intox.


Andreï Makine dénonce l'Europe prête à armer un khalifat, au lieu de s’entendre avec la Russie

Andreï Makine, écrivain français d'origine russe, ayant été élu à l'Académie française, a préparé une longue intervention pour la cérémonie du 15 décembre et il ne s'est pas limité dans ses propos au côté littéraire. Extraits :

Unknown-11"[...] Pourtant, le sang, hélas, a coulé entre nos deux pays et bien plus abondamment que dans les sables et les montagnes de l’Algérie. Soixante-quinze mille morts en une seule journée dans la bataille de la Moskova, en 1812, un carnage pas si éloigné, dans le temps, de la conquête algérienne. Oui, quarante-cinq mille morts russes, trente mille morts du côté français. Mais aussi la guerre de Crimée, dévastatrice et promotrice de nouvelles armes, et jadis comme naguère, l’Europe prête à s’allier avec un sultan ou – c’est un secret de Polichinelle – à armer un khalifat, au lieu de s’entendre avec la Russie. Et le débarquement d’un corps expéditionnaire français en 1918 au pire moment du désastre révolutionnaire russe. Et la Guerre froide où nos arsenaux nucléaires respectifs visaient Paris et Moscou. Et l’horrible tragédie ukrainienne aujourd’hui. Combien de cimetières, pour reprendre l’expression d’Assia Djebar, les Russes auraient pu associer à la langue française ! Or, il n’en est rien ! En parlant cette langue nous pensons à l’amitié de Flaubert et de Tourgueniev et non pas à Malakoff et Alma, à la visite de Balzac à Kiev et non pas à la guerre fratricide orchestrée, dans cette ville, par les stratèges criminels de l’OTAN et leurs inconscients supplétifs européens. Les quelques rares Russes présents à la réception de Marc Lambron lui ont été infiniment reconnaissants d’avoir évoqué un fait d’armes de plus ou plus ignoré dans cette nouvelle Europe amnésique. Marc Lambron a parlé de l’escadrille Normandie-Niémen, de ses magnifiques héros français tombés sous le ciel russe en se battant contre les nazis. Oui, ce sont ces cimetières-là, cette terre où dorment les pilotes légendaires, oui, cette mémoire-là que les Russes préfèrent associer à la francité. [...]

Si l’on me demandait maintenant de définir la vision que les Russes ont de la francité et de la langue française, je ne pourrais que répéter cela : dans la littérature de ce pays, ils ont toujours admiré la fidélité des meilleurs écrivains français à ce but prométhéen. Ils vénéraient ces écrivains et ces penseurs qui, pour défendre leur vérité, affrontaient l’exil, le tribunal, l’ostracisme exercé par les bien-pensants, la censure officielle ou celle, plus sournoise, qui ne dit pas son nom et qui étouffe votre voix en silence.

Cette haute conception de la parole littéraire est toujours vivante sur la terre de France. Malgré l’abrutissement programmé des populations, malgré la pléthore des divertissements virtuels, malgré l’arrivée des gouvernants qui revendiquent, avec une arrogance éhontée, leur inculture. « Je ne lis pas de romans », se félicitait l’un d’eux, en oubliant que le bibliothécaire de Napoléon déposait chaque jour sur le bureau de l’Empereur une demi-douzaine de nouveautés littéraires que celui-ci trouvait le loisir de parcourir. Entre Trafalgar et Austerlitz, pour ainsi dire. Ces arrogants incultes oublient la force de la plume du général de Gaulle, son art qui aurait mérité un Nobel de littérature à la suite de Winston Churchill. Ils oublient, ces ignorants au pouvoir, qu’autrefois les présidents français non seulement lisaient les romans mais savaient en écrire. Ils oublient que l’un de ces présidents fut l’auteur d’une excellente Anthologie de la poésie française. Ils ne savent pas, car Edmonde Charles-Roux n’a pas eu l’occasion de leur raconter l’épisode, qu’en novembre 1995 le président François Mitterrand appelait la présidente du jury Goncourt et d’une voix affaiblie par la maladie lui confiait : « Edmonde, cette année, vous avez fait un très bon choix... » [...]"


L'ambassadeur russe à Ankara assassiné par un musulman

Capture d’écran 2016-12-19 à 19.38.18Alors qu'il tenait une conférence de presse dans une exposition d'art à Ankara, l'ambassadeur russe Andreï Karlov a été tué. Les forces spéciales turques ont annoncé la mort de l'assaillant, un policier turc, Mevlut Mert Altinas, limogé lors des purges qui ont suivi le coup d'Etat avorté en Turquie en juillet. Sur une vidéo, on peut l'entendre distinctement proclamer en arabe :

"Allahu Akbar (...) N'oubliez pas Alep. N'oubliez pas la Syrie. Vous ne serez pas en sécurité tant que (inaudible). Seule la mort peut m'arrêter. Toute personne ayant une responsabilité dans les atrocités (en Syrie) vont en payer le prix".


Situation en Syrie, suite (4)

Aujourd'hui, toujours en anglais, deux sujets dans notre point de situation.

Alep: un reportage de ANNA News, datant du 15 mais publié aujourd'hui, d'une part sur les attaques sporadiques des forces terroristes résiduelles, d'autre part sur le retrait de ces forces par les couloirs humanitaires. En utilisant le symbole sous-titre et le symbole paramètre, on accède à un sous-titrage en anglais de bonne qualité.

 Zone de Palmyre: une brève présentation de la contre-offensive syrienne qui vient de débuter en direction de Palmyre.


Situation en Syrie, suite (3)

Les non anglophones vont nous en vouloir : tout est en anglais, pardonnez-nous.

Voici une carte de la situation générale le 16 décembre.

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et voici un entretien extraordinaire, et "tout frais", entre Ron Paul (chef de file de la "vraie droite" US) et la journaliste indépendante Vanessa Beeley, dont nous avons déjà parlé ici, et qui vient de passer trois jours à Alep, dont Alep Est. Pas de surprise, son témoignage est l'exact contraire de ce que vomissent nos antimedia.

 Cliquez sur le symbole "sous-titre" pour accéder à une transcription à peu près "potable".


Les Etats-Unis vers la guerre civile ?

Nos medias psyttacistes répètent avec gourmandise les allégations que leurs homologues et modèles Outre Atlantique propagent au sujet de l’interférence supposée de la Russie dans le processus électoral US, par hackers interposés. Trump ne serait rien de moins qu’une poupée aux mains de Poutine, … L’enjeu est, ni plus ni moins, de convaincre une partie des grands électeurs de ne pas suivre la vox populi et de ne pas élire Donald Trump comme nouveau POTUS (president of the united states).

Il n’est certes pas facile de s’y retrouver dans cet imbroglio d’accusations et de dénégations.

Nous vous proposons trois contributions, comme antidote (partiel, relatif, comme pour la Syrie), à la confusion ambiante.

Un article du Daily Mail (en anglais uniquement) présentant un ancien diplomate britannique comme le principal relai entre une source au parti démocrate US et le site Wikileaks,

Une recension de l’analyse des accusations de hacking russe, faite par une association de vétérans des services de renseignements US, qui s’est illustrée dans un passé récent par une défense remarquée d’un certain nombre de vérités factuelles contraires aux intérêts et à la propagande des néo-cons (qui osent tout, et c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnait J !),

Une passionnante analyse du rôle de ce qu’il est convenu d’appeler l’Etat profond (deep state) aux Etats-Unis, et notamment dans la crise actuelle dont une des suites possibles est ni plus ni moins la guerre civile.

Nous soulignons que les deux derniers liens mènent à un site qui permettait naguère à un lecteur assidu d’envisager très sérieusement la victoire de Trump, c’est dire que ses analyses ne sont pas à considérer avec la même défiance systématique que celle à appliquer aux medias français.

Sur la définition de l’Etat profond, pour ceux qui n’auraient pas le temps (vraiment, quel dommage !) d’aller consulter les liens, nous reproduisons volontiers cet extrait, éclairant sur la nécessité et les modalités de restauration de l’Etat régalien, partout où l’urgence s’en fait sentir, et particulièrement chez nous.

« A partir de ce constat, il nous apparaît évident qu’un effort de définition doit être fait, pour permettre l’utilisation de l’expression, sinon apparaît un risque grave de faux sens, sinon de contresens qui peut subvertir non seulement le raisonnement mais le jugement lui-même. Le côté éminemment attirant de l’expression, – on dirait son côté dialectiquement ‘sexy’, – impose d’autant plus cette mise au point. L’“État profond” (les “Organes”) est bien ce qui a sauvé la Russie entre les années-Eltsine et les années-Poutine, comme Bhadrakumar (NDPC : contributeur du site dedefensa) le fait remarquer. C’est ce qui a fait fonctionner la IVème République, malgré un appareil politique d’une faiblesse inimaginable, et qui a permis à de Gaulle de disposer, dès 1958, des outils nécessaires pour le lancement immédiat de sa grande politique.

Dans ce cas, l’“État profond” n’est pas mauvais en soi ; il est le complément nécessaire du régime démocratique qui a absolument montré au bout de deux siècles d’usage et d’usure ses limites catastrophiques. Selon les situations respectives qu’on a identifiées, l’“État profond” redresse à l’avantage du bien public la faiblesse fondamentale de la démocratie ou bien utilise au profit d’intérêts particuliers la faiblesse fondamentale de la démocratie, qui est l’impuissance totale de ce régime politique à assurer une continuité historique et principielle à cause de sa soumission à une ou à des puissances extérieures à lui, à leurs intérêts changeants, à leurs opinions fluctuantes.

Lire la suite "Les Etats-Unis vers la guerre civile ?" »


Situation en Syrie, suite (1)

Nous avons présenté récemment un résumé de la situation en Syrie, ainsi que quelques liens vers des informations très intéressantes à ce sujet. Tandis que cet article relate la nouvelle dégradation de la situation dans le secteur de Palmyre, la video ci-dessous expose brièvement les perspectives ouvertes par la victoire d'Alep. Elle est en anglais et sa transcription est accessible ici.

 

En France, les réalités énoncées ici sont non seulement totalement ignorées des medias du régime, mais noyées sous une avalanche de bobards hystériques, qui marquent le désarroi de l'oligarchie hors-sol devant un échec, au moins temporaire, de sa campagne de déstabilisation de la Syrie. Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de guerre économique, commente cette guerre de l'information dans un entretien accordé à Sputnik à ce sujet.


Le ministre russe des Affaires étrangères compare l’UE à l’URSS

Lors d’une conférence de presse à Belgrade, le ministre russe des Affaires étrangères a comparé l’UE à l’URSS.

« L'Union européenne délivre des instructions par écrit à ses différents Etats membres, associés ou candidats, indiquant l'attitude à adopter et les déclarations à faire concernant la Russie. Il est exigé à chacun de ces pays de condamner "l'annexion de la Crimée'' ou ''l'occupation de l'Est ukrainien''»… C’est une « approche absurde » des relations internationales. Si le rapprochement de l’UE avec la Serbie ou le Monténégro ne sont motivés que par la volonté de s'opposer à la Russie, « c'est une impasse, une voie sans issue ». « Cette manière de privilégier les intérêts idéologiques sur les intérêts économiques ou essentiels des pays membres fait penser à l'Union soviétique. »


Situation en Syrie

Nous vous proposons un bref point de situation sur la Syrie.

D’un côté, il y a la nouvelle alarmante d’une forte offensive de l’Etat Islamique sur Palmyre, avec quelque 4000 combattants et plusieurs dizaines de blindés, qui a entrainé un repli tactique de l’armée syrienne et du Hezbollah hors de la ville. Les bombardements russes pourraient avoir ralenti l’élan qui a permis à l’EI d’y pénétrer.

De l’autre côté, et cela devrait soulever l’enthousiasme de nos lecteurs, qui suivent notamment les actions de SOS chrétiens d’Orient dans ce secteur, et nos efforts réguliers pour lutter contre la désinformation à ce sujet, il y a les succès croissants des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés, qui sont en train de reprendre le contrôle d’Alep Est, depuis 4 ans aux mains des islamistes, et d’en libérer ainsi une grande partie de la population.

Outre le site de la chaine d’information abkhase, dont une équipe de reporters suit au quotidien depuis quatre ans les forces syriennes, et dont nous avons pu à diverses reprises vous faire connaitre les rares documents traduits en anglais, nous venons de découvrir le très intéressant site south front, qui expose tout en anglais, avec des analyses et des mises à jour très fréquentes, accompagnées d’une cartographie permettant de bien visualiser les choses.

Nous avons sélectionné pour vous :

Un commentaire de la situation par Mère Agnès-Mariam de la Croix, datant de début novembre. « Notre ennemi le plus acharné, ce sont les médias qui mentent » (18è minute)

La situation à Alep le 1er décembre

La situation à Alep le 4 décembre

Le bombardement d’un hôpital de campagne russe dans Alep, le 6 décembre

Une analyse de la nouvelle bataille de Palmyre, du 11 décembre

Un point de situation russe officiel sur la situation au 9 décembre

Une comparaison entre l’engagement de l’alliance russo-irano-syrienne et celui de la coalition dirigée par les Etats-Unis, dont la république française

Un reportage du 10 décembre sur la progression dans Alep-Est (voix en russe/arabe, un résumé en anglais sous la vidéo : cela permet de se plonger dans le tissu urbain d’Alep)

Autant d’informations qui ne sont peut-être pas toutes à prendre au pied de la lettre, mais qui constituent un contre-poison à l’intoxication générale sur le sujet, dont le « gouvernement » « français » est un des plus persévérants administrateurs, avec la clique médiatique complice.


"Je ne pense pas que ce soit un processus naturel, que les jeunes s’éloignent des valeurs chrétiennes"

KyrillLe patriarche Kirill a accordé à RT un long entretien où il s'exprime sur les principaux sujets sociétaux et géopolitiques, et sur les attaques contre le christianisme, le tout dans la perspective de la récente élection de Donald Trump. Extrait final.

Vous avez eu une rencontre avec l'archevêque de Canterbury (chef de l’Eglise d’Angleterre après le monarque Britannique), lors de laquelle vous avez exprimé des préoccupations au sujet de la libéralisation de la doctrine de l'Eglise d’Angleterre sur certaines questions, telles que les femmes prêtres et même de la morale et de la famille. Comment, à votre avis, peut-on rendre ces valeurs chrétiennes traditionnelles attractives pour les jeunes d'aujourd'hui, qui – au moins en Occident – s'éloignent de plus en plus de l'Eglise, et sont tentés par l'athéisme. Comme les faire revenir à l'Eglise ?

Je ne pense pas que ce soit un processus naturel, que les jeunes s’éloignent des valeurs chrétiennes. C’est un résultat d’influences qui sont exercées sur l'esprit des gens, et pas seulement les jeunes. Si vous regardez le cinéma, les émissions de télévision, la littérature, vous constaterez l’existence d’un paradigme idéologique tout à fait clair, visant, entre autres, à détruire les valeurs religieuses et morales, souvent sans confrontation directe. Il faut uniquement créer une image d'une vie prospère et heureuse sans Dieu, sans avoir à faire passer ses actions et les actions des autres par une épreuve de conscience. Que cela signifie-t-il ? Cela signifie que Dieu est sciemment poussé hors de la vie humaine, cette tendance n’est pas une coïncidence. Et à proprement parler, cela doit être ainsi. Nous savons que l'histoire peut évoluer de différentes manières. Et quand le mal occupe de plus en plus de place dans la vie d'un être humain, il commence à l'emporter. Et il se trouve que le bien est en minorité. Aujourd'hui, les chrétiens sont en minorité.

Aujourd'hui, les valeurs que nous prêchons sont soit immédiatement rejetées, soit ignorées. Pourquoi ? Parce que nous appelons à ce que les gens s’élèvent, gravissent la montagne [de l’esprit]. Et tout ce qu’offre la culture populaire aujourd'hui les tire vers le bas. Si une personne suit son instinct, si notre civilisation est basée sur l'instinct, alors bien sûr, la majeure partie de la population vivra de cette façon, car c’est beaucoup plus simple. Pas besoin de se casser la tête, se créer des difficultés. Voilà une vie facile. Mais la même chose est dite dans l'Évangile : le chemin du salut –est le chemin le plus étroit. Et dans un sens, ce chemin est toujours associé à l'exploit. Mais si ce n’est pas le cas, l'humanité, en effet, va glisser dans l'abîme. Car Jésus n'a pas convaincu tout le monde qui l'écoutait. En outre, à la suite de ce sermon, il aurait fini sa vie sur la croix, s’il n'avait pas ressuscité. Donc du point de vue d’un homme étroit d’esprit, le Christ est un perdant. Si les gens ne croient pas à la résurrection, comment se présente sa fin ? Il a été tué, il a été exécuté.

Depuis 2 000 ans, tout ce qu'ont prêché Jésus-Christ et les apôtres inspirent les gens et les artistes, les écrivains, qui en dépit de la pression externe existant aujourd'hui, créent tout de même leurs œuvres. Mais le plus important, c’est que Jésus trouve sa place dans le cœur de tant de gens. Et aujourd'hui en Russie, énormément de gens se tournent vers la foi. C’est vraiment un phénomène d'une importance historique – la restauration de la vie de l'Eglise, la conversion des jeunes. Et quand les gens choisissent le «chemin le plus étroit», ce chemin les mènera vers les étoiles, parce que c’est le chemin vers le ciel, le chemin vers le haut. Il est toujours difficile, mais il est salutaire."

Il dénonce également les législations dénaturant le mariage, issue d'une idéologie, que l'Eglise ne pourra jamais accepter.


Conférence : Russie d’hier et d’aujourd’hui, perceptions croisées

Russie RéveillardA l'occasion de la parution du livre dirigé par Anne Pinot et Christophe Réveillard, l'institut de la démocratie et de la coopération vous invite à la conférence :

Russie d’Hier et d’Aujourd’hui:

perceptions croisées 

mercredi 23 novembre 2016 à 18h30

au 63bis rue de Varenne, Paris 7e.  

Intervenants: 

Christophe Réveillard, historien et politiste, enseignant-chercheur à l’IEP de Paris et à la Sorbonne, 

Anne Pinot, docteur en Littérature comparée de l’Université Paris- Sorbonne, 

Xavier Moreau, chef d’entreprise et géopolitologue, 

Philippe Conrad, agrégé et professeur d’histoire, directeur de la Nouvelle Revue d’Histoire.

La conférence sera présidée par Natalia Narotchnitskaïa, historienne, présidente de l’IDC, ancienne députée à la Douma. 

Inscriptions: [email protected] / 01 40 62 91 00


Des élites menteuses et coupées du réel : le cas de l'OTAN

Remarquable tribune de John Laughland, directeur des études de l'IDC, suite aux tentatives des Atlantistes de saboter le dégel russo-américain à venir. Tout est à lire, mais en voici la dernière partie.

Unknown-49Dire que le rattachement de la Crimée menacerait l'ordre international c'est tout simplement un mensonge

L'ancien secrétaire général trouverait sans doute une astuce pour vous expliquer son positionnement vis-à-vis de ces conflits gelés. Mais que dit-il des guerres en ex-Yougoslavie? Il est impossible de nier que les frontières yougoslaves ont été changées, entre 1991 et 1995, et ensuite en 2008, par la force. En outre, ces changements de frontières ont été immédiatement reconnus et même encouragés par les pays de l'Union européenne. C'est d'ailleurs l'annonce faite par l'Allemagne au sommet de Maëstricht en décembre 1991 qu'elle reconnaîtrait la Croatie et la Slovénie qui a encouragé ces deux pays à se battre contre Belgrade, se sachant soutenus par l'Europe. Et que dire des frontières internes de la Bosnie-Herzégovine, où la République serbe à l'intérieur de celle-ci est reconnue par les accords de Dayton, qui constituent la loi fondamentale de la Bosnie et qui ont été parrainés par les Etats Unis et ses alliés de l'OTAN ?

Nous en arrivons au Kosovo, dont l'indépendance a été proclamée, sous impulsion européenne et américaine, en 2008, neuf ans après que l'OTAN avait pris le contrôle de cette province serbe suite à une guerre de 74 jours menée en toute illégalité contre la République fédérale de Yougoslavie. Qui peut affirmer que la force n'a pas été déterminante dans ce changement de frontières ? Seul un homme politique totalement déconnecté de la réalité, et incapable de la regarder en face, comme la quasi-totalité de la classe politique européenne, peut proférer des énormités pareilles.

Le comble, c'est que l'expression «la force pure» pour expliquer le rattachement de la Crimée est très déplacée, vu le fait qu'aucun coup n'a été tiré en Crimée entre le renversement de Yanoukovitch le 22 février 2014 et le rattachement à la Russie le 18 mars. Cet événement s'est déroulé dans le calme le plus absolu, alors que la situation avait été très tendue pendant le Maïdan, avec un grand nombre de civils armés, et qu'elle aurait très bien pu dégénérer en violence. Dire que «la force pure» explique cet événement, et que le rattachement de la Crimée menacerait l'ordre international, alors qu'il correspond très clairement à la volonté de la majorité de la population et donc au même principe d'auto-détermination invoqué dans tous les autres conflits mentionnés ci-dessus, c'est tout simplement un mensonge.


La Bulgarie et la Moldavie élisent des présidents pro-russes

Comme l'explique Yves Daoudal, il s'agit de deux sérieux revers pour l'Union européenne dont les responsables ne tirent aucune leçon du vent de révolte qui souffle à l'Est et des répercussions catastrophiques que peuvent avoir les tensions et sanctions envers la Russie :

"Hier, il y avait l’élection présidentielle en Moldavie. C’est le socialiste Igor Dodon qui a été élu, contre la candidate européiste Maïa Sandu, diplômée de Harvard et ancienne employée de la Banque mondiale. Igor Dodon a fait campagne en prônant la dénonciation de l’accord d’association avec l’UE, et l’adhésion du pays à l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan. (Mais on a vu en Ukraine comment on pouvait arranger cela…)

D’autre part, en Bulgarie, c’est aussi un socialiste qui a été élu président, Roumen Radev, ancien chef de l'armée de l'air, clairement pro-russe, très hostile aux sanctions contre la Russie, affirmant haut et fort que la Crimée est historiquement russe, mais sans intention de quitter l’UE (tant que ça rapporte, sans doute…).

Dans les deux pays, où les gouvernements sont européistes, ces élections vont conduire à des élections législatives anticipées. Le Premier ministre bulgare a immédiatement démissionné."

Extrait de l'analyse du Monde :

"Le revers est évident pour l’Union européenne (UE) dans un contexte de tensions entre Bruxelles et Moscou. Les deux candidats – Igor Dodon en Moldavie, Roumen Radev en Bulgarie – ont par exemple une ligne similaire sur l’annexion de la Crimée, qu’ils considèrent comme « de facto russe ». Le général Radev s’est prononcé pour la levée des sanctions de l’UE contre la Russie. Il faut toutefois relativiser le virage que constitueraient les deux résultats de dimanche. D’abord, parce que dans ces deux pays, les présidents ont des pouvoirs très limités. Mais aussi parce que ni M. Dodon ni M. Radev n’ont fait campagne sur un rejet radical de l’Europe (...)

En Moldavie, les pro-Européens au pouvoir depuis 2009 ont largement déçu leurs partisans. Ils ont mis le pays en coupe réglée, faisant main basse sur de larges pans de l’économie nationale et des institutions, en premier lieu la justice. Le vote prorusse y apparaît clairement comme un vote de rejet d’une élite pro-européenne perçue comme corrompue (...)

Plus largement, les deux candidats bénéficient de la sévère panne d’attractivité dont souffre l’Europe, déjà ancienne et illustrée encore récemment par le Brexit. Pendant ce temps, dans l’ouest comme dans l’est de l’Europe, la Russie apparaît de plus en plus comme un pôle de puissance alternatif, et son président, Vladimir Poutine, comme un modèle de dirigeant charismatique (...)"


Pourquoi les Russes préfèreraient Donald Trump

Lu ici :

"Vue de Russie, l’élection présidentielle américaine pourrait se résumer à un choix binaire, entre Donald Trump, « le candidat de la paix », et Hillary Clinton, « la candidate de la guerre ». Cette dernière est « bien connue », assène le correspondant du journal pro-gouvernemental Rossiiskaïa Gazeta, « pour ses instincts faucon, sa foi dans le rôle dominant des Etats-Unis dans le monde et son soutien aux dernières interventions américaines à l’étranger ». La dirigeante démocrate, c’est le moins que l’on puisse dire, ne recueille aucun suffrage ici : les Russes lui préfèrent, et de loin, Donald Trump.

L’institut nord-américain WIN/Gallup, qui a sondé cet été des panels représentatifs dans 45 pays, invités à indiquer leur préférence, en a fait le constat : la Russie est le seul pays où M. Trump est arrivé en tête avec 33 % contre 10 % pour sa rivale (...)

« Dans le contexte de forte confrontation entre la Russie et les Etats-Unis, les réponses des citoyens sont assez prévisibles, commente Valeri Fiodorov, le directeur général de l’Institut. Ils choisissent celui qui a publiquement exprimé des sympathies pour Vladimir Poutine [tandis qu’] Hillary Clinton est considérée comme la poursuite du chemin conflictuel emprunté par Obama (...)

Le 20 octobre, lors d’un débat au sujet de la Syrie sur la chaîne de télévision NTV, la candidate démocrate a été nommément citée comme la fondatrice de l’organisation Etat islamique. A trois reprises, Oleg Barabanov, enseignant à l’Institut des relations internationales de Moscou et expert de la fondation Valdaï, le premier cercle d’influence russe, a répété : « C’est bien “Hillary” qui a créé les premières cellules de l’EI », n’entraînant pas d’autre réaction que des applaudissements (...)

La candidate démocrate fait les frais du fort ressentiment du Kremlin à son égard. Secrétaire d’Etat de 2009 à 2013, elle était en première ligne lors de la tentative, puis de l’échec, du « reset » – la remise à plat des relations russo-américaines. Elle était en fonctions, aussi, comme chef de la diplomatie lors du renversement de Mouammar Kadhafi en Libye, considéré comme une funeste erreur en Russie, puis lors des grandes manifestations moscovites anti-Poutine de l’hiver 2011-2012, derrière lesquelles le Kremlin n’a cessé de voir la main de Washington.

En 2013, enfin, alors que les relations s’envenimaient de plus en plus entre la Russie et l’Ukraine avant l’annexion de la Crimée, Mme Clinton avait déclaré, lors d’une collecte de fonds en Californie : « Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu ce qui se passe en Ukraine, c’est parce que c’est ce qu’a fait Hitler dans les années 1930. » (...)

Surfant sur la vague contestatrice des élites en Occident, où « les référendums et les élections apportent de plus en plus de surprises », le chef de l’Etat russe a ainsi évoqué la personnalité de Donald Trump :

« Bien sûr, il se comporte de façon un peu extravagante, mais je pense que ce n’est pas tout à fait inutile car, à mon avis, il représente les intérêts d’une partie de la société, assez significative aux Etats-Unis, fatiguée des élites au pouvoir depuis des décennies. » « Il représente les intérêts de gens ordinaires (…), a insisté M. Poutine, ceux qui n’aiment pas les transferts de pouvoir par héritage. » "


L'émodiplomatie, une contre-politique étrangère (française) qui nie le réel

Analyse très pertinente et fouillée (elle propose beaucoup de liens) de Maxime Chaix, relayée par dedefensa. Extrait.

En mars 2016, le magazine Marianne révéla que la direction de la prospective du Quai d’Orsay avait, dès octobre 2012, alerté le ministre des Affaires étrangères et l’Élysée sur le fait que l’Arabie saoudite et le Qatar finançaient les groupes extrémistes en Syrie – ce qui vient d’être confirmé par des propos d’Hillary Clinton rendus publics par Wikileaks. Dans une note qui fut ignorée par leur hiérarchie, ces experts du Quai d’Orsay soulignèrent que le « piège [venait] du Golfe », et que « nous [risquions] d’y tomber ». Finalement, à partir de 2014, plusieurs députés de l’opposition accusèrent le gouvernement français d’avoir soutenu le Front al-Nosra, rappelant qu’il s’agissait de la branche d’al-Qaïda dans le conflit syrien. Au vu de la gravité de ces allégations, on aurait pu s’attendre à un scandale national. Il n’en fut rien, les médias français n’ayant pas repris ces arguments. Présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Nationale depuis juin 2012, Élisabeth Guigou pouvait-elle ignorer ces politiques clandestines ? Contactée durant l’écriture de cet article, la députée n’a pas répondu à ma sollicitation.


Rassemblement pro-vie à Moscou

Plus de 1000 personnes se sont rassemblées à Moscou pour réclamer l'interdiction de l'avortement. Rassemblés à la mi-journée sur une place dans le nord de la capitale russe, les manifestants, accompagnés de nombreux enfants, brandissaient des drapeaux "Pour une vie sans avortement", des pancartes "La Russie n'est pas infanticide" et des photos de nouveau-nés.

Ils collectaient des signatures pour une pétition contre l'avortement déjà signée en septembre par le patriarche de l'Eglise orthodoxe Kirill et plusieurs autres personnalités.

L'avortement est légal depuis l'époque soviétique et est très répandu en Russie. 


Jean-Frédéric Poisson à Moscou

Jean-frederic-poissonLa Chambre de commerce et d'industrie franco-russe (CCI France Russie) organise une conférence avec Jean-Frédéric Poisson, Président du parti Chrétien-Démocrate, Député des Yvelines et candidat à la primaire de la droite et du centre. Il traitera du thème "Russie-France, la convergence de deux grandes nations européennes".

Cet événement s'adresse à la communauté d'affaires franco-russe. La rencontre aura lieu en français, sans traduction.

Participation gratuite. Pour vous inscrire, veuillez nous écrire à l'adresse : [email protected]

Date : 28 octobre à 19h

Le comité de soutien à Jean-Frédéric Poisson en Russie est dirigé par Xavier Moreau.


Sans la Russie, Damas serait tombée en septembre 2015 aux mains des djihadistes

De Renaud Girard dans le Figaro :

"A l’ordre du jour du Conseil européen qui se tiendra les 20 et 21 octobre 2016, figure un « débat d’orientation sur les relations avec la Russie ». Angela Merkel a déjà préconisé, par voie de presse, le durcissement des sanctions de l’Union européenne à l’égard de la Russie. Faut-il que la France suive l’Allemagne sur cette ligne ou plutôt qu’elle invente une politique différente ?

Les manœuvres de l’opération Spring Storm de l’OTAN, qui déployèrent, en mai 2016, quelque 6000 soldats à la frontière nord de l’UE avec la Russie, avaient leur raison d’être : il s’agissait de rassurer les trois pays baltes sur la solidité de l’alliance stratégique qui nous unit à eux depuis 2004. Quand, dans les airs ou sur les mers qui entourent le continent européen, les forces russes se montrent, il faut aller à leur rencontre, avec un sourire poli, mais ferme.

En revanche, la politique européenne de sanctions anti-Moscou est contre-productive. On n’infléchit pas la politique d’une nation aussi résiliente et orgueilleuse que la Russie par des embargos. Les sanctions commerciales européennes ont pénalisé nos propres producteurs industriels et agricoles. Elles ont envenimé nos relations avec la Russie, sans faire fléchir le Kremlin le moins du monde sur le dossier ukrainien.

Ces relations n’ont jamais été aussi mauvaises depuis la chute de l’URSS en 1991 et les médias russes parlent de la possibilité d’une troisième guerre mondiale, où la Russie serait l’agressée. Moscou a rompu un accord de coopération avec Washington sur la gestion du plutonium militaire et organisé, du 4 au 7 octobre, un grand exercice simulant une attaque nucléaire contre la Russie, impliquant 40 millions de citoyens. En raison des invasions napoléonienne et hitlérienne passées, la Russie souffre d’une fièvre obsidionale qui lui fait toujours penser qu’elle est assiégée et que des complots et des préparatifs d’invasion se trament contre elle. Or, involontairement et par méconnaissance de la mentalité russe, la politique de l’OTAN alimente cette paranoïa. La stratégie de l’Occident vise à exercer un effet dissuasif, mais elle produit sur la Russie un résultat inverse. Nous sommes tombés dans un cercle vicieux : par son ingérence au-delà de ses frontières, la Russie poursuit en fait des buts défensifs, parce qu’elle s’estime menacée. Face à cette ingérence, nous prenons des sanctions et déployons des moyens militaires, mais cela ne fait que renforcer la peur qu’éprouve la Russie et dope son agressivité dans un engrenage infernal.

La Russie est un pays occidental. Dostoïevski, Tolstoï et Tourgueniev irriguent la culture occidentale. Mais notre intransigeance la pousse dans les bras de la Chine, qui est notre rivale, à tel point que les deux pays ont effectué des manœuvres communes d’entraînement dans les eaux de la Mer de Chine méridionale, du 12 au 19 septembre 2016. Face à la Chine, la Russie devrait être avec nous, pas contre nous.

La Russie est tout sauf un agneau, mais on ne fait de la politique que sur des réalités. Pays le plus vaste pays du monde, cette puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, est aussi le fournisseur énergétique de l’Europe. Politiquement, Poutine n’est pas un démocrate, mais il est le dirigeant le plus libéral de toute l’histoire de la Russie. Son régime est préférable à la terreur rouge stalinienne et au chaos des années Eltsine. Diplomatiquement, la Russie est incontournable au Moyen-Orient. Elle y combat le djihadisme sunnite, qui se trouve être notre plus mortel ennemi. Nous blâmons la Russie pour son intervention en Syrie. Mais, sans elle, Damas serait tombée en septembre 2015 aux mains des djihadistes, il y aurait eu un génocide des alaouites et, au mieux, une expulsion générale des chrétiens. Nous ne mettrons pas fin à la guerre en Syrie sans dialoguer avec les Russes.

Il faut ramener la Russie dans la famille européenne. Pour cela, il faut engager un vrai dialogue avec Poutine. Que les Occidentaux et les Russes aient le courage de proclamer clairement leurs intérêts vitaux, pour qu’on puisse ensuite trouver un terrain d’entente.

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Absence de politique française en Syrie: l'article qui résume tout

Alors que votre blog préféré s'efforce de relayer autant que c'est possible les initiatives de réinformation au sujet de la Syrie, qui fait l'objet d'une campagne générale d'intoxication à "l'Ouest", le site du Figaro s'honore réellement de donner la plume à Caroline Galactéros, docteur en science politique, colonel de réserve et animatrice du blog "bouger les lignes", qui fait une synthèse percutante de la situation en Syrie et de la honte sans retour que représente pour la France la malfaisance de ceux qui, à vrai dire, usurpent les titres qu'ils portent et les fonctions qu'ils font mine d'occuper. Merci donc au Figaro, et bravo à Madame Galactéros. Extraits.

L'impensé du discours français n'en reste pas moins le suivant: si Assad, «bourreau de son propre peuple» selon l'expression consacrée, était finalement militairement et politiquement mis hors-jeu, par qui compte -on le remplacer? A qui sera livrée la Syrie, «utile» ou pas, une fois que DAECH en aura été progressivement «exfiltré» vers d'autres macabres «territoires de jeu», en Libye par exemple? Quelle alternative pour la survie des communautés, notamment chrétiennes, encore présentes dans le pays qui passe par la survie des structures laïques d'Etat? Quels individus veut-on mettre au pouvoir? Les pseudo «modérés» qui encombrent les couloirs des négociations en trompe l'œil de Genève? Le Front al Nosra, sous son nouveau petit nom - Fateh al Sham -, que les Américains persistent à soutenir en dépit des objurgations russes et qui a fait exploser le cessez-le feu? Ou peut-être certains groupuscules désormais armés de missiles américains TOW qui n'attendent qu'un «go» pour tenter de dézinguer un avion ou un hélico russe, «par erreur» naturellement? Ou encore les représentants des Forces démocratiques syriennes, ou ceux de «l'Armée de la Conquête» qui renait opportunément de ses cendres… Ou un mixte de tous ces rebelles - apprentis démocrates férus de liberté et qui libèreront enfin le peuple syrien du sanglant dictateur qui le broyait sous sa férule depuis trop longtemps? (...)

Croit-on sérieusement que l'on pourra contrôler une seule minute ces nouveaux «patrons» du pays qui se financent dans le Golfe -dont nous sommes devenus les obligés silencieux-, et dont l'agenda politique et religieux est aux antipodes de la plus petite de nos exigences «démocratiques»? Ne comprend-on pas qu'ils vont mettre le pays en coupe réglée, en finiront dans le sang avec toutes les minorités, placeront les populations sunnites sous leur contrôle terrifiant, et que tout processus électoral sera une mascarade et ne fera qu'entériner une domination communautaire et confessionnelle sans appel? … «Anne, ma sœur Anne ne vois-tu rien venir? je ne vois que l'herbe qui verdoie et la terre qui poudroie» … Quelle naïveté, quelle ignorance, quelle indifférence en fait! (...)

Nous combattons l'Etat islamique pour la galerie, sans grande conviction ni détermination politique, de très haut, par des frappes qui sans présence terrestre demeurent symboliques. Pour Moscou, au contraire, il n'existe pas «d'islamistes modérés» ; combattre le terrorisme revient à combattre l'EI mais aussi ses avatars locaux innombrables à tout prix, y compris au prix de pertes civiles importantes. Et c'est aujourd'hui la Russie qui, dans les airs mais aussi au sol, avec l'Iran et le régime syrien, «fait la guerre», se bat contre le terrorisme islamiste qui menace tout l'Occident, gangrène nos vieilles sociétés repues et pacifiques et nous prend pour cible. Ils «font le job». Un horrible job. Dans l'immédiat, il faut choisir entre le soutien à l'Etat syrien - que le régime d'Assad incarne-, et DAECH et Cie. (...)

Hauteur de vue et profondeur de champ, véritable souci pour la souffrance humaine: la realpolitik est la solution, pas le mal. La confusion permanente entre l'Etat syrien et le régime syrien nourrit la guerre. C'est l'Etat qu'il faut aider à survivre à l'offensive islamiste au lieu d'encourager les mouvements terroristes à le déstructurer. Le sort de Bachar el Assad est à la fois central et accessoire. Si l'Etat syrien devait tomber sous la coupe de DAECH ou sous celle d'Al Nosra et de ses avatars, alors ce seront les massacres communautaires et le chaos. Qui aura alors des comptes à rendre pour les avoir laissé advenir?


Message russe au sujet de la Syrie

Alors que les Etats-Unis et leurs supplétifs européens font monter la pression contre la Russie et la Syrie, en saisissant tout prétexte pour diminuer la portée des récents succès de ses derniers contre l'internationale terroriste islamiste, la Russie, par la voix du porte-parole du ministère de la Défense, avertit qu'elle utilisera tous les moyens de défense anti-aériens qu'elle a déployés sur le théâtre pour prévenir les "erreurs" de la coalition, comme celle qui, il y a quelques semaines, a entrainé la mort de plusieurs dizaines de soldats syriens à Deir es Zor, et favorisé, c'est ballot, un succès tactique de Daesh. Ci-dessous l'intervention du porte-parole, sous-titrée dans un anglais très accessible.


Une mère pro-vie nommée déléguée aux droits des enfants en Russie

Lnyar699lyjtANHa7dlj9p5PKRu5sTILAnna Kouznetsova, mère de six enfants et épouse d’un prêtre orthodoxe, a été récemment désignée par Vladimir Poutine au poste de déléguée aux droits des enfants. Elle souhaite revenir sur le droit à l'avortement. C’est quand elle a commencé à travailler – comme psychologue – dans une clinique pratiquant des avortements et à y recevoir des femmes en consultation qu’Anna a éprouvé un réel désarroi :

« Le monde s’est effondré sous mes pieds dès mes premiers jours dans cet avortoir. En réalité, personne ne veut se débarrasser de son enfant. Mais une femme vous dit : Je prévois de refaire mon appartement dans les deux prochaines années – je ferai un enfant quand j’aurai terminé. Ou cette autre, qui se préparait à partir en Allemagne : Et si je me mets à avoir la nausée dans le bus ?… »

« Personne ne m’a jamais parlé d’une violence subie ayant poussé à un tel acte. En revanche, j’étais constamment confrontée à des craintes et des peurs, des problèmes avec le père de l’enfant. J’ai compris peu à peu ces souffrances. »

Rapidement, la fondation de bienfaisance Pokrov (« Intercession »), dont elle s'occupe et qui vient en aide aux enfants abandonnés, imagine un concours pour les cabinets gynécologiques de Penza. « C’est le cabinet où il y a eu moins d’avortements que l’année précédente qui gagne ».  Pokrov promet au gagnant, la première année, une récompense de 20 000 roubles – une somme offerte par un donateur. La première édition du concours a épargné 35 vies d’enfants. La deuxième, l’année suivante : 78. La troisième : 235. Après qu’Anna Kouznetsova a présenté son concours à Moscou, lors du forum Sainteté de la maternité, l’événement a été étendu à tout le pays.

Pour la déléguée aux droits des enfants, chaque famille peut trouver son bonheur.

« Notre mission est d’en garantir les conditions. Nous pouvons, par exemple, introduire à l’école des leçons de lois morales en matière de vie de famille – afin que les jeunes sachent d’avance ce que c’est que la famille, le couple, qu’ils soient d’avance prêts à s’adapter l’un à l’autre, à faire des concessions. Pour qu’il y ait moins de tous ces divorces. »


300 000 signatures demandent l’interdiction de l’avortement

Unknown-14Cette pétition, lancée par le mouvement « Pour la Vie » et les « Volontaires orthodoxes », avait commencé à récolter des signatures le samedi saint de cette année. La pétition a désormais recueilli plus de 300 000 signatures. Mais il en faut un million pour qu’elle puisse être examinée par le Parlement

Le patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Cyrille a signé hier cette pétition.

La Russie est le premier pays à avoir légalisé le meurtre de l'enfant à naître, en 1920, sous le communisme.

Voici le texte traduit par Yves Daoudal :

Nous, citoyens de la Fédération de Russie, sommes partisans de mettre fin à la pratique existante de l’assassinat légal des enfants avant leur naissance, ce qui nécessite des changements dans la législation visant à :

  • la reconnaissance d’un statut de l’enfant conçu, comme un être humain, dont la vie, la santé et le bien-être doivent être protégés par la loi ;
  • l’interdiction de l’arrêt chirurgical et médicamenteux de la grossesse ;
  • l’interdiction des contraceptifs à action abortive ;
  • l’interdiction de la technologie de la reproduction assistée, qui fait partie intégrante de l’humiliation de la dignité humaine et du meurtre des enfants dans les premiers stades du développement embryonnaire ;
  • l’aide du budget fédéral pour l’assistance matérielle aux femmes enceintes et aux familles avec enfants au moins à hauteur du minimum vital.

Pornographie enfantine : la Russie ne se laisse pas faire (une fois de plus !)

Alors que nous vous informions hier de l'abomination qui vient, les russes ne se laissent pas imposer n'importe quel spectacle qualifié d'artistique.

Une association de sauvegarde des valeurs traditionnelles a promptement fait fermer une exposition licencieuse. On en rêverait !